Moines contre Mollahs : question tolérance 1 à 0 pour les moines
Aiguebelle. Drôme. Dans un vallon broussailleux de la Drôme provençale, à l’écart des grands axes routiers de la vallée du Rhône et de la route départementale qui passe au pied de l’imposant château de Grignan où Mme de Sévigné séjourna quelquefois, à son corps défendant car elle s’y est gelée, en cherchant bien, on peut dénicher un monastère cistercien qui, extérieurement, ne paie pas de mine. Parfait exemple du dépouillement architectural affirmé par cet ordre, le bâtiment ne vaut pas franchement le détour, si ce n’est pour les bois de pins et les vastes étendues de garrigue dans lequel il se niche, les odeurs de lavande du mois de juillet, et les volutes de sérénité qui semblent s’élever au-dessus de ses toits couverts de tuiles rouges.
Je n’ai rien d’un mystique, encore moins d’un contemplatif. Ma dernière visite à Aiguebelle n’avait donc qu’un but bien terre à terre : faire provision de quelques bouteilles des excellents sirops à base de fruits de toutes sortes que les moines préparent dans leurs caves, depuis des générations.
A l’entrée de l’abbaye, une boutique propose différents produits alimentaires fournis par d’autres monastères cisterciens : biscuits, liqueurs, bons vins, miels et confitures. Puis, dans un angle de cette salle spacieuse, des ouvrages traitant de spiritualité. On y trouve de tout : Evangiles, Bibles, commentaires, livres de prière, recueils de méditation, vies de saints, discours et biographies des derniers papes, encycliques, catéchismes revus et corrigés au fil du temps, comptes-rendus de synodes, ou du concile Vatican II... A vue de nez, plus de cinq cents d’ouvrages. La spiritualité se porte bien par les temps qui courent, et les moines ont appris à surfer sur la vague, faisant leur l’inquiétante prophétie de Malraux concernant le XXIème siècle.
Et là, au milieu de tous ces livres qui forment le socle pur et dur de la pensée catholique, j’ai constaté, non sans surprise, qu’il y avait aussi deux larges travées entièrement consacrées à l’œcuménisme, avec de très nombreux ouvrages sur le protestantisme, l’orthodoxie, mais aussi le judaïsme, l’islam et le bouddhisme, et même la plupart des apocryphes autrefois rigoureusement interdits par Rome.
On y trouvait aussi, des exemplaires du Coran et du Talmud, des recueils de textes fondamentaux de l’islam (Avicenne, Averroès, Al Ghazali), Ibn Khâldun et son « Histoire des Berbères », la Bgagavad-Gitâ, le Mahâbhâraté, les sermons de Bouddha, les pensées de Lao Tseu, une vie du Dalaï Lama, le « Traité de l’amour » d’Ibn ‘Arabi, une introduction au soufisme, « Les nouveaux penseurs de l’islam » de Rachid Benzine, des ouvrages de Jacques Berque, et même le « Dictionnaire amoureux de l’islam » de Marek Chebel, sans parler du livre de piètre valeur de Bucaille « La Bible, le Coran et la science », best seller des ignares entre tous les ignares. J’y ai aussi relevé le titre de l’ouvrage d’un franc-tireur qui m’a séduit : « L’Evangile d’un libre penseur - Dieu serait-il laïque ? ».
En partant, je me suis demandé si, en Chine, à Manille, au Mexique, en Haïti, en Grèce et en Pologne, en Turquie, dans la Russie d’aujourd’hui, dans certains Etats des USA (je pense entre autres à la Caroline du Nord mais il ne doit pas être le seul), ainsi que dans beaucoup d’autres pays qu’il est inutile de nommer ici tant la liste serait longue, on cherchait aussi ouvertement que je venais de le constater, à promouvoir une telle ouverture d’esprit.
Egoïstement, je me suis dit que, pour le moment, je n’avais pas trop à en supporter les conséquences et que ce qui se passe dans ces pays ne me concerne que de loin. Mais il en va autrement pour ce qui est de rive sud de la Méditerranée, puisque j’y vis et que nos échanges économiques et culturels influent toujours plus sur l’état de nos sociétés.
Et dans ces pays-là, je sais qu’on n’en prend pas vraiment le chemin, car même si on peut s’y procurer assez aisément un exemplaire de la Bible (Ancien et Nouveau Testament) je n’y ai jamais trouvé en librairie et encore moins à proximité d’un lieu de culte, les textes de Thomas d’Aquin ou d’Origène, les sermons de carême de Lacordaire, ou « Le chemin de la perfection » de Sainte Thérèse d’Avila, pas plus que le texte des controverses entre Raymond Lulle avec de grands ulémas d’Afrique du Nord qui passionnaient les bons esprits, à Bougie ou à Tunis, à la fin du XIIIème siècle. Je n’y ai pas vu davantage de biographie du Pauvre d’Assise qui, ainsi qu’on me l’a parfois affirmé, est un personnage honoré en islam. Et pour s’en tenir à l’aspect plus rationaliste des religions, sujet qui m’intéresse davantage, pas de « Vie de Jésus » ou de « Légendes patriarcales » de Renan, pas plus que de l’indispensable « Histoire des croyances et des idées religieuses » en trois volumes, de Mircéa Eliade.
Bien sûr, on me dira que dans ces pays, il n’y a pas la demande et que la population a d’autres chats à fouetter. Bien vu. Mais quand même. Pourquoi pas même un ou deux petits livres, juste pour montrer à l’autre qu’il existe...
Alors, en traversant les champs de lavande, je me disais aussi que, par les temps qui courent, avec le bruit des armes qui cognent partout, avec le sang des innocents qui se répand chaque jour un peu plus, mais avec aussi le sang des autres même s’ils sont coupables (car il ne sert à rien de s’être battu pour l’abolition de la peine de mort chez nous et d’accepter maintenant, en silence, que la mort devienne un moyen d’expression ordinaire pour d’autres), avec les mots de haine et de mépris qui font notre quotidien, avec la volonté de toujours vouloir rabaisser l’autre en se croyant porteur d’un message supérieur, le monde aurait grand besoin que ce genre de largesse d’esprit s’universalise davantage. Mais ça ne paraît pas être à l’ordre du jour.
