vendredi 19 avril - par Michel DROUET

Notre Dame : le diable est dans les détails

 

Grâce à Dieu, comme aurait pu le dire un cardinal confronté à la justice des hommes, il n’y a pas eu de mort, et pourtant, l’impression qui se dégage, au-delà des fumées de l’incendie de Notre Dame de Paris, c’est une forme d’indécence, d’enflure dans les propos et surtout l’illumination divine de l’existence d’un patrimoine que l’Etat laisse pourrir lentement parce que la suppression de l’ISF est plus urgente que l’entretien de nos vielles pierres et qui ne mérite qu’un petit loto du patrimoine.

Une impression également que toute vie doit cesser, que les urgences sociales n’en sont plus, que tout d’un coup on redécouvre le courage et l’abnégation des sapeurs-pompiers, qu’ils soient de Paris ou de province, qui veillent chaque jour sur nous, en mettant en scène une cérémonie à l’Elysée. Et pourtant ce sont les mêmes qui s’étaient illustrés il y a quelques semaines seulement dans l’incendie d’un immeuble dans le 16ème arrondissement qui avait fait dix morts, celui-là.

J’ai tendance à penser que les déboires matériels ne sont rien à côté de la perte d’une vie mais on vient de m’asséner le contraire. La dimension religieuse n’y est pas pour rien, le contexte social et politique non plus, pas plus que la proximité des élections européennes qui nécessite de se rassembler autour d’un homme et de son projet, aussi contestés soient-il, et qui, tout en nuances, nous appelle à la grande réconciliation autour de sa personne et se créé sur les décombres, un destin national.

J’aime bien les églises, pas par conviction, mais parce qu’elles recèlent toute la créativité de l’homme, sa ferveur, l’idée que l’on peut se réunir autour d’une vision commune, fut-elle aujourd’hui contestée par des dérives cléricales. J’aime bien les églises aussi par ce qu’elles sont un des derniers lieux où règne le silence, le calme que j’apprécie et, chose non négligeable, la fraîcheur en été. Autant dire que, même si je les visite, j’apprécie moyennement les églises à touristes et je m’interroge toujours sur les motivations de « pèlerins » qui font des selfies sur les parvis et sur la concentration de marchands du temple dans les rues adjacentes. Je préfère de loin les petites chapelles bretonnes perdues dans la nature, aux trésors artistiques inestimables, et dont je tairai le nom et le lieu, de peur qu’elles ne deviennent le lieu de pèlerinages consuméristes.

Derrière l’incendie de Notre Dame, c’est non seulement un questionnement sur les réactions des uns et des autres, c’est aussi la révélation de la médiocrité de notre société dans son ensemble. Passons sur les politiques qui semblent condamnés à errer comme des âmes en peine devant les caméras de télévision et intéressons-nous à ce que sinistre évènement provoque. Cela va de l’augmentation des ventes des boules avec Notre Dame sous la neige et autres colifichets inutiles à celle des ventes des « Misérables » de Victor Hugo, ce qui relève un peu le niveau. Côté Judas, on remarquera la mise en place d’arnaques aux dons pour la reconstruction. L’église, dans son ensemble, est restée digne et sobre, comme il convenait, mais doit se méfier des récupérations politiques et autres et éviter d’apparaître trop sur les podiums, d’autant que le financement de la reconstruction semble aujourd’hui assuré. Soyons rassurés sur les impacts en matière de tourisme et de balance commerciale : il existe aussi un tourisme des catastrophes, et la Ville de Paris recèle bien d’autres trésors à montrer qu’ils soient religieux ou laïcs.

La médiocrité s’affiche aussi à tout moment dans les médias. Ce sont des démentis nécessaires concernant un éventuel pyromane déambulant sur les structures, révélateur des ravages des réseaux sociaux sur le comportement de nos contemporains. Ces sont aussi les débats sur la nature et les techniques de reconstruction au cours desquels on interroge complaisamment des « experts » ou des architectes qui nous pondent une bouse sur une feuille de papier en deux minutes chrono, lesquels experts ou architectes seront remisé au purgatoire des vaniteux. C’est aussi la prise en mains des choses au « plus haut niveau » et la nomination d’un représentant spécial du Président, Général de son état, dont la vocation première, à moins qu’il n’appartienne à l’arme du génie, n’est pas de construire, et dont les rapports avec les architectes en chef des monuments historiques pourraient s’avérer problématiques. La somme des égos n’est pas annonciatrice d’une entente cordiale.

