jeudi 13 décembre 2007 - par Carine

Procès Colonna : triomphe de la déraison de l’Etat ?

Des témoins oculaires qui ne reconnaissent pas l’accusé, des témoins à charge qui ont menti sous serment, une enquête qui ne relève pas les contradictions des témoignages des membres du commando et de leurs épouses, pas de reconstitution qui aurait permis d’avérer la thèse du médecin légiste formel sur la taille du tireur, pas d’élément de téléphonie, pas d’ADN, des empreintes ne sont pas celles d’Yvan Colonna, des témoignages spontanés et recueillis de manière isolés permettant d’affirmer que le prévenu n’était pas à Ajaccio le soir du meurtre, pas plus qu’à Pietrosella le soir de l’attentat, à la veille du verdict dans le procès Colonna, que reste-t-il à l’accusation ? Des aveux - rétractés, des rétractations - aveux et une fuite. Analyse.

Le contexte des aveux est très clairement un contexte de pression et de manipulation, le procès a démontré que le nom de Colonna n’a pas été donné spontanément, mais a été largement suggéré. Le procès a démontré aussi que les gardes à vue ont été musclées et psychologiquement très difficiles.

Morceau choisi : Me Lemaire : «  Et vous Madame quelle était votre conviction à ce moment-là, M. Colonna est-il coupable selon vous ou pas ?  » Réponse : « Ma foi, la police le disait... moi je voulais juste rentrer chez moi et retrouver mes enfants (...). Ils me disaient qu’ils allaient les mettre à la DDASS ».

La seule vraie question qui pourrait donner à l’accusation un commencement de preuves est donc de savoir : Pourquoi le nom d’Yvan Colonna ?

En effet, il y a pression, certes, mais pourquoi lui ?

On oublie alors qu’avant Colonna ce sont les noms de Marcel Lorenzoni, puis de Finidori qui ont été lancés, puis ceux d’Andreuzzi et de Castella... Rappelons ici, juste pour mémoire, qu’après l’arrestation de Finidori, comme aucun élément ne parvenait à étayer la thèse de sa culpabilité, la police antiterroriste a placé des explosifs chez lui. L’affaire était bouclée. Les preuves étaient là. Le seul hic est l’aveu d’un des policiers qui reconnaît avoir lui-même placé ces explosifs... Dommage.

Alors pourquoi ne pas imaginer qu’à ce moment-là, en panne de scénario, la police puisse tout simplement changer de noms, de manière aussi aléatoire que pour les autres... Colonna est militant nationaliste, il est connu pour avoir manifesté de manière très forte lorsque l’Etat a fait enlevé puis tué Guy Orsoni, autre militant nationaliste, il n’a pas bougé pendant la guerre entre nationalistes donc, cible parfaite, on relance du même coup les guerres fratricides... comme à l’époque Bonnet.

Les fausses preuves, on a déjà fait, alors là on met la barre plus haut et on tape bien fort pour obtenir des aveux... et on les obtient ! Peu importe qu’ils ne soient pas cohérents entre eux, peu importe qu’ils aient été suggérés et non spontanés. Avec le soutien des médias, hommes politiques et grands journalistes d’investigation peuvent y aller de leurs petites phrases assassines qui rendront le verdict implacable et le chemin vers le procès irréversible. La machine est lancée.

«  Le peuple a faim donnez-lui donc des jeux ». A l’époque romaine, on jetait les hommes dans une fosse à lion, aujourd’hui, on les jette en pâture dans les médias. Et tout le monde y trouve son compte.

Alors à la question « Pourquoi Yvan Colonna ? », pas de réponse, pas plus que dans l’affaire dite Outreau... et dans cette affaire ce sont des enfants qui ont accusés les parents. On n’a jamais répondu à la question de savoir : Pourquoi eux ? ... Mais on a su, très tard... Trop tard, que ce n’était pas eux.

Avec les rétractations, l’accusation est face à un problème : s’il y a rétractations, il n’y a plus d’aveux, donc, comme il n’y a rien d’autres dans le dossier, il faut bien analyser ces rétractations qui, de fait, ne peuvent être ni sincères, ni réitérées, ni librement consenties. Elles deviennent forcément contraintes, complaisantes, tardives... Oui, mais alors pourquoi les faire si elles sont à ce point peu crédibles ? Ils n’avaient plus rien à craindre, ils étaient condamnés. Faux, tous se sont rétractés avant le procès.