Que l’éducation tienne compte enfin de la diversité humaine. Chez nous, bien sûr. Nous en aurons toujours besoin. Mais aussi d’un bout à l’autre de la terre.
On lutte à juste titre pour la sauvegarde de la biodiversité dans la forêt, dans la mer et dans nos campagnes, on dépense des sommes colossales pour sauver des grenouilles ou un insecte menacé et c’est très bien, mais le monde respecte-t-il partout et tout autant, comme il le doit, la biodiversité culturelle qui fait la richesse des hommes ? Pas pour la mettre derrière des sous-verre à la façon des entomologistes et venir la photographier en se proclamant « équitable » à ses propres yeux, mais pour la laisser s’exprimer librement et lui permettre de se confronter à la vie, c’est à dire à un environnement qui, quoiqu’on veuille, est en train de se mondialiser. Qu’en sera-t-il bientôt de l’humanisme s’il n’a de réelle valeur que dans certains pays ?
Ah ! J’oubliais de le dire : c’est d’Aiguebelle qu’étaient originaires la plupart des moines de Tiberine...
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Bonsoir Patrick,
Je vais essayer de te répondre petit à petit parce que sinon je crois que je vais pas y arriver car je n’ai que la soirée pour pouvoir poster et ma tête à ce moment-là a plus envie de faire dodo que de réfléchir. Enfin bref voilà un petit morceau de réponse concernant les berbères et leurs habitations. Je te posterai la suite bientôt je l’espère. J’ai préféré commencer par quelque chose que je connais bien et qui ne me demande pas de faire des recherches. Mais dès que j’aurai un moment de libre j’étudierai les autres points de ton post.
Tu dis :
« Mais je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le fait que dans quasiment tous les villages berbères que je connais, on ne trouve jamais de maisons de village vieilles de 400 ou 500 ans comme on en trouve en Europe. Pourquoi ? D’abord parce que les matériaux mis en oeuvre ne sont pas les mêmes, qu’ils ne sont pas façonnés de la ême façon (absence de tailleurs de pierres - on travaille la pierre sèche) mais surtout parce que la notion d’entretien n’est pas la même. »
« Je me souviens avoir été franchement étonné lors d’un premier séjour dans l’extraordainaire vallée des Aït Bougemez, dans le Haut Atlas central. J’ai été pris par un orage de montagne comme il s’en produit fréquemment. J’étais au fond d’un oued et j’ai eu tout juste le temps de remonter sur une de ses berges pour aller me mettre à l’abri dans un village. J’ai attendu sous un porche et le propriétaire de la maison m’a invité à prendre le thé dans un salon de réception dont le plafond était couvert de peintures, tel ceux que Titouan Lamazou a photographiés dans le premier ouvrage consacré à cette culture. Puis quand l’orage s’est calmé, je suis ressorti et là qu’est-ce que j’ai vu : tous les hommes et les enfants du village étaient en train de creuser des rigoles pour envoyer l’eau loin de leurs maisons (souvent chez le voisin qui devait l’envoyer un peu plus loin...). Et je me suis dit, comment se fait-il qu’il n’y ait aucun système d’évacuation dans le village. Il doit pleuvoir souvent. Le village semble ancien. Pourquoi, à chaque pluie les hommes sont-ils obligés de recommencer toujours le même travail... »
Oui c’est vrai que les matériaux utilisés par les berbères pour construire leurs maisons sont en général les mêmes depuis des siècles. Du côté du village de mes parents on utilise des pierres en effet non taillées et de la terre rouge locale mêlée à de la paille en guise de ciment, même si maintenant le ciment est plus utilisé pour l’extérieur et certaines parties de la maison. Les maisons là-bas ont un toit ouvert au centre de la maison et au dessous de cette ouverture on a une espèce de patio où les chèvres et les moutons se baladaient avant, aujourd’hui on les enferme dans un endroit à part. les pièces, elles, sont recouvertes, le toit est construit avec du bambou entrelacé, des branchages et on recouvre le tout avec de la terre. Des poutres en bois encastrées dans les murs soutiennent le toit, et à l’extérieur des pièces le toit est soutenu par des piliers qui encadrent le patio, ce qui nous donne des petits couloirs qui donnent sur les différentes pièces. L’intérieur des pièces est très peu ou pas du tout meublé. Dans les anciennes maisons on a une espèce de tapis tressé fait en bois souple, ces tapis sont appelés « tagrtilt » mais maintenant on en trouve en plastique. Les murs sont blanchis à la chaux et le sol est peinturluré de bouse de vache mélangée à de l’eau ( j’te raconte pas l’odeur quand il faut renouveler l’opération lors de grandes occasions). Quand il y a de l’orage et qu’il pleut l’eau s’engouffre dans les branchages du toit et coule sur les murs de la pièce. Chaque orage laisse des traces de boue sur les murs alors on remet un coup de chaux et tout disparaît. Les nouvelles maisons sont construites à l’extérieur du village et ne sont plus aussi rapprochées les unes des autres (peut-être pour éviter de rencontrer ses voisins, surtout certaines bonnes femmes trop bavardes et trop curieuses). La maison est un bien matériel peu de gens dans notre village lui donne une valeur sentimentale, les maisons sont construites très vite parce qu’elles sont simples et leurs habitants ne sont pas déchirés à l’idée de devoir l’abandonner pour en reconstruire une autre. Elles servent surtout à abriter les familles mais beaucoup de personnes passent une grande partie de la journée à l’extérieur de leur maison. Chaque maison regroupe deux à trois générations mais on voit de plus en plus la deuxième génération se casser loin des beaux-parents souvent c’est la femme du fiston qui fait pression sur celui-ci pour partir. Avant la plupart des hommes du village épousaient leurs cousines ou leurs voisines, donc on se devait de supporter ses beaux-parents parce qu’ils faisaient partie de la famille proche, aujourd’hui les mariages sont plus « inter-villages » et les prises de bec sont très fréquentes. Quand je prend le temps d’observer les habitants du village je comprend mieux pourquoi rien n’évolue là-bas. Les gens restent embourbés dans leur quotidien et leur misère et les jours se suivent et se ressemblent et tout se répète depuis des années et des années. J’ai du mal à comprendre comment des personnes qui utilisent un téléphone portable, qui possèdent une télé et des vcd en sont encore à puiser l’eau dans un puits et à s’éclairer à la lampe à pétrole ou à gaz (même si ça a un certain charme ce n’est pas forcément une bonne chose). Ca fait des années qu’on nous dit que l’électricité va être installée dans le village mais jusqu’à maintenant il n’y a rien eu, justes de belles promesses, ça me fait penser à l’autoroute qui peine à arriver au moins jusqu’à Marrakech.