Enfin, médiocrité suprême, nos richissimes donateurs qui trouvent anormal qu’on les critique pour leur geste « désintéressé » qui se chiffrent en dizaines voire centaines de millions, ce qui est normal pour eux, totalement déconnectés du peuple mais qui ressemble fort à une provocation pour ce peuple dont l’unité de valeur est la baguette de pain ou le litre d’essence. Désintéressé ce geste ? Pas complètement, même sans la défiscalisation dont ces mécènes profitent déjà largement. Il permet également de lancer un message aux politiques : si vous rétablissez l’ISF il est certain qu’on ne donnera plus… ce qu’ils ont déjà commencé à faire aux travers des dons déductibles sur cet impôt dont on sait déjà que sa suppression n’a profité que très peu à l’économie.

Alors voilà, plus que de médiocrité, c’est d’indécence qu’il convient de parler à propos de ces artistes de la finance, des affaires et de l’évasion fiscale : nous voulons bien faire l’aumône à cet état impécunieux, à condition qu’il continue bien à préserver nos intérêts et nous voulons pouvoir cibler nos bonnes œuvres. Pas question que notre argent aille à la piétaille et aux hôpitaux. Peut-être qu’un jour, à la sortie de la messe, nous jetterons une pièce à un misérable, juste pour nous donner bonne conscience.

Et puisque nous parlons affaires, il serait sans doute juste que ces généreux donateurs soient consultés sur la nature du projet de reconstruction : pourquoi pas une galerie à la gloire de leurs entreprises dans les combles de la cathédrale avec versement d’une partie de bénéfices des entrées au diocèse ou plus modestement tout de même une plaque en marbre avec les noms gravés à l’or fin à l’entrée de la basilique, ce ne serait que justice, non ?

Les évènements marquants ou les épreuves que nous traversons provoquent différentes sortes d’émotion, de la plus pure à la plus feinte ou à la plus calculée. Ils sont révélateurs de grandeur ou de bassesse. Ainsi vont les choses…



65 réactions


  • Columbo Chantecler 19 avril 15:30

    Jusqu’à maintenant, la plus célèbre des indulgences était celle accordée à quiconque aiderait à la construction de la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome.

    Le pape Léon X (1513-1521), manquant de fonds pour les travaux, avait eu l’idée de revendre ces indulgences à Albert de Brandebourg, titulaire à 24 ans de deux ou trois évêchés, qui souhaitait devenir archevêque de Mayence. Pour acheter « en gros » ces indulgences, Albert avait emprunté en 1515 la somme de 24 000 ducats à Jacob Fugger, banquier d’Augsbourg et de l’empereur Charles Quint. Pour s’acquitter de sa dette, Albert a revendu revendu des indulgences aux fidèles, avec l’accord du Pape, qui prélevait une commission de 50 %.

    Croyaient-ils acheter leur place au paradis ?

    Non, ils faisaient du business, comme Arnault, Pinault et Bettencourt...


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 avril 16:06

      @Chantecler
      J’avais oublié ces fameuses indulgences et vous en rappelez fort à propos l’origine. Votre conclusion est tout à fait pertinente, il n’y a pas de différence entre indulgences et business et j’ajoute, défiscalisation.


    • bob de lyon 23 avril 07:59

      @Michel DROUET
      Bravo et bien vu !
      Les premiers millions tombés m’ont fait penser à la même chose…


    • Michel DROUET Michel DROUET 23 avril 09:21

      @bob de lyon
      Merci et bonne journée.


    • Samson Samson 23 avril 12:11

      @Chantecler
      « Jusqu’à maintenant, la plus célèbre des indulgences était celle accordée à quiconque aiderait à la construction de la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome. »

      24.000 ducats ! De la roupie de sansonnet à côté des indulgences plénières accordées par le fisc aux plus grandes fortunes de ce pays, notamment pour une fraude fiscale évaluée à la grosse louche à 60 milliards.

      Voyez ce « pauvre » Carlos Ghosn  : les Japonais sont décidément bien ingrats et jamais en France de telles avanies ne lui auraient été infligées par Bercy ou le fisc.
      Normal ! En €urope, on a des valeurs et la priorité est donc en toute logique accordée à la réduction de la sécurité sociale et des services publics, à la chasse aux chômeurs et autres allocataires sociaux, ou encore aux redressements fiscaux des PME qui sans pouvoir s’expatrier ont réussi à survivre ! smiley


  • tashrin 19 avril 15:31

    bien écrit et pertinent

    Merci


  • Arogavox 19 avril 15:38

    Détail ? : pas un mot, nulle part, sur la mise en évidence (preuve) de l’incohérence d’un système politique prétendument du peuple, par le peuple et pour le peuple,

    qui laisse à un mandaté pour 5 ans le soin de prendre des décisions, dépassant la seule politique (avec des volets culturels, cultuels ...), pour a priori plusieurs siècles, sans avoir seulement daigné consulter les autres élus, ni avoir eu recours à la voie du référendum.