A la barre, Ferrandi affirme à Colonna : «  Tu es un homme d’honneur. Si tu avais participé, tu aurais revendiqué. Par conséquent, je peux affirmer que tu n’y étais pas  ». Cet aveu-là est rejeté en bloc parce que considéré comme ambigu. Comment cette phrase qui est dans toutes les bouches depuis des semaines, mise dans celle d’un des assassins du préfet peut soudain à ce point, changer de sens !? On s’est tous dit s’il l’avait fait il l’aurait revendiqué, qu’il n’aurait pas pu regarder la famille et leur dire avec une telle sincérité qu’il n’était pas coupable.

Pourquoi tous les observateurs se sont concentrés sur ce morceau de phrase en occultant magistralement le « Non tu n’y étais pas » franc et massif, réitéré à la demande de l’accusé ? Et surtout pourquoi l’ont-ils à ce point détourné de son sens premier ?

Visiblement des aveux consentis sous la pression ont plus de force et de valeur que des rétractations renouvelées, même si, pour certains, celles-ci sont faites du bout des lèvres. Cela suffit-il à condamner un homme à perpétuité ? La Cour tranchera.

Dernier élément à charge : la fuite. Postulat de départ : s’il avait été innocent, il se serait rendu.

Logique, dans un pays comme la France, on se présente, on explique qu’on est innocent et que le futur président de la République se trompe et on ressort tranquille après avoir prouvé que notre d’emploi du temps ce soir-là ne permet pas d’être là où l’on pense que vous étiez. Très bien. D’ailleurs tous ceux qui ont été interpellés, considérés comme coupables puis innocentés ont été relâchés :

- Marcel Lorenzoni : 18 mois après,

- Mathieu Finidori : 2 ans après,

- Jean Castella : 7 ans après,

- Vincent Andreuzzi : 7 ans après.

Les craintes d’Yvan Colonna en lisant un matin du 26 mai 1999 dans le journal : « WANTED Yvan Colonna : tueur de préfet », dans un pays où l’on fabrique de fausses preuves pour valider une hypothèse lors d’une enquête, dans un pays où un homme, policiers de son état, en arrive à mettre un calibre sur la tempe d’un enfant de 3 ans pour obtenir d’une mère les aveux qu’il faut entendre, dans un pays où un préfet de la République commet des attentats, ses craintes, ne sont absolument pas fondées ! Il aurait dû se rendre, sa fuite signe bien sa culpabilité. Nous aurions d’ailleurs, dans ce contexte, tous fait la même chose, n’est-ce pas ?

En fait, dans une affaire aussi facile avec des aveux, francs, massifs, concordants sans aucune contradiction, une fuite signe d’une évidente culpabilité, des rétractations qui ne sont absolument pas spontanées, des témoins oculaires qui ne sont pas crédibles et des témoignages sur l’emploi du temps de l’accusé qui sont forcément complaisants, pourquoi a-t-il fallu à l’instruction quatre ans et demi et un dépôt de plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (délais de détention abusifs) pour qu’une date de procès soit enfin fixée ?

Pourquoi un tel acharnement politico-médiatique à charge et très rarement à décharge ?

Pourquoi est-il si important que cet homme que rien dans ce dossier ne permet de condamner à la réclusion criminelle à perpétuité soit déclaré coupable ?

Beaucoup de questions n’est-ce pas, mais une seule phrase qui résonne comme une inexorable issue : «  Peu importe que cet homme soit coupable ou innocent, il faut qu’il soit condamné ». Il s’agissait alors d’un certain Dreyfus à la fin du XIXe siècle en France ...



46 réactions


  • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 13 décembre 2007 12:23

    Merci de cet article qui permet de faire un point sur le dossier à la veille du verdict. On ne peut que regretter le peu de couverture médiatique de ce procès qui aurait mérité mieux tant il sera important que la décision à venir soit comprise. Or, je ne suis pas certain que les grands médias aient pris leur responsabilité sur ce coup-là. Le plus souvent c’était « silence, on juge ». Etrange climat autour d’un dossier incomplet, critiquable à plus d’un titre et qui pourtant laissera la plupart des citoyens sur leur première conviction. Celle qui compte aujourd’hui est bien celle des jurys. On pourra quoi qu’il en soit faire le parallèle avec le procès heaulme pour lequel l’accusation a considéré que des aveux même circonstanciés dès lors qu’ils ont été récusés et qu’ils n’ont par aileurs pas été corroborés par des éléments matériels n’étaient pas suffisants...


