samedi 18 août 2018 - par Michael Gulaputih

Où il est question de souvenirs de jeunesse, de ralentisseurs et de démographie

Où l'auteur, via une longue digression, relie posément les souvenirs de sa propre jeunesse à un sujet sociétal crucial : L'Humanité et son avenir démographique.

Jeune, j'imaginais que le monde était à moi. Que tout était possible et sera possible. Illusion ou réalité. C'est le propre de la jeunesse de ne pas savoir distinguer l'une de l'autre.

J'ai été façonné par l'école républicaine, laïque et universelle. Immigré de deuxième génération j'ai largement profité du système éducatif français. Lequel m'a prodigué 15 ans d'un enseignement de qualité allant de fin des années 60 au début des années 80. Cela forme environ un tiers de mon capital humain.

La France m'a offert, par ailleurs, ses paysages, ses villes, ses bibliothèques et lieux de culture de façon gratuite ou presque. Au fil des vacances en famille (rares mais dont je garde des souvenirs intenses et encore très précis), au gré de mes balades, à pied, puis au fur et à mesure que je grandissais et m'enhardissais en vélo, j'ai emmagasiné un stock d'images, d'impressions et de stimulations qui m'ont marqué à vie. Encore un autre tiers de ce capital.

Et pour finir mes parents avec tout leur vécu, leur soutien et leur investissement. Le dernier tiers. Merci Maman, merci Papa (ou l'inverse c'était selon) !

De cette enfance j'ai gardé le souvenir d'une très forte impression de liberté.

Pour commencer la liberté d'aller et venir. Les maisons type « Sam'suffit » ou « Do-mi-si-la-do-ré » était encore rares avec leur petit terrain jalousement bordé de grillages, de béton vert (les haies de Tuya) ou de barrières en béton en imitation de branche d'arbres. On les appelaient alors « les maisons neuves » par opposition avec « l'ancien ».

Les cours de fermes étaient ouvertes à tous les vents et seul Felix, cet archétype de bâtard des pâturages, la plupart du temps en liberté totale mais pour lors, en plus de ses attributions de chien de berger, montait la garde. Cela donnait lieu parfois à des courses poursuites mémorables. Qui n'a pas vu de tel chien longeant la route, la langue en bandoulière, rentrer chez lui consciencieusement en trottinant après une virée sur son territoire, ne peut prendre la mesure de ce temps-là en ces lieux champêtres.

Lors d'un travail saisonnier de recensement à la mairie de mon village j'ai pu ainsi en été pénétrer en complète impunité dans les cuisines (jamais fermées à clé !) de nombreuses fermes puis continuer la recherche de leur propriétaire jusque dans le potager attenant.

Les chemins agricoles étaient en accès libre et c'était à vous de gérer le croisement avec le paysan et ses rares véhicules agricoles. A noter que si le paysan propriétaire allait aux champs en tracteur, ses ouvriers y allaient en vélo ou à pied (égalitarisme quand tu nous tiens) !

Les cours des trois usines étaient grandes ouvertes (scierie, conserverie et carrière). Il n'y avait pas de portail. Le seul endroit un peu protégé, c'étaient les bureaux, un peu à part et bénéficiant en général d'un effort horticole (haies, parterre de fleurs...).

Souvent quand je me perdais (volontairement) lors de mes balades exploratoires je ne savais plus trop si j'étais encore sur une routelette encore publique ou si j'avais déjà franchi les limites du bien d'autrui. Et seul le fait fait de ne pas arriver dans un cul-de-sac tranchait la question. Dans le cas contraire nul ne venait vous invectiver l'écume à la bouche.

(Crédit Photo : Le Parisien)

Quant aux forêts...Je devais être sacrément innocent quand même car c'est seulement à mes 15 ans que je découvris qu'elles pouvaient être privées ! Je parle de forêts, pas du petit bois (derrière chez moi ♫ ♬ ). C'était notre terrain d'aventures en tous genres, terrain que l'on s'accaparait et que l'on rendait à regret aux chasseurs en automne.

Quand on faisait les fous dans les bottes de pailles dans les granges isolées bordant certains champs (ah ces saut de l'ange de 3 mètres et plus !) on se doutait bien qu'elles appartenaient à quelqu'un. Pourtant aucune n'était fermée. Elles étaient même plutôt ouvertes aux quatre vents !

Les petites bottes de paille, facile au demeurant à dérober, prenaient presque toutes la direction des granges de leurs propriétaires (une ou deux étaient barbotées par ci par là...pour la cage aux lapins).

Le vol de bois coupé était presque inconnu.

Les maraîchers ne mettaient pas de barbelés autour de leur champs. A quoi bon les voler, tout le monde avait son petit potager dont les légumes étaient évidemment bien meilleurs.

Même la Poubelle Municipale (ainsi appelait-on la carrière désaffectée où étaient déversées les ordures) était libre d'accès. Quel délice s'était de farfouiller dans les débris, vieilleries en tous genres afin de d'exhumer des vieux cadres de vélos, des vieilles roues de poussettes afin de réaliser des karts avec lesquels on s'explosait dans des descentes délicieusement incontrôlées. Nous avions même récupéré des vieux bidons de 200 litres qui avaient été rempli d'on ne savait trop quoi et qui puaient le chimique, pour un grand projet naval : la réalisation d'un sous-marin. Sans doute avions nous été contaminés par trop de Jules Verne. Passée la première euphorie le projet a été très sagement reconverti en la construction d'un simple radeau.

Les demeures bourgeoises du village, seules, avaient le privilège d'être bordées par de grandes grilles en fer forgées côté rue, de hauts murs côté route et rien côté champs (notre bourgeoisie locale n'ayant pas les moyens des aristocrates qu'ils cherchaient tant à imiter).

 

Depuis que je me suis expatrié en Allemagne je perds petit à petit mes liens avec ce terroir de mon enfance. La citation d'Edgar Quinet, condamné à l'exil sous le Second Empire me vient tout naturellement :

« Le véritable exil n'est pas d'être arraché de son pays, c'est d'y vivre et de n'y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer. »

Je n'y vis plus mais j'y reviens très régulièrement et alors je pleure.

Exit le petit village. Place à la cité dortoir de la grande ville d'à côté. Y aller était une véritable expédition en 1970. Maintenant on y fait le pendule boulot dodo par le train ou par la nouvelle autoroute.

Les zones pavillonnaires avec leur terrains de plus en plus exigus ont ravagé les cultures d'avant. Ces zones constituent de véritables obstacles aux promenades (autant qu'une emprise TGV ou d'autoroute).

Avis aux amateurs : il reste 300 m² au premier plan

Les grandes enseignes ont bétonné les abords du village. Quand une franchise type Michigan s'installe chez vous c'est le signe que le superflu est là et que tout ce qui lui a précédé en terme de « progrès » est en place. Ainsi la piscine : nom pompeux pour désigner une pataugeoire ouverte que l'été, puis ce que j'appelle la "cage à hamster" -sorte de complexe pour jeunes- dont la piste de skate construite au rabais avec son revêtement type liège synthétique se dégrade déjà.

La "cage à hamster" de mon village

Comme il y a un monument historique dans le périmètre des 500 mètres, il a été décidé d'investir dans de "l'historique". Ainsi le râtelier à vélo est en fer forgé !

Pourquoi lui et pas le reste des équipements ?

Le stade de foot (en bon état lui !) mais dont l'accès est complètement réglementé, la maison médicale qui a fonctionnarisé le rôle du médecin, Speedy ou Nordauto, l'EPAHD construit comme de juste en face du cimetière remplaçant la vénérable maison de retraite catholique sise dans un endroit charmant, la coopérative agricole concurrencée avec succès par une enseigne type Jardiland...

Et à chaque retour l'abomination continue.

La ravissante vieille mairie en parfait état, rasée car trop petite et mal située dans le nouveau projet urbain délirant. Et à la place....Des rond-points en veux-tu en voilà car ça fait plus « Ville ». Ah, ces rond-points...Ce sont de véritables incitations à prendre l'autoroute !

Le double rond-point (excusez du peu) et le panneau digital d'affichage d'informations

Des chemins communaux vendus aux agriculteurs pour cause de remembrement alors que simultanément l'UE met en place des aides à la reconstruction de talus arborés bordant les champs.

