Les évangiles : un devoir de vérité
Dans le mystère Jésus, la question qu'il faut se poser est la suivante : et si c'était nous qui n'aurions pas compris ce que les évangiles ont voulu nous dire ?
Jérusalem est peut-être, avant la destruction de 70, le lieu du monde dans lequel on aurait trouvé la plus forte densité de gens instruits sachant lire et écrire, et nourris d'une abondante littérature théologique écrite. Cette phrase sera mon introduction. Elle nous incite à l'humilité. Elle est du professeur Claude Tresmontant. Le langage populaire était alors l'araméen mais dans le cercle savant des élites, on écrivait encore en hébreu. On pensait encore en hébreu, dans la continuation des anciens textes écrits.
Or, qu'est-ce qu'un écrit sinon une parole ou un "parler" - suivant le mot de Claude Tresmontant - un parler que l'homme a couché sur un support pour le conserver mais qui reste néanmoins un parler. Pour nous, modernes, le "parler" n'est que le résultat d'un processus d'évolution. Pour les anciens juifs, outre que Dieu était une certitude, il ne fait pas de doute non plus que le parler venait de Lui. C'est par le "parler" que Dieu créa le monde. Dieu dit : que la lumière soit ! Jean le rappelle dans son prologue et il précise que "ce parler, chair il a été ; il a dressé sa tente au milieu de nous" (Jn 1, 14).
Un miracle amélioré et corrigé : la guérison du centurion
Je rappelle ce que j'ai écrit dans mon article précédent : On lit ceci dans les Actes des Apôtres (Act 10, 1-48) : Il y avait à Césarée un homme du nom de Corneille, centenier de la cohorte appelée italique... suit une vision où un ange lui apparaît pour qu’il invite Simon Pierre à venir le voir. Simon Pierre se trouvait à Joppé. S’ensuit à Césarée une rencontre dont le but est manifestement une tentative de conciliation qui, manifestement, n’a pu se faire qu’avec l’assentiment du roi Agrippa. « Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui, comme nous, ont reçu l’esprit saint ? ». C’est la conclusion de Simon Pierre qui sort de cet entretien avec l’impression d’avoir sinon converti, au moins obtenu une promesse de tolérance.
Dans l’évangile de Luc, la conversion de l’Éthiopien a été transposée comme sur un plan supérieur, modifiée et considérablement enrichie. Le personnage de Philippe s’éclipse au second plan tandis que Jésus, qui a rejoint les deux compagnons, se révèle par la fraction du pain. Quant à l’Éthiopien, l'ancêtre des Égyptiens, il devient Cléopas, le messie espéré des fresques de Gourdon, au pied de Bibracte, l’antique et vraie capitale de la Gaule (Lc 24, 13 -33).




