vendredi 13 mars - par Michel DROUET

Le virus de la prise de conscience ?

Depuis hier, les choses de ce monde semblent avoir pris une allure différente : d’un côté, le fou de la Maison Blanche, qui se refuse à voir la situation en face et et fait comme d’habitude en rejetant la responsabilité de la pandémie sur les autres, et de l’autre, c’est-à-dire l’Elysée, au-delà des mesures factuelles de précaution, où on sentirait presque une remise en question de la pensée néolibérale, en vigueur jusqu’à présent.

Trump et son nationalisme imbécile

« America first » que l’on peut traduire par « Trump first », tant les mesures prises depuis son entrée à la Maison Blanche visent avant tout à la réélection de l’intéressé. Après avoir nié la pandémie, joué les matamores devant des médias complaisants à défaut d’être objectifs, Trump semble se rendre compte qu’il ne suffit pas de vouloir (décréter le printemps comme fin de la pandémie, ou la sortie d’un vaccin dans le mois qui suit) pour que tout revienne en ordre.

Oubliant que le patient zero aux Etats Unis revenait d’un voyage en Chine, il interdit désormais l’accès à son territoire des européens, « qui n’ont pas su maîtrise l’épidémie chez eux », sauf la Grande Bretagne et l’Irlande (comprenne qui pourra). Bref, un discours de renvoi de la patate chaude destiné à son électorat et censé faire oublier les énormes carences en matière de santé du pays auxquelles Trump aura bien contribué depuis le début de son mandat.

C’est ainsi qu’une de ses premières mesures aura consisté à virer les responsables de l’administration chargé de suivre les pandémies, sans doute parce que sa politique nationaliste et de fermeture des frontières commerciales empêcherait toute intrusion de virus. Une autre de ses principales mesures aura été de supprimer l’Obama care.

On mesure aujourd’hui l’imbécilité de ces mesures sachant que, privés de couverture sociale, des millions d’américains ne vont pas voir le médecin et continuent de travailler même s’ils ont de la fièvre. Par ailleurs, ceux qui malgré tout souhaiteraient se faire dépister contre le coronavirus doivent débourser 3000 dollars non pris en charge.

Bref, toutes les conditions sont réunies pour que, malheureusement, les Etats Unis soient le pays qui paiera le plus lourd tribut en termes de mortalité, liée au virus, qui n’est pas, comme l’affirme Trump, une simple grippe.

Macron et « la rupture »

Au-delà des décisions factuelles prises pour endiguer l’épidémie et dont on mesurera plus tard les effets et plus que la décision de maintenir les élections municipales (dont le report aurait pu être interprété comme une manœuvre destinée à favoriser sa majorité en perdition), trois points méritent d’être analysés : l’hommage au service public de santé, l’importance signalé de notre système de protection sociale et la critique (mesurée) des lois du marché.

L’hommage appuyé au service public de santé et à la médecine libérale, en première ligne, ne peut pas constituer une fin en soi et des mesures fortes devront être prises pour que l’hôpital public, sur lequel une succession de mesures technocratiques imbéciles se sont abattues depuis de nombreuses années retrouve sa place et que ses personnels qui se dévouent au quotidien soient justement reconnus, et pas uniquement par un discours. Pour la médecine libérale, on rappellera en particulier l’imprévoyance des pouvoirs publics incapables de fournir aux médecins (ainsi qu’à leurs secrétariats) des masques et du gel hydro alcoolique un mois après le début de l’épidémie.

Un oubli est à noter dans ce discours : la participation à la lutte contre l’épidémie des hôpitaux et cliniques du secteur privé, pourtant financés par la sécurité sociale. Si nous devions être confrontés à une situation à l’italienne de burn-out de notre personnel de santé public et à un manque de matériel de réanimation, laisserait-on le système privé continuer ses petites affaires tranquillement ? Ce serait indécent ! Dans ce domaine, la « rupture » doit aller plus loin et des exigences de participation du privé liée à la situation mises sur la table rapidement.

L’hommage de Macron à notre système de sécurité sociale protecteur, pour les plus faibles, en particulier, marque-t-il un tournant dans les politiques anti sociales ou relève-t-il du simple discours de circonstance ? Il faudra attendre un peu pour mesurer les effets de ces déclarations, voir si le désengagement de la sécurité sociale ou les mesures gouvernementales qui impactent les cotisations de mutuelles cesseront et si les objectifs de dépenses de santé de l’hôpital public (l’ONDAM) seront revus, afin de consacrer pleinement le rôle de notre système de protection sociale à la française, héritage du CNR.

On se prend à penser que la réforme des retraites pourrait aussi être revue, peut-être parce que la crise financière qui accompagne la crise sanitaire a pour effet de mettre en difficulté le système par capitalisation qui fonctionne essentiellement avec l’économie virtuelle, c’est à dire la bourse.

Dernier volet de cette « rupture » annoncée, celle des « biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». On pense d’abord au fait que le paracétamol et autre pénicilline, sans parler des principes actifs pour de maladies graves sont produits en majorité à l’étranger et que les laboratoires pharmaceutiques font la loi en matière de prix. Concrètement, certains patients atteints de cancers n’ont pas accès à certains médicaments en raison de leur prix exorbitant. Cette spéculation sur la mort est inadmissible.

Pour autant, nos gouvernants sont-ils disposés à mettre fin à cette dépendance aux intérêts privés en créant un service public de recherche et de production de médicaments ? Là également, l’avenir nous le dira. La tendance à ne pas tirer de leçons une fois la crise passée est malheureusement une pratique courante, la mise en place d’un « contrôle » du système bancaire après la crise de 2008 étant là pour nous le rappeler.

Enfin, la notion de biens et services à placer en dehors du marché ne devrait-elle pas concerner d’autres secteurs clés de notre activité économique comme les aéroports ou les autoroutes par exemple ou l’informatique, le net ou bien encore la téléphonie avec la 5G ?

 

Le coronavirus marquerait-il la fin de la « mondialisation heureuse » chère à nos économistes béats obnubilés par les cours de la bourse mais qui ferment les yeux sur notre dépendance économique et médicale ? On peut rêver. Une fois de plus, il est à craindre que le réveil soit dur. 

 



151 réactions


  • Pcastor Pcastor 13 mars 11:04

    Une trouvaille le titre de votre article , par ailleurs excellent.

    Sur le fond , je me suis exprimé sur le forum de Marianne.


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 12:12

      @Pcastor
      Bonjour Pcastor et merci
      Le titre ? Ce matin au réveil, une question qui me taraude l’esprit : et si le virus de la prise de conscience existait ? Chez Macron, mais aussi chez Trump, Bloomberg, Pinault, Arnaud et tous les autres milliardaires ? S’ils avaient été touchés par une vision, qu’ils ne pouvaient pas tout maîtriser, que leur argent ne servait à rien, que leur coffre fort ne suivait pas leur dépouille, qu’ils étaient mortels comme les autres et que le casino qui occupe le plus clair de leur temps était inutile et qu’il convenait dès lors de s’occuper du bien commun... et là, je vous avoue que j’ai été pris d’un vertige et que j’ai failli me recoucher après ce rêve fou.
      Bonne journée


    • Pcastor Pcastor 13 mars 12:54

      @Michel DROUET
      Un rêve pas si fou que cela.L’Amérique est peut être capable du meilleur comme du pire. Le meilleur F.D. ROOSEVELT ( seul président des US à avoir été élu 4 fois de suite) a mis en place une réforme du système bancaire , notamment le fameux Glass-Steagall ACT, loi de séparation bancaire qui a permis au monde de vivre sans crise bancaire pendant 30 ans.Il a imposé une fiscalité progressive, avec des taux marginaux très élevés.Il a mis en place un système public de retraite et un système d’indemnisation du chômage.Rien dans son origine sociale ne le prédestinait à de telles orientations, mais finalement cela existe ( même s’ils se font rares) des hommes qui ont le sens du bien commun .Reste juste à en trouver un qui nous guérisse de ce monde malade de l’argent...


    • rogal 13 mars 12:56

      @Michel DROUET
      et puis 2022 approche à grands pas.


    • Pcastor Pcastor 13 mars 12:59

      @Pcastor
      ...« qui a permis au monde de vivre sans crise financière pendant 30 ans »...


  • Tout est dans les livres de christian Nots. Toutes les décisions prises depuis l’ère Mythe errant, Reagan -THACHER donnèrent des résultats catastrophiques du point de vue de la santé mentale. En Belgique, il fallait introduire internet dans les écoles et tous les centre de guidance (santé mentale) ont été fermé. Nous payons la note...et pas dans les restaurant qui crient au secours parce qu’ils doivent mettre la clé sous la porte. Bah, moins d’obésité,...Mais aujourd’hui, on ne prend plus le temps de lire. et il est à craindre que les mêmes erreurs se reproduiront. JE SAVAIS,....depuis 1984...


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mars 11:15

    En tous cas, ça va coûter un pognon de dingue, et il va falloir expliquer où on va le trouver, puisque jusqu’à maintenant, y en avait pas ! pour rien !


    • @Séraphin Lampion

      Même Bernard Arnault y perd des plumes,...C’est tout dire. A moins de faire de la fausse monnaie...Obama avec le mariage homosexuel a fait une connerie monu« mentale ».


    • Cadoudal Cadoudal 13 mars 11:26

      @Séraphin Lampion

      Ce que ne dit pas Macron et encore moins la presse subventionnée particulièrement taisante sur le crash en cours, c’est que les citoyens vont devoir mettre la main à la poche pour éponger les dérives de la finance et les mesures au sujet du Covid-19.