Au 18-19ième siècle s'était établi une compétition entre les villages afin de savoir lequel aura la plus belle église et/ou le clocher le plus haut. De nos jours c'est à qui aura les ralentisseur les plus hauts et les plus nombreux. Ces derniers sont bien indiqués par un panneau signalétique approprié associé à un panneau de vitesse maximale-en général 30 km/h. Mais gare au malheureux qui tentera le passage à 30 km/h. Il explosera ses suspensions et son bas de caisse ! C'est pas loin d'être de l'obstacle anti-char ces machins-là. A ne franchir qu'au pas.

Un village voisin, encore perdu dans la Pampa, mais néanmoins assez proche a voulu aussi jouer dans la cours des grands. Lui aussi a désormais ses magnifiques ralentisseurs et sa « cage à hamster » pour ses 827 habitants...

Exemple de ralentisseur anti-char et sa signalétique

La "cage à hamster" du village concurrent

Il existe pourtant des régions de France où ils n'existent pas. J'ai traversé la France, cet été, de la Bretagne au Jura en passant par la Nièvre, entre autre, et je fus ravi de voir qu'il est des régions qui résistent encore et toujours à cet envahisseur. Et qui pour autant ne ressemblent pas à des villes fantômes du Far West.

Les panneaux « chemins privés » fleurissent quand ce ne sont pas des menaces explicites du type « site vidéosurveillé ».

L'étang municipal est devenu camping municipal et à ce titre a été presque retiré de l'espace public. Il n'est plus possible de remonter ou de descendre le ruisseau qui l'alimente car une zone industrielle avec ses hangars sur terrain grillagé le borde et empêche la progression.

Quelle ne fut pas ma stupeur un jour de découvrir ça :

La place Handy-Pêche !

On imaginera aisément que si on en est a régler ce genre de broutille pour le confort de l'handicapé, le vital et l'essentiel est depuis longtemps en place le concernant.

Que nenni : presque simultanément le gouvernement abandonne presque les mesures pour handicapés dans les nouvelles normes de construction. Comprenne qui pourra...

Cerise sur le gâteau : la municipalité s'est dotée de parcmètres dernière génération. Que dis-je, elle devance même la modernité : je n'ai jamais rien vu de pareil nulle part ailleurs. C'est du hipster de folie.

L'Horodateur (avec un "H" majuscule s'il vous plaît)

Le principe en est le suivant : vous vous garez et la place que vous occupez, étant dotée de capteur, vous dote d'un crédit temps de 15mn. Le compte à rebours commence et s'affiche en direct et en vert sur la borne. Puis dés qu'il atteint zéro il repart dans un décompte mais positif cette fois-ci et il s'affiche en rouge. Simultanément la police municipale est avertie par SMS ! Cette dernière n'a plus qu'à se diriger tel le poisson pilote sur sa victime et la verbaliser à hauteur du temps dépassé. C'est pas beau le progrès ?!

C'étaient les réalistions de l'homo modernicus. Voyons ses nouvelles dérives comportementales.

J'ai vu (de mes yeux vus vous dis-je) une voiture s'arrêter tranquillement à l'entrée de notre chemin de terre d'accès, un type en sortir et, sans aucune espèce de scrupule, embarquer 5 ou 6 bûches d'un lot que j'avais débité, entassé et laissé sécher là en attendant de le rentrer. Nul doute que l'accès de 90% d'une classe d'âge au Bac a servi à bien maîtriser l'adage "res mobilis res vilis".

Nos voisins agriculteurs (il ne faut plus dire paysan) nous ont avoué que depuis que le round baller existe ils ne se font plus voler leur paille (l'objet pèse entre 200 et 300 kilos alors que la botte de paille « classique » ne fait que 12 kilos).

Le vol de bétail augmente à telle enseigne qu'à l'entrée des champs on commence à voir des pannonceaux « ce site est vidéosurveillé » ! (ah bon ! Des webcams dans les arbres maintenant ou alors surveillance par satellite !)

Allez traverser un champ de vaches après ça sans avoir peur de recevoir une volée de gros sel dans les fesses. J'exagère mais il m'a été reproché, par certains agriculteurs qui m'ayant vu de loin, sont venus très méfiants aux nouvelles puis apparemment soulagés mais ayant besoin quand même de justifier leur déplacement, il m'a été reproché donc, d'avoir « dérangé » leurs bêtes !

Quant aux incivilités « poubellistiques », il faudrait tout un chapitre rien que pour ce sujet ! Cela va de l'artisan qui ne veut pas payer/aller jusqu'à la déchetterie classe 1 (déchets dangereux) et qui benne le fibrociment qu'il vient de démonter dans le premier fossé venu, aux jeunes qui vont en boite de nuit à 5 dans une voiture et qui se délestent par les fenêtres grandes ouvertes de leurs déchets de Fast Food. Et quand vient la saison des pluies ceux-ci viennent boucher les buses d'écoulement des fossés au point de les faire déborder.

Un collègue m'a même assuré que le long des RN les fossés sont jonchés de bouteilles d'eau minérale préalablement vidées par les camionneurs puis remplies de l'urine des mêmes. Sans doute un effet de la course au rendement !

Dans un cockpit de planeur je veux bien, mais pas quand on peut s'arrêter n'importe où !

 

On va me taxer de passéiste.

J'entends déjà les clichés type « à la campagne on violait en famille ». Cliché immortalisé par la B.O du film Radiostars.

Je suis peut-être passéiste. Qui sait ? Mais je sais aussi voir le côté positif du progrès réalisé depuis les années 60-70. Mais ce que je ne vois pas c'est le projet d'avenir qui va avec. En France, tous les 10 ans une superficie égale à celle d'un département français disparaît sous une couche de béton. Le village que je vous ai décrit a vu sa population doubler en 50 ans alors que sa surface urbaine a plus que triplé.

C'est quoi le projet ? Transformer la France en un gigantesque parking/zone commerciale/zone industrielle en un ou deux siècles ? Construire des autoroutes reliant ces parkings/zones et, entre, mettre des zones pavillonnaires ?

Quand je vois les friches industrielles datant des années 50-60 qui sont délaissées car trop chères à réhabiliter et que simultanément un magnifique terrain agricole est transformé en plate-forme logistique ou en nouveau complexe UGC -comme ça, en pleine campagne- ça me rend malade. Car ce terrain agricole c'est deux mille ans de soins attentifs apportés par 80 ou 100 générations de paysans d'après Gaston Roupnel, merveilleux auteur de l' « Histoire de la campagne française ».

Deux mille ans de soins qui meurent sous une couche de béton, de gravier, de goudron.

Combien coûtera la remise en l'état initial de cette terre ? Et qui va le faire ? Avec quels moyens ? Et ça dans le monde de l'après-pétrole ? Laissez moi rire ou pleurer plutôt !

Avez-vous déjà promené vos guêtres dans une friche industrielle ? Du type celle que laisse la société H.... (groupe suisse qui a racheté les cimenteries françaises L....) après avoir exploité jusqu'à l'os un site ayant un sous-sol riche en calcaire ? Nul besoin de visiter Tchernobyl pour avoir des visions d'apocalypse ! J'ai la chance (sic) d'en avoir un exemplaire pas trop loin de chez moi.

Vue aérienne par Google (150 ans d'exploitation... qui vont en s'accélérant)

Ce type d'usine est un cas d'école.

Vue panoramique du site (à gauche l'usine puis les carrières au fur et à mesure qu'on va vers la droite)

Après l'exploitation des lieux il n'y a pas de déchets type Seveso, ni de déchets nucléaires. Seulement un trou énorme

...qui ne pourra pas être remis en état car il se remplit naturellement d'eau. C'est presque trop beau. Pour un peu on remercierait la société H.... de nous fournir des plans-d'eau et on en oublierait la « petite » dizaine d'hectares supportant la cimenterie proprement dite qui rouillera sur place. Comme l'usine existe déjà depuis plus d'un siècle, de charmants témoins historiques émaillent les parties déshertées qui ne sont pas encore appelées friches.

Des grilles qui auraient convenu à un zoo au 19ième siècle

Ruine romantique post-industrielle (tapis roulant)

On en oublierait presque les quelques km² de surface agricole qui ont disparu.

Et les centrales nucléaires, parlons-en (je sens que je vais encore me faire des amis ; j'avoue être sensible sur le sujet pour de multiples raisons). Le plus vieux projet de déconstruction, de décontamination et de remise en état des lieux d'une centrale nucléaire est celui de Brennelis qui se trouve dans le Finistère. Son démantèlement date de 1985 et est toujours en cours !