« Mais je pense qu’il y a un poids réel des traditions qui tue dans l’oeuf l’idée même du changement et du bien collectif. A noter que les recueils de droit coutumier dans les tribus berbères portent sur la notion de conservation des richesses (protection des denrrées dans des greniers collecif (agadir ou irhem). Le gouvernement marocain est dit « maghzen » (origine de notre vocable magasin). Il ne représente donc pas une administration au sens où nous l’entendons nous-mêmes mais une conservation des richesses produites ou à produire (semences). Rien n’est dit de la répartition de ses richesses pour la collectivité. Si quelqu’un connaît des textes qui stipulent le contraire, je suis preneur. »
Tu as raison quand tu parles du poids des traditions. Les berbères chleuhs sont plus attachés aux terres qu’aux maisons. Leur patrimoine c’est leur terre et ce qu’ils en font. Mes oncles sont toujours en train de se disputer à propos de telle ou telle parcelle, leur terre c’est tout ce qu’ils ont, tout ce qu’on a bien voulu leur laisser. Mais il faut comprendre pourquoi, elles n’ont pas une grande valeur et vu le peu de pluie qui tombe dans ce coin-là ça ne vaut pas vraiment le coup, sans parler de l’altitude et du terrain parfois escarpé, pas de pétrole, pas de minerai, rien si ce n’est les montagnes, la terre et le soleil. Donc c’est sûr l’idée de bien collectif n’existe pas la-bas, Chacun se démmerde comme il peut avec ce qu’il a dans son coin et on vit au jour le jour sans véritable projet ou une quelconque idée de progrès, si ce n’est pour certains (les plus jeunes), de se casser parce que le travail est trop dur et que c’est peu rentable.
Voilà bonne nuit à toi et à bientôt je l’espère.
Bisous.
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Bonsoir Patrick,
Tu dis :
« Tu comprends que mon but n’est pas de critiquer l’islam pour ce qu’il peut être dans le coeur d’un croyant qui cherche une vérité intime, mais de faire ressortir les contradictions et les faiblesses d’un message peut-être mal compris, mais surtout mal utilisé. Je pense que tout « système » religieux est exposé à la critique comme n’importe quel système philosophique. »
J’ai bien compris quelle était ta démarche concernant l’Islam et je m’attendais à cela venant d’un athée, j’en ai même rencontré des plus virulents qui ne prenaient pas la peine d’ouvrir le dialogue et qui se bornaient à leur conception des choses. Ce qui n’est pas ton cas et je t’en remercie.
« Si je me suis longtemps intéressé aux religions dites « du Livre », j’avoue ressentir un parfait blocage en ce qui concerne le bouddhisme ou l’indouisme »
Moi au contraire je suis fascinée par le Bouddhisme. Surtout par le côté zen et le pacifisme des bouddhistes.
« En qui concerne le statut des anges et des démons, si Dieu est à l’origine de tout, il a créée anges et démons. Il est dit dans la Bible que les démons sont des anges « déchus ». L’islam a repris un mythe des gens du désert qui, face au vide, avaient envie de le peupler de djinns. Mais on retrouve la même problématique : pourquoi Dieu a-t-il créée ces « entités » qui font le mal et qui tentent les hommes à les imiter ? »
Dans le Coran il est dit que les hommes et les djinns seront les seules créatures qui seront jugées et envoyées soit au paradis soit en enfer. Les djinns sont comme les hommes des êtres qui vivent en société ils ont des enfants, se nourrissent comme les hommes. Certains sont musulmans, chrétiens, juifs ou même athées, etc... Ils possèdent des pouvoirs que les hommes ne possèdent pas et ils sont invisibles même si certains racontent que des hommes en auraient vu et seraient morts sur le coup ou se sont retrouvés handicapés. Eux aussi ont été créés pour adorer Dieu. Comme chez les hommes certains sont malfaisants, ils tentent les hommes et peuvent les posséder.
« Tu dis : « Le Coran n’est pas constitué uniquement des mythes archaiques. » Vrai mais je n’ai pas le goût des statistiques suffisamment développé pour calculer la part qu’il leur est réservée dans le Coran, alors que ce texte fait l’impasse total sur le message évangélique. Mohamet fait un saut dans le temps en cherchant la filiation d’Abraham. Il renvoie les Arabes (puis les croyants) dans un monde ancien. Loin de toute philosophie rationaliste. Et ceux qui, au XI et au XIVème ème siècle ont refermé définitivement la porte de l’Itjihad l’avaient bien compris. La connaissance pouvant représenter la destruction de l’islam, il leur a paru sage de dire : « Stop ! Circulez, il n’y a plus rien à voir. Tout a été dit ! On ferme la boutique. » Depuis, plus de pensée orginale, plus de confrontation avec les autres systèmes de pensée. Tout le monde est prié de rester bien sagement chez lui. Et basta ! »
Pourquoi dis-tu que le prophète Mohamed « fait un saut dans le temps » ? Tu considères que c’est lui qui a écrit le Coran ? Si c’est le cas, ce que je peux comprendre vu que tu es athée et que tu ne crois pas en l’existence de Dieu donc au fait qu’il ait pu écrire le Coran, n’oublies pas que pour nous le Coran c’est la parole de Dieu transmise au prophète et aux autres hommes.
« La connaissance pouvant représenter la destruction de l’islam ». Je ne le crois pas. Au contraire c’est l’ignorance qui représente peut-être pas la destruction de l’islam mais plutôt son affaiblissement. L’islam se portait bien à l’époque du prophète et jusqu’à les croisades et la Reconquista pas seulement parce que les premiers musulmans ont été de bons combattants mais aussi parce qu’ils avaient le savoir : savoir qu’ils ont récupérés des grecs et des indiens principalement mais qu’ils ont su utiliser et approfondir pour leur essor ils ont ainsi pu offrir une image beaucoup plus glorieuse que celle qu’ils donnent aujourd’hui au monde du fait de l’ignorance d’une grande majorité des musulmans, c’est une des choses qui explique son succès au-delà de la conquête. La connaissance n’est donc pas pour moi un frein à l’essor de l’Islam mais plutôt un frein à l’endoctrinement des masses par ceux qui usent de cette ignorance pour prendre le pouvoir en manipulant les musulmans avec pour arme de persuasion la religion. Si la plupart des pays musulmans n’étaient pas dirigés par des dictateurs religieux il y aurait peut-être moins de musulmans mais ils auraient été de meilleurs musulmans car quand on a la possibilité d’avoir le choix on est beaucoup plus à même de se faire une idée des choses, de les analyser, de les interpréter et de les utiliser au mieux car la contrainte n’existe pas.