  • antonetti 13 décembre 2007 13:12

    Article très pertinent, ainsi que la réaction de M. Lovichi.

    Que peut bien signifier, en effet, le silence relatif ou pire, la maintien du parti pris initial, comme si un procès n’avait pas eu lieu, de nombreux médias ? Le fonctionnement de la Justice ne serait donc pas un sujet porteur, la Démocratie un sujet estimé mineur aux yeux des consommateurs ?

    Il semblerait que dans certains milieux politico-médiatiques, les français ne soient pas jugés murs pour la Démocratie !


  • MagicBuster 13 décembre 2007 14:00

    J’ai dressé le portrait robot du plus grand bandit Français :

    Il est petit brun, bourré de tics nerveux, comme signe particulier il porte des talonnettes, il court partout sans doute car il se sait recherché ?!

    Il a été aperçu au USA, en chine, dans le maghreb ... Attention cet individu est très dangereux.

    Ne tentez rien contre lui, appelez directement des renforts sur le numéro spécial 93 95 (*)

    (*) N° Gratuit offert par les habitants de villiers le Bel.


  • maumau 13 décembre 2007 14:36

    Quels qu’en soient les résultats ,Colonna a un procés équitable. Le préfet Erignac, lui, n’a eu droit qu’à une balle dans le dos. Cà fait une sacré différence. Ceci étant dit, il ne faut jamais laisser faire les minorités violentes. Elles mettent en danger la démocratie.


    • Carine 13 décembre 2007 15:23

      Ce sont des amagalmes comme celui que vous êtes en train de faire qui mettent en danger la démocratie. Condamner un homme sans preuve ne rendra pas son mari à Madame Erignac, condamner un homme coupable lui permettra au contraire d’en faire le deuil. La justice est là pour permettre aux victimes et aux familles d’être reconnues dans leur souffrance et pour réparer autant que faire se peut, le mal qui a été fait. Maintenir Mme Erignac et ses enfants dans l’illusion de la culpabilité d’un homme c’est leur refuser cette réparation. De ce point de vue, l’Etat et son président en tête, ont une responsabilité qui me révolte autant que la condamnation d’un innocent et l’assassinat d’un préfet. Quant au procès équitable, lorsqu’un avocat général plaide la réclusion criminelle à perpétuité en restant sur les éléments de l’instruction alors même que le procès a fait la démonstration que l’instruction a été menée uniquement à charge, je ne crois pas que l’on puisse parler de procès équitable. Essayez de prendre du recul et vous verrez que la vérité (et/ou la violence ...) est peut-être ailleurs que là où l’on vous force à croire qu’elle est (et elle n’est pas forcément l’apanache des minorités) !


    • Francis JL 13 décembre 2007 18:40

      Mme Erignac est à n’en pas douter, une femme d’honneur. Acceptera-t-elle ce simulacre de procès ?


    • maumau 14 décembre 2007 06:43

      Vous avez raison , Carine, c’est moi qui met la démocratie en danger avec mes « amalgames », et non pas ceux qui font sauter des maisons, ceux qui assassinent, ceux qui font régner la terreur et dont la loi est celle de la mafia. D’ailleurs, la phrase de Ferrandi ( « si tu es un homme d’honneur.. »),est un argument typiquement mafioso. Carine, enlevez votre faux nez et dites-nous clairement que vous êtes un porte voix nationaliste.Quant à vos propos sur le deuil de Mme Erignac, ils sont tout simplement indécents.


    • Carine 14 décembre 2007 11:27

      Désolée de vous décevoir, je ne suis pas nationaliste, je n’ai jamais voté nationaliste ... et je ne sais pas si je voterai nationaliste à l’avenir. Le débat est ailleurs cher Monsieur ...


  • leréveur 13 décembre 2007 16:02

    on ne parle jamais que de l’assassinat d’un préfet ...


    • Carine 13 décembre 2007 20:11

      On parle de l’assassinat d’un homme, un père et un mari. Rien ne justifie cet acte et rien ne justifie non plus la condamnation d’un innocent.


  • tvargentine.com lerma 13 décembre 2007 16:28

    Voila donc un « nationaliste » qui n’a même pas le courage de reconnaitre son crime de sang.