Non vous n'avez pas rêvé : ça fait 33 ans que ça dure et on ne voit toujours pas le bout du projet.

Et je ne vous parle pas du reste du parc !

450 centrales nucléaires sont en fonctionnement dans le monde. 110 sont à l'arrêt.

Et seules 6 ont été déconstruites (USA). En France en plus de Brennelis il y a 8 autres chantiers de déconstruction. Le coût de cette dernière est de grosso modo 10 % du prix de la construction selon le journal Le Monde qui sur ce point se fait le porte-parole d'Edf. Le journal l'Obs en doute fortement et revoit les chiffres fortement à la hausse, tandis que les allemands tablent par centrale sur 1,2 milliards d'euros et ceci en excluant les frais de stockage des déchets radioactifs.

C'est quoi le projet cette fois-ci ? Construire une centrale, consommer son électricité et laisser aux deux générations suivantes le soin de la déconstruire ? Pour une fois qu'un industriel (ici Edf) est obligé de nettoyer derrière lui, il se débrouille quand même par des manœuvres dilatoires pour retarder ses obligations le plus possible.

Je profite du sujet pour enfoncer le clou. Les grands penseurs qui nous ont embarqué dans cette aventure nucléaire en 1950, n'avaient pas une seule seconde envisagé le réchauffement climatique.

Ils ont parsemé le territoire de centrales en s'appuyant sur les ressources hydriques locales pour refroidir à la fois le cœur des réacteur mais aussi les piscines de combustible. Or vu l'évolution des étés caniculaires depuis 2003 il n'est pas imprudent d'envisager une Loire quasi à sec lors d'un été, en 2030 par exemple. Et que fera Edf ? Elle baissera sa production comme en 2018.

Et que fait Edf quand il n'y a plus d'eau du tout ? Hé bien c'est le scenario type Fukushima mais en pire car il n'y aura pas d'eau de mer à proximité en abondance. Car ce qui cause le plus de problème là-bas ce n'est pas tant la fuite des réacteurs que la panne totale des pompes de refroidissement des piscines de combustibles qui impose d'arroser à grand renfort d'eau de mer lesdites piscines.

Prenons l'exemple de la centrale de Bugey. Vous avez ici un site archéologique exceptionnel, assez bien mis en valeur. De là vous avez une vue idyllique sur la vallée...et sur sa magnifique architecture nucléaire.

Laquelle est à l'arrêt total pour cause de sécheresse. (Avant de devenir une superbe friche industrielle radioactive.Mais là j'anticipe peut-être un peu trop...).

 

Il est archiconnu que l'être humain -dés qu'il a quitté sa qualité de nomade et s'est sédentarisé- a eu une propension certaine à surexploiter son environnement au point de scier la branche sur laquelle il était assis.

L'Histoire nous l'a assez rappelé (pour ne citer que quelques exemples : l'Ile de Pâques et ses forêts rasées, Angkor Vat et ses champs surexploités, devenus trop dépendants d'une Mousson capricieuse, Chypre et ses mines de cuivre et donc ses forêts -rasées- dont on tirait le combustible, et que dire des célèbres forêts de cèdres du Liban).

Vous pourriez me citer le contr'exemple historique de Colbert qui mettant le holà en 1669 à la déforestation massive du territoire, a reconstitué la Forêt française. Certes. Mais rappelez-moi le pourquoi de cette volonté et surtout la forme de gouvernement de l'époque qui accompagnait cette décision.

Cette propension dévastatrice s'accélère au rythme de la progression de sa population (cf la loi malthusienne). Or comme cette dernière évolue exponentiellement, la dévastation qui y est associée aussi.
Et il n'y a personne pour rappeler cette simple évidence !?

Ah si. Mais on taxe les gens qui en parlent d'eugénisme ou de bioengineerisme. Ah le droit inaliénable de se reproduire. J'ai en tête les images du film Idiocracy (film culte dont je ne saurais trop vous recommander le visionnage).

Certains disent que pour arriver à endiguer cette natalité galopante il faut éduquer en premier les femmes. Car ce seraient elles qui, si elles étaient éduquées, prendraient en main leur fécondité. Vrai.

Mais pour éduquer, il faut amener ces femmes au niveau de consommation d'un pays occidental qui vit déjà de 3 à 5 fois au dessus de ses moyens.

A ce sujet il est symptomatique de voir la presse MSM, depuis quelques années, commencer à s'emparer du sujet du Jour du Dépassement. Par exemple ici.

Comment la Terre pourra-t-elle tenir cette surcharge de consommation et combien de temps ? Et si d'aventure on arrive à cet exploit de revenir à une population raisonnable, quelles ressources resterait-il ?

Toutes celles facilement exploitables l'ont déjà été. Il est loin le temps où une mine d'or vous livrait des mastodontes de plusieurs kilos. En France, en 2007 il a été trouvée une pépite de 57 grammes et la presse en délire de titrer :

La plus grosse pépite d'or trouvée en France depuis 120 ans

Et ceci à l'instar du cuivre, du plomb, du zinc, de l'uranium (n'en déplaise aux défenseurs à tout crin du nucléaire), du nickel, des diamants et de l'argent.

 

Personne ne veut s'avancer et parler de cette fameuse population raisonnable. Quant à la chiffrer...

Qui mérite d'en faire partie ? Vous, moi, eux, mes descendants, leurs descendants ?

Tant que l'Homme était soumis à la pression de la sélection dite « naturelle » c'était à ladite sélection de faire le sale travail. Mais depuis qu'il s'est affranchi de l'équilibre de prédation dynamique-les paléontologues s'accordent à dire que c'était il y a 4000 ou 5000 ans - c'est l'Homme lui-même qui « s'auto-sélectionne ». Depuis cette haute antiquité et avant notre époque dite « moderne » Il laissait aux Dieux le soin d'en décider. C'était plus sage. Et plus facile aussi...

Mais même la ressource divine -car le Divin n'est qu'une ressource comme les autres- a été épuisée et ne suffit plus à vivifier l'humanité.

Alors que nous reste-t-il ?

Il nous reste notre intelligence.

Ceux qui ont réfléchi à ce sujet et qui ont édifié le Stonehenge américain tablent sur une population maximale de 500 millions d'habitants terrestres. Ce chiffre correspond environ à la population mondiale de l'an 1650. Mais ils ne nous ont pas donné le mode d'emploi ni pour arriver à ce chiffre ni pour le maintenir car ils désirent garder l'anonymat. Gageons qu'ils y ont réfléchi et j'espère qu'ils ont une place pour moi autre que celle d'esclave (sic).

Ces gens-là sont traités de complotistes pour avoir osé aborder le sujet. Personne ne veut en parler car ce serait remettre en cause de fil en aiguille tellement de schémas idéologiques. Citons en vrac : le droit à la vie (et ses contraires l'eugénisme et l'euthanasie), puis les droits individuels en particulier celui de procréer, ensuite celui de la propriété – base du capitalisme. Et là : STOP.

Et c'est bien ce qui se passe. Donc pour aller au-delà il faudrait mettre à bas cette résistance et au besoin le système tout entier. Sacré programme ! Pour le mettre en place il faudrait un fou suicidaire qui condenserait en lui la quintessence de tous les plus grands tyrans de notre histoire. Car il n'est plus temps de choisir une voie douce type décroissance raisonnée, plus temps d'éduquer l'humanité à ce dessein. Et cet homme sera haï à jamais et connu comme le plus grand génocidaire de tous les temps.

Beaucoup plus probablement l'Homme -car il est génétiquement identique à ce qu'il était il y a 4000 ou 5000 ans- appliquera la même tactique qu'il a toujours appliqué avec une opiniâtreté constante à tout problème un peu ardu : laisser à la génération suivante le soin de le régler !

Autrement dit s'en remettre au hasard et dire que c'est le Destin.

Ou alors faire comme le gouvernement norvégien (associé à 15 autres pays et 3 fondations) et construire sa propre arche de Noé bio-génétique et attendre que la période des Grands Troubles prenne fin pour (re)construire le nouvel environnement de l'Homme.

J'ose espérer pour l'Homme qu'il existe d'autres visionnaires ayant les moyens de leurs visions pour nous sauver. Car pour l'instant ce thème qui devrait être le premier, le plus crucial, celui qui devrait rassembler toutes les énergies, tous les décideurs (je n'ose plus employer le terme de politiques), tous les créateurs, ce thème est toujours occulté partout et par presque tous.