« Pour ce qui est de l’unicité de Dieu et de la place qui lui est accordée dans le Coran, pour moi, ou bien Dieu a conscience qu’il s’adresse à un peuple d’abrutis qui ne comprennent rien à ce qu’on leur dit et qui ont besoin qu’on leur répète sans cesse les mêmes leçons (pourquoi pas ?) ou bien Dieu n’a pas grand chose d’autre d’original à dire que ce qu’on trouvait déjà dans les autres religions dites « du Livre » ».
Non ce n’est pas ça, en fait Dieu a surtout conscience que l’on oublie vite pourquoi on est sur cette terre (je sais ça doit te faire rire ce que je dis mais essaye de voir les choses du point de vue d’un croyant qui a toujours baigné dans cet univers sans vouloir le contester tout en se posant des questions). On a tous tendance à être aspiré par le quotidien, nos relations avec les autres, nos projets sans toujours avoir à l’esprit la fin de tout ça c’est-à-dire la mort et ce qu’il y a après. Les répétitions dans le Coran peuvent ressembler à du bourrage de crâne pour un non-croyant mais pour nous cela reste un rappel pour éviter de trop nous égarer même si l’on est pas parfait et qu’il nous arrive des fois de vivre dans l’insouciance, c’est même parfois agréable, il nous faut nous rappeler que tout ça c’est du vent (attention je ne dis pas que ce que l’on vit dans cette vie n’est pas important), mais c’est éphémère, pour nous ce n’est qu’un test et pour entrer au paradis il faut avoir plus que la moyenne et ce rappel constant c’est une sorte de « je vous avais prévenu » de Dieu, « vous ne pourrez pas vous plaindre et dire que vous ne saviez pas ».
« Mohamet en fait donc une compilation adaptée aux Arabes en utilisant deux principes de marketing bien rôdés : le premeir la répétition d’un message de base devenant peu à peu subliminal. Le second, la promesse d’une récompense : la description du paradis dans le Coran occupe elle aussi une place qui n’existe ni dans la Bible (les Juifs n’y croyaient guère) ni dans les Evangiles. Mohamed en fait un « argument de vente » décisif (cf. la conversion de la première tribu nomade à l’islam, les Banou Damrah, purs Arabes qu’a connus le colonel Lawrence). A quoi aspire le nomade sinon à la douceur de l’oasis après la rudesse des perres qui roulent sous les pieds, à l’abondance après les privations, aux caresses des femmes après la morsure du vent et du sable. « Ils séjourneront dans le séjour élevé, où l’on entend aucun discours frivole. On y trouvera des fontaines d’eaux courantes, des sièges élevés, de coupes préparées, des coussins disposés par séries, des tapis étendus. Coran Sourate LXXXVIII - »Le voile" versets 10/16). Je passe sur d’autres descriptions plus précises encore. Technique que reprendra le vieux de la Montagne à Alamut quand il s’agira de combattre les califes de Bagdad, avec ses Hachichins. Rien de tel, ni dans la Bible ni dans les Evangiles. L’iconographie sa crée a amplement utilisé le thème du jardin paradisiaque et des flammes de l’enfer, mais cette technique est une INTERPRETATION du message initial destinée à une communauté ne savant ni lire ni écrire, et non pas une représentaion littérale de ce message. »
Encore une fois là tu parles en tant qu’athée, pour nous le Coran ce n’est pas Mohamed qui l’a écrit, il n’est qu’un messager parmi d’autres, ce message vient de Dieu, voilà pourquoi c’est important pour nous, ce n’est pas la parole d’un homme qui raconte ses mésaventures, même si c’est un prophète mais celle de Dieu.
« Pourt ce qui est de la citation que j’ai faite Sourate XXII « Le pélerinage à La Mecque » verset 37 : « Nous avons destiné les chameaux pour servir aux rites des sacrifices ; vous y trouvez aussi d’autres avantages. Prononcez donc le nom de Dieu sur ceux que vous allez immoler. Ils doivent rester sur trois pieds, attachés par le quatrième. Quand la victime tombe, mangez-en, et donnez-en à celui qui se contente de ce qu’on lui donne, ainsi qu’à celui qui en demande. Nous vous les avons assujettis ainsi, afin que vous soyez reconnaissant. » A la relecture, franchement je suis carrément consterné..." Non seulement la manière dont la bête est traitée me gêne pas mal, mais franchement, je me demande ce que de tels préceptes viennent faire dans un livre qui parle de religion. Pour moi, dans ce cas, c’est plutôt un manuel à usage d’apprentis bouchers. J’ai conscience que mon vocabulaire peut choquer mais il est réaliste, pas plus.
C’est ton sentiment et je le respecte mais moi je ne le vois pas comme ça. Je ne suis pas partisane de la torture ni pour les hommes ni pour les animaux, mais tu dois comprendre que nous considérons le fait d’égorger l’animal comme la mort la plus douce car la plus rapide un peu comme quand une lionne enfonce ses crocs dans le coup d’une gazelle, la mort est presque instantanée, presque sans souffrance. Et nous considérons que c’est un honneur pour la bête de se sacrifier pour Dieu et nourrir les hommes. Par contre on ne doit tuer un animal que pour le manger et jamais pour le plaisir.