      Il s’agit de sommes astronomiques que les États n’ont pas, ni les banques, pas même les banques (qu’il faudra sauver encore et encore) centrales, ni personne, sauf… les comptes courants des citoyens.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mars 11:27

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      quel rapport ?
      merci de développer ce raccourci hasardeux pour nous permettre de suivre l’enchaînement qui explique le rapport de cause à effet entre le passage du social au sociétal pour revnir au social...
      dit comme ça, c’est confus


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mars 11:28

      @Cadoudal

      c’est ce que j’ai compris aussi


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mars 11:31

      @Cadoudal

      de toutes façons, ça fait longtemps que les comptes-courants des citoyens sont le capital réel qui permet aux banques de s’enrichir : l’argent qu’elles prêtent, c’est celui-là, puisqu’elles n’en ont pas, sauf que les intérêts, c’est pour les banques, pas pour les citoyens

      les taux d’intérêts négatifs procurés ces derniers temps on donné l’illusion que ça continuait à marcher, mais apparemment l’effet de seuil a été etteint


    • eau-pression eau-pression 13 mars 11:39

      @Séraphin Lampion

      Si on imagine que les frontières restent fermées (pure hypothèse, inutile de me démontrer qu’elle ne se réalisera pas) que tirera le citoyen français disposant 10 000 euros ? 100 heures d’artisan.
      En l’état pré-virus, c’est 10 smartphones, 20 vélos, des m² de panneaux solaires, etc


    • @Séraphin Lampion

      Le sujet est scabreux mais sachez qu’en Belgique des psychologues ont manifesté contre la LOI en 2002 car ils savaient. Il vous suffit de prendre le temps de Janine Chasseguet Smirgel : https://www.cairn.info/la-pensee-psychanalytique-de-janine-chasseguet-smi—9782130590583-page-53.htm


    • Cadoudal Cadoudal 13 mars 11:50

      @Séraphin Lampion
      L’ancien président de la BERD va une fois de plus devoir vous sauver, vous tous les progressistes citoyens du monde nouveau...

      Il vous aime tant que je suis rassuré pour vous.

      Moi il m’aime pas, je ne l’aime pas, et c’est tant mieux...lol...

      On devra pour cela mettre en place une police mondiale, un stockage mondial et donc une fiscalité mondiale. On en viendra alors, beaucoup plus vite que ne l’aurait permis la seule raison économique, à mettre en place les bases d’un véritable gouvernement mondial.

      https://blogs.lexpress.fr/attali/2009/05/03/changer_par_precaution/

      Les pays de lépreux indigènes gouvernés par des lépreux indigènes repliés sur eux mêmes devraient moins souffrir.

      « Dans son adresse aux Français du 12 mars, le président français s’est exprimé sur l’épidémie du coronavirus en annonçant une batterie de mesures, mais également en affirmant qu’il fallait, face à cette crise sanitaire, éviter “l’écueil” du “repli nationaliste”. 

      https://www.dedefensa.org/article/covid-19-et-la-postmodernite

      « Cette mesure n’a pas été prise en concertation », a regretté la préfète de la région Grand Est, Josiane Chevalier. « J’ai été alertée par mes propres policiers, mais la méthode est un peu étonnante. Le virus circule et ne connaît pas les frontières… »

      https://www.20minutes.fr/sante/2739195-20200313-coronavirus-alsace-allemagne-decide-toute-seule-renforcer-controles-frontiere


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mars 11:58

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      « scabreux » est un euphémisme


    • JL JL 13 mars 12:01

      @Séraphin Lampion
       
       Une histoire d’Armageddon ?


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 12:14

      @Séraphin Lampion
      Il y a bien l’ISF ou le CICE...


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 12:18

      @Séraphin Lampion
      Chaque jour, les banques grignotent notre droit à disposer de notre argent. C’est le cas lorsqu’on limite les montants des virements sur un autre compte ou bien lorsqu’on interdit des virements mensuels modestes de grands parents sur les comptes sur livrets de leurs petits enfants...


    • rogal 13 mars 12:58

      @Michel DROUET
      Il y a surtout l’assurance-vie, qui va enfin mériter son appellation.


    • troletbuse troletbuse 14 mars 09:07

      @Cadoudal
      On devrait envoyer Micron là-bas à la frontière greco-turque afin qu’il accueille les migrants-mais attention pas plus de 100 par groupe-avec des masques et du gel mais pas de LBD afin d’éviter « le repli nationaliste »
      https://www.breizh-info.com/2020/03/12/138324/grece-migrants/


    • Aristide Aristide 14 mars 12:46

      @Michel DROUET

      on interdit des virements mensuels modestes de grands parents sur les comptes sur livrets de leurs petits enfants...

      Ah bon ?


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 09:47

      @rogal
      L’assurance vie est tout sauf une assurance vie, mais c’est vrai que si on l’avait appelée assurance mort, cela aurait eu moins de succès.


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 10:21

      @dimitrius
      Audiard ? Mince, tu me flattes !


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 10:30

      Tiens, un petite chanson qui te plaira certainement...

      https://www.youtube.com/watch?v=efTSKORh-tI


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 11:13

      @dimitrius
      Je savais que ça allais te plaire smiley ceci étant, tu n’étais pas obligé de te justifier pour le Sopalin smiley


  • eau-pression eau-pression 13 mars 11:22

    les biens et les services qui doivent être placés en dehors des lois du marché, c’est beaucoup plus que l’aspirine dans le timide développement qui suit.

    On peut se souvenir de la pomme de Chirac et autres attrape-nigauds qui n’ont en rien dévié de la trajectoire vers le libertarisme (les spécialistes me diront le bon mot). Ce sera l’interprétation des politiques.

    On peut aussi se demander si c’est un moment d’égarement de Macron, échappant un instant aux fils des marionnettistes. Ce sera l’interprétation psy.

    Je préfère me demander si les puissants n’en auraient pas marre de leur argent. Histoire d’équilibrer le village.


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 12:19

      @eau-pression
      L’inconscient refoulé de Macron ?


    • eau-pression eau-pression 13 mars 12:35

      @Michel DROUET

      Oui, c’est un être humain avant d’être une marionnette. Je rêve que le marionnettiste s’angoisse de cette prise de conscience.

      En tous cas, le virus fait que l’illusion ne pourra tenir jusqu’en 2022.


  • Fergus Fergus 13 mars 11:43

    Bonjour, Michel

    Excellent article.

    Le fait est que Trump a fait du Trump ; autrement dit, nous a asséné des énormités quji seraient risibles si ce fou dangereux n’était à la tête de la 1ere économie mondiale.

    Quant à Macron, il a effectivement fait  une fois n’est pas coutume une très bonne allocution, caractérisée par un ton très juste sur l’attitude à adopter au plan collectif face à la pandémie

    Une allocution également caractérisée par ce qui semble être un important changement de regard sur la doctrine de gouvernance néolibérale qu’il a mise en oeuvre jusque-là.

    La question qui se pose est : ce discours vise-t-il à enfumer les Français une fois de plus, ou à jeter les basés d’une réforme européenne sur les fondements économiques, avec à la clé un processus de relocalisation progressif d’une partie des industries sensibles et de la production de médicaments et équipements sanitaires ? 


    • pemile pemile 13 mars 11:50

      @Fergus « Quant à Macron, il a effectivement fait — une fois n’est pas coutume — une très bonne allocution, caractérisée par un ton très juste sur l’attitude à adopter au plan collectif face à la pandémie »

      Vous êtes sérieux ??!! smiley


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mars 11:57

      @Fergus

      la formule « les temps ne sont pas aux polémiques mais à la solidarité » avait pour but la réalisation d’une « union sacrée » qui est en train de se produire. Et les « unions sacrées » se révèlent souvent être des pièges, comme le « vote utile ». Le propre des pièges est d’être difficiles à décelr, mais il s’agirait de passer la patate chaude à tout un chacun en refilant aux particuliers les responsabilités de l’état (fermer les écles pour organiser des garderies spontanées ne règle pas l’épidémie mais dégage la responsabilité du gvt), que ça ne m’étonnerait pas plus que ça, vous voyez.


    • leypanou 13 mars 12:05

      @Fergus
      par ce qui semble être un important changement de regard sur la doctrine de gouvernance néolibérale 

       : changement de regard seulement.
      Dans les actes, pour le moment, il n’a pas fait grand-chose.
      J’ai une seule remarque : est-il normal ces milliers de « complémentaires santé » où on paie en fonction des risques qu’on veut prendre au lieu d’une cotisation en fonction de ses revenus ?

      Ça choque LaRem les 42 régimes de retraite mais pas les 3000 ou plus de complémentaires santé et çà prétend se soucier des plus faibles ?


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 12:20

      @Fergus
      Bonjour Fergus et merci
      C’est bien le dernier paragraphe de votre commentaire qui me pose problème à moi aussi...


    • Fergus Fergus 13 mars 12:48

      @ Michel DROUET

      Un problème de quelle nature ? 


    • rogal 13 mars 13:01

      @Fergus
      « Un ton très juste... ».
      Ça nous fait une belle jambe !


    • Fergus Fergus 13 mars 13:17

      Bonjour, rogal

      En effet ! Et c’est pourquoi j’attends de savoir si Macron est capable d’avoir été sincère pour une fois ou s’il entend une fois de plus nous rouler dans la farine. Nous serons fixés dans les semaines à venir.


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 13:48

      @Fergus
      Sommes nous dans la sincérité ou dans l’enfumage ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mars 14:07

      @Michel DROUET

      On ne change pas de « nature » aussi facilement, comme l’illustre la célèbre fable du scorpion et de la grenouille, dans laquelle un scorpion avait demandé à une grenouille de le transporter sur l’autre rive d’une rivière.