Enfant, alors que m'habitait un sentiment de liberté, écolier puis étudiant, nul ne m'a jamais préparé à cela. Alors que déjà à l'époque cela aurait dû être un devoir absolu.

Mais tout ceci n'est que rhétorique et l'essentiel est que j'ai bâti (comme on dit par chez moi). Au sommet d'une colline en cas de Déluge...



73 réactions


  • Séraphin Lampion Dr Faustroll 18 août 2018 08:57

    « l’Homme -car il est génétiquement identique à ce qu’il était il y a 4000 ou 5000 ans- appliquera la même tactique qu’il a toujours appliqué avec une opiniâtreté constante à tout problème un peu ardu : laisser à la génération suivante le soin de le régler ! »

    Et même 250 000 ans, mais le volume du crane ayant diminué, ça ne s’est pas arrangé !

    On considère que des ossements d’hominidés sont ceux d’un homo sapiens s’ils présentent un volume endocrânien supérieur à 1 300 cm3, une face réduite sous la boite crânienne, un angle facial compris entre 82 et 88° (prognathisme faible à nul), un bourrelet sus-orbitaire réduit, et un menton osseux saillant.

    Le volume cérébral d’Homo sapiens, qui est en moyenne aujourd’hui chez l’homme moderne de 1 350 cm3, était plus élevé au Paléolithique supérieur, sans atteindre le volume cérébral moyen de l’Homme de Néandertal. La réduction du volume du cerveau se serait accompagnée d’une réorganisation des aires cérébrales aux conséquences plus importantes que la variation du volume brut, conséquences décrites dans cet article.


    • Hecetuye howahkan 18 août 2018 09:04

      @Dr Faustroll


      personnellement je ne fais aucune confiance ni ne prête foi à ces images fausses mises dans nos cerveaux.....

      l’origine de l’homme est inconnue point..

      son ancienneté aussi point...

      je te salue....

       smiley

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 09:28

      @Dr Faustroll

      Merci de votre commentaire qui si j’en comprends le fond est : la diminution du volume cranien de Cro Magnon a réaffecté la situation des aires cognitives de son cerveau. Ce qui a pénalisé certaines de nos compétences (par rapport je suppose à Néandertal), qui explique notre comportement actuel.

      Ai-je bon ?

    • Séraphin Lampion Dr Faustroll 18 août 2018 09:30

      @Michael Gulaputih

      c’est ça !


    • Séraphin Lampion Dr Faustroll 18 août 2018 09:37

      @Michael Gulaputih

      et il semblerait que cette évolution ne soit pas terminée...

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 09:50

      @Dr Faustroll

      Là vous soulevez quelque chose qui me passionne réellement.
      Si on est d’accord avec le fait que l’évolution n’est que le produit d’une succèssion d’accidents (mutation) génétiques viables, alors ces accidents doivent se produire en pagaille de nos jours.
      Produisant peut-être déjà notre potentiel successeur. Et ceci sous nos yeux.

      C’est une perspective à la fois angoissante (de faire partie des dinosaures) et passionnante si ce qui en sort saura sauver ce qui peut encore l’être.

  • Abou Antoun Abou Antoun 18 août 2018 09:14
    Compliments à l’auteur pour cet article, même s’il s’agit d’un amer constat.
    Compliments également pour l’ensemble de ses publications. Michael Gulaputih est de ceux qui tirent AV vers le haut.

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 09:35

      @Abou Antoun

      Mon côté féminin (et au diable les Femen qui vont me tomber sur le râble pour ce commentaire sexiste) adore les compliments. Il les reçoit donc avec plaisir.

      Mon côté masculin : smiley

  • Séraphin Lampion Dr Faustroll 18 août 2018 09:18

    Comme ça ?


    .إِنَّا خَلَقْنَا الْإِنسَانَ مِن نُّطْفَةٍ أَمْشَاجٍ نَّبْتَلِيهِ فَجَعَلْنَاهُ سَمِيعاً بَصِيراً

    En vérité, Nous avons créé l’homme d’une goutte de sperme aux éléments de vie bien combinés. Et pour l’éprouver, Nous l’avons doté de l’ouïe et de la vue,

    Inna khalaqna al-insana min nutfatin amshajin nabtaleehi fajaAAalnahu sameeAAan baseeran

    Coran sourate 32 As-Sajda السجدة « le prosternement »versets 7-8


  • Raymond75 18 août 2018 09:43
    "Il est archiconnu que l’être humain -dés qu’il a quitté sa qualité de nomade et s’est sédentarisé- a eu une propension certaine à surexploiter son environnement au point de scier la branche sur laquelle il était assis"

    Triste constat et article très intéressant, merci.

    Ce que vous avez vu à la campagne est pareil, ou pire, dans les banlieues des villes, qui s’étendent à l’infini, avec des barres verticales pour les pauvres et des chancres pavillonnaires pour les plus aisés. Plus de commerces ni d’activité de proximité, rocades, voies ’rapides’ saturées car peu de transports en commun, super marché obligatoire, béton partout. Sans voiture tu ne peux pas vivre.

    La devise de la France devrait être ’Une friche : du béton’ ...

    • Abou Antoun Abou Antoun 18 août 2018 09:57

      @Raymond75

      Peut-être qu’après tout le début de l’agriculture c’était le début de la fin.
      Tout en découle logiquement, élevage, artisanat, accumulation de richesses (début du capitalisme), esclavage (des animaux et des hommes), féodalisme (une minorité de fainéants prend en otage une majorité de travailleurs), puis plus tard l’industrie, etc...
      Il n’aura fallu que 10000 ans pour que ce processus amène l’humanité au bord du gouffre.
      Pourtant l’idée de départ était bonne (mettre les population à l’abri du besoin alimentaire), mais c’est une idée ’contre-nature’ (au sens propre). Toute la civilisation n’est d’ailleurs qu’une lutte contre la Nature (n’en déplaise aux écolos basiques). Mais il semble qu’in fine cette lutte doive être perdue.

    • Séraphin Lampion Dr Faustroll 18 août 2018 10:11

      @Abou Antoun

      surtout le début de l’élevage.
      n’oubliez pas que le mot « capital » vient de « cheptel », le nombre de têtes de bétail étant l’« étalon » de la richesse...

    • Et hop ! Et hop ! 18 août 2018 16:04

      @Raymond75 : «   »Il est archiconnu que l’être humain - dès qu’il a quitté sa qualité de nomade et s’est sédentarisé - a eu une propension certaine à surexploiter son environnement au point de scier la branche sur laquelle il était assis«  »


      Les nomades ne sont pas des migrants, ils étaient sédentarisés, ils faisaient chaque année le même cycle en passant par les mêmes points fixes selon les saisons, comme les éleveurs qui font les estives en montagne. Il y a eu d’ailleurs des civilisations nomades qui ont surexploité les ressources, notament les pasteurs en Afrique du Nord, ce n’est pas propre à la sédentarisation.

      En France, ça fait quand-même au moins 10 000 ans que les habiants sont sédentarisés, et même depuis le Néolithique. On ne peut pas dire que la civilisation paysanne créait un déséquilibre écologique, elle n’exploitait que des ressources renouvelables, ce n’était pas une économie de croissance mais d’équilibre cyclique. Les travaux de génie rural ont été énormes pour fixer la terre avec des terrasses, conserver l’eau, drainer les sols, améliorer la fertilité, les espèces végétales et animales. C’est plutôt justement le déracinement qui épuise les ressources, le commerce, le mondialisme, les multinationales, le capitalisme apatride.

      La Gaule était déjà très peuplée et très défrichée, la population est restée stable jusqu’au XIXe siècles, passant de 12 millions à 20 millions d’habitants en 2 000 ans, selon Dupâquier qui avait mis en évidence que cette stabilité démographique étonnante n’avait pas reposé sur la mortalité, mais sur la coutume de ne marier en principe que deux enfants héritiers par famille (un garçon et une fille), les autres enfants étant gardés célibataires (à la maison ou dans un emploi clérical), et que si un des héritiers mourait sans enfants, il était remplacé par un autre enfant.

      Il ne faut absolument pas vouloir penser les problèmes au niveau global, par exemple les problèmes de démographie peuvent être inverses d’une région à l’autre de la Terre, en France et plus généralement en Europe de l’Ouest, le problème démographique est le déficit et le vieillissement, le contraire de l’Afrique.

      Par contre il y a un problème démographique commun à la France et aux pays d’Afrique, c’est l’exode rural et la concentration urbaine.