« Quant du dis : « [...] l’unicité de Dieu baffouée par les héritiers des précédents Livres. » Là je ne peux pas te suivre. Pourquoi bafouée ? Que connaîs-tu exactement du concept de Trinité ? En quoi est-ce une perversion du mythe original. C’est faire peu de cas de la pensée égyptienne, grecque et romaine. Crois-tu ces gens si bêtes que ça pour avoir inventer un monde où la divinité était multiple pour mieux s’adapter aux désirs de chaque homme et à sa sensibilité ? Avant le monothéisme, le monde n’avait connu aucune guerre de relgion. Dans n’importe quelle ville où se rendait un voyageur pouvait se rendre au « Temple » et y adorer le Dieu qu’il voulait. Le fameux Temple de Salomon à Jérusalem a longtemps été ouvert à tous et chacun pouvait y sacrifier à la divinité de son choix. Ce n’est qu’aux derniers siècles du judaïsme triomphant en palestine que la caste sacerdotale juive en a interdit l’accès aux « gentils ». Pour ce qui est des guerres, elles se faisaient alors exclusivement pour des raisons politiques ou commerciales. Les guerres de religion sont une des conséquences du monothéisme et on peut dire, sans risque de se tromper, que c’est l’islam qui, suivant l’exemple de son fondateur (chef de guerre et combattant comme tout chef arabe), arrive en tête de ce hit parade sanglant. »
Je ne connais pas grand-chose au concept de Trinité, c’est un peu complexe pour moi, peut-être à cause de ma vision musulmane de Dieu. Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi 3 entités pour désigner Dieu ? Le polythéisme des égyptiens ou des grecs est très différent, chaque Dieu avait une identité qui le distinguait des autres et chacun avait un rôle bien précis. Alors que pour le Christianisme on parle de monothéisme mais en même temps on a Dieu et le fils de Dieu sans parler de ceux qui adorent la Vierge Marie comme s’il s’agissait d’une divinité. Tout cela n’est pas possible dans l’Islam car c’est considéré comme de l’associationnisme et ça constitue le plus grand péché. Alors je me demande si le Christianisme est bien une religion monothéiste.
Pour ce qui est des guerres de religion tu as raison mais ces guerres à commencer par celle menée par les musulmans au nom de l’Islam n’ont jamais été que des guerres de religions car la raison religieuse a toujours été mêlée à l’idée de conquête non seulement des autres peuples mais aussi des territoires donc un intérêt non négligeable pour le pouvoir et la gloire personnelle et tout ce qui s’en suit, les intérêts commerciaux, politiques,etc... Concernant la bataille de Badr je te répondrais une autre fois
Bonne nuit à toi et à la prochaine, bises.
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Salut PatricK 1/3
Comme je vous l’avais dit dans mon post de ce jour sur le fil de Ludovic, je suis passé souvent sur votre fil pour suivre vos intéressants et calmes échanges avec Wrysia et Ka que je salue toutes deux fraternellement au passage.
Les trois religions monothéistes ont toujours aiguisé ma curiosité bien que comme vous, Patrick, j’ai laissé, depuis longtemps, toute religion à ceux qui la pratiquent mieux que moi tout en respectant leur foi du moment qu’ils en font bon usage. Ce qui me dérange c’est ce que les intégristes de tous bords en avaient faites et en font toujours mais aussi l’utilisation de telle ou telle incohérence ou faille volontairement ou involontairement - mais là c’est un autre sujet.
Je souhaite simplement apporter ici une contribution en ce qui concerne la problématique de la traduction de ces Livres si durs à appréhender. C’est un peu longuet mais je n’ai pas pu faire court, alors désolé !
En fait, pour aborder ces textes, Ancien Testament, Nouveau Testament, Bible et Coran, il faut d’abord se rappeler qu’ils ont une histoire. Ce ne sont pas des textes a-temporels, ce qui distingue d’autres traditions religieuses : les textes bibliques ou le Coran ont une histoire chacun, les hommes d’aujourd’hui n’en sont pas les premiers destinataires.
Faire l’impasse sur cette histoire est finalement source de nombreuses violences. C’est la question des fondamentalismes religieux, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans. La violence qui s’exprime dans ces mouvements provient de ce qu’ils ne veulent pas accepter le contexte historique dans lequel les textes bibliques ou le Coran ont vu le jour et par conséquent la nécessité de réinterpréter ces textes. Tout dépend du statut qu’on donne aux textes, c’est-à-dire aussi du statut qu’on donne à ce qu’on peut appeler l’Inspiration et l’Essence de celle-ci.
Faut-il prendre ces textes à la lettre ? Si on le fait, c’est alors que la violence n’est pas seulement dans le texte. Donc elle est aussi chez ceux qui se réfèrent aux textes : (Les colons juifs qui s’appuient sur le livre de Josué pour légitimer ce qu’ils font en Palestine, les intégristes islamistes qui s’accrochent au mot près du Coran pour justifier leurs Jihad (dans le sens « lutte armée » et non effort spirituel) contre les infidèles ou certains fondamentalistes américains qui veulent réintroduire la peine de mort pour l’adultère ; etc...)
(A suivre...)
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2/3
Je m’appuierai ici sur la traduction récente d’ André Chouraqui qui, à mon humble avis - en la comparant à l’exemplaire du Coran en arabe (Par Dar El Nadwa El Islamia, 1982 - Editions Khayat - 25, rue de la Berne, Paris 8e ), la meilleure jamais faite. Il a traduit la Thora, la Bible et les Evangiles aussi. C’est un travail colossal, c’est une personnalité exceptionnelle, reconnu et apprécié par tous les théologiens et historiens. Je vous recommande vivement la lecture de ses traductions, celles-là et bien d’autres.
L’’exemplaire que je possède porte est de - décembre 1990 -Une version qui s’inspire de la même problématique de la traduction et du même esprit d’ouverture et de mêmes méthodes d’autant plus nécessaires comme le souligne Régis Blachère « ...du désarroi du lecteur non-arabisant » devant les traductions habituelles de ce texte (Livre de Régis Blachère : Introduction au Coran, 1977, pages 274-277).
- Problématique des multiples traductions du Coran en bref. (Nous pouvons revenir dessus avec plus de détails, si vous le voulez) :
L’Occident ne découvre l’« Alcoran » que cinq siècles après sa parution. Pierre le Vénérable né en Auvergne en 1092, fut l’Abbé de Cluny. Esprit curieux et énergique, ami des papes et des rois, il visite Tolède dans le deuxième quart du 12e siècle. Il est fasciné par les splendeurs qu’il découvre en même temps que terrifié par la puissance de ce rival géant de la chrétienté, l’Islam. La civilisation musulmane est alors à son apogée, notamment en Andalousie. Il décide de s’y initier en ses sources et demande à un anglais, archiprêtre de Pampelunes, Robert de Ketton de traduire le Coran en latin. Une des traductions la plus flagrante illustrant le : « Traduire c’est trahir... »
L’Islam est alors en conflit contre la chrétienté qu’il menace, depuis 711, à l’ouest de la Péninsule Ibérique, et, dès 718, à l’Est de Constantinople. Plus tard, l’expansion de l’Empire ottoman exacerbe en chrétienté la polémique anti-islamique.
