Atlantide retrouvée, Atlantide massacrée, Atlantide ignorée, Atlantide de nouveau perdue !
Alors que nombre de pays comptent sur le tourisme historique pour relancer leur économie et l'emploi, les oligarchies qui règnent dans nos ministères se singularisent par leur inculture et leur incompétence à promouvoir notre riche patrimoine. Les archéologues du mont Beuvray, fausse Bibracte, et de Corent, fausse Gergovie, s'entêtent en dépit du bon sens malgré toutes mes mises en garde. Les subventions publiques sont dépensées en dépit du bon sens tandis que des sites prestigieux sont laissés honteusement à l'abandon ou défigurés. En limitant leur champ de vision à l'hexagone, les historiens sont passés à côté d'une histoire fabuleuse qui, commencée au Proche-Orient, est venue jusqu'à nous. Cette histoire nous a donné une culture, un patrimoine, tout en fécondant notre pensée. Après la publication de mon précédent article dans lequel je redonne, une fois de plus, pour la centième fois, ma traduction et mon interprétation, et du texte de César, et du texte de Sidoïne Apollinaire, et de celui de Platon sur l'Atlantide, et de celui de Grégoire de Tours, que faut-il de plus pour que les responsables de la Culture, les médias, les politiques reconnaissent enfin que Gergovie était au Crest ? Que faut-il de plus pour que l'on reconnaisse à ce site son illustre passé dont Platon a souligné l'importance et sa grandeur avant qu'Athènes ne le supplante ? http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gergovie-un-lieutenant-colonel-de-160892
Voilà ce que j'ai vu en 1982. Un désatre ! Une honte ! Voilà pourquoi je ne cesse d'alerter depuis cette date, n'obtenant en retour que réponses langue de bois, quand ce n'est pas un silence méprisant.

Je reviens, une fois de plus, au texte de Platon sur l'Atlantide puisque c'est celui-là qu'on veut voir et pas les autres.
Un conflit entre Athènes et les rois atlantes qui se serait passé 9000 ans avant J.C. ? Laissez-moi rire ! Inutile de se perdre dans de longs palabres ! Il est bien évident que le philosophe grec a sublimé et, pour cela, noyé son histoire dans la profondeur du temps. Cela lui permettait, entre autres, d'éviter toutes contestations historiques de la part de ses adversaires sur les récents événements dont pourtant il s'inspire. Ces événements relativement récents, encore en mémoire, ce sont les multiples accrochages et combats locaux que les Grecs conquérants ont provoqués pour supplanter les Phéniciens, premiers occupants de nos côtes méditerranéennes. Les concitoyens de Platon n'étaient pas aveugles au point de ne pas se rendre compte que le texte leur était destiné. Dans son allégorie, Platon leur disait en quelque sorte ceci : vous êtes bêtes, faibles et corrompus ! Du temps de vos pères et des adversaires qu'ils ont affrontés, il n'en était pas ainsi.
Vers - 570, date approximative du récit platonicien, la situation était la suivante. Fondation phénicienne à l'origine, notre grand port méditerranéen, célèbre pour sa bouillabaisse, était tombée aux mains des Grecs vers l'an - 600, donc environ trente ans plus tôt. Trente ans, cela correspond à la génération d'avant Platon, celle qui a connu le conflit. Enfin, s'il est vrai que le premier témoignage écrit détaillé du parcours des côtes atlantiques, celui de Pythéas, ne date que d'après Platon, celui des carthaginois Hannon et Himilcon laisse raisonnablement supposer que les dites côtes atlantiques étaient déjà, en ce temps-là, plus ou moins bien connues, ainsi que l'intérieur des terres auvergates auxquelles on pouvait accéder par la Loire et l'Allier.
Platon disposait donc de deux types de sources - bis repetita placent - : les comptes-rendus des marchands qui ont remonté le Rhône juqu'au pays éduen et les comptes-rendus des navigateurs qui ont abordé la Gaule par sa façade atlantique jusqu'au pays arverne. Naviguant par cabotage, il leur était bien difficile de savoir, quand ils abordaient une terre, s'il s'agissait du continent ou d'une île. J'ai essayé d'expliquer à M. Luc Brisson, spécialiste du texte de Platon sur l'Atlantide, que le philosophe comparaît la Gaule d'avant la Gaule à une île dont la partie méditerranéenne avait subsisté malgré les dégats dûs au conflit et aux ravages du temps, mais dont la partie atlantique, arverne, avait sombré dans un cataclysme volcanique. Peut-être Platon se basait-il, de bonne foi ou de mauvaise foi, sur un dernier compte-rendu d'explorateur qui se serait perdu dans le marais poitevin ? Peut-être est-ce en interprétant un tel type de compte-rendu, sachant par ailleurs que l'Auvergne était un pays de volcans, qu'il y a imaginé un effondrement tout en écrivant qu'il ne s'y trouvait plus que de la vase ?