  • Passante Passante 18 août 2018 10:11
    Rabbi Isaac ben Abdimi a déclaré :
    « Le dernier jour de la fête des Tabernacles, tout le monde guettait la fumée qui montait de l’autel : lorsqu’elle inclinait vers le Nord, les pauvres se réjouissaient, les riches s’attristaient, parce que c’était signe que les pluies seraient abondantes, et gâteraient les moissons (les riches ne pouvaient donc pas les stocker pour spéculer ensuite) ; lorsqu’elle inclinait vers le Sud, les pauvres s’attristaient, les riches se réjouissaient, car c’était signe que les produits du sol pourraient se conserver. »
    Talmud, traité Yoma 21b

    ce qu’il y a là c’est la description d’un frigo :
    ce frigo commence avec la volonté de « mettre à l’abri la population »
    de là à la « mettre en cage », il n’y a en général qu’un pas, allègrement franchi,
    car le frigo c’est le spectacle -
    et l’aménagement du territoire est son hardware, son infrastructure de base

    mais le frigo est transport :
    il est transporté surtout par ceux à qui tout « transport » est interdit
    sous le règne de la circulation marchande :

    la cage ? c’est pour le bébé-marchandise déjà..
    la caméra dans le champ ?
    c’est pour moi, mon bois et mes bêtes devenus soudain marchandises...

    il restera des villages on dit...
    dans le Sikkim, dans le Zanskar

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 12:20

      @Passante


      « Le dernier jour de la fête des Tabernacles, tout le monde guettait la fumée qui montait de l’autel : lorsqu’elle inclinait vers le Nord, les pauvres se réjouissaient, les riches s’attristaient, parce que c’était signe que les pluies seraient abondantes, et gâteraient les moissons (les riches ne pouvaient donc pas les stocker pour spéculer ensuite) ; lorsqu’elle inclinait vers le Sud, les pauvres s’attristaient, les riches se réjouissaient, car c’était signe que les produits du sol pourraient se conserver. »
      Talmud, traité Yoma 21b

      Je m’incline toujours devant des écrits qui ont survécu au crible de l’Histoire. Cependant, ici, je ne comprends pas pourquoi les pauvres devraient s’attrister devant une récolte abondante et à l’inverse se réjouir de la voir périr sur pied et donc de souffrir de la famine.
      A moins que e plaisir d’un pauvre se mesure donc à l’aune du désespoir du riche ? Lequel surpasserait les désagréments d’une famine certaine ?
      Pauvre est-il synonyme de front buté ?
       

    • Passante Passante 18 août 2018 13:04
      @Michael Gulaputih

      non, pas « périr sur pied », il s’agit de conservation : 
      le riche, le propriétaire terrien, s’il peut conserver, peut spéculer..
      et s’il ne peut pas conserver, alors il doit tout vendre au plus vite

      ce qui est décrit c’est à la fois un principe de d’accumulation et de conservation :
      naissance du capital - qui aboutit immédiatement en spéculation
      le spectacle n’est plus très loin..

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 13:26

      @Passante

      Je comprends votre interprétation mais excusez-moi d’insister.

      Le texte cité dit :"...parce que c’était signe que les pluies seraient abondantes, et gâteraient les moissons..."

      Chez moi quand il pleut et que la moisson se gâte cela veut dire Microdochium sur épi ou aussi la septoriose. Ce n’est pas moi qui le dit mais ceci.

      Je ne connais pas ce texte mais sorti de son contexte et en première lecture j’y vois plutôt le descriptif avant-coureur de la lutte des classes !


    • Passante Passante 18 août 2018 13:32
      @Michael Gulaputih

      mais tout à fait, c’est tout le but : décontextualiser le truc pour voir apparaître le capital à sa naissance par-delà ces détails agraires, et si la spéculation sur les denrées alimentaires est le cauchemar biblique par excellence, tout tient à la possibilité de la conservation..

    • Et hop ! Et hop ! 18 août 2018 16:07

      @Passante : Je n’ai rien compris.


    • Passante Passante 18 août 2018 16:36
      @Et hop !

      alors c’est bien, tu es déjà libre ..
       smiley

  • Arogavox 18 août 2018 10:18

    Merci pour ce témoignage, bien illustré ! ... dont je retiens surtout ce passage :

    « « Le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays, c’est d’y vivre et de n’y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer. »
    Je n’y vis plus mais j’y reviens très régulièrement et alors 
      je pleure. »

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 10:46

      @Arogavox

      Vous avez mis en plein dans le mille !
      Cette citation m’a véritablement poignardé quand je l’ai découverte il y a quelques années.

  • cevennevive cevennevive 18 août 2018 10:45

    Bonjour michael,


    J’aime vos articles et celui-ci, doux amer, plus que les autres. Mon coeur saigne parfois lorsque je retourne dans des campagnes que j’ai aimées et qui sont défigurées par tout ce dont vous parlez.

    Pour le moment, la Lozère, les hautes Cévennes où je vis, ont échappé à ces outrages, mais pour combien de temps ? La seule chose qui puisse les préserver est qu’elles appartiennent au Parc National des Cévennes.

    Cependant, et ça m’embête un peu de vous écrire cela, c’est le mot « septique » dans votre présentation. Sceptique aurait été mieux. Mais je pense (et suis même certaine), qu’il s’agit de votre part d’une étourderie !

    Bien à vous.


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 10:59

      @cevennevive

      Vous habitez une bien belle région (j’étais récemment en vacances à Ste Hilaire de La Vit et ça m’a beaucoup plu).


      Merci pour vos encouragements !

      Concernant mon descriptif : j’ai déjà répondu à un lecteur que - étant grand amateur de charades à tiroir- ce descriptif me correspondait parfaitement. Et que je ne donnerais pas la solution !

      Un seul indice.
      La faute -si faute il y a d’ailleurs- est volontaire.

      Bien à vous.

    • cevennevive cevennevive 18 août 2018 11:08

      @Michael Gulaputih,


      Pardon cher auteur ! au temps pour moi ! 



    • sylvie 23 août 2018 19:23

      @cevennevive
      autant pour moi pas au temps


  • covadonga*722 covadonga*722 18 août 2018 10:46

    belle nécrologie d’un pays qui n’est plus.

    Suicide ou meurtre ? c’est selon ,nous avons commis un suicide collectif quand nous avons laissé
    nos élus échanger les droits régaliens et imprescriptibles de ce pays contre un plat de lentilles bruxelloise.
    Les meurtriers ? la racaille élue de droite et de gauche qui toute honte bue a bradée ce que des siècles de rois d’empereurs de presidents avaient patiemment construit.
    Vos rond point décrit vos chemins millénaires clos participe de notre effacement , nos maîtres stipendiés a Mamon ont validés l’oukase d’ un regroupement régional ne reposant sur aucune historicité , pire ils renomment et effacent les trace de leur crime en n’étant plus d’une région identifiable d’une commune ayant une réelle identité physique nous devenons des zombies anonyme et numérotés .Nos noms ,nos us nos coutumes sont effacées arasées . Nos chefs se targuent de leur
    anglophonie , notre langue  est blackboulée des institutions internationales et progressivement des medias cela participe de notre liquidation comme peuple et nation .....oui belle nécrologie nostalgique 
    yep nostalgique comme si les combats étaient terminés et notre défaite déjà actée ..sic transit ....

    asinus : ne variatur 

    • cevennevive cevennevive 18 août 2018 11:05

      @covadonga*722

      Hélas, oui !

      Et à côté de cela, on nous rebat les oreilles sur les plages du débarquement, Oradour sur Glane, les poilus des tranchées, les monuments aux morts des guerres, les cérémonies du 14 juillet ou autres...

      Préserver notre histoire, notre identité, ce ne devrait pas être seulement un devoir de mémoire, cela devrait englober toute notre culture, tout notre passé, tout le travail et la sueur de nos ancêtres.

      Voyez le château de Versailles : il ne rappelle aux Français que ce mauvais roi, Louis XIV. Savent-ils aujourd’hui que ce château fut construit par de pauvres hères dont beaucoup y laissèrent leur vie ?

      Mais je m’égare... Je respecte les vieilles pierres de ma maison et les vieilles habitudes de mes ancêtres.


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 11:20

      @covadonga*722


      Je vous plusse à deux mains !