Ces conflits religieux et politiques ne sont pas sans laisser leurs empreintes dans l’histoire des traductions du Coran et il y en a eu des centaines, comme celles de Montet (1929), Laïmèche (1931), Blachère (1949-1950-1966), Ghedira (1957), Denise Masson (1967), Si Hamza Boubakeur (1972) ; Jean Grosjean (1979), pour ne citer que quelques unes en exemple.
(A suivre...)
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Pour illustrer les pièges de ces traductions, revenons sur un point précis et reprenons l’exemple de la sourate « Le pèlerinage » Al - Haj, verset 37 dont vous parlez :
Le Pèlerinage est la première des quatre sourates plus spécialement consacrées aux cheminements de l’homme sur le sentier d’Allah. Elle est la cent troisième dans l’ordre chronologique traditionnel, avec ses soixante-dix-huit versets proclamés à La Mecque, à l’exception des quatre versets 52, 53, 54 et 55 qui le furent probablement à Médine.
L’Inspiré traite de la pureté, de la prière, de l’humilité et de l’inconditionnelle adhérence à Allah et à son appel, pour donner plénitude de sens du Pèlerinage, cela jusqu’au « sacrifice de la vie » du pèlerin.
Le titre de la Sourate, Al-Hadj, est emprunté au verset 27.
Je vous livre les versets 27, 28, 36, et 37 d’après la traduction A. Chouraqui pour plus de clarté :
27. Proclame le Pèlerinage parmi les hommes ! Ils viendront à toi à pied ou sur des méharis, ils viendront de toute gorge profonde,
28. Pour attester leurs dons et invoquer le Nom d’Allah, les jours connus, ce dont il les pourvoit en bétail : « Mangez-en, nourrissez le pauvre, le miséreux. »
36 **. Nous vous donnons du bétail adipeux, pour les rites d’Allah : c’est pour vous le meilleur. Sur lui, encore vivant, invoquez le nom d’Allah, puis quand il s’écroule, sur son flanc, mangez-en aussi, en nourrissant l’indigent, le nécessiteux.
« Wal Boudena Jaâlnaha Lakoum’ min Chaâiri Allahi Lakoum fiha Kheiroun’, Fa Adh’kourou Isma Allahi Aleyha Sawaafa, Fa Idha Wajabet’ Jounoubaha, Fakoulou Min’ha Wa Atiimou Alkga’niaa Wa El’mou’ethar, Kathèlika Sakh’arnaha Lakoum Laâllakoum Tachkouroun’. »
**Je pense que vous faites allusion à ce verset ? A la relecture, vous constaterez la grande différence d’interprétation dans la traduction. (En italique la sourate en arabe phonétique) !
37. Sa viande et son sang n’atteindront pas Allah, mais seulement votre frémissement. Ce bétail vous est soumis pour que vous magnifiez Allah à la mesure de votre guidance. Faites-en l’annonce aux excellents.
J’espère avoir, sans intention de polémique aucune, contribuer à attirer votre attention sur les pièges de certaines traductions des ces Ecrits si hermétiques et difficiles à appréhender sans un bon support attesté et reconnu.
Pour rigoler, quelques questions idiotes :
Pourquoi Dieu a envoyé tous ses prophètes dans la même région ?
Pourquoi n’a-t-il pas envoyé le premier au Moyen Orient, le deuxième en Europe et le troisième en Asie ? Par exemple et sans parler de tous les autres... !
(Fin)

Bien à vous tous
Frédéric K.H.
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Frédéric K.H.
bien content de vous retrouver dans cette discussion, mais il faut bien reconnaître que vous faites fort.
Votre post nécessite relecture. ( pas tout compris l’argumentation en fonction du but assigné ).Désolé.
J’entrevois les objections que vous faites, sans que je puisse les formuler précisément pour l’instant.
Une précision, s’il vous plait. l’Ancien Testament et le Nouveau Testament ne font-ils pas partie du corpus de la Bible ?
Pour quitter les problèmes de forme, sur un autre fil, un commentateur, qui se reconnaîtra et que je salue, attirait notre attention sur le fait que la différence fondamentale entre le Christianisme et toutes les autres religions est l’Incarnation.
Qu’en pensez-vous ?
Cordialement
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@ tom (IP:xxx.x50.19.32) le 28 août 2006 à 00H50
Ma contribution n’a pas été formulée comme une objection, loin de là.
J’ai simplement voulu signaler le non sérieux ou le danger de certaines traductions du Coran, parmi la multitude faites depuis des siècles. C’est le but « assigné » de cette intervention à caractère informative sans aucune sous-entendue polémique .
La fusion du Nouveau Testament et de l’Ancien Testament pour constituer ce que vous appelez « le Corpus de la Bible » est toujours sujette à beaucoup d’études sérieuses et jusqu’à nos jours. Je ne peux vous répondre en bref à cette question sans m’étaler sur quelques pages. Peut-être que Papy , pour qui j’ai beaucoup de respect, pourra, en tant que croyant pratiquant, vous répondre à ce sujet ainsi que sur l’Incarnation et la Trinité mieux que moi.
Pour ma part je ne peux que indiquer deux liens parmi ceux que j’ai au sujet de l’Incarnation, vous trouverez certainement votre réponse là-dedans.
Bien à vous.
Frédéric K.H.
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Je te répond, les semites fument trop de shit et après ils voient des prophètes marcher sur l’eau, ouvrir des mers en deux ou s’envoler sur une licorne... A propos de Mahomet, j’ai même entendu un de leur imam dire qu’un agneau cuit a parlé pour prévenir le bédouin pédophile que sa cuisse était enpoisonnée et qu’il ne devait pas la manger ! C’est vraiment de la bonne dans cette région.
