mardi 21 avril 2015 - par alinea

Surveillez-moi

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Surveillez-moi, vous verrez que je jure souvent mais n'injurie pas, que je peste mais n'empeste pas, que j'enrage parce qu'aucun vaccin n'a pu me prémunir ; je suis indocile, insoumise et libre, c'est ce qui fait de moi une femme sans danger.

Ma colère est devenue chagrin et je ne saurais de quel côté me battre d'autant plus que je n'aime guère les luttes perdues d'avance.

Vous ne verriez que mes larmes devant l'herbe violette dans les vignes, l'eau qui n'abrite plus les écrevisses, l'air qui dépose du gras gris sur les vitres, le sol sans vie aucune, le goudron qui fond sous le soleil, le bitume qui serpente comme des reptiles géants qui quadrillent nos territoires, les bâtiments moches et imputrescibles qui s'érigent aux lieux des arbres et des herbes folles, mais pas que.

Liste longue, interminable à tous les étages de la condition humaine.

Aussi longue que celle de tous les citoyens paumés parce qu'exclus et qui se déglinguent à coups d'alcool ou de drogues illicites, parce qu'ils n'ont plus rien à perdre et surtout, rien à gagner.

Aussi longue que celle de tous ceux qui ont été élevés dans une morale, dans une décence et qui souffrent de voir toutes leurs valeurs foulées au pied. Certains s'étiolent, d'autres s'affolent, certains luttent, d'autres se replient dans des lieux isolés parce qu'ils le peuvent.

Mais je pourrai vous donner une liste de certains parmi ceux qui ne menacent pas le déséquilibre actuel et qu'il ne sera pas la peine de surveiller ; tous ceux qui dénoncent, calomnient, diffament, exploitent, arnaquent, bâclent leur travail, jettent leurs ordures dans les fossés, inondent leurs champs de désherbants, de pesticides, d'engrais chimiques, ceux qui tuent, lièvres, sangliers, cerfs biches chevreuils mais aussi couleuvres renards loups blaireaux et qui, ce faisant, s'intègrent parfaitement dans notre nouveau monde. La loi les y incite, la loi les y encourage.Ceux -là sont sans danger pour les transnationales et ne nuisent qu'à ceux qu'il faut surveiller.

Dans un monde où l'argent est roi, tout acte fait en son nom ou par son entremise est acte loué. Aussi, vous pourrez éviter les voyageurs de fin de semaine, les bâtisseurs de murs d'enceinte en blocs de ciments, les consommateurs d'alarmes, les payes de plus de trois mille euros mensuelles, les propriétaires de châteaux, mas, propriétés et, bien entendu, tous les pollueurs au nom du PIB.

Cela réduit considérablement le nombre de suspects potentiels ; le contraire ne nous aurait pas mis dans ce pétrin.

Menacer de surveiller tout ce petit monde peut mettre la puce à l'oreille de quelques-uns pourtant bien dociles ou coopérants ! Ce n'est donc pas vraiment intelligent, dans un monde où la dictature est venue si subrepticement qu'ils sont nombreux encore à croire à la liberté ! Il faut dire que plus on resserre les mailles, moins passent au travers ! Ça serait drôle de voir mon voisin pincé, lui si tellement propre sur lui  !! Bon,ça ne risque pas, anti arabes, anti pauvres, anti assistés, le pauvre, il n'est que le-peniste !! C'est dire s'il est sans danger. Dommage, j'aurais bien ri.

Non, c'est moi, qui suis fichée chez les flics, noircie sur mon casier, qui serai prise le jour où, de désespoir, je crierai : bon sang mais les terroristes ne peuvent pas mieux viser ?

Je comprends aujourd'hui pourquoi des gens traînent chez eux jusqu'à se faire tirer une balle dans le dos ; c'est toute une habitude, la dictature et une habitude, il faut le temps de l'incruster, ou alors que les choses aient été claires, coup d'état militaire, envahissement,etc.