     Relire l’article 3 de l’actuelle Constitution française, encore en vigueur aujourd’hui !


    • Arogavox 19 avril 15:53

      ... faut-il donc attendre le RIC toutes matières avant de pouvoir s’inquiéter de savoir quelles sont les cathédrales des temps modernes reconnues par les Français(es)
       d’aujourd’hui.
        Pour celles et ceux qui n’ont pas attendu une récupération mise en marche au pas cadencé par des « start-up » pour s’intéresser au phénomène humain de l’art numérique (dont composante culturelle et civilisationnelle), la prise de conscience est depuis longtemps acquise par le fameux classique :
        « la cathédrale et le bazar » ... (cf votre moteur de recherche WEB)
        qui posait déjà, depuis belle lurette, le noeud du hiatus à l’origine du mouvement dit des « gilets jaunes » : celui d’un profond conflit entre structures ’verticales’ ou ’horizontales’ des dynamiques humaines ...


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 avril 16:09

      @Arogavox
      Tout ça on le sait déjà et explique les taux d’abstention de plus en plus importants et tout cela est à l’origine des demandes de RIC, par exemple.


  • oncle archibald 19 avril 17:11

    J’ai bien apprécié votre article. Ce qui me surprend vraiment dans cet incendie c’est la prétendument « fausse alerte » qui a précédé la « vraie ».

    Quand un comble à haut risque est équipé d’un système d’alerte incendie par capteurs de fumée et de température complété par la présence sur place nuit et jour de deux préposés à la sécurité prêts à intervenir on ne décrète pas qu’il s’agit d’une « fausse alerte » sans en avoir déterminé la cause ! C’est le B A BA de la prévention. On se demande pourquoi l’alerte a sonnée non ? Et on cherche jusqu’à ce que l’on trouve ! Ne serait-ce que pour ne pas se relever en pleine nuit si ça se reproduit !

    Pour le reste bien d’accord sur l’écœurement provoqué par la nécessité pour les médias de « faire le buzz » en permanence ! Sur la collecte de tant de fric qui nous a été assénée en quelques heures par ceux qui s’empiffrent de notre fric en ne payant pas leurs impôts « plein pot » via leurs avocats spécialisés et conseillers fiscaux qui « optimisent » les niches fiscales quand ça n’est pas pire, par notre chef bien aimé qui s’est engagé à reconstruire ce temple en trois jours et demi, par les architectes et les entreprises qui viennent pérorer devant les caméras et se disputent déjà des parts du gâteau , bref ... pas très joli tout ça (euphémisme).

    Du temps des bâtisseurs de cathédrales les mécènes et leur famille étaient représentés sur les vitraux. Les apôtres et les saints avaient souvent une forte ressemblance avec le seigneur du coin, on apercevait parfois ses armoiries sur l’armure de Saint Michel terrassant le dragon, mais bon, c’était clair, ils payaient plein pot pour être ad vitam aeternam à la vue du petit peuple. Reconnaitra t-on François-Henri Pinault, Bernard Arnault et Françoise Bettencourt sur les futures gargouilles de Notre Dame ?

    Encore une parenthèse : j’ai beaucoup entendu critiquer Violet le Duc qui ne cherchait pas à reproduire exactement le monument qu’il était chargé de restaurer. C’est vrai mais pour autant il ne nous a jamais collé une architecture du XIX eme siècle sur un monument du XV eme ! Il s’attachait, le prétentieux, à re-créer le monument « comme si » il en avait été l’architecte au siècle où il a été construit !

    Et croyez moi il avait une culture architecturale médiévale colossale au point de nous laisser, outre la flèche de Notre Dame et les hourds du château comtal dans la cité de Carcassonne qui n’existaient pas avant lui, un extraordinaire « dictionnaire de l’architecture médiévale » qui est une véritable encyclopédie du savoir faire des compagnons bâtisseurs.