    • Et hop ! Et hop ! 18 août 2018 16:23

      @cevennevive : 


      La guerre de 14-18, dont personne n’est capable de dire pourquoi elle a été provoquée par le gouvenement Viviani de la IIIe République qui avait, 3 ans avant, porté le service militaire à 4 ans, a tué le Monde des paysans, des églises et des châteaux dont nous n’avons connu que la fin.

      67 % des garçons des classes d’âge 18-28 ans ont été tués, parmi les 33 % de survivants, beaucoup étaient très gravement mutilés, gazés, traumatisés à vie, ou devenus fous.

      Les 75 000 déportés de la WW2 c’est insignifiant à côté.

      Le château de Versailles a été construit par des artisans qualifiés qui étaient payés, pas par des corvées, ni par des esclaves, ni par dees forçats. Toutes les fortifications de Vauban aussi ont été réalisées par des entrepreneurs privés avec un appel d’offre et un marché public comme cela se fait actuellement.


  • microf 18 août 2018 10:48
    Quel triste constat de ce qu´est devenue la douce france.
    La question que j´aimerai poser á l´auteur serait celle-ci, est ce mieux lá oú vous vivez en exil ?.

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 11:08

      @microf

      Non ce n’est pas mieux. Mais les allemands savent parer leur bétonnage de draperies écologiques.
      De surcroît je n’y ai pas cet affect qui lie chaque être vivant à son lieu de naissance.

      Au sujet de la douce France : j’aurais l’audace de vous suggérer de visiter la Sardaigne (du Nord) et vous subirez un retour dans le passé de 50 ans. C’est magique !

      Ce lieu qui n’intéresse aucunement Rome a été soigneusement préservé de tout investissement que ce soit. Et pourtant les gens y vivent plutôt bien...

    • Claudec Claudec 18 août 2018 18:07

      @Michael Gulaputih

      Merci à l’auteur pour son article plein de nostalgie, mais il ne faudrait tout de même pas oublier que si comme les Sardes, bien des peuples profitent de quelques effets du progrès, vivant notamment en bonne santé et avec le minimum de confort moderne, ils le doivent à d’autres qui y œuvrent ailleurs, plus ou moins sereinement.

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 19:19

      @Claudec

      Merci pour votre douce remontrance. Mais je vais retraduire brutalement vos propos et à la lumière de cette reprise vous comprendrez ce que je veux dire.

      Des fourmis industrieuses saccagent leur environnement pour produire plus de progrès et de confort (notamment en matière de santé). Des cigales gardent le leur intact et profitent des progrès myrmicéens.

      Est-ce juste ? Qui a raison ? Qui en profite ? Où est la morale ?
      Peut-on trouver une troisième voie ?

      Sans trop me poser ces questions je vote pour les cigales !

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 19:25

      @Claudec


      Je poursuis ma comparaison avec la région Ile de France. Cette région qui contient le quart de la population française et qui produit la majeure partie de la richesse nationale voit sa population n’avoir qu’une idée en tête : la fuir pour les week-ends et les vacances !

      En toute logique l’Ile de France devrait réinvestir son surplus de richesse en local afin de garder « ses devises ».
      Mais non...

      Et on arrive à la situation suivante où le reste de le France devient une zone touristique pour les franciliens. Et on retrouve nos cigales et nos fourmis...

    • Claudec Claudec 19 août 2018 17:46

      @Michael Gulaputih

      Que vient faire la morale dans tout ça ? Je rappelle qu’il s’agit de la relation entre consommation d’une population et imputation de la pollution résultant de cette même consommation. (Qui pollue pour que les Sardes, qui ne sont pas producteurs de leur propre consommation ?)

      Comparaison entre fourmis et cigales dénuée de sens. Il s’agit de deux espèces différentes vivant dans un environnement qui leur est commun (comme à l’homme d’ailleurs). Rien ne permet de dire que l’une profite de l’autre ou dégrade spécialement son environnement à son détriment.

      « Devises franciliennes » : ???

      « Le reste de la France devient une zone touristique pour les franciliens » : Argument carrément inepte, les franciliens n’étant pas les seuls à prendre des vacances et les prenant pour bon nombre d’entre eux à l’étranger, comme des étrangers et des provinciaux les prennent en Ille de France ou ailleurs.

      « Je poursuis ma comparaison avec la région Île de France. Cette région qui contient le quart de la population française et qui produit la majeure partie de la richesse nationale ... » : Ce qui nous ramène à mon propos par lequel je soulignais que les industries d’une région ou d’une nation ne polluent pas pour la satisfaction de leurs seuls besoins. Merci

  • Areole 18 août 2018 11:20

    Bien vu l’aveugle ! Mais peut-être l’âge vous a-t-il empêché d’entendre, de sentir ou de goûter...

    Il y aurait tant à dire sur l’environnement sonore de nos villages à touristes, du silence pesant des maisons qui meurent volets clos le long de nos nationales, de la puanteur de nos villes, des fruits insipides et des légumes fadasses que je vous accorde quelque temps pour nous ciseler d’autres articles du même vieux tonneau. Votre amertume est délicieuse, j’en reprendrais bien une pincée.
    Je pleurerais en cachette.


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 11:36

      @Areole

      C’est vrai que mes sens déclinent. Mais ce n’est pas gentil de me le rappeler...Ils le font assez bien tout seul. Je suis comme Cyrano de Bergerac : j’aime à me traiter de vieux con mais je ne supporte pas qu’un autre me le signifie.

      Vous faites bien de garder vos pleurs en réserve car je prépare un article sur un sujet plus en relation avec l’âge que je suppose être le votre : une expérience d’immersion en école secondaire (non pas que je vous soupçonne d’en être, mais plutôt d’appartenir au jeune corps enseignant).

      Vous pourrez alors les relacher tout à votre aise parce que là il y aura vraiment matière.

      Corrigez-moi si je me trompe...

    • Areole 18 août 2018 12:02

      @Michael Gulaputih
      Le verbe « corriger » étant polysémique vous comprendrez que je ne permette pas...

      Hum...En fait vous n’avez que très partiellement raison dans vos suppositions. Cependant j’ai des pudeurs de vieille demoiselle et ne dévoile pas si facilement.
      J’attends votre prochain article, j’ai toujours un Kleenex (sorte de mouchoir moderne) à portée de main.


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 12:34

      @Areole

      L’emploi de ce verbe polysémique était intentionnel et aurait dû vous permettre de rebondir sans en faire état. Dommage...

      Kleenex...Tarata tata...Pourquoi employez-vous ce raccourci globish et commercial franchouillard qui vous sied point ?



  • Macondo Macondo 18 août 2018 11:36

    Bonjour. Merci à l’Auteur pour ce listing exhaustif des emmerdements partagés. Au départ j’avais une question : êtes-vous sincère, croyant avoir une place dans les 500 millions ? J’ai ensuite tenté de visionner ce monde 2.0. Ils vont quand même devoir démonter tous les ronds-points, réduire les voies d’autoroutes et démolir la plupart des aires, diviser par dix les parkings, supprimer des milliers de pissotières, de fauteuils de cinéma, démonter les hôtels al-inclusive de 1000 chambres, ferrailler les gigantesques paquebots, passer la majorité des macdo au bulldozer. C’est devenu clair, ça pue le plein emploi ! J’en ai conclu que nous serons donc probablement là sans même changer de nom : le 99% des 500 millions ...


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 12:37

      @Macondo

       C’est devenu clair, ça pue le plein emploi ! J’en ai conclu que nous serons donc probablement là sans même changer de nom : le 99% des 500 millions ...



      J’ai lu et relu plusieurs fois votre conclusion et je suis désolé de ne pas vous avoir compris. Pouvez-vous l’exposer de façon différente ?

    • Macondo Macondo 18 août 2018 15:55

      @Michael Gulaputih ... Merci pour le retour, j’y reviens donc. Aujourd’hui, nous formons - au moins la majorité des contributeurs de ce fil - les 99% faisant face de longue date au désormais célèbre 1% qui s’en met plein les fouilles tout en déféquant à sphincter ouvert sur tous les biotopes. Je présupposais, que même quand notre nombre aura été divisé par 14 (de 7 milliards à 500 millions), nous garderons notre masse critique et ainsi 99% se lèveront toujours chaque matin pour gagner leur subsistance distribuée par les nouveaux maîtres. Ils étaient 70 millions, se retrouveront à 5 millions, mais ils ne lâcheront jamais le tiroir-caisse ...