Je ne prends pas les gens qui nous gouvernent pour des êtres intelligents, au contraire, je les prends pour des cons. Des cas pathologiques, et on sait que toute névrose, toute pathologie restreint considérablement le champ de l'esprit. Cependant on comprend bien aussi que ce n'est pas la largesse qui restreint, mais bien l'étroitesse ; c'est logique.

Un être tout imbu de son soi attirera davantage que celui qui, ouvert, n'offrira que peu de sécurité. Ils sont si nombreux à désirer se mettre sous la protection d'un pouvoir, démissionner d'eux-mêmes, s'en remettre aux experts, et aux commandements. Au point que je me demande : qui vont-ils bien pouvoir surveiller ?

J'ai entendu dire que toutes les caméras, et qui me coûtent cher à moi aussi, et qui vous surveillent vous autres citadins, pour votre bien va sans dire, ne sont pas si efficaces que cela ; n'empêche, vous vous y pliez et n'allez pas nuitamment leur tirer une balle en plein cœur avec votre carabine à plombs.

J'ai entendu dire que vous supportez sans trop de malaise, les fouilles et autre sévices sur vos bagages, chaque fois que vous partez en vacances à Ibiza, Malte ou en Thaïlande ; cela n'empêche pas les copilotes fous, ou les détournements ou abattages dont on ne saura jamais rien.

J'ai l'impression que vous vous pliez, volontiers ou non, mais sans que cela fasse surgir un ressort de dignité, à tous les plans vigipirate et toutes les tracasseries. Vous exprimez sans doute que, comme vous êtes charlie, vous ne craignez rien, et si je me rebiffais, moi, je serais tout de suite suspecte.

C'est profond ça, très profond en soi. Et si je dis « vous » pour la première fois c'est que je ne peux pas, avec la meilleure volonté du monde, m'identifier à cette docilité là.

Aussi, je m'étonne de ce paradoxe ; qui comptent-il fliquer ? Les trois péquins qui zadent ? Les deux hurluberlus qui taguent ou râlent ? La poignée de jeunes cons en mal d'héroïsme qui se tapent le voyage en Syrie pour défendre, ils ne savent même pas quoi ?

Ou bien, d'abord ils nous anesthésient, ensuite ils frappent ? C'est trop gentil fallait pas ! Un quoi ? Une petite réticence à se transformer trop ouvertement en république bananière, en pays en voie de développement nous, la Fraaannnce quand même !

Ne croyez pas que je crache sur elle ; je pleure qu'on crache sur elle, sans doute encore une petite nostalgie d'enfance. Le c'était- mieux-avant qui fait de moi une vraie réac.

La question n'est pas d'être nobles au milieu des gueux, ni d'être forts et d'exploser les faibles, ni d'être fiers et pleins d'arrogance, mais le fait est que la grandeur, un tant soit peu, est pleine d'intelligence et que l'intelligence ne s'abaisse pas à ces petits concours là.

La France colonialiste, au fond, c'était bon de la combattre et de la dénoncer ; mais on ne savait pas qu'elle en garderait des séquelles jusqu'au fond de sa déchéance, c'est ce qui la rend ridicule, sûrement. On ne savait pas qu'il adviendrait qu'on la veuille grande, telle qu'on la rêvait, et qu'on la verrait petite avec tous les défauts qu'on blâmait.

Voilà, je suis un danger potentiel pour mon prochain puisque je ne joue pas le jeu et je vous jure que personne ne trouvera rien à redire si on me menotte un beau matin. Comprenez bien que ce « je » est évidemment l'anonyme, celui qui croupira en taule sans défense et passera inaperçu mais on nous dira que grâce à ça, trois attentats ont été évités ! Prouve-le.