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 avril 17:47

      @oncle archibald
      Merci pour ce commentaire et ces remarques pertinentes.
      Un mot sur la sécurité : en 1994 le Parlement de Bretagne a brûlé. L’alarme avait sonné mais le préposé avait cru à une fausse alerte (dans la journée, une manifestation violente de marins pêcheurs avait eu lieu dans le centre de Rennes où se trouve ce monument). Tout cela pour dire qu’aucun système reposant en partie sur l’humain n’est infaillible.


    • oncle archibald 19 avril 19:35

      @Positronique : Cher Monsieur il vous faudra faire encore un petit effort pour comprendre ce que vous venez de lire !

      Ai-je dit que la Cité de Carcassonne, tout comme Notre Dame de Paris, n’étaient pas des monuments très visités ? Non ! J’ai dit que ces deux monuments avaient été bidouillés au XIX eme à la sauce Viollet le Duc, mais dans leur style d’origine, cet architecte ayant eu pour manie de s’imaginer lui-même à la place des premiers concepteurs et donc projetant dans le cadre d’une restauration les ouvrages qu’il aurait aimé faire à leur place.

      Il n’en reste pas moins vrai que ces deux monuments avec leur lot de touristes bien serrés et les boutiques ad-hoc tout à l’entour pour leur proposer des épées en plastique et des boules à neige ne sont pas du tout ma tasse de thé.

      Désolé d’avoir importuné les lecteurs « normaux » qui peuvent se passer d’explications de texte, mais ce fut néanmoins un plaisir d’éclairer votre lanterne.


    • mmbbb 20 avril 11:03

      @oncle archibald le parquet de Paris a nomme un expert en feu pour cette enquete En 2013 , le systeme electrique et alarme avaient ete refait . Il y a des points troublant quant a ce feu L enquête le dira . je suis etonné que le debut de feu n ait point declenche d alarme . L electronique moderne notamment la sensibite des capteurs au infra rouge aurait du permettre d agir au plus tôt avant que la charpente ne s embrase . Il y a l ombre d un doute . 
      Vous citez Violet le Duc il est vrai qu il n avait pas a reconstruire cet edifice et apporta sa touche personnel notamment avec la fleche .


  • baldis30 19 avril 17:28

    Bonsoir,

     excellent article

    auquel je me permets d’ajouter deux touches supplémentaires

    d’abord, hors de toute croyance, ces constructions anciennes, qu’il s’agisse de Notre Dame ou plus en arrière de Louqsor, Angkor, Chitchen Itza et bien d’autres marquent un pas organisationnel exceptionnel par leur ampleur et leur durée de construction : une continuité qui confirme le passage des chasseurs-cueilleurs à une attitude bien plus communautaire avec une vision au-delà du quotidien ...

     Ensuite un point que j’approuve totalement avec la même réflexion ... Nommer un général de l’arme du Génie pour superviser l’ensemble c’est logique et on n’a rien à redire, les bases techniques sont en sa possession sans qu’on doive recourir à des expertises sans fin. Si ce n’est pas le cas il faut se poser des questions ...


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 avril 17:54

      @baldis30
      Merci Baldis 30
      Notre civilisation est celle du prêt à consommer et il faut aller vite pour construire un édifice en ayant à l’esprit que son obsolescence programmée profitera à l’économie. Il y a aujourd’hui des malfaçons fréquentes dans les ouvrages. Cela nous différencie des civilisations que vous citez dans lesquelles on voulait laisser une trace pour le futur.
      Quelle trace laisserons nous ? Celle d’une société du profit.


    • Le421 Le421 19 avril 20:28

      @Positronique
      Encore une intervention de ce style et hop !!


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 19 avril 20:55

      @Le421

      C’est l’adjuvant chef qui décrète sur l’article d’un autre ...lol .


    • Et hop ! Et hop ! 19 avril 21:35

      @Michel DROUET : «  Cela nous différencie des civilisations que vous citez dans lesquelles on voulait laisser une trace pour le futur. »

      Les cathédrales n’ont pas du tout été faites pour laisser une trace pour les hommes du futur, il s’agit d’hymnes adressés à Dieu, comme des morceaux de musique sacrés, la Messe de Requiem de Mozart ou l’Avé Maria de Schubert ou les canons de Bach, mais réalisés en pierre.

      Ces oeuvres architecturales et musicales témoignent pour nous du raffinement technique et artistique de la Société médiévale, de leur amour du travail bien fait, de leur sens de la perfection et de l’absolu, mais ce n’était pas leur but de se faire valoir par rapport à nous.