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 16:12

      @Macondo

      Je comprends votre raisonnement. Mais l’Histoire nous prouve que vous avez tort.Prenons l’exemple de la Peste de l’an Mil en Angleterre. Elle a fait tellement de dégât que la main-d’oeuvre d’avant faisant défaut, les 1% de l’époque, la noblesse, a dû casser la tirelire et donner beaucoup de mou à la laisse.


      Un exemple beaucoup plus actuel : l’Angleterre du Brexit

      Tout ceci me donne quelqu’espoir quant à ces futurs 99% !

    • Macondo Macondo 18 août 2018 16:28

      @Michael Gulaputih ... Contrairement à vous, je n’y vois pas d’incompatibilité. Qui distribue toujours les salaires ? Après qu’ils donnent du mou, c’est toujours facile, les poches restant bien pleines ...


    • Et hop ! Et hop ! 18 août 2018 16:45

      @Michael Gulaputih : «  Prenons l’exemple de la Peste de l’an Mil en Angleterre. Elle a fait tellement de dégât que ... la noblesse... »


      ... a été vaincue en 1066 à la bataille d’Hasting par Guillaume le Conquérant, et que la noblesse normande a pris sa place jusqu’en ... 1688, avec la prétendue « Glorieuse Révolution », première révolution de couleur, c’est-à-dire l’arrivée au pouvoir de la bourgeoisie marchande et financière de Hollande qui règne depuis sur la City et sur Wall Street.


      Une classe dominante est remplacée par une autre qui est plus dure, plus déterminée, plus dénuée de scrupules, qui se présente toujours comme le Peuple, voilà l’histoire de la Démocratie.


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 16:53

      @Macondo


      Pour expliquer un raisonnement j’aime bien aller aux limites.
      • Supposons que nous sommes les deux seuls survivants sur Terre. La logique voudrait que l’on s’entraide en totale égalité, chacun a trop besoin de l’autre pour gruger.
      • Passons à 10. Il va bien y en avoir un pour jouer au petit chef. Ok laissons-le mais qu’il fasse le boulot et bien. Et pas plus de deux sangliers en plus que les autres par an !
      • Sautons les étapes et allons à 1 million. Là, la soustraction de la richesse par le 1% augmente plus vite que par une loi proportionnelle (un truc du genre exponentielle).
      Parmi toutes ces étapes puisqu’on ne parviendra jamais à empêcher ce 1% d’exister et donc de nous tondre, que préférez-vous : être tondu à 10% et vivre comme au Moyen-Age ou l’être à 50% et vivre maintenant ?


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 17:04

      @Et hop !


      J’ai déjà donné mon avis à @Macondo sur ce point.

      Mais je ne résiste pas au plaisir de vous raconter cette fable.

      Un milliardaire a acheté en prévision de l’Apocalypse à venir une île déserte et paradisiaque afin de s’y réfugier en dernier recours.
      Il a tout prévu : des vivres pour 10 ans, 100 serviteurs et défenseurs et du matériel divers pour tenir jusqu’à des jours meilleurs.
      L’Apocalypse annoncée arrive.

      Combien de temps croyez-vous que ce milliardaire va tenir ses troupes avec la rigidité précataclysmique ?
      Combien de temps avant qu’un de ses sbires ne veuille être calife à la place du calife ?
      Il devra au contraire introduire une bonne dose de démocratie pour ne pas finir au cachot (que dans sa grande sagesse (sic) il avait prévu de construire afin de se prémunir de toute mutinerie).

      Non ?

    • Passante Passante 18 août 2018 17:10
      @Michael Gulaputih

      c’est résolu d’avance :
      le staff doit être prêt et fonctionnel à tout moment sur place pendant que le boss se promène.
      or une apocalypse ça peut aller très vite et donc emporter le boss..
      pendant que le staff lui est resté tranquille sur l’île.
      et c’est alors que les vrais problèmes commencent...

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 17:20

      @Passante

      « et c’est alors que les vrais problèmes commencent... »


      Vous avez une bien piètre opinion de votre semblable pour préjuger du fait qu’il ne sache que faire de sa liberté retrouvée.

      Ou alors c’est le signe d’une belle maturité que de connaître le lourd fardeau qu’elle constitue et donc d’y préférer la servitude.

    • Passante Passante 18 août 2018 17:32
      @Michael Gulaputih

      ni l’un ni l’autre,
      mais il faut être déjà bien égaré pour suivre les caprices d’un milliardaire...

    • Et hop ! Et hop ! 18 août 2018 23:32

      @Michael Gulaputih : «  Il a tout prévu : des vivres pour 10 ans, 100 serviteurs et défenseurs et du matériel divers pour tenir jusqu’à des jours meilleurs. »


      Il n’a rien prévu du tout, il est dans une logique de société de consommation, qu’est-ce qu’il mangera quand son stock de conserves pour dix ans sera terminé ?

      Il aurait fallu qu’il prévoit des vaches laitières, des poules, des moutons, des semences de cérales et de légumes, des plants d’arbres fruitiers, des charrues, des haches, des scies, des bêches, des pioches, des cordes, des ciseaux, des forges, des fours à chaux, des métiers à tisser, des filets de pêche, des fusils de chase, et que ses serviteurs soient des familles avec des hommes qui soient des agriculteurs, des forgerons, des chirurgiens, des charpentiers, des pêcheurs, des saulniers, des chasseurs, pas des majord’hommes et des valets de pied. 


    • Macondo Macondo 20 août 2018 14:07
      @Michael Gulaputih ... Bonjour. Désolé pour le retard j’explorais un ruisseau et tel un sous-préfet m’y suis égaré. Répondre à votre dernière question est facile, vivant déjà au quasi-moyen-âge - en comparaison de la très grande majorité de mes contemporains. J’ai fui la civilisation (...) pour la plupart des bonnes raisons citées dans votre article. Une voie disant : vivre en ville - avec ses innombrables commodités « très spectaculaires » - c’est détenir la certitude de ne jamais pouvoir montrer quoi que ce soit d’historique et de personnel à sa descendance. Tout doit disparaître, tout va disparaître, tout a effectivement disparu. Ce qu’offre encore le milieu rural - où « le bon vieux temps » subsiste dans les relations humaines - c’est aussi de pouvoir faire grimper un petit-fils dans un arbre escaladé autrefois par ses aïeux. Si cela n’est rien pour Juncker-on-the-rocks, il n’empêche, c’est ma quête : transmettre un amour éternel du biotope permettant d’aborder sereinement les prélèvements respectueux menant - le prophète ardéchois a raison - à une vraie Sobriété Heureuse. Ca coûte ? Un bras ! Pas celui qui porte la rolex, celui à se retirer du Q pour se mettre en accord avec ses idées, ses principes, ses divagations réactionnaires, ses gênes. Mais nous sommes tous différents et vivons dans des paroisses multiples que surplombent les vieux clochers ... Je tiens à vous faire partager mon dernier grand moment de bonheur intellectuel. Du Michéa, de très haut vol. Ca en dit plus, sur la sociologie, l’économie, la politique, le marché, que tous les discours des trois dernières décades, en 25 petites minutes. Au plaisir ...


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 20 août 2018 19:05

      @Macondo


      Je suis totalement d’accord avec ce que vous décrivez. Moi-même je me suis contraint professionnellement afin d’offrir à mes enfants le même cadre que celui de mon enfance.
      Mission accomplie.
      Merci pour ce lien très intéressant. J’ai découvert ce philosophe dont j’avais beaucoup entendu parlé mais que j’ai négligé par manque de temps.

      Bien à vous


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 août 2018 11:58

    Pour la partie nostalgique,manque des troquets ,des flippers ,des mobs et des minettes en jupe ...Pas oublier non plus le sous-pull acrylique qui faisait découvrir l’électricité statistique.


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 18 août 2018 13:40

      @Aita Pea Pea

      Tiens c’est vrai ça. Comment ai-je pu oublier tout ça ?

      Sans doute car j’ai toujours mon vieux flipper au sous-sol coincé entre le babyfoot et ma motobécane bleu...Et que la minette avec 30 ans de plus est toujours là mais elle est passé au sous-pull en bio-coton peigné molletonné. Mais ça, ça n’intéresse personne... smiley

    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 août 2018 14:06

      @Michael Gulaputih Tout ce qui se perd ne l’est pas totalement.Je ne rebondi pas sur la seconde partie du texte, mais suis curieux de savoir comment nos édiles trouveront moyens , en milieu rural, de rembourser les prêts de leurs si chers investissements qui font ressembler un bled du Pas de Calais a un bled de Haute Garonne ...Vu les coupure budgétaires...