La première idée de l'homme malade de peur et d'incompétence est de réprimer, entauler et tuer ; bêtes et hommes ; faire le vide autour de soi et s'y sentir fort ! Quelle bataille, jamais gagnée malgré les dégâts causés. L'espèce humaine dans sa version occidentale, est incapable de s'adapter ; elle mourra, c'est la loi de la nature et tout fanfaron qu'il soit, l'homme n'est pas au dessus des lois de la nature. Cela nous paraît lent, à l'échelle de notre minuscule passage sur la planète ; en réalité c'est très rapide ! Au point qu'on le voit se dérouler sous nos yeux. Et l'on n'y peut rien ; cela aussi c'est la loi de la nature. L'homme n'a pas su s'arrêter, il a développé son cerveau pour survivre mais cet artifice le mènera à sa perte ! Toutes les espèces sont vouées à l'extinction de toutes façons, rien n'est jamais acquis...

Mais tant que nous sommes là, tant que l'on regarde réfléchit et parle, on constate et note tout un tas d'anomalies ! Parce que, d'habitude, toutes les espèces se débrouillent pour survivre et déclinent et disparaissent à cause de changements rapides contre lesquels elles ne peuvent rien. Or c'est l'homme qui provoque ces changements rapides... contre lesquels il ne peut rien ! C'est fort, non ?

Il avait tout pourtant, cet humain, pour s'émerveiller, de la beauté du monde, de sa complexité et de son étrange prégnance ; il avait tout pour s'y mêler, s'y protéger comme font les autres autant qu'ils peuvent, il avait tout pour le chanter, le glorifier, en jouir.

Mais l'homme n'est pas toujours un jouisseur, c'est aussi un carré d'as calculateur.

Et comme il calcule il surveille ; sachez bien, on ne peut surveiller que ce qui est en prison, entre quatre murs même de collège à la récréation, dans les casernes on surveille, et son enfant dans la cuisine, dans son parc à moins que ce ne soit les escaliers, les « dangers » qui soient barricadés ; alors bien sûr, comment voulez-vous que le petit d'homme aborde le monde le cœur ouvert quand tout lui fut fermé, par manque de confiance, pour cause de sécurité.

On surveille en général pour que nos ouailles ne fassent pas de conneries ; je sais bien qu'on veille au grain mais, en général, on veille sur quelqu'un, on reste éveillé pour lui venir en aide si besoin. Or surveiller a pris un tout autre sens ; on ne veille plus ou ne surveille plus quelqu'un pour le protéger de la maladie, d'un voleur, d'un ennemi, mais on le surveille lui, devenu maladie potentielle d'une société, voleur, ennemi ! Cela fait quelques temps déjà que nous sommes des délinquants potentiels et que toutes les lois sont faites en ce sens mais cela commence à bien faire, parce que, même si on se réfère à l'ancien régime, les « dominants » sont sensés veiller sur nous, et pas nous surveiller en veillant sur eux et leur clique ! On ne les paye pas pour ça merde ! Il faudrait peut-être leur rappeler que le boss, c'est nous, le pourvoyeur de fonds, c'est nous et qu'on peut si on veut, changer d'employés !

Car enfin, dans une boîte, l'employeur surveille ses employés et exigent d'eux qu'ils le servent bien, pourquoi, quand il s'agit du peuple, les rôles sont inversés ? On paye des gens qu'on choisit pour s'occuper de nos affaires et ces gens-là se permettent de nous traiter comme des malfrats ? Qui supporterait cela ?

Je me le demande ; qui supporte cela hors les enfants contraints, des enfants dans la crainte, des enfants éteints, des enfants sans étreinte, des enfants bafoués, des enfants fous et maîtrisés.

Aucun adulte ne peut supporter cela.

Dans les écoles, on voit tout ce petit monde, en « miniature » ; il y a ceux qui sont tellement sûrs d'être du bon côté qu'on pourrait coller un flic à chaque étage que ça les ferait jouir. Il y a ceux qui, sans être du bon côté, se sentent la conscience en paix et pensant qu'il existe une justice ne se sentent pas visés, mais trouvent quand même que c'est pas sympa tous ces képis en faction. Et puis un ou peut-être deux, qui se sentent visés et pètent de trouille. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

Les normes, c'est imposer à 95% de la population des contraintes, des investissements et du flicage pour pas un pour cent de négligents ou de malhonnêtes ( les autres, ils passent entre toutes les gouttes !!).