    La justice républicaine est passée et l’Etat de droit républicain est restauré en Corse


  • Aspiral Aspiral 13 décembre 2007 17:35

    Je ne connais pas les tenants et aboutissants d’un tel procès, et les erreurs judiciaires ont de tous temps été incontournables. C’est le destin au même titre que celui qui nous a fait naître dans de telles ou telles conditions. S’il faut tout faire pour essayer de les éviter, il n’en demeure pas pas moins vrai que l’assassinat d’un préfet n’est pas celui qui est commis à l’occasion d’un hold-up. Il s’agit d’un acte éminemment politique. Or la démocratie repose essentiellement sur une séparation stricte des pouvoirs. Je pense que les juges devraient se considérer incompétents, quitte à devoir créer une cour spéciale pour juger de tels faits, à évaluer selon les lois de la guerre, comme d’ailleurs tous ces délits perpétués par ceux qui ont fait de la loi leur terrain de jeu, comme par exemple les délinquants financiers.


    • Carine 13 décembre 2007 18:02

      Je me permets de vous rappeler qu’il s’agit en l’occurence d’une Cour spéciale ... Les erreurs judiciaires incontournables, mauvaise pioche en somme ... Quelle drôle d’analyse ... Je suis tout de même rassurée ne lisant que vous êtes pour la séparation des pouvoirs : le législateur fait les lois, l’exécutif exécute les lois, le juge sanctionne l’atteinte aux lois. Le problème dans cette affaire, comme dans les affaires financières que vous citez d’ailleurs, ce sont justement les atteintes à cette séparation. Cela n’a, me semble-t-il pas grand chose à voir avec le destin ...


    • Carine 13 décembre 2007 18:08

      Nota : dans le titre il faut lire « Triomphe de la déraison d’Etat » et non de l’Etat. Ce qui n’est pas tout à fait la même idée


    • Aspiral Aspiral 13 décembre 2007 19:00

      Vous parlez d’une séparation horizontale. Je souhaite une séparation verticale, à mettre en place. Il y a les lois de la paix et les lois de la guerre. Le comble de l’absurdité de notre époque est le tribunal international de Lahaye, qui repose sur une croyance forcenée selon laquelle des dictateurs et des criminels de guerre peuvent le devenir seuls et agir seuls sans complicité de leurs concitoyens.


  • Sandro Ferretti SANDRO 13 décembre 2007 18:31

    Silence médiatique sur l’affaire ? Vous vivez aux iles Moustiques, ou quoi ?

    Silence de la grande presse ? Avez-vous lu l’article pleine page du Monde d’hier soir (tout en finesse,et assez édifiant, du reste).

    Et Le Monde n’est pourtant pas spécialement connu pour étre la botte de l’appareil policier et judiciaire français....


    • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 13 décembre 2007 23:34

      il sera intéressant avec le recul d’étudier la couverture médiatique du procès. Quasi silence au début puis intérêt ponctuel et ciblé sur la fin. mais on ne peut pas dire que les grandes chaîne de TV se soient passionnées pour les débats... Couverture maximale sur le verdict.


  • Sébastien Sébastien 13 décembre 2007 19:05

    Vous oubliez un element a charge. Colonna a ete vu le soir du meurtre par l’une des femmes d’un des assassins du prefet. Et semble-t-il cet aveu n’a pas ete arrache.

    Sur la fameuse phrase, « tu es un homme d’honneur. Si tu avais participé, tu aurais revendiqué. Par conséquent, je peux affirmer que tu n’y étais pas ». La question etait : « est-ce que je l’ai fait Alain ? ». Pourquoi ajouter « si tu es un homme d’honneur... » ? N’aurait-il pas suffit de dire « je peux affirmer que tu n’y étais pas » ?

    Et puis la fuite, certes des innocents sont restes longtemps en preventive mais Colonna ne pouvait pas le savoir au debut de sa cavale.

    Ce que je veux demontrer, ce n’est pas que Colonna est coupable mais qu’il y a quand meme des elements en sa defaveur. Alors il faut quand meme faire confiance a la justice. Tout n’est pas pourri et a la fin j’en ai marre de voir des complots partout. On n’est pas dans 24h... Les policiers, les juges, les temoins, les jures et la France ne se sont pas ligues contre Colonna...