En commençant son récit par ce qui est en deçà des colonnes d'Hercule, Platon décrit indiscutablement nos côtes méditerranéennes. En y plaçant son port "au goulet resserré", traduction littérale, il désigne bien évidemment Marseille même s'il ne donne pas son nom. S'il ne donne pas son nom, c'est parce qu'il se place à l'époque de l'occupation phénicienne et qu'il pense que ce nom ne date que de l'occupation grecque. Comment peut-on hésiter ? Plutarque n'a-t-il pas écrit au sujet de Marseille : "que les bancs rendaient l'entrée de la riviere étroite, difficile et dangereuse pour les grands vaisseaux de charge, qui venaient de la mer" ? En donnant au golfe du port l'ensemble de la côte, Platon est dans la vision cartographique de l'époque où les marins n'avaient en mémoire que le profil de sa rade. Ensuite, il passe au-delà des colonnes d'Hercule.
Comment peut-on hésiter, là encore, quand on sait, qu'en ce temps-là, les navigateurs ne pouvaient naviguer sur l'océan qu'en s'accrochant aux côtes dans une sorte de cabotage. Dans l'incertitude de la géographie de cette époque, comment peut-on reprocher à Platon d'avoir qualifié d'île le continent que l'on découvrait au-delà des colonnes d'Hercule. Quand il écrit qu'on pouvait passer de cette île à d'autres îles plus lointaines, il se fie manifestement aux compte-rendus plus ou moins précis des navigateurs qui ont atteint les îles britanniques. Bien sûr que Platon n'était pas ignare au point de ne pas se rendre compte que la Gaule faisait partie du continent, mais pour le merveilleux de son récit, pour susciter l'intérêt de ses lecteurs habitués aux histoires mythiques de leurs îles, on comprend l'entorse géographique du philosophe et sa précaution d'avoir situé l'affaire 9 000 ans plus tôt.
Bref, il faut arrêter de rêver aux Amériques, au volcan de Santorin ou à d'autres lieux plus mystérieux les uns que les autres.
Le constat est simple et définitif : le texte n'est logique et compréhensible dans sa rédaction qu'à condition d'identifier l'île Atlantide à une Gaule d'avant la Gaule. Il y a, en effet, ce qui est de l'autre côté du détroit de Gibraltar, dans l'océan : c'est par là qu'on aborde les côtes atlantiques ; et il y a ce qui est en deçà du détroit : les côtes méditerranéennes avec la rade et le port de Marseille au "goulet resserré".
Le support géographique et historique à partir duquel Platon a développé son mythe n'est évidemment pas la Gaule du mont Beuvray et de Corent mais une Gaule de colonisation phénicienne déjà riche d'histoire avec deux capitales fortifiées qu'on ne peut situer qu'au Crest (Gergovie) et qu'à Mont-Saint-Vincent (Bibracte) sans oublier l'Alésia de la colline de Taisey.
Mais alors, pourquoi Platon fait-il comme si Bibracte n'existait pas ? Car Bibracte, à Mont-Saint-Vincent, pouvait être considérée comme étant au centre de la Gaule/Atlantide aussi bien que Gergovie. L'explication coule de source. Bibracte a échoué quand elle a voulu soutenir les Phéniciens contre les Grecs phocéens de Marseille et a dû composer. Gergovie a finalement été battue, si l'on en croit Platon et d'autres textes, suite à une expédition de Persée en Auvergne et a disparu de la scène internationale. Le texte de Platon est un éloge funébre de la cité disparue... éloge funèbre prématurée, la défaite de César à Gergovie en est heureusement la preuve.
La Gaule : un illustre et fabuleux passé.