Il y a à peine cinq ans, j'aurais dit, très égoïstement : je m'en fous de tout ça, je suis plus honnête et intègre que la société ! Mais depuis, je sais que l'on peut être poursuivi, violenté, fiché, condamné... même innocent.

Alors je m'émeus et m'étonne, mais déplore qu'une bombe bien placée ne tombe, je m'offusque que ma fratrie soit si docile et m'affole du train du pouvoir sans frein, qui nous dévale dessus, et gicle dans les fossés qui pourra.

Pourtant, cette loi dont on parle tant, ne me touchera pas ; au pire si je sens l'ambiance qui se tend, je ferai l'économie d'internet comme j'ai toujours fait l'économie d'appartenance à ce monde, là où il me blessait. Mais, c'est une ambiance qui s'ajoute à une autre, c'est un possible qui se resserre, s'étrique et je sens proche le jour où je m'en effacerai, il y a tant de richesses, tant d'ouvrage, à ma porte. J'aurai néanmoins ce pincement au cœur de ce possible avorté et cela entraînera tout le chagrin de toutes les beautés saccagées.

Alors, ne faisons rien, encaissons !! Je sais qu'il n'y en a pas un qui ferait comme je ferai : résilier l'abonnement, adieu orange, bouygues free et compagnie... ça aurait de la gueule ; se passer d'internet, tous, le temps qu'ils comprennent.

Mais vous n'y pensez pas....



127 réactions


    • alinea alinea 23 avril 2015 16:32

      @Aristide
      Il ne s’agit pas d’opinion mais d’attitude ; du reste je ne parle jamais de moutons, trop de respect pour les moutons !
      Je plaisante, à peine, car les humains se conduisent comme des moutons, ce qui est normal, mais ils la ramènent, ce qui est pénible !
      J’ai juste idée que c’est une fumisterie ; ailleurs je disais qu’il faudrait des moyens énormes, inconcevables, pour éplucher tous les textos, mails et compagnie ! Le business sait le faire qui cible ses victimes pour ses pubs !
      « Méchants » est un mot gentil aussi pour rire, néanmoins, on a appris que Mérah et les frères truc et Coulibari étaient fichés de chez fichés ! rien ; donc je perçois juste que le pouvoir dit au brave peuple : nous faisons tout pour pour vous protéger, soyez dociles, papa s’occupe de tout ; beaucoup aiment ça qui en réclament davantage chez la Marine !
      Oui, ça m’énerve, bien sûr que ça m’énerve !


  • Céline Ertalif Céline Ertalif 23 avril 2015 00:15

    Alinéa,


    J’ai trouvé cet article un peu déroutant au départ, et puis les lignes passant... Tu as profondément raison, la question est de savoir pourquoi nous obéissons et jusqu’où nous allons obéir.
    Les caméras partout, la dénonciation de ceux qui ne chercheraient pas vraiment un emploi alors que le nombre d’emplois détruits augmente tous les jours plus vite que le nombre d’emplois créés, le marketing stupide à tous les étages, le racisme officiel contre les roms, la loi renseignement aujourd’hui, le vote obligatoire demain, la hausse fiscale après-demain pour payer les blagues d’Areva alors qu’on découvre ces jours-ci qu’on refuse la publication du rapport de l’ADEME qui dit des choses imprévues sur les coûts énergétique dans les 35 ans qui viennent... Tout cela commence à bien faire.
    Quand on découvre que l’obéissance n’a plus de sens, on n’est pas loin d’apprendre que le roi est nu. 