    • Fergus Fergus 20 avril 09:03

      Bonjour, Et hop !

      « il s’agit d’hymnes adressés à Dieu, comme des morceaux de musique sacrés »

      Oui, sans doute, mais les cathédrales ont avant tout été construites pour lier la grandeur de Dieu à la puissance de l’Eglise. Autrement dit, impressionner la foule des fidèles tout autant par la beauté des lieux que par la masse écrasante des sanctuaires.


    • goc goc 20 avril 11:54

      @Fergus
      Bonjour Fergus
      je relativiserais un peu vos propos
      il ne faut pas oublier qu’au moyen-age (époque de la construction des dites cathédrales), le sacré et le profane se mélangeait à tout bout de champs, y compris dans les églises qui pouvaient aussi bien accueillir une messe grandiose que des spectacles païens à la limite du « sacré » suivant les fétes celebrées, voir du satanique (avec les buchers pour sorcieres).

      On trouve un bon exemple de ces mélanges dans les « Carmina-burana » (les vraies, pas celles fascisantes de Carl Orff), ou on trouve aussi bien du chant sacré que des chansons d’amour et même des chansons à boire.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Clemencic


    • Fergus Fergus 20 avril 13:06

      Bonjour, goc

      Vous avez raison pour la proximité du sacré et du profane dans ces monuments ou à leurs abords immédiats.
      Mais un profane qui était malgré tout mis en scène par des chrétiens ou qui visait, dans l’esprit des prélats, à évangéliser les païens en leur permettant le contact avec le sacré.

      D’accord avec vous sur Carmina Burana. 


    • Michel DROUET Michel DROUET 20 avril 18:47

      @Fergus
      Bonjour Fergus
      La fonction de l’église a été pendant longtemps le contrôle du corps social et les églises étaient également l’image de cette fonction.


    • baldis30 21 avril 14:54

      @Et hop !

      bonsoir
      « Les cathédrales n’ont pas du tout été faites pour laisser une trace pour les hommes du futur, il s’agit d’hymnes adressés à Dieu ... etc »
      Pas du tout ... souvent décidées pour occuper la population et la regrouper ( cas de bien des pyramides... après il y a la com ... et elle est le délire ...
      La cathédrale comme l’église abbatiale est d’abord voulue comme lieu de rassemblement , exactement comme l’était le temple auparavant . De plus n’oubliez pas que ce sont les premiers grands gestes organisationnels dans l’Histoire humaine ... Si vous ne comprenez pas que c’est à partir de cela que le singe nu est devenu un Homme ( enfin pas pour tous semble-t-il ..)


    • Et hop ! Et hop ! 22 avril 13:14

      @Fergus

      A cette époque on ne peut pas penser l’Église comme une entité distincte de l’État ou de la Société. Pour parler comme maintenant, c’est une partie importante de la Fonction publique, correspondant au Ministère des Affaires sociales, au ministère de l’Éducation nationale et de la recherche, au ministère de l’Intérieur, au ministère de la Culture, avec pour branches les différents ordres religieux spécialisés : ordres enseignants, ordres soignants avec des spécialités : lazaristes pour les fous,,.. ordres des religieux pontonniers qui construisaient des ponts publics, etc. 

      Dans les sociétés où l’écriture est très rare, c’est la communication figurative qui est développée pour informer le public, enseigner, signifier, indiquer, valoriser ou dévaloriser, mémoriser, etc.. D’où l’importance des statues, des costumes, des enseignes, des blasons, des symboles, des ornements, de l’architecture, du protocole, pour indiquer les fonctions, communiquer les connaissances, etc

      Le Clergé, c’est les clercs, ceux qui savent lire et écrire, ce qui était à cette époque un savoir technique professionnel spécialisé, comme d’écrire un programme d’ordinateur actuellement, la quasi totalité de la population vivait sans avoir l’occasion de rencontrer un seul écrit, les artisans, les paysans, les nobles n’avaient ni l’occasion, ni le moindre besoin de savoir lire et écrire. 

      Les cathédrales gothiques ont été construite à une époque de grande expansion des villes et de la bourgeoisie. Les municipalités étaient une émanation des corps de marchands et d’artisans. Ce sont eux qui ont promu et financé la reconstruction gothiques des cathédrales de leur villes, avec une rivalité inter-ville pour avoir la plus belle, la plus haute, et avoir l’air plus prospère. Seuls les choeurs appartenaient aux curés ou aux évêque qui en payaient la construction et l’entretien, le choeurs et les colatéraux appartenaient à la communauté des habitants. Selon la place du clocher, il appartenait au curé ou aux habitants. Dans le cas de Notre-Dame, les tours et le porche appartenaient aux Parisiens, ce qui avec la nef, le transept et les colatéraux fait 90 % du bâtiment. Les cathédrales étaient toujours associées à un Hôtel-Dieu (hôpital public), eux aussi reconstruits à l’époque gothique avec des nefs ogivales sculptées.