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Patrick Adam
28 août 2006 12:27
Salut frédéric K H
Merci pour votre intervention qui permet de se creuser agréablement la tête. Votre commentaire est des plus intéressant. Mais aborder une étude philologique des textes sacrés induit une première constation incontournable : ces textes n’ont pas été écrits de la même façon et ils ne nous sont pas parvenus par des canaux similaires.
Bien sûr, la traduction est un élément important dans l’appréciation d’un texte, mais cette traduction n’aurait de valeur que si elle était capable de retransmettre (« en temps réel » comme on dit aujourd’hui) les mécanismes de composition du texte, avec ses ratés, ses rajouts et leur historicité qui seule peut nous donner une explication aux multiples contradictions qu’ils contiennent. Exemple notable du Coran dont les sourates sont classées par ordre de taille décroissant (aberration totale...) au lieu de l’être par ordre chronologique de leur « réception » par Mahomet.
Lorsque vous dites « les textes bibliques ou le Coran ont une histoire chacun » qu’entendez-vouspar là ? Est-ce une histoire post révélation ou une remontée dans le temps pour mieux comprendre les liens qui rapprochent les textes et les différences notoires qui ont été à la base de la spécificité des cultures qu’ils ont engendrés.
Le problème que le monde rencontre aujourd’hui à propos des trois religions dites du Livre, c’est que le christianisme et le judaïsme ont fait un effort remarquable pour affronter cette historicité, et que l’islam ne l’a pas fait (ou si peu).
Quel musulman sait (et peut admettre) aujourd’hui qu’il y eut plusieurs versions du Coran ? Que c’est après la conquête de l’Arménie (an 648) que le le calife Othman s’est vu contraint de mettre de l’ordre dans les textes de droit pour administrer les terres conquises. C’est une commission qui fut chargée de ce toilettage, et Hafsa, épouse de Mahomet, fut appelée à la rescousse afin de l’autentifier. Mais les traditions divergent quant à la composition de la commission et la place que tint Hafsa.... Pourtant, l’unification du texte ne fut pas réalisée d’un coup de baguette magique et plusieurs textes circulèrent durant des décennies. Différentes communautés de musulmans s’opposèrent à la démarche d’Othman, notamment en Egypte (haut lieu de la chrétienté à l’époque) ainsi que les partisans d’Ibn Masud’ détenteur d’une compilation du Coran personnelle et personnage considéré comme le plus docte en Coran. L’histoire de ces divergences serait trop longue à rapporter ici. Notons seulement qu’on a pu écrire que se sont longtemps opposées des recueils dits d’un « Coran des pauvres », contre la version officielle ou « Coran des riches » qui faisait la part belle aux commerçants de La Mecque et à ceux qui voulaient profiter de la nouvelle religion pour étendre leur empire politico-religieux.
Ainsi que vous le dites : « Faire l’impasse sur cette histoire est finalement source de nombreuses violences. »Mais les musulmans sont-ils peu à peu guidés vers cette connaissance indispensable à une bonne lecture ? Hélas, on peut affirmer le contraire sans risque de se tromper. L’obscurantisme des néos-chrétiens déterministes est heureusement moins répandue que celui des archéo-islamistes qui veulent replonger le monde dans l’époquée sanglante des grandes conquêtes d’un islam triomphant.
Nous sommes donc en face de trois texts écrits dans des conditions différenets, et qui nous sont parvenus par des canaus tout aussi différents. Difficile d’un trait de plume de les mettre dans le même panier.
I - La Bible a été compilée une première fois en grec sous du pharaon Ptolémée qui voulait conserver dans la bibliothèque d’Alexandrie la totalité des écrits du monde connu d’alors. Chaque bateau qui gagnait un port égyptien se voyait fouillé et les documents qu’il contenait était soigneusement recopiés. Ce fonds constituait ce qu’on appellait le « fonds des navires ». Cette première traduction fut plus tard retranscrite en hébreu en se servant des traditions orales encore en vigueur dans le peuple juif. D’où l’origine identifiable des versets dits « éloïstes » et de ceux dits « yavistes » depuis longtemps étudiés par l’exégèse.
II - Le Coran, est considéré comme un recueil de préceptes divins transmis aux hommes par le « canal » de Mahomet. Recueillis par plusieurs de ses disciples, le corpus officiel ne fut établi que plus tard (califat d’Othman) mais certains versets sont aujourd’hui encore contestés par les Chiites qui proclament en outre que plusieurs d’entre eux (concernant Ali) ont été supprimés).
III - Les Evangiles ont été rédigés par des rapporteurs témoins ou pas de la vie de Jésus. Ces textes ont été pour la plupart remaniés par leurs dépositaires ou leurs disciples suivant la communauté culturelle à laquelle ils appartenaient : Egyptiens, Syriens, Juifs, Grecs, etc.). quant aux Actes des Apôtres, aux différentes Epîtres et à l’Apocapyse, il faut attendre près de trois siècles pour que l’église se mette d’accord sur un canon apte à satisfaire les différents communautés chrétiennes de l’époque.
Nous sommes donc, bel et bien, devant une histoire très différente. Il est donc normal que la lecture de ses textes en ait été influencée au cours des siècles. Je reviens donc toujours à mon idée première : à quand un véritable étude philologique du Coran et non une éternelle « pamoison » poétique devant un texte parfois bien surréaliste et bourré de contradictions.
Vous parlez de la violence présente dans tous les textes. Non. Si elle l’est effectivement dans l’Ancien Testament et dans le Coran ainsi que dans quelques passage des Epîtres de Paul, elle est toalement absente des Evangiles proprement dits qui, au contraire, diffusent un message radicalement opposé à la justification de toute forme de violence.
Chaque époque historique lit les textes anciens (sacrés ou profanes à la lueur de la philosophie avec laquelle il vit son présent). Voyez le sort que les historiens réservent aujourd’hui à la guerre de 14-18. Le propre d’un historien est de venir nous dire : « Attention, ce que vous avez lu jusqu’à présent n’est pas vrai ou est déformé. Moi je vais vous donner une vision plus juste, plus précise ». Depuis Michelet tous les historiens ont sacrifé au mythe et c’est tant mieux puisqu’ainsi notre vision du monde s’en est trouvée élargie. Mais avons-nous perçu une « vérité » historique à travers eux ? Non bien sur. Plus tard encore, d’autres historiens viendront mettre le doigt sur des aspects que nous n’aurons pas perçus. Voyez le monument de bêtise qu’adété la proclamation de la fin de l’histoire par Fukuyama. Du crétinisme à l’état pur.