    • alinea alinea 23 avril 2015 00:28

      Bonsoir Céline,

      Ça fait un petit bout de temps que je conçois la désobéissance comme seule lutte possible ! Elle est simple,facilement mise en oeuvre et il suffit de créer des réseaux comme soutien !
      Je fais très souvent mes articles à partir d’un point infime, ou intime, que je déploie en spirale ; c’est que je n’ai rien à enseigner, juste à poser des jalons, à partir de ma pensée !
      Bonne nuit smiley


    • alinea alinea 23 avril 2015 09:43

      @Gadjo
      La désobéissance, au moins, sert à rester propre à défaut de changer le monde ; ces instits qui ont désobéi et pas voulu jouer le jeu de l’évaluation à tout crin, n’ont pas été virés définitivement, mais n’ont pas été payés pendant longtemps. Personne ne les a soutenu, enfin à plus grande échelle que leurs potes. J’en pleurais !
      Mais si on désobéissait tous, dans notre coin, pour les trucs qui nous touchent le plus, que ça n’arrête pas, ça serait comme une récréation, un vivant qui se réveille, une fête quoi, à défaut d’être une révolution. Les soumis sont morts, ça c’est psy !


    • Aristide Aristide 23 avril 2015 16:25

      @alinea


      Serait ce donc que chacun puisse s’attribuer ce droit de refuser ce qu’il trouve « injuste » ? Notion assez relative et surement pas universellement partagée. Comment ne pas approuver ce groupe de racistes refusant l’entrée du métro à une personne indésirée ? Comment se sentir désobéissant envers ces gens qui roulent en voiture bourrés ? Qu’est ce donc cette revendication de désobéissance ? Serait ce que chacun de nous soit à même de juger ce qui est bon ou mauvais ? Et que sur ce seul jugement personnel on puisse engager d’autre personnes.

      Allons, s’il s’agit de sa situation personnelle seule, rien n’oblige à obéir aux lois communes, aller à l’école ou ne pas y envoyer ses enfants, le travail quand on veut si on veut, la santé sans limite, la vie en couple ou à plusieurs, ... Tous ces choix de vie ne mettent en cause que nous.

      Mais quelle justification peut on donner à ces profs qui refusent ici une évaluation anonyme, ailleurs pourquoi n’enseigner que ce que l’on considère comme utile, faire fis des programmes, et puis pourquoi l’orthographe, instrument de discrimination sociale , des mathématiques et autres histoire à dormir debout ... Enfin, on voit très vite la limite de cette festivité qui ferait le lit de tous les excès de pouvoir, généralement celui qui n’aurait aucun choix est le faible dans ces affaires de désobéissance, lui ne peut se payer ce luxe. Le prof désobéi mais l’élève lui ? 

      Maintenant, s’il s’agit de remplir quelques lignes de forums, de s’autoproclamer comme Gadjo, les seuls vrais désobéissants, c’est un simple jeu de rôle, une posture qui ne fait de mal à personne. 






    • alinea alinea 23 avril 2015 16:42

      @Aristide
      Non, c’est qu’il y a une évidence de malfaçon, dans l’éducation, dans la santé et partout ; évaluer un gosse, c’est faire le flic, le stigmatiser éventuellement, et, pédagogiquement cela n’a aucun intérêt,ni aucun sens.
      Les profs formés et qui aiment leur boulot le savent ; tout le monde sait qu’instruire et rendre indépendant n’est plus le but de l’école, aussi, désobéir c’est ne pas agir contre sa conscience.
      À vous entendre tout ce qui vient du haut serait bon à prendre !eh bien non, ce n’est pas le cas !
      Quand la délation sera obligatoire, désobéir sera un devoir.
      Aider les clandestins, c’est aider des hommes, c’est un devoir de coeur ; à Calais certains le faisaient, juste par humanité ; ceci est interdit par la loi et bien, demain un clandestin passe, traqué, épuisé, affamé, je le fais rentrer chez moi ! c’est ça désobéir, pour une morale supérieure à l’absence de morale qu’on nous sert comme loi depuis trop longtemps ! c’est pas faire ce que l’on veut ; du reste c’est un peu ce qui se fait aujourd’hui, mais c’est une autre bien longue histoire !