    • Carine 13 décembre 2007 20:33

      Je crois bien que oui Sébastien ... le verdict est tombé ... il est scandaleusement injuste et fondé sur d’autres considérations que des considérations de droit. Peu importe si je vous dis que la femme qui a vu Colonna l’a effectivement vu mais à Cargèse et non à Ajaccio et qu’elle n’a pas été capable de dire si c’était le lendemain ou les jours suivants. Peu importe aussi de vous préciser que Colonna ne pouvait en effet pas savoir que certains prévenus allaient passer jusqu’à 7 ans en prison mais il sait ce que l’Etat est capable de faire en Corse (et pas qu’en Corse d’ailleurs) au nom de la sacro-sainte raison d’Etat, il savait surtout qu’en étant ainsi condamné par la presse, il n’avait pas beaucoup de chance de s’en sortir ... et il avait raison ... malheureusement il avait raison ...


  • 5A3N5D 13 décembre 2007 20:17

    Voilà, le verdict est tombé : réclusiuon à perpétuité.


  • antonetti 13 décembre 2007 21:05

    Triomphe de la déraison de l’Etat, comme redouté !

    A ceux qui se réjouissent de la sentence, pensez que demain, vous aussi ou un de vos proche pourrez subir cette injustice.


  • C.C. C.C. 13 décembre 2007 21:37

    Excellent cet article. En 81 lignes il nous refait tout le dossier. L’enquête à charge et à décharge en 81 une ligne ! ET encore ; en plus de ça on a un petit chapitre sur la déontologie de la presse ! On se demande vraiment pourquoi ces glandouilleurs de magistrats passent des mois à instruire les dossiers et à produire des milliers de pages de procédure ! On peut aussi de demander à quoi servent ces foutus avocats : 80 lignes ! Carine à la place de Dati !


    • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 13 décembre 2007 23:32

      il est facile d’ironiser, mais au moins, l’article de carine a le mérite de tenter une synthèse. il est clair qu’on peut se demander ce qui se trouve dans tous les volumes de la procédure... quand on voit sur quoi s’est fondée finalement l’accusation... Oui, facile d’ironiser quand il se joue des choses d’une telle gravité. Bien sûr, la justice française ne saurait être critiquée... pourtant tout le monde est perdant dans cette histoire. Yvan Colonna qui n’a jamais démordu de son innocence, la famille Erignac qui ne peut en toute conscience se satsifaire d’un procès où la vérité n’est pas apparue et où les zones d’ombre subsistent. Tout cela parce que l’instruction a été insuffisante. Quelle occasion manquée.


    • Denizme 14 décembre 2007 01:24

      Il ne faut plus s’étonner des commentaires de certains sur AV... quand on est asser con pour compter les lignes d’un article juste pour avoir quelque chose à dire dessus, le mieux c’est encore de fermer sa gueule. Mais il est vrai que maître C.C. en sais certainement plus long que l’auteur, après tout elle n’a qu’une formation de juriste...

      Allez-y balancez les votes négatifs smiley


    • C.C. C.C. 14 décembre 2007 10:56

      Mais Carine en sait-elle vraiment plus que moi sur l’affaire ? A part son argument d’autorité, je ne vois rien de plus que ce qui a trainé ici ou la dans la presse. Je repose donc la question, connait-elle le dossier ou bien comme vous, avait elle deja décidé de son verdict avant l’instruction ?

      Personnellement, je trouve que baser un jugement sur un résumé (probablement partisan) de 80 lignes d’un dossier qui compte certainement plusieurs milliers de pages est assez peu raisonnable. Cela dit, si cela dérange votre corsitude, je m’incline.


    • C.C. C.C. 14 décembre 2007 10:56

      Mais Carine en sait-elle vraiment plus que moi sur l’affaire ? A part son argument d’autorité, je ne vois rien de plus que ce qui a trainé ici ou la dans la presse. Je repose donc la question, connait-elle le dossier ou bien comme vous, avait elle deja décidé de son verdict avant l’instruction ?

      Personnellement, je trouve que baser un jugement sur un résumé (probablement partisan) de 80 lignes d’un dossier qui compte certainement plusieurs milliers de pages est assez peu raisonnable. Cela dit, si cela dérange votre corsitude, je m’incline.


  • moebius 14 décembre 2007 00:21

    faut vraiment etre corse et vivre sur une petite ile (et c’est vraiment un paradis ?) pour comprendre quelquechose à ce dossier. Les magistrats auraient du tous etre corses et le procés aurait du se dérouler en corse. La victime dailleurs aurait du etre corse et moi meme qui commente cet article je devrais etre corse et comme je ne le suis je me tais parce que vraiment je n’y comprend rien


  • moebius 14 décembre 2007 01:10

    .. couverture médiatique ?..la Corse... un village corse... quelque famille corse ne peuvent etre le centre du monde... Que vous l’acceptiez ou non ce proces est un proces français.