      Connaissant l’individu et son comportement habituel, la grenouille avait fini par accepter, car le scorpion lui avait expliqué que la piquer les conduirait tous deux à leur perte. Mais, au milieu de la rivière, le scorpion l’avait piquée mortellement et, quand la grenouille lui avait demandé la raison de son geste, il avait répondu : « c’est dans ma nature », avant d’être noyé avec sa victime.

      Le scorpion était peut-être sincère quand il avait négocié sa traversée, mais on ne se refait pas.


    • Fergus Fergus 13 mars 15:13

      @ Michel DROUET

      « Sommes nous dans la sincérité ou dans l’enfumage ? »

      Si je devais miser, je parierais évidemment sur « l’enfumage », mais j’ai pour habitude de juger sur les actes des dirigeants  quelle que soit leur couleur politique , notamment en période de grave crise. Je me positionne donc vis à vis de Macron comme je l’ai fait dans le passé avec Hollande, Sarkozy et Chirac. Sans me faire trop d’illusions.


    • troletbuse troletbuse 13 mars 15:45

      @Fergus
      Ca fait longtempos que l’on sait que vous êtes atteint du macronavirus, affection qui fait que l’on croît aux discours d’un psychopate et qu’on trouve des qualités à un nuillard.
      Malheureusement, pour cette maladie, il n’y a pas de remède.


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 15:58

      @Séraphin Lampion
      Bel exemple !


    • eau-pression eau-pression 13 mars 16:23

      @troletbuse

      Fergus est de la génération où la devise « tout est politique » était gagnante. Maintenant, c’est celle des cocus du macronisme.

      En attendant, s’il y a un hic dans le discours d’hier, c’est le maintien des élections municipales.


    • Fergus Fergus 13 mars 17:03

      Bonjour, eau-pression

      Je ne suis pas plus que vous un « cocu du macronisme », n’ayant à aucun moment voté pour ce candidat à la présidentielle ni pour son parti aux législatives ! 


    • Aimable 13 mars 17:03

      @Michel DROUET
      Comme c’est un comédien de grand talent , comment faire la différence  ?


    • Gwentis Gwentis 13 mars 18:31

      @Fergus
      Vu le tartuffe, il n’y a point à douter : C’est de l’enfumage ! smiley


    • eau-pression eau-pression 13 mars 20:38

      @Fergus

      Ma petite diversion, c’était surtout pour avoir votre avis sur le non-report des élections. Je pense qu’il y aura un biais puisque les gens qui se sentent fragiles iront moins voter.


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 20:49

      @Gwentis
      J’en ai peur. Business as usual dès la fin de la crise...


    • jmdest62 jmdest62 14 mars 09:21

      @Fergus
      Salut
      En fait nous sommes toujours dans le Keynésio-libéralisme pratiqué depuis fort longtemps : La « main invisible » de Friedman est la « panacée » quand tout va bien et l’intervention de l’état devient inéluctable quand la « main invisible » est prise d’arthrite comme dirait Lordon.
      Donc , le discours de Macron = « Nihil novi sub sole »
      @+


    • Fergus Fergus 14 mars 09:36

      Bonjour, eau-pression

      Je n’ai pas d’avis sur le non-report des élections : les politiques ont décidé en relation avec les scientifiques, et l’avis de ces derniers semble accréditer le fait que la participation à ce scrutin ne soit pas de nature  en prenant les précautions indiquées  à contaminer les votants. Le problème est plus dans la précaution des personnes qui tiennent les bureaux de vote.

      « les gens qui se sentent fragiles iront moins voter »

      Je ne sais pas ailleurs, mais dans ma ville les retraités avec qui j’en ai parlé sont bien décidés à aller voter, ce que nous ferons également, mon épouse et moi. Je crains plus une forte abstention des jeunes qui n’ont pas l’air très motivés par cette élection.

      Enfin, pour ce qui est de l’analyse des résultats, et notamment de la claque attendue pour LREM, je pense que ce n’est plus d’actualité : Macron a d’ores et déjà passé ce scrutin par pertes et profits pour se concentrer sur les décisions que lui-même et ses collègues du Conseil européen devront prendre dans les mois à venir pour infléchir le modèle économique global. 


    • pemile pemile 14 mars 09:39

      @Fergus « les politiques ont décidé en relation avec les scientifiques »

      Avec quels scientifiques ?


    • Fergus Fergus 14 mars 09:44

      Bonjour, jmdest62

      Vous avez sans doute raison.

      Mais on ne sait jamais ce qui peut se passer. Ainsi, j’ai connu il y a une trentaine d’années un type qui avait fait HEC et s’était, par choix, engagé dans une carrière de marketing. Jusqu’au jour où il a radicalement tourné le dos à cette voie libérale pour lui privilégier un regard humaniste sur la société ; au point, quelques mois plus tard, de se retirer dans un monastère.

      Cela dit, je ne crois pas que Macron soit touché par ce genre de grâce !  smiley 


    • eau-pression eau-pression 14 mars 10:51

      @Fergus

      Je vois avec plaisir que vous n’avez pas trop pris la mouche. On préfère que les choses évoluent en douceur, mais objectivement c’est souvent par ruptures imprévisibles. Ceux qui croient aux vertus du système en place comme ceux qui le mettent systématiquement en cause participent à sa résilience.

      Aujourd’hui, l’heure semble plutôt à la rupture, du style de votre HEC. La rupture qui me conviendrait serait que les gens aux manettes de la finance nous lâchent la grappe, mais je ne vois pas les monnaies libres et locales assez développées pour prendre le relais.

      Il y a bien d’autres points que cette histoire d’élections qui font douter de la sincérité de Macron, particulièrement le flou sur la citoyenneté (française, européenne ?) Quand au report de la vente d’AdP, il active le doute soulevé ici et ailleurs qu’on essaie d’éteindre la crise monétaire en piochant directement dans les comptes plutôt que dans le patrimoine.


    • troletbuse troletbuse 14 mars 11:13

      @eau-pression
      Quand au report de la vente d’AdP, il active le doute soulevé ici et ailleurs qu’on essaie d’éteindre la crise monétaire en piochant directement dans les comptes plutôt que dans le patrimoine.

      Bonne analyse. Ce doit être la raison pour laquelle il a changé-momentanément d’avis. Cette annonce était bizarre 

      et je n’avais pas pensé à celà.


    • Xenozoid Xenozoid 14 mars 11:19

      @troletbuse

      j’avais cru comprendre que les actions adp avaient perdu 28% donc vendre en ce moment n’est pas tres malin mais de toutes façons c’est toujours les mêmes(le troupeau) qui paie


    • Aristide Aristide 14 mars 11:32

      @pemile

      Avec quels scientifiques ?

      Ah les cons, ils ne vous ont pas consulté ?


    • Aristide Aristide 14 mars 11:42

      @eau-pression

      J’aime bien les ceux qui croient que les « petits dérangements du système » ont une influence sur lui. 

      De multiples crises ont démontré la capacité de ce système à assimiler, digérer tout cela et surtout à annihiler tout changement qui pourrait fondamentalement le remettre en cause.

      La crise de 2008 n’a pas entraîné toutes les conséquences inéluctables que certains avaient prévu, la séparation des banques, la limitation du trading a haute fréquence, ... et même ces fameux subprimes ont vu des successeurs les remplacer avantageusement.

      Allons, un fois le calme revenu, les désirs de réformer ce système mondialisé et financiarisé suivront la même courbe que celle de l’infection. 


    • pemile pemile 14 mars 11:45

      @Aristide « Ah les cons, ils ne vous ont pas consulté ? »

      Non, et merci de confirmer que c’est donc des cons smiley


    • Aristide Aristide 14 mars 11:54

      @pemile

      Et de votre hauteur vous voyez quoi ? 


    • pemile pemile 14 mars 12:03

      @Aristide « Et de votre hauteur vous voyez quoi ? »

      J’ai pas vraiment cherché, mais est-ce que les noms de ces « scientifiques » consultés par not’bon Macron pour maintenir les élections sont connus ?


    • Aristide Aristide 14 mars 12:12

      @pemile

      Il me semble qu’il existe entre autres la HAS qui remplit se rôle, et aussi de nombreux universitaires, médecins, chercheurs, ... Cette accusation en creux consistant à insinuer un doute sur la qualité de ces scientifiques ou même sur l’absence de leur consultation par le pouvoir me semble assez ... mesquine ...

      Mais c’est votre habitude ...


    • pemile pemile 14 mars 12:23

      @Aristide "Cette accusation en creux consistant à insinuer un doute sur la qualité de ces scientifiques ou même sur l’absence de leur consultation par le pouvoir« 

      Non, plusieurs articles citent le nom des 11 experts du comité créé le 11 mars, par contre, pour confirmer que la décision de maintenir les élections vient bien d’eux et pas des »scientifiques" politiques de l’ensemble des partis politique, la suite le dira ?


    • Aristide Aristide 14 mars 12:38

      @pemile

      Il me semble que votre « défense » est un peu faible, si Macron a parlé des scientifiques, personne ne peut penser à part quelques mal-intentionnés qu’il n’ait pas consulté des économistes, des politiques, ... Il y a même eu une réunion avec les responsables de partis le matin de la déclaration ... et une unanimité feinte ou pas de leurs dirigeants autour des décisions prises.