      Dans toutes les civilisations antiques ou primitives, les pratiques religieuses s’incarnent dans des oeuvres architecturales, décoratives, cérémonielles, chorales, musicales, avec une recherche de la perfection. L’art sacré est à l’origine des arts, pas le contraire.


    • bob de lyon 23 avril 10:32

      @Et hop !
      Bien vu. J’ajouterai dans votre sens :

      Lire le lumineux ouvrage de Georges Duby.

      Un raccourci de ce qu’il écrit :

      La naissance de la cité, l’urbanisme, invente la cathédrale ; mais l’abbé Suger forge le gothique et le roi en fait son modèle ; il soumet l’évêque pour l’éloigner du Pape ; ensuite, pierre taillée et vitrail deviennent instruments de colonisation et marquent les territoires conquis : la cathédrale devient borne du pouvoir royal : « Je suis le représentant de Dieu et c’est ici mon royaume dédié à Notre-Dame. »

      Naissance d’un pays.

       

      Codicille :

      J’ai ouï – samedi ou dimanche matin, sur une radio de service public (inter ou culture) - que notre inénarrable président aurait téléphoné au Pape pour qu’il vienne à Paris, ce dimanche de Pâques, bénir la carcasse fumante de Notre-Dame. François lui aurait répondu que ce n’était pas prévu à son agenda.

      Serais-je le seul à avoir entendu cette info ou ai-je été victime d’une auto-hallucination ?



  • zygzornifle zygzornifle 19 avril 17:34

    il est prévu des nouvelles gargouilles sur le toit a l’effigie des membres du gouvernement ....


  • zygzornifle zygzornifle 19 avril 17:35

    il est prévu des nouvelles gargouilles sur le toit a l’effigie des membres du gouvernement ....


  • p.castor Castor 19 avril 17:50

    Un soupçon de nostalgie, servi par une belle écriture... oserai je dire inspirée. C’est vrai qu’on trouve parfois dans une petite église romane, au fin fond du JURA ( chacun sa région) une forme d’apaisement...

    Quelque part comme un écho de la société du spectacle, je parle bien sûr de la médiatisation de l’événement.

    Bel article.


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 avril 17:58

      @Castor
      Merci pour ce compliment et longue vie aux édifices religieux jurassiens que je connais insuffisamment mais que je visiterai avec plaisir.


  • pipiou2 19 avril 18:23

    Il y a les récupérations politiques et les récupérations polémiques.

    Sur Agoravox on n’est pas en reste.


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 avril 19:00

      @pipiou2
      Il y a aussi des réponses politiques et des réponses polémiques, c’est la loi du genre et vous y participez vous aussi.


  • nono le simplet nono le simplet 20 avril 05:17

    cet incendie laisse un goût de cendre dans la bouche, quoi de plus normal ...

    et les GJ interdits de parvis ce samedi, normal aussi, ils représentent l’anti-France, les judas sans foi ni loi de la sainte république ...

    ( c’est un peu con de leur interdire le parvis d’ailleurs ... en les excitant un peu comme sait si bien le faire la police, ça pouvait faire une belle image qui montre leur barbarie ... mais j’imagine que le risque d’une conduite digne était un risque à ne pas prendre ... )


    • Michel DROUET Michel DROUET 20 avril 08:38

      @nono le simplet
      On aurait pu penser que quelqu’un évoque la responsabilité des GJ dans l’incendie, après avoir dit qu’ils avaient été, par la destruction des radars, à l’origine de morts supplémentaires sur la route et à l’origine de la hausse de la délinquance en campagne suite à la mobilisation des forces de l’ordre....


  • Mettre autant d’argent sur la table sans savoir à combien s’élèvera la facture.

    C’est afficher un manque de sérieux de la part de ces gros donateurs(chef d’entreprise) qui par défaut tirent les prix quand il s’agit d’investissement.


    • Michel DROUET Michel DROUET 20 avril 08:34

      @SPQR Sono Pazzi Questi Romani
      Quand on aime, on ne compte pas. C’est un ’investissement" rentable pour ces donateurs. L’important c’est la pub faite autour de leur nom...