  • ernst 14 décembre 2007 03:30

    Si tant est que toutes les allégations à décharge que vous nous assénez soient vraies.

    Que Colonna ne soit pas l’assassin.

    Il est impossible que cinq hommes d’honneur accusent à tort la même personne. Leurs compagnes itou.

    Sans compter que , même en examen avec des policiers retors, on ne fait pas dire ce qui n’est pas.J’en ai fait l’expérience.Nous n’avons pas affaire à des jeunots qu’effraye un gendarme, mais à des hommes responsables qui ont perpétré un crime politique en toute connaissance de cause. L’accusation mensongère du ministre de l’Intérieur aurait fait sortie du bois n’importe quel innocent, si bien bardé d’alibis irréfutables. Au lieu que, quatre ans plus tard...comme vous savez.

    Si les Corses veulent foutre le feu aux villas des résidents, c’est leur droit, mais pas en invoquant l’innocence d’un coupable. C’est manquer à l’honneur Corse !...


  • anny paule 14 décembre 2007 07:22

    Je partage l’analyse fine de l’auteur et adhère à l’idée d’une similitude entre cette affaire Colonna et l’affaire Dreyfus.

    Les dés semblaient joués d’avance le jour où une certaine personnalité politique a déclaré qu’elle « tenait l’assassin du Préfet Erignac ». Dès lors, comment lui donner tort, quand on connaît son « importance » ?

    Il leur fallait un bouc émissaire... ils en ont trouvé un. Le problème reste celui de l’opacité des preuves ou de leur minceur, et d’un verdict dont on ne peut, en aucun cas, affirmer qu’il soit juste. Si Colonna est innocent, (ce que je crois, mais je ne peux, non plus, en apporter la preuve), cela signifie qu’il sera condamné à tort, et que les coupables, en l’occurrence, ne sont autres que ceux qui l’ont condamné.

    Ce qui est très grave, dans cette affaire, au-delà de la personne de Colonna lui-même qui risque de terminer sa vie en prison pour rien, c’est que tous ceux qui ne gravitent pas dans les bonnes « zones d’influence » risquent aussi d’être, un jour, des coupables en puissance. Cela se fait ailleurs, et on sait bien nous expliquer que ces ailleurs là ne sont pas nos mondes, ne sont pas des pays « démocratiques »... Le parallèle obligé que nous ne manquerons pas de faire a de quoi nous laisser dubitatifs quant à notre avenir !


    • Francis JL 14 décembre 2007 09:32

      Relire « Matin brun », de Franck Pavlov, aux éditions Cheyne, 1 euro.


    • M. Cartier 14 décembre 2007 11:41

      Je vois avec amusement que vous attibuez de la « finesse » au laborieux pensum qui nous est infligé, dans une langue de bois et avec objectivité dignes de l’ère soviétique, par Carine de Bastia... Bravo pour votre indulgence !


  • P47alto1 14 décembre 2007 09:29

    Quelle indigence d’argumentation, mon pauvre Maumau. On parle de droit, là, pas des lamentations ou de la vindicte de piliers de comptoir. La justoice, fût-elle d’exception, n’est pas ou plutôt ne devrait pas être une officine de vengeance à la dispostion de le veuve du préfet, qui n’a aucun droit particulier dans ce dossier, et surtout pas celui d’affirmer urbi et orbi face à des caméras complaisantes qu’elle est persuadée de la culpabilité d’Yvan Colonna. Elle n’a aucun élément pour le faire. A fortiori lorsque deux témoins oculaires mettent l’accusé hors de cause.


  • Voltaire Voltaire 14 décembre 2007 10:20

    La lecture des témoignages des épouses des auteurs déjà condamnés, celles des « aveux » de ces derniers, et leurs contradictions lors du procès (voir l’excellent article dans le Monde à ce sujet), ne laissaient guère de doute sur l’issue du procès. S’il est évident que l’enquête n’a pas été à la hauteur de l’enjeux, et que les preuves matérielles étaient au mieux circonstancielles, ces aveux et témoignages, qui se recoupaient parfaitement, pointaient de façon trop évident vers la culpabilité de l’accusé pour que celui-ci puisse ne pas être condamné.