    • Xenozoid 23 avril 2015 16:48

      @alinea

      dans l’éducation, dans la santé et partout ; évaluer un gosse, c’est faire le flic, le stigmatiser éventuellement, et, pédagogiquement cela n’a aucun intérêt,ni aucun sens.

      exacte et cela ne sert qu’a induire que le dévelopement doit être ce que le systeme veut, pas ce que l’enfant est


    • Xenozoid 23 avril 2015 16:52

      @alinea
      dóù les zombie que l’on a maintenant


    • Xenozoid 23 avril 2015 16:54

      @Xenozoid
      en fait on fabrique des handicapés a la chaine


    • alinea alinea 23 avril 2015 17:48

      @Xenozoid
      les morts vivants sont plus faciles à gérer !


    • Xenozoid 23 avril 2015 17:50

      @alinea
      les morts vivants sont plus faciles à gérer !

      oui


    • Xenozoid 23 avril 2015 17:55

      @alinea
      cela resemble a la Domestication


    • alinea alinea 23 avril 2015 18:18

      @Xenozoid
      J’ai pensé à toi cet après midi, parce que, en conduisant, je pensais que l’homme ne sait rien faire d’autre que domestiquer ; tout ce qu’il touche est domestiqué,ou tué.


    • Xenozoid 23 avril 2015 18:54

      @alinea
      hélas Alinea ça me rend triste moi aussi,toutes ces vies perdue dans les méandres de la déception, quel merde le pouvoir, moi j’ai dis non, c’est pour cela que je serais toujours une mauvaise herbe et ils me tueront ,tous ces bien pensants,ça leur donnera une excuse pour être, au moins j’aurais servi a quelque chose, a part ça je m’occupe d’eux quand ils sont perdus....et c’est comme ça qu’on se retrouve « solitaire »


    • alinea alinea 23 avril 2015 20:18

      @Xenozoid
      oui, je reconnais le tracé du chemin !
      j’ai vu une femme super cet après midi ! elle est ostéo mais elle était véto avant ! je lui ai dit que ça me plaisait, qui comprend et sait soigner les bêtes saura sûrement me soigner !
      Elle a dit, « oui, j’ai vu » !!
      Il y a vraiment des gens qui sont tellement dans la vérité des choses, et, en plus d’eux, des chevaux super ; j’ai déjà vu la différence, quand je suis allée les voir, mes domestiqués ! Mais ils n’ont pas perdu leur ressenti et ils nous le font savoir ! j’aime, j’aime, au delà de tout !!


    • Aristide Aristide 24 avril 2015 09:54

      @alinea


      Eviter de dire ce que je penserais, ces suppositions sont tendancieuses et essaient simplement de dévaloriser le discours par dévalorisation de celui qui le prononce. Procédé assez contestable pour qui se réclame de l’honnêteté. 

      Revenons au fond, qui est donc ce prof pour décréter que l’évaluation est une « malfaçon » ? Aucun outil n’est mauvais en soit. L’évaluation des enfants en est un, elle est nécessaire, je dirais même indispensable, c’est d’ailleurs ce que font tous les jours les enseignants, les vrais à mon sens, en demandant aux enfants d’expliquer ce qu’ils ont compris ou alors d’appliquer une règle ou encore de répondre rapidement à quelques questions, ... c’est de l’évaluation. La nécessaire action pour utiliser l’arme première de l’enseignant, la répétition. Alors bien sur, quelques esprits forts décident que cet outil est à leur usage exclusif, qu’en dehors de la classe, il n’est pas question de « subir le pouvoir de leur hiérarchie ». 