    • velosolex velosolex 18 août 2018 14:26

      @Aita Pea Pea
      La nostalgie commence par l’arrivée du courrier ...Qui a la chance de recevoir encore des cartes postales, ne parlons pas des lettres. Il me semble que le monde parlait différemment hier, plus lentement. J’ai écouté sur france culture la température de ces années là...On peut écoute en postcast les années 60, avec émotion. Le vocabulaire, le ton, l’analyse des protagonistes, est à 100 lieux de nous maintenant.

      Les Années 60 : podcast et réécoute sur France Culture
      C’est de la sociologie pure. J’ai écouté par hasard en bagnole le volet 1967 :« François truffaut, l’enfance malheureuse me passionne ». Moi ce qui m’a passionné c’est ce flash en arrière, la voix sur la fin de l’émission de ce gamin de 14 ans, placé en institution, sa résilience infinie, sa grande ouverture au monde malgré ses épreuves. Il dit la dedans face à la journaliste qu’il voudra des gamins. Je me demande ce qu’il est devenu. Mais le rapport adultes- enfants à l’époque, c’était exactement cela.....
      Écouté ensuite les déclarations des gamins sur la mini jupe, qui valent leur pesant d’or.« les cheveux longs....Titeuf n’a pas d’âge. La seule chose qui ne change pas au fond, c’es la curiosité des gosses, leur humour, leur mot, leur capacité d’adhérer à l’époque. Toujours ils restent » absolument modernes"

    • Et hop ! Et hop ! 18 août 2018 17:19

      @Aita Pea Pea : «  Pour la partie nostalgique sur la confiance et la sécurité qui régnait, il manque aussi, d’après ce qu’on m’a dit, l’agent de la Caisse des Allocations familiales qui allait dans chaque »Grand ensemble", sonner à chaque étage, pour verser à chaque mère de famille, en billets de banque, les allocations mensuelles.


      Le matin, le petit bonhomme arrivait avec sa casquette à visière de cuir, en cyclomoteur ou en 4 cv, seul, et sans armes, portant sur lui l’équivalent de 20 000, 30 000 Euros, peut-être plus d’argent en petites coupures, tout le monde savait quel jour et à quelle heure il passerait ici et là, et personne ne l’attaquait pour le voler.

      Il faut dire que l’assassinat avec préméditation d’un agent assermenté de l’État était passible de la peine de mort.



  • Zolko Zolko 19 août 2018 00:04

    Article sympa et juste, mais bien trop long : ça méritait découpe et organisation. Car au final, que veut dire l’auteur ? Avant, c’tait mieux ma bonne dame.

    Oui, avant c’était mieux - pour vous ! - car vous étiez jeune, et ces souvenirs sont ceux de votre jeunesse. Maintenant vous êtes vieux et aigri, et les choses n’ont plus le même goût. Mais alors, sortez-vous les doigts du cul et vous verrez que les choses d’aujourd’hui peuvent aussi avoir bon goût, putain de bordel. Ça sera pas pareil, mais bien quand-même.

    Et le jeunes d’aujourd’hui écriront un article dans 50 ans pour dire quelle époque formidable que celle de l’année 2018 !!!!!!!


    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 19 août 2018 08:26

      @Zolko

      Je vous remercie de votre commentaire et je suis désolé.

      Désolé d’avoir été trop long. Je prends note de cela. Votre remarque laisse entendre « trop long par rapport à la longueur des autres articles d’Avox ». Pour remédier à ceci je mettrais dans le chapeau de mes prochains articles le nombre de mots de ceux-ci. Ici 4325 sans le titre. Puis je les ferais plus court.

      Je n’ai pas su vous faire comprendre qu’avant tout n’était pas mieux.J’ai été ravi d’avoir vécu ma jeunesse en 1960-80 et je n’aurais pas du tout ravi de la vivre en 1920-1940 ou 1620-1640. Par contre à toutes ces époques et contrairement à maintenant il y avait des projets d’avenir : on avait le sentiment que le futur serait toujours mieux que le passé. Mes grand-parents, par exemple ne citaient pas du tout leur enfance comme modèle de Paradis perdu !

      Je suis vieux... et sans doute aigri comme vous le dites sans prendre de gants. Dans cet article -sans doute trop long- je cherche à illustrer que non seulement il n’y a plus de projets et de Messie porteur de projets que l’on aimerait suivre mais surtout que nous arrivons à la conjonction de deux phénomènes qui aboutiront certainement à faire dire aux jeunes de 2018, que quand ils auront 50 ans, « c’était mieux avant » !
      Et cela sans contestation possible !

      Il s’agit de la progression continue de notre mode effréné de consommation capitaliste alliée à une croissance démographique tout aussi effrénée. Tout ceci à l’échelle mondiale. Simultanément. Sur tous les continents. Et ça c’est une nouveauté absolu dans l’Histoire de l’Humanité.

      Quant à me sorti les doigts du cul, figurez-vous qu’avant d’avoir 50 ans (et plus) j’ai eu 30 ans, 40 ans et que je voyais venir tout ce qui profilait à l’horizon. J’ai réfléchi longtemps avant de savoir de quelle façon je pouvais agir. J’ai milité, distribué des revues, adhéré à des associations, adapté mon mode de vie et de consommation à mes idées...Pour au final plier les gaules et partir là où l’herbe reste raisonnablement verte (et bien coupée)...

      Je suis vraiment désolé que vous n’ayez retenu que le côté quinqua gémissant « tout était mieux avant ».

      Bien à vous.

    • Zolko Zolko 19 août 2018 12:07
      @Michael Gulaputih : « croissance démographique [...] Sur tous les continents »
       
      non, pas en Europe, où la population baisse dans beaucoup de pays.
       
      « en 1960-80 [...] en 1920-1940 ou 1620-1640. Par contre à toutes ces époques et contrairement à maintenant il y avait des projets d’avenir »
       
      l’avenir de 1960-1980, c’est maintenant, et on en voit le résultat : vous m’excuserez si je ne pleure pas sur vos projets d’avenir ? Le capitalisme éffreiné et la croissance démographique que vous dénoncez ont été construits à cette époque, de quoi vous plaignez-vous ?
       
      Il y a bien des projets d’avenir aujourd’hui, mais ils ne vous plaisent probablement pas : un retour vers une société plus simple et une économie plus locale. Certains appelleront ça la souveraineté, d’autre le nationalisme, voire la peste brune. Mais il est vrai que l’invasion massive d’analphabètes violents venant sans invitation d’autres continent n’enchante pas la population actuelle. Même déguisé en « village planétaire ». Ni la soumission à l’empire et les guerres néo-coloniales au nom des « droits de l’Homme ». Désolé de gâcher la fête.

  • teysseire 19 août 2018 11:43

    Née dans les années 50 et contemporaine de la 4CV, j’ai vécu au même titre que vous et avec le même désarroi, la perte de la beauté, de la diversité, du mystère de la nature et d’une grande part de notre liberté à nous humains. Les générations suivantes sont paraît-il, victimes de « l’amnésie écologique » Evidemment que notre seul mode de consommation n’est pas en cause et que notre nombre est un paramètre incontournable. Encore objet d’un important tabou .

    A ma connaissance une seule association en France, Démographie Responsable ; ose nommer la surpopulation comme une des causes primordiales de la 6eme extinction des espèces, de la dégradation de notre climat , de la disparition des terres arables...et des catastrophes humaines, sociales et environnementales annoncées ...https://www.demographie-responsable.org/. Visitez son site !

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 19 août 2018 19:10

      @teysseire

      Merci beaucoup pour votre lien.
      J’attendais énormément des réactions des lecteurs afin de me donner des pistes de réflexions.
      Votre apport constructif et non polémique me fait le plus grand bien.
      Merci encore.

    • McGurk McGurk 20 août 2018 00:29

      @Michael Gulaputih


      Désolé, je n’ai pas lu votre article car je passe en coup de vent mais votre image personnelle m’a fait bien rire^^

    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 20 août 2018 12:09

      @McGurk

      Nous sommes alors au moins deux !

  • MERLIN MERLIN 20 août 2018 20:52
    Excellent article, tellement rempli de nostalgie, il faut avoir du recul, donc un certain age pour faire ce constat......Ceci explique peut être un certain « jeunisme » dans certain secteur, car ils ne peuvent voir la différence et cette évolution totalement négative et destructive.


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