Le jardin des Hespérides des auteurs grecs, il faut le localiser en Auvergne, même si l'Espagne semble avoir voulu également le revendiquer. De même, l'histoire des titans, des géants, des champs élyséens, du monde des bienheureux, des morts, et autres mythes (à moins que cela soit aussi en Grande-Bretagne). Voyez les sculptures de l'autel de Pergame qui évoquent les combats entre les dieux grecs de l'Olympe et les géants/Galates/Gaulois nés de la terre https://www.google.fr/search?q=autel+de+Pergame&espv=2&biw=1293&bih=669&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=3yOYVNTSHuWjyAOdoYLYDA&ved=0CCcQsAQ combattants de Gergovie aux jambes d'anguipède évoquant le plateau allongé de la Serre, guerriers de Bibracte au bras de lion évoquant le lion couché du horst éduen. Plus qu'un indice, ce sont des preuves de plus. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bibracte-gergovie-pergame-le-39957
Il faut redonner à notre pays hyperboréen ses véritables capitales de Bibracte et d'Alésia, la relation privilégiée que la première entretenait avec Delos et son dieu Apollon. Mais aussi ses banquets attestés, comme à Gergovie, par l'archéologie et les textes.
Il faut redonner à Gergovie sa gloire atlante, sa relation privilégiée avec Delphes, sa source miraculeuse et son temple delphique que protège, comme à Delphes, le dragon de la montagne de la Serre. Strabon (Géographie, IV,2,3) n'a t-il pas écrit qu'à l'origine, les Arvernes avaient étendu leur domination jusqu'à Narbonne et jusqu'aux frontières de l'empire marseillais. Ils avaient soumis les peuples jusqu'aux Pyrénées, jusqu'à l'océan et jusqu'au Rhin.
Il faut aussi s'interroger sur les deux villes de Théopompe, la Belliqueuse qui ressemble tant à Gergovie et la pieuse qui, par contraste - ou préférence politique - pourrait ressembler à Bibracte... une Bibracte que les Grecs ont peut-être soutenue et encouragée à reprendre la prééminence en Gaule aux dépens des Arvernes. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-l-atlantide-de-platon-a-126659
Les origines atlantes de Gergovie.
Je reprends tout en le résumant un extrait de mon article http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-epopee-des-atlantes-capitale-125152
Les Grecs ont parcouru très tôt la mer Méditerranée aux flots beaucoup plus calmes que ceux de l'Océan, la grande mer longtemps inconnue. Le détroit de Gibraltar, alias "colonnes d'Hercule" était, pour eux, la porte qui ouvrait sur l'aventure, une aventure risquée, mystiquement risquée. Ils ont imaginé une porte immense encadrée par deux colonnes qui soutenaient la voûte du ciel. Ces pieds de colonnes, ils sont allés les chercher sur le mont Abyle, à gauche quand on vient de Grèce, et sur le rocher même à droite. Puis, ne les trouvant pas, ils ont pensé qu'elles étaient plus loin, perdus dans les brûmes. C'est ainsi qu'à gauche en entrant, la chaîne de montagnes d'Afrique du Nord a pris et a conservé jusqu'à ce jour le nom d'Atlas. C'est ainsi qu'à droite en entrant, les montagnes de l'Europe jusqu'au pays des volcans d'Auvergne l'ont conservé, en image sculptée, dans l'évocation des chapiteaux.
L'Atlas, c'était donc la muraille dressée par les dieux qu'on ne pouvait franchir que par une porte. Les habitants que les dieux y ont installés, les Grecs les ont donc appelés, en toute logique, "Atlantes", d'où le nom "Atlantide" donnée, également en toute logique, au continent de droite et d'Atlantique donnée à l'Océan - Platon n'a rien inventé ; ce sont très exactement les termes qu'il a repris. Franchir la porte et contourner la barrière divine pour aborder le continent par derrière - la Gaule - c'était, pour ainsi dire, découvrir un autre univers, le pays de la naissance des dieux (des dieux que les Phéniciens avaient amenés, ce que les Grecs de Platon ne savaient pas ou avaient oublié).
Héritiers du géant Atlas soutenant la voûte du ciel, les Atlantes celtes se sont représentés dans leurs temples dans la même position... énorme responsabilité ! Voilà pourquoi ils ont dit à Alexandre qu'ils n'avaient qu'une peur, que le ciel leur tombe sur la tête.
Le combat des Atlantes et des Gorgones contre les Amazones.