      Une petite incidence sur le devoir d’obéissance à la loi, il est pour moi qui suis respectueux des autres, qui essaie en tout cas, il est donc le premier rempart contre l’abus de pouvoir, contre l’individualisme forcené, ... Ah, bien sur, il est plus glorieux sur un forum de se faire passer pour un révolté, un marginal, un désobéissant, ... Mais que serait cette société livrée au choix de chacun, aux désirs de tous de faire ou ne pas faire. La loi est une défense du fort au faible. Elle interdit le retour à la loi de la jungle. Alors bien sur aussi, la fameuse liberté individuelle en prend un coup, quoi de plus normal d’abandonner ce qui peut nuire aux autres. Vous faites des hypothèses sur un futur état fasciste qui ferait de la délation la loi, cela pour essayer de démontrer que toutes les lois protectrices seraient contestables. Ficelle assez grosse, non ? 

      Il y a une très grande distance entre la désobéissance prônée comme une vertu essentielle en place du respect des lois. Le citoyen responsable sait aussi qu’il peut désobéir à une loi qui mettrait en cause les valeurs essentielles. Rien à avoir avec le refus d’évaluer des enfants suivant un questionnaire standardisé. 





    • alinea alinea 24 avril 2015 11:50

      @Aristide
      C’est une manière de voir !
      Je ne vois que peu de lois, hormis les lois fondamentales de respect de l’autre, de soi et de son environnement, qui soient des lois protectrices ; celles qui sortent en ce moment sont au contraire très contrariantes pour l’émancipation de l’individu ; on le comprend bien, c’est dans l’intérêt d’un système délétère et injuste.
      En tant que linguiste et pédagogue, le gouffre qui sépare le bon sens de ce que j’ai appris et ce qui se passe maintenant est abyssal. Mais, c’est surtout en observant les résultats de tout ça qu’on peut constater son inanité !
      Vous êtes bien dans ce système, et c’est bien, cela prouve qu’il convient à certains, et je ne saurais m’en plaindre. Mais tant d’autres en souffrent...
      Quant à l’évaluation, elle devrait être tacite et incitative au progrès d’un élève particulier ; je n’aime guère le formatage sans complexe de cette nouvelle école qui fabrique tant d’exclus ! je n’aime guère cette société de compétiteurs ; et mon côté rebelle n’est pas une pose que je prends ici, ça fait soixante ans que ça dure !


    • Aristide Aristide 24 avril 2015 15:49

      @alinea


      On peut toujours se contenter de généralité et accuser la loi d’être au service d’un système essentiellement délétère et injuste. Vous voyez peu de lois protectrices, vous ne devez pas bien connaitre la constitution, le code civil, le code du travail, le code pénal, ... Vous noterez que la meilleure volonté et le bon sens personnel, linguistique et pédagogie comprise ne sont que les garants de l’arbitraire. La loi écrite et la jurisprudence sont les meilleures garanties.

      On en revient toujours au formatage des esprits, à la société de compétiteurs, ... Vous devez avoir accumulé de très mauvaises expériences personnelles pour en arriver à tant de misanthropie.

    • alinea alinea 24 avril 2015 16:30

      @Aristide
      effectivement...


  • Céline Ertalif Céline Ertalif 23 avril 2015 14:41

    Rester propre ou rester vivant... Est-ce que je suis plus mort en quittant le modèle ou en restant à bord du système ? La réponse n’est pas toujours évidente. Je vais essayer d’aller vivre vraiment une semaine, à partir du 10 mai


    • alinea alinea 23 avril 2015 16:24

      @Céline Ertalif
      Je suis sûre qu’on est propre et vivant quand on se suit soi-même ; pas impulsions ou caprices, mais suivre le chemin de son coeur...
      Pourquoi pas « tâter » de chemins alternatifs... pour moi le bémol serait qu’il m’est « offert », prédigéré en quelque sorte ; d’un autre côté, on en retire du calme, c’est sûr mais aussi des critiques, alors, on est plus à même de mettre les choses à plat !
      Vous nous raconterez ? smiley


    • Aristide Aristide 23 avril 2015 16:47

      @alinea


      C’est bizarre ce besoin de se sentir hors du modèle, de croire que seuls les voies non usuelles sont les plus enrichissantes, que les séjours les plus alternatifs soient les plus intéressantes, ... 