    • Cadoudal Cadoudal 14 mars 12:40

      @pemile
       Il décide de reporter le scrutin pour circonstances exceptionnelles, avertit ses ministres, commence à consulter experts juridiques et politiques, et annonce sa décision aux scientifiques. Fin du premier acte. Il ne durera pas longtemps.

      https://www.lesechos.fr/amp/1184812


    • Cadoudal Cadoudal 14 mars 13:17

      @Cadoudal
      Conseil scientifique des frontières

      https://www.europe1.fr/sante/coronavirus-fermer-les-frontieres-une-reponse-qui-scientifiquement-na-pas-dinteret-assure-olivier-veran-3955066

      Je crois sincèrement qu’en France vous êtes arrivé au bout de votre chemin, ça m’attriste un peu quand même...lol...


    • pemile pemile 14 mars 13:22

      @Aristide « Il me semble que votre « défense » est un peu faible »

      Quelle défense ? On verra aussi le 22 mars l’ambiance dans les bureaux de votes et le 23 mars comment les nouveaux maires vont gérer le bordel prévisible.


    • Michel DROUET Michel DROUET 14 mars 15:56

      @Fergus
      Macron se retirera dans une banque...


    • Fergus Fergus 14 mars 17:31

      Bonjour, Michel DROUET

      Sans doute. Et pas dans une robe de bure.


    • eau-pression eau-pression 15 mars 06:29

      @Aristide

      Libre à vous de penser qu’il y a un organisateur de la partouze des élites, et même de joindre votre phallus à leur faisceau comme dit Brassens.

      Je ne suis pas sûr que ce soit le rêve du bon peuple d’accéder à leurs bacchanales.


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 08:35

      @Fergus
      Bonjour Fergus
      Je crains que le Conseil scientifique n’ait pas eu grand chose à dire sur le maintien ou non du premier tour des élections. Les choses étaient déjà pliées. Le report des élections ne pouvait se faire que par la loi et il était trop tard pour actionner le processus.
      Reste à voir ce qui va sortir de ce scrutin avec un taux d’abstention certainement record. Quelle sera la signification des résultats ? Avec l’évolution prévue de l’épidémie, Macron ne sera t-il pas obligé d’annuler l’élection avant le second tour ou bien se contentera t-il « d’enjamber » cette élection qui de toutes façons ne lui était pas favorable ?


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 08:37

      @Aristide
      Oui, et il n’y aura toujours pas de vaccin efficace contre le néolibéralisme.


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 09:50

      @Fergus
      Effectivement, ne nous faisons pas trop d’illusion.


    • pemile pemile 15 mars 17:58

      @Aristide "Cette accusation en creux consistant à insinuer un doute sur la qualité de ces scientifiques ou même sur l’absence de leur consultation par le pouvoir me semble assez ... mesquine ... Mais c’est votre habitude ..."

      wiwi, et c’est aussi l’habitude du Monde ?

      Coronavirus : pourquoi le stratégie sanitaire française pose question


  • Le corps comme miroir du monde de Janine Chasseguet Smirgel : Aussi bien dans ses propos que dans ses écrits, J. Chasseguet-Smirgel avait une façon simple et percutante de nous introduire par des citations à la réalité clinique qu’elle souhaitait théoriser. Ainsi, son dernier écrit, Le corps comme miroir du monde, commence par les extraits de deux textes. Le premier de ces textes est la description du supplice de Damiens trouvée au début de Surveiller et punir de M. Foucault. Le second texte, tiré de Le marin rejeté par la mer de Y. Mishima, dépeint un chat martyrisé. Avec une précision infinie et glaciale est décrit comment les corps sont tenaillés, déchirés, démantelés. L’horreur de ces citations est d’autant plus insoutenable que l’écrit de J. Chasseguet-Smirgel est composé, pendant quelques pages, uniquement de ces citations. La forme de l’écrit apparaît elle-même alors comme un amoncellement de morceaux, de segments de textes.
    Les corps démembrés sont, pour J. Chasseguet-Smirgel, le miroir de l’extrême sadisme auquel conduit l’hybris sans limite que l’on retrouve plus encore dans la culture postmoderne en proie à l’absence de symbolisation. Les corps mis en pièces des victimes du 11 Septembre mais aussi ceux des kamikazes en sont la marque sanglante. « L’explosion du corps propre devient le reflet d’un monde dont le démantèlement est ardemment souhaité », écrit-telle. Mais voici un commentaire fait par J. Chasseguet-Smirgel, datant de 1960, sur l’observation d’une patiente que M. Bouvet proposa alors dans son rapport sur la dépersonnalisation : « Le fantasme de la bouteille d’explosif jetée sur la maison pour la pulvériser…


  • JL JL 13 mars 11:58

    ’’au-delà des mesures factuelles de précaution, où on sentirait presque une remise en question de la pensée néolibérale, en vigueur jusqu’à présent.’’

     

     Ne vous y trompez pas ! Le libéralisme aujourd’hui c’est n’est plus que le nom de la mainmise par les entreprises et surtout par les multinationales sur toutes les institutions politiques nationales et supranationales.

     

     Macron aussi bien que Trump, hie, lisait un prompteur. L’un comme l’autre semblaient être des clones d’eux-mêmes. On a vu Trump à la fin de son lamentable discours, un moment qui a duré longtemps, se comporter comme Bush dans cette école, quand on lui avait annoncé le 11 septembre ou plus exactement, les mesures qui avaient été décidées sans lui..


    • Michel DROUET Michel DROUET 13 mars 12:23

      @JL
      Je suis bien conscient que la longueur de la laisse autour du cou de Macron ne lui permettra pas de prendre trop d’initiatives allant à l’encontre de ses maîtres.
      Chez Trump le problème est que la médecine est impuissante.


  • pallas 13 mars 13:32
    Michel DROUET

    Bonjour,

    Coronavirus ou pas,

    Que La France soit boycotté et mis en marge du concert des nations était dans l’agenda.

    L’Arabie Saoudite ce fait laminé par les nations membre de La BRIC et l’OCS

    La Turquie a le soutien officiel de l’OCS, OTAN, ONU.

    Le Coronavirus n’a fait qu’accéléré le calendrier, c’est tout.

    Les langues ce délient, La Pologne et La Russie haïssent La France à un point que vous n’imaginez même pas.

    La France est purement et simplement détesté par de trés nombreuses nations, Israel, USA, Egypte, Turquie, etc etc et etc, la liste est fort longue

    Sa clarifie les choses au moins.

    Salut


  • BA 13 mars 15:07

    Un article très important :


    Coronavirus : la France n’a pas encore pris la mesure du danger.


    Journalistes français en Italie : « Pour que la France prenne enfin la mesure du danger. »


    Journalistes en Italie pour des médias français et francophones, nous couvrons depuis le début la crise épidémique du coronavirus dans la péninsule. Nous avons pu constater la progression fulgurante de la maladie et avons recueilli les témoignages du personnel de santé italien. Beaucoup nous font part de la situation tragique dans les hôpitaux, les services de thérapie intensive saturés, le triage des patients, ceux – les plus faibles – que l’on sacrifie faute de respirateurs artificiels suffisants.


    Par conséquent, nous considérons qu’il est de notre responsabilité d’adresser un message aux autorités publiques françaises et européennes pour qu’elles prennent enfin la mesure du danger.


    Tous, nous observons en effet un décalage spectaculaire entre la situation à laquelle nous assistons quotidiennement dans la péninsule et le manque de préparation de l’opinion publique française à un scénario, admis par l’énorme majorité des experts scientifiques, de propagation importante, si ce n’est massive, du coronavirus.


    Hors d’Italie aussi, il n’y a plus de temps à perdre. Nous estimons qu’il est de notre devoir de sensibiliser la population française.


    Souvent, les retours qui nous arrivent de France montrent qu’une grande partie de nos compatriotes n’a pas changé ses habitudes. Ils pensent qu’ils ne sont pas menacés, surtout lorsqu’ils sont jeunes.


    Or, l’Italie commence à avoir des cas critiques relevant de la réanimation dans la tranche d’âge 40-45 ans. Le cas le plus éclatant est celui de Mattia, 38 ans, sportif et pourtant à peine sorti de dix-huit jours de thérapie intensive. Il est le premier cas de Codogno, fin février, au cœur de la zone rouge dans le sud de la Lombardie.


    Par ailleurs, certains Français n’ont pas conscience qu’en cas de pathologie grave, autre que le coronavirus, ils ne seront pas pris en charge correctement faute de places, comme c’est le cas en Italie depuis plusieurs jours. Soulignons aussi que le système sanitaire impacté aujourd’hui est celui du Nord, soit le meilleur d’Italie, un des meilleurs en Europe.


    La France doit tirer les leçons de l’expérience italienne.


    https://www.liberation.fr/planete/2020/03/12/journalistes-francais-en-italie-pour-que-la-france-prenne-enfin-la-mesure-du-danger_1781450


    • ZXSpect ZXSpect 13 mars 15:48

      @BA
      .

      Bruno Arfeuille ne fait aucun commentaire personnel et pertinent.

      .

      Il ne se plait qu’à faire des copiés-collés (7 de cet article de Libé) de toute information anxiogène repérée sur le web.

      .

      Tristement inutile et malsain !


  • pallas 13 mars 15:16
    Michel DROUET

    Bonjour,

    Le Français s’arroge le droit de conscience moral, immuable, universaliste, d’une arrogance tel ce croyant etre des Dieux, disant que le Dieu de tel ou tel religion est morte.

    Ces fameux Nouveaux Dieux (français), sont remplies de peur, d’un courage fuyant, redécouvrant le Hadès, il n’a jamais disparu pourtant.

    Cela est pathétique.

    La Turquie ne joue pas elle, ni au football et ni dans le verbiage, elle a déclaré la guerre.

    Vous ne réagissez pas ?