  • arturh 14 décembre 2007 10:46

    A la barre, Ferrandi affirme à Colonna : « Tu es un homme d’honneur. Si tu avais participé, tu aurais revendiqué. Par conséquent, je peux affirmer que tu n’y étais pas ». Il aurait mieux fait de lui dire, pour que ce soit plus clair, et pour paraphraser une citation célèbre : « Entre le déshonneur et la prison, tu as choisi le déshonneur, et tu auras la prison ».

    Faire croire qu’un Ferrandi pouvait accuser Colonna sous la pression de la police, c’est tellement stupide que ça ne fait que le déshonorer. La phrase de Ferrandi, il fallait la comprendre comme : « Moi, je reste un homme d’honneur, je ne veux plus être le co-inculpé d’un homme sans honneur comme toi qui n’a pas le courage d’assumer ses actes ».


  • Claudel 14 décembre 2007 11:26

    Pour ma part, j’étais persuadé que Colonna allait être acquité. Le fait qu’il n’existait aucune preuve réellement tangible contre lui, et que la presse était globalement favorable au berger corse, me laissait à penser qu’on lui laisserait le bénéfice du doute.

    Et bien, je me suis trompé. Drôle de justice, tout de même !!!!!


    • arturh 14 décembre 2007 11:42

      Ce sont les témoignages écrits et signés de ses complices et témoins directs, lus à l’audience, qui ont condamné Colonna. Si c’est pas des faits tangibles...


    • Claudel 14 décembre 2007 11:50

      Peut-être ! Mais les témoins se sont rétractés depuis, et n’ont pas confirmé clairement que Colonna était coupable durant le procés.

      Je ne veux ni défendre, ni condamner Colonna. Je constate juste qu’il n’y a aucune preuve irréfutables de sa culpabilité. D’ordinaire, on ne condamne pas quelqu’un sans ces dernières.


    • arturh 14 décembre 2007 11:57

      Oui, mais la manière dont ces témoins se sont rétractés, ont renforcés l’accusation. Ces rétractations n’étaient pas crédibles. Tout le monde le sait.


    • Claudel 14 décembre 2007 12:02

      Non !! Tout le monde ne le sais pas ! Moi, par exemple - qui ose prétendre faire partie du monde - je les trouve crédibles (dans le sens qu’elles peuvent être crues), ou en tous cas je ne les trouve pas moins crédibles que les premières accusations qui ont semblent-t-il faites sous la pression.


    • arturh 14 décembre 2007 12:08

      Croire que des hommes comme Ferrandi et Alessandri pouvaient céder sous la pression, c’est vouloir croire ou ne pas vouloir savoir.


  • Diogene 14 décembre 2007 12:37

    Les corses disent que leurs bandits sont des bandits d’honneur.

    Donc l’assassin du prefet n’aurait pas laissé un innocent payer a sa place, et il se serait dénoncé.

    Comme personne n’est venu devant la justice assumer la responsabilité de cet assassinat, nous pouvons en déduire que c’est bien Yvan Colonna l’assassin.


  • Francis JL 14 décembre 2007 14:09

    J’ai dis plus haut que Mme Erignac est à n’en pas douter, une femme d’honneur. Au vu des événements récents, il semble qu’il y ait des gens en Corse qui en doutent.


  • xavier 16 décembre 2007 09:33

    Je découvre cet article, un excellent résumé...des thèses de la défense et du mouvement nationaliste.


  • SANTIAGO 21 juillet 2008 22:08

    Bonjour Carine,

    Bravo pour votre excellent article sur le Procés COLONNA. J’ai suivi cette triste affaire depuis son début, je reste persuadé de l’innocence d’Yvan...Je me demande encore comment la "Justice" peut condamner un homme à la plus lourde peine, sans aucune preuve irréfutable, en se basant sur une enquête pour le moins bâclée, et en utilisant des méthodes d’interrogatoire d’une autre époque...
    Bien amicalement,
    Jacques BERNARD - Délégué Départemental au Comité de Soutien à Yvan COLONNA.
    J’aimerais beaucoup entrer en contact avec vous....
    Merci de me répondre, à bientôt.


    • Carine 22 juillet 2008 13:33

      Merci Bernard pour votre commentaire. Je vais essayer de vous contacter prochainement.
      Bien cordialement


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