      Une sorte de concours sans fin à l’originalité, à la non conformité, ... Ici un village de yourte, ailleurs des vacances en tipis, en trek dans des montagnes (sans loup), une semaine en cellule de moine, ... 

      A une époque pas si lointaine, la découverte ne valait que si elle était partagée, les images des premiers congés payés sont pour moi le symbole même de l’enrichissement : des millions de travailleurs en vélos, voitures, trains, ... partaient découvrir la mer ou la montagne, le plaisir de partager ces nouvelles expériences avec des personnes que l’on ne connaissait pas. La simplicité de la relation offerte par le partage, un peu comme tous les regards d’enfant des spectateurs d’un feux d’artifice.

      Je sais que cela ressemble à une mauvaise publicité pour un centre de vacance tout compris, mais je reste assez septique sur ce besoin de se singulariser, de ne pas être comme la masse. D’ailleurs c’est assez symptomatique, le mot populaire est devenu péjoratif, il faut être un, spécial, si possible unique et le faire savoir pour que la masse s’aperçoive qu’elle se fourvoie. C’est assez incompréhensible pour moi, mais je dois être un ignare moutonnier, un de ceux qui apprécient un repas à McDo avec ses petit enfants ou une journée à MarineLand, ouais je ne sais pas ce que je manque ... 

       




    • alinea alinea 23 avril 2015 17:17

      @Aristide
      Vous tombez exactement à côté de ce que je suis ; je suis très populaire et le partage est mon mode de vie ; seulement il faut bien constater que tout ceci a été détruit ! Alors, ce qui reste à ceux qui veulent retrouver une certaine simplicité, c’est quelque chose qui à moi, paraît artificiel ; jamais je ne pourrais faire cela !
      Toute ma vie j’ai tâché d’être transparente pour que « ça aille » ! mais ça n’allait pas ; pour des raisons plurielles que je ne développerai pas, mais sachez que les congés payés, les « bandes » à pied ou en vélo, simplicité et convivialité, ont toujours été le moteur de ma vie ! jusqu’à ce que cela ne puisse plus être, et cela ne peut plus être sauf en petits clans élitistes ! je n’y peux rien, et j’en souffre !
      Je n’ai strictement pas un fifrelin ! mon seul mode de fonctionnement est l’échange ; mais nous sommes peu nombreux, je vous le jure !!


    • Aristide Aristide 24 avril 2015 10:06

      @alinea


      Visiblement vous devez côtoyer peu de personnes ou pas les bonnes, si vous ne trouvez que de l’artificiel autour de vous, non rien n’a été détruit, on peut tout à fait partager encore, et heureusement. La simplicité et la convivialité existe, il suffit de chercher un peu, de ne pas juger les personnes sur leur apparence ou sur leur niveau de culture. De multiples lieux organisés ou non, pour échanger, partager, discuter, s’opposer, ...




    • alinea alinea 24 avril 2015 11:56

      @Aristide
      Merci pour vos conseils ! Vous ne doutez de rien, c’est déjà ça.
      J’ai l’impression, à vous lire, que votre débit s’adresse au vide, comme une récurrence de leçons retenues ; il se trouve que je ne regarde l’apparence que pour ce qu’elle cache et que mes amis sont de tous niveaux de culture ou d’inculture !
      J’habite à la campagne et ne fréquente, donc, aucun lieu d’échanges ! C’est un manque assumé, la ville, je n’ai pas les moyens d’y vivre ! Mais hors lieu, je ne manque pas d’échanges mais, un peu comme ici, ils ne débouchent pas sur des actes, alors, à force, on se lasse !!


  • olivier cabanel olivier cabanel 23 avril 2015 19:45

    alinea

    quel régal ton article...sincèrement.
     smiley

    • alinea alinea 23 avril 2015 20:20

      @olivier cabanel
      Merci rare olivier, ça me touche, sincèrement... même si ce n’est pas l’article que je préfère ! tant de choses indicibles...


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