    Salut


  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 13 mars 16:12

    Y a-t-il un tournant, ou n’est-ce pas le « en même temps » ?

    En même temps il rend hommage à l’hôpital public et le privatise, lui demande une gestion libérale, fait passer les profits avant les vies humaines.

    Par ailleurs, s’il y a virage, il n’est dû qu’à la constatation du fait qu’eux-mêmes ne sont pas préservés, contrairement à leurs habitudes.

    Il sont au-dessus des lois juridiques, organisent à leur profit les lois du marché, mais restent dépendants des lois biologiques.

    Les hyper-riches ont un gros carnet d’adresse, une vie sociale intense, une velléité de déplacements sans borne. Et ça les rend vulnérables.

    Eux qui se sentaient des surhommes au-dessus du réel se rendent compte qu’ils sont englués dans ce réel et peuvent être coronavirés.

    Leur santé dépend de celle des autres, et celle-ci de la part du gâteau qu’ils sont prêts à y laisser.

    Comme ils ont compris que c’était ça ou leur vie, ils vont peut-être réellement deserrer la vis du libéralisme destructeur de toute vie.

    Ce n’est ni de la compassion, ni une prise de conscience idéologique, ce n’est que de l’instinct de survie. El là, ils ont la trouille.


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 mars 09:54

      @Jean-Paul Foscarvel
      Les riches ont pris conscience qu’ils étaient eus aussi mortels et que leur fortune ne pouvait pas leur servir de vaccin.


  • La mondialisation satanique vit ses dernieres heures. Le tournant néo-libéral commença en 1984. La quarantaine fait allusion aux quarante jours que les christ passe dans le désert face à Satan : société de consommation, totalitarisme mondialiste. Un retour sur soi est fondamental : https://www.lalibre.be/debats/opinions/basculer-dans-le-bon-sens-5e6a6531d8ad582f316c75a5. encore quatre ans pour faire quarante années depuis 1984. D’ici là, courage. Laissons ce spectacle désolant mourir de sa belle mort et regardons vers le futur.


  • Ne jamais mettre du neuf dans de l’ancien. Les vielles recettes n’ont pas marché : nazisme, communisme, capitalisme, du passé. Une ère nouvelle s’annonce : LA JERUSALEM CELESTE tant rêvée par Freud.


    • pallas 13 mars 16:48

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Nous sommes,

      Dans le Mordor assiégeant Minas Tirith, sans aucuns secours, seule livré à elle même, pas de Rohan, pas de Arargon.

      Les Haradrims sont plus puissant que jamais.

      Les Trolls et autres sont prêt à faire acte.

      L’heure est à la guerre

       smiley

      Salut


    • @pallas
       le château de carte qu’est le néo-libéralisme va s’effondreR,... 


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:35

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Moins faire œuvre de science politique que de conscience politique...

      Jacques Généreux : La dissociété

      « Voilà, enfin, un ouvrage ambitieux. Économiste bien connu et professeur à Science Po., membre du Conseil national du Parti socialiste, Jacques Généreux ne propose pas moins qu’une critique anthropologique des fondements propres au néo-libéralisme contemporain, une analyse des conséquence de son hégémonie – la restructuration des société de marché en « dissociétés » – et l’esquisse d’une anthropologie alternative propre à inspirer un socialisme libéré tant de son fantasme d’une « hyper-société » collectiviste et productiviste que de la « dérive néolibérale » de la gauche européenne depuis les année 1980. » Revue du Mauss

      Tout est dit dans la revue du Mauss. Tout autre commentaire sur son intérêt serait superflu.

      Les extraits qui suivent ne sauraient rendre compte avec exhaustivité de la richesse de ce livre dont je vous recommande vivement la lecture instructive et passionnante.

      Précision : en ce qui concerne les piliers de la pensée néolibérale dont la description constitue le cœur de cet ouvrage (p223 et suivantes), je vous renvoie à l’ouvrage dont le contenu est si riche que de simples citations auraient été insuffisantes à la bonne compréhension de la démonstration.

      4ème de couverture

       »Ce livre est motivé par la conviction qu’à l’époque des risques globaux la plus imminente et la plus déterminante des catastrophes qui nous menacent est cette mutation anthropologique déjà bien avancée qui peut, en une ou deux générations à peine, transformer l’être humain en être dissocié, faire basculer les sociétés développées dans l’inhumanité de « dissociétés » peuplées d’individus dressés (dans tous les sens du terme) les uns contre les autres.

      Éradiquer ce risque commande notre capacité à faire face à tous les autres… C’est pourquoi, ici, j’entends moins faire œuvre de science politique que de conscience politique. Car la dissociété qui nous menace n’est pas un dysfonctionnement technique dont la correction appellerait l’invention de politiques inédites. Il s’agit d’une maladie sociale dégénérative qui altère les consciences en leur inculquant une culture fausse mais auto-réalisatrice. »

      Morceaux choisis

      1) Crise du politique et crise sociale

      - La victoire de la peur et la seconde crise du xx’ siècle

      [...] Et nous comprendrons bientôt que le néolibéralisme consiste précisément à exploiter la menace de la crise économique pour imposer et justifier une société plus inégalitaire. Nous eûmes donc la crise sociale sans la crise économique, et là se trouve précisément le premier ferment de la crise du politique. Car un cataclysme économique et social universel eût accrédité une interprétation fataliste, limitant la responsabilité politique. Mais, au lieu de cela, nous fûmes confrontés au paradoxe d’une richesse exubérante et croissante qui laissait néanmoins des nations puissantes dans l’incapacité d’éviter la misère ! [...] (p49)

      - Le paradoxe de la Puissance impotente des « démocraties »

      [...] Ce livre est ainsi motivé par la conviction qu’à l’époque des risques globaux, des risques majeurs, la plus imminente et la plus déterminante des catastrophes qui nous menacent est cette mutation anthropologique déjà bien avancée qui peut, en une ou deux générations à peine, transformer l’être humain en être dissocié, faire basculer les sociétés développées dans l’inhumanité de « dissociétés » peuplées d’individus dressés (dans tous les sens du terme) les uns contre les autres. Éradiquer ce risque commande notre capacité à faire face à tous les autres. Car seules d’authentiques sociétés, soudées par la solidarité et le primat du bien commun sur la performance individuelle, seront en mesure d’atteindre le niveau considérable et inédit de coopération et de cohésion qui sera indispensable, tant au sein des nations qu’entre les nations, pour affronter les deux grands défis du XXIe siècle : éviter une guerre des civilisations, et assurer de façon démocratique le bouleversement des modes de vie et de production sans lequel la planète deviendrait invivable.[...] (p54)

      [...] Car la dissociété qui nous menace n’est pas un dysfonctionnement technique dont la correction appellerait l’invention de politiques inédites. Il s’agit d’une maladie sociale dégénérative qui altère les consciences en leur inculquant une culture fausse mais autoréalisatrice.[...](p54)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:38

      @Vivre est un village

      2) Du pacte social à la guerre économique

      - Le mythe de l’impuissance des politiques nationales

      [...] …aucune instance mondiale n’a imposé aux grands pays industriels une quelconque dérégulation de l’économie. Celle-ci résulte intégralement de choix politiques nationaux…[...](p65)

      [...] Tout cela permet d’affirmer que le tournant néolibéral opéré dans le monde dans le dernier quart du siècle dernier n’est pas la conséquence naturelle d’une évolution technologique ou économique inéluctable. Il résulte d’un choix politique délibéré et adopté par des gouvernements souverains qui disposaient d’autres options.[...](p68)

      - L’effondrement du pacte social

      [...] La peur du chômage n’est pas instrumentalisée par le patronat seulement pour obtenir des salariés tous les sacrifices nécessaires à la rentabilité du capital. Elle sert aussi à faire pression sur les gouvernements pour revendiquer, au nom de la défense de l’emploi, une baisse des « charges » fiscales et sociales. [...] (p71)

      - L’acceptation du chômage et le culte de la désinflation

      [...] Dans les pays riches, répétons-le, la montée du chômage renforce à l’évidence la domination des employeurs sur le marché du travail. Qui plus est, comme l’expliquera sans fard Margaret Thatcher, les politiques monétaires restrictives sont une arme de guerre efficace pour briser la résistance des salariés et de leurs syndicats. En effet, en limitant drastiquement l’accès des entreprises à une trésorerie bon marché via le crédit bancaire, elles les contraignent à durcir leur position face aux revendications salariales. En résumé, la rigueur monétaire et le chômage sont les outils politiques grâce auxquels les gouvernements mettent un terme au conflit pour la répartition de la valeur ajoutée en imposant un gagnant : le capital.[...](p75)

      - La face cachée de la libéralisation financière

      [...] On a par ailleurs observé que les pays les plus aptes à surmonter ou à éviter les crises financières étaient ceux qui maintenaient ou rétablissaient un contrôle plus strict des mouvements de capitaux (Chine, Chili, Malaisie).