  • lloreen 20 avril 10:28

    Dans sa vidéo de Marc Delantre qui a révélé le rôle de Gladio dans l’incendie criminel de ND, il annonce aussi le procédé sur sa page facebook.

    https://www.youtube.com/watch?v=a6ASJZh1YAo


  • lloreen 20 avril 10:31

    Cet agent énonce par ailleurs également l’implication de ce réseau de l’Otan dans les autres attentats en France et ailleurs.

    https://www.youtube.com/watch?v=-Y-e3G3YKdQ

    Voici les références du livre de Marc Delantre.

    https://www.docdroid.net/qOPK2r7/le-code-de-gladio-chapitre-1-69-en-cours.pdf#page=5

    Ces désaxés satanistes non seulement massacrent la planète entière mais se glorifient de leurs oeuvres ;ils se sont hissés à tous les postes et se sentant au faîte de leur gloire affichent ouvertement leur mépris et leur moquerie face aux populations sous hypnose ou noyées dans le consumérisme de pacotille.

    Les mines réjouies et les déclarations du psychotique Philippe ne laissent plus planer aucun doute sur le fait que la France est dorénavant une dictature.

    https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/57511466_438437396919096_2245595746311077888_n.jpg?_nc_cat=106&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=5f5e3864fe8449454a91f8a20ed79ca9&oe=5D3F90C0

    Philippe est ainsi « heureux d’organiser le désordre du monde »...

    On peut aussi s’interroger sur le rôle des sentinelles...qui ne servent à rien.
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/06/08/13-novembre-2015-pourquoi-les-militaires-de-sentinelle-ne-sont-pas-intervenus-lors-de-l-attentat-du-bataclan_5311948_3224.html


  • zygzornifle zygzornifle 20 avril 10:40

    Je me demande quelle magouille va utiliser LaREM pour faire « glisser » incognito une partie des dons sur son compte afin de financer les élections , le président comme ancien énarque trader banquier Rothschildien doit en connaitre un rayon sur la question .....


  • L'Astronome L’Astronome 20 avril 11:24

     

    « on redécouvre le courage et l’abnégation des sapeurs-pompiers »

     

    Ah oui, parlons-en. Un jour, dans la rue, je vois une personne qui se trouve mal. N’étant pas secouriste, et ne sachant qui appeler, j’ai appelé les pompiers. Mal m’en a pris, car le planton de service, sans doute dérangé dans sa sieste, m’a proprement engueulé en disant que porter secours n’était pas de son ressort. Que voulez-vous répondre à ça ? (la scène se passait à Paris-VIe).

     


  • tibidi 20 avril 11:46

    Pour moi, c’est un false flag.

    Je pense à une arme DEW (direct energy weapon) pour mettre le feu. Ces canons (militaires) ont été utilisés dans les « wild fires » de Californie du Nord. C’est largement documenté : il y a des milliers de photos et vidéos. On peut y voir des jantes d’auto fondues en une flaque d’aluminium (il faut minimum 1200 C°) et juste à côté un arbre intact ?!?

    Et si les échafaudages (installés depuis décembre 2017) étaient là pour amortir la chute de la flèche et empêcher la destruction totale ?? Hum ?


    • Fergus Fergus 20 avril 11:51

      Bonjour, tibidi

       smiley Comme humoriste, vous risquez de faire de l’ombre à lloreen !


    • pipiou2 20 avril 12:43

      @Fergus
      Effectivement c’est une compétition entre illuminés qui s’engage : le championnat du monde des frappadingues en direct-live sur Agoravox.


    • zygzornifle zygzornifle 20 avril 17:31

      @pipiou2
       c’est LaREM qui remporte le titre de frappadingue ...


    • Michel DROUET Michel DROUET 20 avril 18:50

      @Fergus
      Il y en a qui ont été trop biberonnées aux super héros de Marvel avec leurs armes et super pouvoirs. C’est surement un coup de l’homme araignée.


    • baldis30 21 avril 14:59

      @zygzornifle

      il y a eu de la CONcurrence avec les canadair .... écopant entre deux ponts en pleine nuit ! 


  • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 20 avril 11:51

    Si vous êtes curieux, dans votre moteur de recherches tapez :


    Cathédrale de Saint Omer bidon d’essence

    sources Voix du Nord et autres :Ici.


    @+ P@py


    P.S


    Veuillez m’excuser si ma réponse fait doublon avec une autre.