Les Atlantes habitaient donc de part et d'autre du détroit. Quand, reprenant des textes très anciens selon lui, Diodore de Sicile écrit que les Atlantes d'Afrique étaient les mieux policés de la région, cela concerne les implantations atlantes, à gauche du détroit quand on vient de Grèce ; mais quand il précise que ces Atlantes habitaient un pays riche et rempli de grandes villes, cela ne peut désigner que les Atlantes d'Espagne et de la Gaule. Quand il ajoute que ces Atlantes prétendaient que c’est sur les côtes maritimes de leur pays que les dieux ont pris naissance, il rejoint et confirme le texte de l'Atlantide de Platon.
Quand Diodore de Sicile situe les Amazones aux extrémités de la terre, à l’occident de l’Afrique, au couchant d’un lac, au pied de l'Atlas qui domine l’océan, il les rapproche des Atlantes. Quand, reprenant toujours des textes très anciens, il ajoute que les premiers peuples qu’elles attaquèrent furent, dit-on, les Atlantes, il faut comprendre que c'est pour s'emparer de la porte de Gibraltar... plusieurs siècles avant la guerre de Troie (livre III, XXVII).
Myrine, reine des Amazones, assembla contre les Atlantes une armée de trente mille femmes d'infanterie et de deux mille de cavalerie... Ayant fait une irruption dans le pays des Atlantides, les Amazones vainquirent d'abord en bataille rangée les habitants de la ville de Cercène, et étant entrées dans cette place pêle‑mêle avec les fuyards, elles s'en rendirent maîtresses (localité inconnue, probablement en Espagne)...
Comme les Atlantes (d'Espagne ou de la Gaule) étaient souvent attaqués par les Gorgones (de Gergovie), autre nation de femmes qui étaient leurs voisines et qui tâchaient d'égaler en tout les Amazones, la reine Myrine alla les combattre dans leur pays. Les Gorgones
s'étant rangées en bataille, le combat fut opiniâtre, mais les Amazones ayant eu le dessus, elles passèrent au fil de l'épée quantité de leurs ennemies et n'en prirent guère moins de trois mille prisonnières...
... Les Gorgones, s'étant relevées après leur fuite, furent attaquées encore une fois par Persée fils de Jupiter ; Méduse était alors leur reine. Finalement, cette nation et celle des Amazones furent détruites l'une et l'autre par Hercule lorsqu'étant passé dans l'Occident ...
Enchaînant le livre suivant (livre III, XXIX), Diodore nous relate ensuite l'histoire des dieux selon les Atlantes, une histoire étonnement semblable à celle de Platon.
Le combat des Amazones contre les Gorgones a peuplé l'imaginaire du monde antique. Dieu sait combien de fois il a été représenté pour orner les poteries de l'époque ! Que faut-il comprendre ? Certes, des femmes guerrières amazones ont bien existé. Les auteurs disent même qu'elles se brûlaient le sein droit pour pouvoir tirer à l'arc mais au nombre de 32 000, on peut en douter. En revanche, en ce qui concerne les Gorgones, il tombe sous le sens qu'elles n'étaient femmes que par le symbole de la Gorgone qui ornait leurs boucliers. C'était un des symboles patriotiques de Gergovie, celui qui terrifiait l'adversaire par son horrible visage, celui de son vase de Vix. Gergovia, nom dérivé de Gorgona ? Au temps de César, les Arvernes n'avaient-ils pas donné au mont Beuvray le nom de Gorgobina ?
Gorgona est le nom d'une espèce végétale, souvent de couleur pourpre, que l'on trouve en mer, notamment près du détroit de Gibraltar. La pourpre est une couleur que l'on extrayait d'une variété d'escargot de mer. La Gorgone/Gorgona est le nom originel de Gergovie. Elle était donc habillée de pourpre. Or, la couleur pourpre est la couleur royale du monde phénicien.
La légende du Louvre dit ceci : Persée (à gauche, portant un chapeau et des bottes ailées, avec la kibisis sur l'épaule) détourne le regard pendant qu'il tue Méduse, représentée ici comme un centaure femelle. Détail d'un pithos orientalisant à reliefs. Date vers 660 av. J.-C. Technique/matériaux terre cuite. Origine : Thèbes, Boétie... 90 ans ou un peu moins avant le texte de l'Atlantide, quelle curieuse coincidence !!!

Cet empire phénicien d'avant les Francs, malgré ses bavures et ses errements, de Carthage à Gergovie, en passant par Bibracte, c'était aussi le vôtre.
Emile Mourey , 22 décembre 2013, extraits de mes ouvrages et de mes précédents articles, www.bibracte.com