      La déréglementation financière ne se justifie donc en rien par la prétendue recherche d’un optimum économique ou social.[...] (p78)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:41

      @Vivre est un village

      - Le troisième âge du capitalisme

      [...] Les actionnaires reconquièrent le pouvoir dans la grande entreprise. Les économistes disent que l’on passe d’un« capitalisme managérial » (commandé par des managers relativement autonomes à l’égard de leurs actionnaires) à un « capitalisme patrimonial » (commandé par les gestionnaires de fonds d’épargne)[...](p80)

      [...] Un objectif de rentabilité financière s’impose rapidement comme norme de référence : un taux de rendement annuel du capital de 15 %.[...](p80)

      [...]Paradoxalement donc, les détenteurs du capital veulent exploiter leur nouveau pouvoir en exigeant une hausse spectaculaire de la rentabilité à une époque où il est bien plus difficile de gagner de l’argent. Comment peut-on tripler ou quadrupler le taux de rémunération du capital quand la croissance du revenu national est divisée par deux et la compétition de plus en plus féroce ? Une seule chose est certaine : si tous veulent plus de progrès pour eux-mêmes quand il y en a moins pour tout le monde, tous ne pourront pas gagner. Si l’on renonce au jeu à somme positive dont tout le monde peut sortir gagnant (le partage coopératif), il ne reste que le jeu à somme nulle où rien n’est obtenu qui ne soit retiré à autrui ; autrement dit, il ne reste pour gagner que la prédation et la guerre.[...](p81)

      [...] On constate en effet qu’aucun pays en développement n’est sorti de la pauvreté grâce au libéralisme. Toutes les expériences réussies de sortie rapide du sous-développement résultent d’une forme éclairée de dirigisme économique impliquant des politiques industrielles volontaristes et des investissements publics importants dans l’éducation, la santé, les infrastructures et la recherche. En revanche, partout où l’on impose de l’extérieur la stratégie néolibérale dans un contexte d’État faible, on parvient, au mieux, à renforcer le dualisme et les inégalités en créant un pôle moderne de croissance extravertie, tout en déstabilisant ou appauvrissant les secteurs traditionnels qui nourrissent et occupent l’essentiel de la population.[...](p82)

      [...]Contrairement au credo néolibéral, ce n’est pas le libre-échange qui assure le « décollage » d’un pays en développement. C’est en revanche le fait d’avoir un meilleur gouvernement et une administration efficace, habités par une culture de l’intérêt général ou tout simplement par une ambition nationale.[...](p83)

      [...]Alors, si la prospérité économique devait constituer notre unique critère d’évaluation, on devrait constater que la croissance était, selon le cas, soit aussi bonne, soit nettement plus élevée à une époque où l’économie était plus réglementée et plus protégée contre la concurrence internationale, et où les taux marginaux d’imposition atteignaient parfois 80 %. Qui plus est, à cette époque de prétendu intolérable dirigisme économique, nous avions le plein-emploi, une protection sociale croissante, des congés payés et des salaires en augmentation, et chaque génération d’ouvriers croyait sérieusement que la génération suivante disposerait d’une situation sociale plus avantageuse. Ce n’était pas le paradis, mais c’était le progrès ! Or, depuis les années 1980, dans l’Union européenne, on n’a cessé de privatiser, de déréglementer les marchés, d’ouvrir le secteur public à la concurrence, d’alléger les charges sociales et l’imposition des bénéfices, de précariser les contrats de travail, de réduire l‘indemnisation du chômage, de faciliter les licenciements … Et le progrès a cédé la place à la morosité et au chômage. Sauf dans les pays du Nord qui tournent le dos au dogme de l’« État minimum » et battent les records de l’impôt, de la dépense sociale, des indemnités de chômage, de l’emploi public ![...](p83)

      - Tous sacrifiés sur l’autel du rendement financier ?

      [...]Dans ce nouveau capitalisme, une compression des effectifs salariés n’est plus le sacrifice ultime auquel, la mort dans l’âme, un entrepreneur se résout pour sauver l’entreprise. Non, c’est la stratégie préventive des entreprises rentables qui se préparent ainsi à l’être encore davantage et à faire remonter aussitôt le cours de leurs actions en Bourse. Autrefois, la montée du chômage était un problème – indice d’échec de la gestion et mauvais présage quant à l’évolution du niveau d’activité économique ; désormais, c’est une solution au seul problème qui préoccupe le capitalisme patrimonial : comment créer toujours plus de valeur pour l’actionnaire ?[...](p89)

      [...]Voilà pourquoi un « plan social » est devenu la meilleure chose qui puisse arriver. .. à un actionnaire ! Et voilà pourquoi, depuis les années 1980, la réduction des effectifs est érigée en principe de bonne gestion par tant de grandes entreprises (les Américains ont baptisé cette nouvelle mode managériale : le downsizing). On en vient ainsi à apprécier la performance d’un manager au nombre de licenciements qu’il est en mesure de proposer au prochain conseil d’administration. Et cet engouement des P-DG pour la suppression d’emplois inspire ensuite toute la hiérarchie dans l’entreprise.[...](p90)

      [...]Pour s’assurer de la mobilisation effective des salariés,…, on rémunère des « compétences » évaluées subjectivement par la hiérarchie. Autant dire que les « compétences » premières sont la servilité et l’aliénation volontaire, la capacité à démontrer sa pleine adhésion au discours, à la culture et aux objectifs de la direction.[...](p91)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:41

      @Vivre est un village

      [...]Ce culte forcé de l’excellence a un coût humain terrifiant. Le travailleur est mis sous pression, coincé entre des objectifs toujours plus difficiles à atteindre et des moyens constants ou réduits, sans autre récompense immédiate que garder son emploi et sans la moindre assurance de le garder encore car, à la guerre économique comme à la guerre tout court, aucun mérite personnel ne vous évite d’être abattu. La pression de l’urgence, la fatigue, le climat de compétition permanente, la peur d’être mis sur la touche et la frustration de reconnaissance associés à cette révolution du management engendrent l’explosion des « sociopathologies » physiques et psychiques (stress, dépressions, suicides). Et, tout comme dans une vraie guerre, l’impératif de survie et de victoire face à l’ennemi efface le sens moral des uns et favorise le cynisme exploiteur des autres, tant et si bien que l’entreprise peut devenir un lieu de torture sans que cela choque outre mesure tous ceux qui n’en sont pas victimes.[...](p92)

      [...]Phénomènes par nature dissimulés et maquillés, le harcèlement moral et le harcèlement sexuel ont été tardivement reconnus pour ce qu’ils sont devenus : non plus seulement la monstruosité de quelques pervers, mais aussi l’effet systémique d’un environnement guerrier qui fabrique des victimes et des bourreaux, qui banalise les atteintes à la dignité humaine.[...](p92)

      [...]La participation contrainte des managers et des entrepreneurs au nouveau capitalisme patrimonial impose aussi une régression majeure à tous ceux qui ont la passion d’un métier. À l’âge du capitalisme managérial, le profit était un instrument que les dirigeants pouvaient mettre au service de leurs objectifs personnels (croissance de l’entreprise, réussite industrielle, innovation, reconnaissance, prestige, paix sociale, etc.). Désormais, le profit devient une fin en soi, supérieure à toute autre, une exigence instantanée, oppressante et souvent contradictoire avec une stratégie à long terme.[...](p93)

      [...]La généralisation de la technique des stock-options, destinée à rendre la rémunération des managers dépendante du cours boursier de leur entreprise, n’a fait que renforcer la perversité du système.[...](p95)

      - Une folie collective ?

      [...]Nous ne retenons ici qu’un résultat : il est désormais établi que le coût économique direct imputable à un stress professionnel excessif se situe dans une fourchette de 2,5 à 3,5 points de PIB.[...](p97)

      [...]Catastrophes écologiques, enfin. Et là, on se rend compte à quel point on aurait tort de croire que, malgré tout, la guerre économique fera moins de victimes que la guerre tout court. En effet, poussée à son terme et sans limite, la libre compétition pour le profit maximal constitue pour l’humanité une menace plus redoutable que toutes les armes de destruction massive. Elle suscite l’extension mondiale de modes de production et de consommation qui sont physiquement insoutenables pour notre planète. Tout le monde connaît désormais la liste des fléaux en cours ou à venir qui sont la conséquence directe de la course mondiale à la production et à la consommation : déforestation, épuisement des nappes phréatiques, érosion accélérée des sols, recul de la biodiversité, trous dans la couche d’ozone, effet de serre et dérèglement du climat, etc.[...](p99)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:42

      @Vivre est un village

      - La politique n’est pas en crise pour tout le monde

      [...]Alors ne tombons pas dans le panneau. L’horreur économique décriée par les « antimondialisation » n’est pas la crise du politique, mais la victoire d’une politique. Le défi auquel se trouve confrontée la démocratie n’est donc pas de replacer l’économie sous le contrôle des politiques : elle l’est déjà. Il est de remettre les politiques au service du bien commun.[...] La compétition généralisée lamine la cohésion sociale qui conforterait le pouvoir collectif des citoyens, elle transforme une majorité politique potentielle en collection d’individus isolés et désarmés.[...](p103)

      3) De la guerre économique à la guerre « incivile »

      [...]Le délitement des liens sociaux constitue à la fois la conséquence et la condition nécessaire à l’extension d’une compétition généralisée.[...]

      [...]D’une part, la compétition généralisée diffuse un poison insidieux. Elle se déploie graduellement, sans que personne ait été informé qu’une guerre était déclarée ; elle n’attaque pas la société frontalement, mais un secteur après l’autre ; ses effets psychologiques restent longtemps confinés dans l’intimité des individus. Aussi nous a-t-il bien fallu vingt ans pour nous rendre compte que la société a changé, et la prolifération des symptômes de désocialisation pour comprendre que la société est malade.[...](p107)

      - État puissant et néolibéralisme : les dessous d’un paradoxe apparent

      [...]Entre le milieu des années 1970 et la fin des années 1990, en pleine « mondialisation libérale », le poids des dépenses publiques (en pourcentage du PIB) a augmenté dans tous les grands pays industriels. Le poids des prélèvements obligatoires a suivi globalement le même mouvement, et, quand il ne l’a pas fait, cela s’est traduit par un gonflement des déficits publics. Les États-Unis, réputés les plus libéraux, ne font pas exception : le poids des dépenses publiques est passé de 31,6 % en 1970 à 35,8 % en 2000, et celui des prélèvements obligatoires de 30,5 à 34,2 %.