  • njama njama 20 avril 12:29

    Notre-Dame : les tours étaient « exceptionnellement » fermées

    INFO PANAMZA. Ce mystère est totalement passé sous silence par la presse traditionnelle et les autorités : les tours de la cathédrale avaient été spécialement barrées au public au moment -troublante coïncidence- du déclenchement de l’incendie. Pourquoi ?

    Détail troublant : la première alarme a retenti à 18h20 et le feu fut constaté vers 18h50, suite à la seconde alarme de 18h43.

    En clair : c’est précisément durant la tranche horaire de 17h30/18h30 (qui fut spécialement interdite aux visiteurs -mais aussi aux ouvriers qui avaient tous quitté les lieux à 17h30) que le foyer du feu fut activé…

    Accidentellement…

    Ou délibérément.

    http://www.panamza.com/190419-notre-dame-exceptionnellement/


    • pipiou2 20 avril 12:42

      @njama
      Panamza c’est le site même du « troublant » : fake-news en pagailles, ragots et complotisme pour neu-neus.
      A se demander si ce n’est pas le webmaster du site lui-même qui a mis le feu à ND juste pour faire de l’audience smiley


    • njama njama 20 avril 12:51

      @pipiou2

      si vous aviez seulement pris la peine de lire l’article de panamza vous auriez constaté que l’info est sourcée, de même que tous les articles de ce site.


  • L'apostilleur L’apostilleur 20 avril 13:36

    « ...l’illumination divine de l’existence d’un patrimoine que l’Etat laisse pourrir lentement .. »

    Vous avez raison. Notre patrimoine est confisqué par les ABF (architectes des bâtiments de France ) enfermés dans un modèle de restauration appliqué sans distinction. Pour libérer des budgets il faut soustraire une partie des édifices à la rigueur de leurs procédures que la France ne peut pas financer. L’Espagne a trouvé depuis longtemps une solution, les Paradors. https://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-president-stephane-bern-et-le-204791


  • L'apostilleur L’apostilleur 20 avril 13:48

    « ..Une impression également que toute vie doit cesser, que les urgences sociales n’en sont plus, ... »

    Ce point de vue est décliné ici et là à tort me semble-t-il, souvent par esprit de polémique. Si la sidération a été immense pour beaucoup, celà n’occulte en rien les autres difficultés de notre pays. Un effort de distinction doit être fait au risque d’un amalgame sans bénéfice pour personne.


  • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 21 avril 18:17

    La question du jour :E. Macon et E. Philippe étaient-ils « hilares » devant Notre-Dame ?


    Pour faire votre opinion, reportage avec vidéo :Ici.


    @+ P@py


  • baldis30 23 avril 10:53

    bonjour,

     encore un avis technique venant de gens conscients des difficultés :

     https://batinfo.com/actualite/peut-on-vraiment-reconstruire-notre-dame-en-5-ans_12645?id=a8d5d5379f64221255e7b17c9bcab5d4ffa2bda3&utm_source=Batinfo&utm_medium=Email&utm_campaign=BATINFO%20ACTU%20HEBDO%202019-16%20(1504-2104)

     Hormis l’utilisation du titane pour la reconstruction de la charpente il n’y a pas grand-chose à commenter sur cet avis bien étayé par une argumentation technique solide ! A commencer par le délai !

     par contre mais qu’ont-ils donc à vouloir du titane partout !... Ont-ils jamais fait un calcul de dilatation avec n’importe quel métal et les efforts qui en résultent ... incroyable ! pourtant même pour un simple bac scientifique il y a une approche évidente : calcul d’allongement pour un passage de la température de 0 à 40 °C , puis application de la loi de Hooke pour apprécier au moins très sommairement les contraintes qui en résultent ! Sans demander davantage comme Castigliano-Menabréa !

    Et pour éviter cela .... lamellé-collé ... ah oui c’est utilisé pour les gymnases, les supermarchés .... etc... et fort apprécié des pompiers ... cela fait au moins trois tares ...


  • Samson Samson 23 avril 11:21

    "Alors voilà, plus que de médiocrité, c’est d’indécence qu’il convient de parler à propos de ces artistes de la finance, des affaires et de l’évasion fiscale"

    Eu égard à la hauteur des montants de certains dons en regard de la difficulté au quotidien d’une majorité de Français, plus que d’indécence, on peut franchement parler d’obscénité.

    J’ai plus largement développé un point de vue qui sur certains points rejoint le vôtre, mais il est actuellement toujours en modération.


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