      Voilà un premier indice de ce que le projet néolibéral n’est pas un désengagement de l’État, mais, au contraire, son réengagement au service d’intérêts particuliers et d’un autre modèle de société.[...](p108)

      [...]Encore une fois, le but des néolibéraux n’est pas d’affaiblir l’État, mais de disposer à leur guise d’États assez puissants pour imposer, à l’intérieur comme à l’extérieur, un ordre conforme à leurs intérêts et à leur vision du monde.[...](p109)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:43

      @Vivre est un village

      - La privatisation des esprits.

      [...]Tel est donc l’usage stratégique des baisses d’impôts et de cotisations sociales : creuser des déficits pour créer l’illusion que le pays « vit au-dessus de ses moyens », et justifier ensuite, par la pénurie planifiée des moyens, le recul des dépenses sociales et les privatisations.

      Telle est aussi la rationalité de la manifeste indifférence des néolibéraux au chômage européen. La persistance du chômage ne constitue pas pour eux un problème, mais, au contraire, une partie de leur solution : elle participe au discrédit des reliquats du modèle social ancien qu’ils veulent détruire ; elle maintient la peur qui prédispose les salariés à toutes les soumissions.[...] C’est la protection sociale des individus qui rend le système soutenable. Or c’est justement elle que les néolibéraux veulent démanteler pour construire un système qui abandonne les individus à leur sort et aux assurances privées, comme en Amérique. Le chômage, qui constitue une catastrophe insupportable une fois qu’un tel système est en place, est au contraire un levier de pression psychologique et politique essentiel pour aller vers un tel système.[...](p115)

      - La privatisation insidieuse de l’État

      [...]À long terme, en effet, dans une guerre économique mondiale, ce ne sont plus seulement les produits qui sont mis en compétition, mais encore et surtout les systèmes politiques et sociaux. Les investisseurs apprécient notamment les lieux où les politiques, le droit du travail, les prélèvements fiscaux et sociaux sont les moins contraignants et les moins coûteux.[...](p117)

      - La dégénérescence du projet européen

      [...]L’harmonisation des réglementations et des législations sociales est interdite ; l’harmonisation fiscale n’est possible qu’à l’unanimité, ce qui la rend quasiment impossible. Aucun obstacle ne s’oppose donc à l’intensification de la concurrence fiscale et sociale des États. L’Union (européenne) est ainsi la seule entité » politique au monde qui privilégie la compétition interne entre ses territoires plutôt que la protection ou la compétitivité globale de son territoire par rapport au reste du monde. La seule au monde, également, qui s’interdit l’usage efficace (ou l’usage tout court) de l’ensemble des instruments de politique économique ![...](p124)

      [...]L’extraordinaire dans cette orientation est qu’elle est défendue au nom de l’impératif de compétitivité, au regard d’une économie mondiale où les compétiteurs les plus puissants (États-Unis, Japon, Chine) n’hésitent pas une seconde à mobiliser tous les instruments de la puissance publique pour soutenir leur économie ![...](p125)

      - Le mythe de la gouvernance

      [...]L’engrenage pervers de la privatisation de l’État-providence prépare et nourrit le cercle vicieux de la violence sociale et de sa répression par un État-pénitence. Moins la nation investit dans l’éducation, l’habitat, la stabilité de l’emploi, la réduction des inégalités, et plus se banalisent les incivilités et la délinquance juvénile. On peut certes dénoncer le simplisme d’une explication moniste de la violence par les inégalités sociales ; mais il serait tout aussi simpliste de nier leur contribution. Personne ne naît malpoli ou délinquant ! On le devient à la suite d’une histoire dans laquelle le cadre de vie, la famille, l’école, le milieu social, la culture dominante, etc., jouent conjointement et nécessairement un rôle déterminant. Si la société dépense de moins en moins pour garder en son sein tous ceux que la guerre économique tend à exclure, ainsi que leurs enfants, elle doit bien se préparer à dépenser plus pour réprimer l’inéluctable montée de comportements antisociaux. L’État-gendarme cesse alors d’être une simple métaphore et cède peu à peu la place à la réalité cru d’un État policier où, au nom de la sécurité, régressent toutes les libertés publiques et ne survit vraiment que le droit (mais pas forcément la capacité) de produire et de consommer.[...](p128)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:44

      @Vivre est un village

      - La mutation du citoyen en guerrier

      [...]C’est que les peurs collectives se développent par la force du discours politique et médiatique bien avant d’être fondées sur des faits. Ainsi, le matraquage d’un discours prétendu « économiquement correct » insinue dans nos esprits une logique de guerre économique toujours plus redoutable qu’elle n’est en réalité. Des politiques, des patrons, des gourous, des journalistes économiques se relayent pour fustiger en permanence l’archaïsme de la protection sociale, la crispation sur les acquis sociaux, la peur de la mobilité, les charges fiscales et sociales, la réduction du temps de travail, l’indemnisation trop généreuse du chômage, etc. On nous rabâche que nos défenses passées ont déjà été enfoncées par les assauts de la compétition mondiale ; la sécurité est obsolète, c’est la combativité qui est moderne, et l’attaque constituerait désormais la seule défense possible. On fait l’éloge des « risquophiles » et l’on dénigre les « risquophobes », médiocres ringards ou parasites vivant « aux crochets de la société ». Nous sommes dans un monde sans filet, où l’avenir de chacun est incertain, sauf sur un point : il faudra se battre. Voilà le message ![...](p129)

      [...]Dans une société où il a sa place, un individu peut au minimum espérer une vie décente sans combat ; sur un marché, il se sent marchandise qui devra sa survie au fait d’être plus fort que les autres ou l’esclave des plus forts. Dans une société, on vit ; sur un marché, on se bat. Dans une société, la personne se définit par ses liens ; sur un marché, l’individu se définit par ses talents, ses pouvoirs, son capital- bref, tout ce qui détermine sa compétitivité. Dans une société, on apprécie quelqu’un ; sur un marché, on le mesure. Dans une société, l’important, c’est d’aimer ; sur un marché, l’important, c’est d’être fort. La culture du marché est une culture de combattants engagés dans une drôle de guerre, sans armées constituées et solidaires, où notre ennemi se cache souvent dans la même tranchée que nous, où nous avons tous au fond le même ennemi intime : la peur de l’autre ; une peur qui paradoxalement nous pousse à nous affronter au lieu de nous unir pour avoir moins peur. Le règne du marché, c’est avant tout la victoire de la peur.[...](p131)

      [...]On ne peut à la fois traiter les gens comme des marchandises, les inciter à se traiter les uns les autres comme des produits rivaux et vouloir qu’ils se comportent en citoyens.[...] Une société qui dit à ses enfants que la vie n’est pas une entreprise collective mais une compétition individuelle permanente récolte ce qu’elle a semé : des jeunes qui se battent les uns contre les autres.[...](p131)

      [...]L‘anthropologie et l’ethnologie nous enseignent en effet que les échanges servent à fonder et entretenir des liens, et même que c’est là leur fonction première, mais uniquement dans les sociétés où l’économie est régie par les conventions sociales .[...](p132)

      - du « doux commerce » à la guerre incivile

      [...]Le contresens de l’idéologie du « doux commerce » consiste donc à inverser la filiation entre les liens et les biens. C’est l’existence préalable d’une société qui engendre l’échange et confère aux biens une fonction sociale et symbolique. Le contresens néolibéral est aussi d’imaginer des individus primitifs, rivaux égoïstes et prédateurs, qui, soudain, par la magie de l’échange et de la libre concurrence, se comporteraient comme des frères dans une simple partie de Monopoly.[...] C’est la société qui adoucit la violence du commerce et non l’inverse.[...](p132)

      [...]Même l’école est gagnée par le culte de la compétition et, consciemment ou non, les parents la conçoivent désormais comme un camp d’entraînement où l’on acquiert des armes pour entrer dans la jungle des adultes. Et cela parfois, nous le verrons, au détriment de la santé physique et psychique des enfants, voire au prix de « méthodes pédagogiques » qui frisent la torture. Dans le meilleur des cas, l’école se trouve à la fois sommée de corriger à elle seule l‘explosion des inégalités et de l’exclusion sociale, et privée des moyens humains et financiers qui seraient nécessaires pour seulement contenir ces fléaux. Elle tend alors à devenir le lieu de reproduction, le reflet et la caisse de résonance des sélections, des ségrégations, des frustrations et des violences nées et entretenues par la société de compétition généralisée.[...](p134)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:44

      @Vivre est un village

      - Un fascisme libéral

      [...]État prédateur qui foule aux pieds les droits de l ‘homme et le droit des peuples, violence policière, médias aux ordres du pouvoir, propagande mensongère, domination du secteur militaro-industriel, voici réunis les ingrédients usuels d’un régime fasciste, mais un fascisme libéral, plus efficace sans doute que le fascisme autoritaire, puisqu’il se maintient avec l’assentiment des électeurs ![...](p146)

      - Bilan de l’enquête

      [...]Une hypothèse centrale développée dans ce livre est précisément que les société de marché contemporaines sont restructurées en « dissociétés » ; réseaux d’individus atomisés, où les sentiments de solitude, d’incertitude et d’urgence permanente se conjuguent pour annihiler non seulement la possibilité, mais surtout le désir de s’insurger.[...] L’état du monde n’est pas le résultat d’une fatalité économique, mais celui d’un ensemble de choix humains. Mais il pourrait alors s’agir d’une fatalité humaine si, comme le pensent d’ailleurs les ultra-libéraux, la marche vers une dissociété d’individus en compétition permanente était dans la nature même des êtres humains et donc des sociétés humaines. J’entends bien démontrer le contraire. [...](p159)

      4) Dissociété, hypersociété et société de progrès humain

      - « Être soi » et « être avec »

      [...]Dans « Quel renouveau socialiste ? » – réflexion sur les fondements du socialisme et du libéralisme -, j’ai suggéré que l’ensemble des aspirations humaines puisse se résumer en deux tendances indissociables et constitutives de l’être humain : « La nature humaine est faite de l’interaction continue entre une aspiration à l’autonomie et une aspiration à l’association, entre la pulsion d’autosatisfaction et le désir de faire société. C’est pourquoi les hommes et les femmes ne sont pas guidés par leur seul intérêt personnel, mais aussi par des valeurs, des croyances et des conventions qui les constituent en communauté solidaire [ … ]. L’humanité [ … ] est mue par deux aspirations en interaction permanente : désir de libération et désir de socialisation, le désir d’être soi et le désir d’être avec. [ … ] Et cela ne sert à rien de chercher laquelle des deux aspirations est première ou seconde, elles vont ensemble. »[...](p166)

      [...]Nous en étions donc à l’intuition première que chacun désire « être soi et pour soi » mais aussi et en même temps « être avec et pour les autres ». Pour éviter de les réénoncer indéfiniment, je désignerai par la suite ces deux aspirations fondamentales comme « aspirations ontogénétiques », marquant ainsi qu’elles sont constitutives de l’être, qu’elles participent conjointement à la genèse de l’être (ontogenèse).[...](p168)

      - La société de progrès humain

      [...]Définition 1. Une vie pleinement humaine consiste dans la réalisation d’un équilibre personnel entre les deux faces inextricables de notre désir d’être : l’aspiration à « être soi » et l’aspiration à « être avec ».[...](p174)

      [...]Définition 2. Une société de progrès humain tend vers une situation où chaque personne dispose d’une égale capacité à mener une vie pleinement humaine, c’est-à-dire à concilier librement ses deux aspirations ontogénétiques.[...](p175)

      - Les sociétés de régression inhumaine

      [...]Définition 3. Une société de régression inhumaine entrave la quête de l’équilibre personnel par un processus politique délibéré visant à hypertrophier l’une des aspirations ontogénétiques et à réprimer l’autre ou, pis, à réprimer les deux.

      Définition 4. L’ « hypersociété » est une société qui hypertrophie l’« être avec » (la dimension sociale de l’existence et les liens collectifs), au point de réprimer ou de mutiler l’« être soi » (l’aspiration à l’épanouissement personnel et à l’autonomie). L’archétype de l’hypersociété est un système collectiviste ou communiste.

      Définition 5. La « dissociété » est une société qui réprime ou mutile le désir d’ « être avec » pour imposer la domination du désir d’ « être soi ». L’archétype de la dissociété est la société de marché néolibérale fondée sur l’extension maximale de la libre compétition à toutes les activités humaines. C’est à cette dissociété que nous consacrerons l’essentiel des développements qui suivent.[...](p179)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:45

      @Vivre est un village

      - Qu’est-ce que la dissociété ?

      [...]Proposition 1. L’idéologie et les politiques néolibérales tendent à dissocier les deux aspirations ontogénétiques et à enfler à ce point la première (être soi et pour soi) qu’elle étouffe la seconde (être avec et pour les autres). Nous nommons ce processus « dissociation personnelle ».

      Proposition 2. À la fois cause et conséquence, instrument et finalité de la dissociation personnelle, la « dissociété » est le processus d’organisation de l’espace, des institutions et des relations qui décompose une société humaine, d’une part, en déliant, isolant et opposant des communautés ou catégories sociales relativement homogènes et, d’autre part, en installant et exacerbant la rivalité entre les individus composant ces communautés ou catégories sociales.[...](p182)

      - Le socialisme méthodologique

      [...]1°) le socialisme méthodologique ne remet pas en question l’existence de personnes singulières distinctes de la société et aspirant à l’autonomie par rapport à celle-ci.[...](p187)

      [...]2°) Le socialisme méthodologique n’est pas un « individualisme social ».[...](p188)

      [...]3°) Le socialisme méthodologique est bien une méthode d’analyse et non une éthique.[...](p189)

      [...] si l’éthique a de toute évidence besoin d’un principe premier unique pour trancher tout conflit de valeurs, une science de l‘humain n’a pas nécessairement besoin d’un principe premier et unique d’explication de tous les comportements. C’est pourtant la démarche adoptée par la théorie psychologique dominante, qui postule le plus souvent que la quête égoïste du bien propre est à l’origine de tous nos actes.[...] Au lieu de rechercher une cause première et unique à nos actes, le socialisme méthodologique pose au contraire qu’il n’y n a pas, parce que le mode de constitution de notre être implique que tout acte manifeste une interaction complexe de causes, et une interaction complexe avec les autres : il n’explique pas le comportement par une cause mais par un processus dynamique.[...](p192)

      [...]Je serais donc tenté de conclure que : 1) l’égoïsme véritable (comme recherche de son propre bien) et l’altruisme véritable (comme quête du bien d’autrui) ne sont vraiment possibles que dans une société de progrès humain qui tend à préserver et soutenir la compatibilité entre nos deux aspirations ontogénétiques ; 2) la coexistence pacifique de comportements égoïstes et altruistes est l’une des manifestations de la société de progrès humain ; 3) toute théorie moniste de l’égoïsme ou de l’altruisme (fondée sur l’existence ou la promotion exclusive d’une seule de ces dispositions) est incompatible avec notre conception de la vie humaine, et participe d’un processus de dissociation de l’être.[...](p193)

      - La spirale vertueuse ou vicieuse des interactions sociales

      [...]Ainsi, la dissociété, tout comme la société de progrès humain, n’est pas un état figé du monde, mais un processus dynamique ; c’est une synergie perverse entre les acteurs individuels et le système social.[...](p194)

      [...]Les individus changent la société autant qu’elle les change, et réciproquement. Non seulement les deux agissent l’un sur l’autre en même temps, mais en outre les deux sont indissociables.[...](p197)

      [...]Définition 6. Ce que nous dénommons « société » est donc le processus vivant d’interaction entre les individus et le système qu’ils constituent tous ensemble.[...](p197)


    • Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:46

      @Vivre est un village

      5) À la recherche des piliers fondateurs de l’édifice néolibéral

      - De l’intuition au débat scientifique

      [...]Méfiez-vous ! Quand un « expert », au lieu de s’expliquer, invoque ces « choses bien plus compliquées que vous le croyez », c’est soit qu’il n’y comprend rien lui-même, soit qu’il veut dissimuler des choses en réalité bien plus simples que vous le croyez ![...](p202)

      [...]La « science » néolibérale de l’homme rejette les conceptions de la vie humaine et de la société de progrès proposées au chapitre précédent. Pour les néolibéraux, ce que j’ai présenté comme une intuition du sens commun – notre volonté de concilier le désir d’être soi et celui d’être avec – serait une vision angélique de l’être humain, à mille lieues de la réalité. En fait, l’être humain serait plutôt une bête qui a « la compétition dans le sang », un individu qui ne se préoccuperait d’autrui que par intérêt personnel et ne s’associerait à d’autres individus dans une société qu’en vue de satisfaire plus efficacement ses besoins. Il n’y aurait donc aucune opposition entre un prétendu désir de coopération solidaire et une société fondée sur la compétition maximale : c’est la même passion égoïste pour notre « intérêt bien compris » qui nous conduirait parfois à privilégier la coopération avec certains pour mieux mener la bataille contre tous les autres.[...](p204)

      [...]Cette nature humaine guerrière et prédatrice résulterait du processus impitoyable de sélection naturelle qui, au fil de la longue histoire des espèces, a éliminé les plus faibles et laissé prospérer les individus les plus aptes à défendre leurs intérêts. Un processus de sélection naturelle des systèmes économiques et sociaux procéderait de même, éliminant progressivement les moins performants, et généralisant à l’ensemble de la planète le principe d’organisation sociale le plus efficace : la libre compétition marchande.[...](p205)

      - Pourquoi on ne peut éluder le débat anthropologique

      [...]Dans la genèse des idées modernes, le néolibéralisme partage avec le marxisme 90 % de son patrimoine génétique ; c’est une erreur anthropologique commune à ces deux idéologies qui conduit la première vers la dissociété individualiste, et la seconde vers l’hypersociété collectiviste.[...](p215)

      6) Les fondements de la culture néo libérale et de la dissociété (p223 et suivantes)

      1. La nature humaine

      Premier pilier : l’être humain est un « individu qui existe avant et hors de toute relation à autrui (p226)

      • Une conception métaphysique de l’être
      • La naissance de l’individu moderne

      Deuxième pilier : l’action et la pensée de l’individu sont autodéterminées (p233)

      • Libre arbitre ou liberté de corps ?
      • L’équilibre automatique des marchés suppose des individus indifférents aux autres

      Troisième pilier : la responsabilité exclusive de l’individu et l’inégalité naturelle (p239)

      • Une conception tautologique de la liberté

      Quatrième pilier : l’individu est strictement égoïste et rationnel (p243)

      • La négation de l’altruisme authentique
      • Une théorie longtemps minoritaire

      Cinquième pilier : l’individu prédateur et la loi du plus fort dans l’ « état de nature » (p251)

      • Le postulat de la méchanceté naturelle
      • Le sens moral et l’impossibilité d’une bienveillance générale
      • L’homme sympathique de Smith
      • Le bon sauvage de Rousseau
      • L’homme paradoxal de Marx

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