Alors bien sûr, jusqu’à la fin des temps il y aura des traductions différentes des textes fondateurs, vus au prisme de ceux qui auront un message différent à faire passer à leurs lecteurs. Une traduction n’est jamais neutre. Et il est inutile de disserter des heures durant sur le fait de savoir comment Mahomet concevait le djihad il y a 1300 ans. Le plus important est ce savoir aujourd’hui comment ce terme peut être compris par des masses bien souvent illettrées et chauffées à blanc par des agitateurs.
Je n’ai pas cherché à aborder le problème du pélerinage à La Mecque, ni dans les textes qui en proclament le principe, ni dans la façon dont il est pratiqué. Le sujet mériterait à lui seul un long développement. J’ai souligné seulement que (bien souvent - et je souligne ce bien souvent) le pélerinage était considéré par le croyant comme une remise à zéro du compteur avant le grand voyage. L’usage est bien ancré dans les trois pays du Maghreb que je connais bien, de permettre à l’homme (la femme ouallou) de jouir d’une assez belle liberté durant sa jeunesse (célibat jusqu’à la trentaine et parfois au-delà, alcool, et adultère en tous genres) mais qu’à partir d’un certain âge, il se devait de rentrer dans le rang (mariage - vie de famille rangée) et qu’en dernier ressort, la fréquentaiton assidue de la mosquée et la pratique des cinq prières quotidennes lui assuraient un sérieux viatique pour l’au-delà.
Pour ce qui est des versets cités concernant le sort réservé aux animaux d’abattage ou de sacrifice, je trouve sinistre qu’une religion s’arrête à de telles pratiques. Traductions ou pas. Une religion s’identifie trop souvent aux rituels qu’elle demande à ses ouilles de pratiquer. Là aussi, je pense qu’il serait utile de faire une distinction très nette entre celles qui sont restées aux rites primitifs de l’humanité (sacrifice sanglant - prosternation à répétition - lapidation...) et celles qui sont passées au stade de la symbolique.
Je vous remercie d’avoir amené la discussion sur un terrain qui m’intéresse beaucoup. J’espère continuer nos échanges dans ce sens.
Pour terminer je reprendrai votre dernière question pas si idiote que ça : « Pourquoi Dieu a envoyé tous ses prophètes dans la même région ? » pour la compléter par cettte réflexion : pourquoi Dieu a donné à certains hommes des prophètes rouspéteurs et empêcheurs de tourner rond, quand d’autres ont eu le bonheur de n’avoir que des philosophes prodigieusement humains pour aiguiser leurs neurones et faire battre leur coeur ?
Cordialement. Patrick Adam
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Ton analyse P.Adam sur le Coran est éhontement fausse. Ton analyse sur l’Islam est déformée par le prisme marocain, pays où tu résides. Le Maroc est loin de représenter une société musulmane dans l’idéal tant son peuple par misère et assujetissement ou tout simplement par survie se corrompt mentalement et physiquement .Prétendre avoir une bonne analyse du musulman et de sa religion à travers l’exemple de la société marocaine n’est pas crédible. Par contre constater les ravages d’une occidentalisation par le tourisme et son statut de sous-traitant amène forçément à un « arrangement » permissif de la religion avec la bénediction de la royauté en place. D’ailleurs tu devrais savoir qui sont les véritables patrons de ce magnifique pays.
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Patrick Adam
31 août 2006 07:55
@ Ka
Bonjour et ravi de te retrouver. Ne t’inquiète pas, j’ai compris que tu n’avais pas le temps de répondre en ce moment, et je ne t’en veux pas. D’autant que la qualité du fil nécessite, comme tu le dis, pas mal de réflexion. C’est sans doute pour ça que les pollueurs habituels l’ont déserté. Tant mieux. Je suis ravi que Frédéric nous ait rejoint.
Il est significatif aussi que ceux qui prétendent défendre l’islam comme le « visiteur indigeste » n’ont rien de concret à dire, juste à crier leur colère parce qu’on se permet de toucher à leurs symboles dont ils ne connaissent même pas la signification.
Tout ça, c’est quand même intéressant. Je souhaite que la rentrée se passe bien pour toi et t’amène tout ce que tu souhaites. Je t’embrasse. Patrick Adam
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Bonjour, après cette longue abscence, due à mon éloignement de la capitale et ses facilités de connexion... A vous relire, Patrick, je comprends mieux votre goût du rugby. 3ème ligne aile, peut-être : il y a, dans vos posts, un côté plaqueur à tout crin et mule, mule, bourrin, qui sent la proximité du pack. Mes quinze années d’exercice, du demi de mêlée à l’arrière, m’ont valu, également, le respect bourru de quelques poids lourds, qui ont, à l’occasion eux aussi, trouvé dure la chute. Ça ne s’invente pas, bien sûr : je ne suis pas plus arabe que vous berbère. Il se trouve que nous partageons, tous deux, un exil volontaire, vous au Maroc, moi en Mauritanie, ça devrait nous rapprocher encore, « quelque part », mais voilà : je suis musulman, vous êtes athée, j’entends 1 et 1 égal 1, et vous me répondez 1 et 1 égal 2. Echangera-t-on nos maillots ? Vous êtes en droit d’en douter...
Cela dit, concernant l’his
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Cela dit, concernant l’histoire du Sahara occidental - qui ne se limite pas, très loin de là, à l’entité un temps espagnole, aujourd’hui annexée par le Maroc - j’ai la faiblesse d’écouter, d’abord, les scientifiques mauritaniens, qui sont assez lucides quant aux limites expansionnistes de leur pays, puis leurs homologues occidentaux qui ont pris la peine d’étudier leur langue et leurs traditions, avant d’examiner le point de vue des marocains, plus gourmands et fort orientés actuellement, enfin celui des militaires français du siècle dernier, dont vous conviendrez avec moi, je l’espère, d’une partialité certaine. C’est du boulot et ce n’est pas près d’être fini. En ma modeste qualité d’étudiant à vie, je vous transmets, une dernière fois, un lien qui pourrait vous être utile, sinon à quelque de vos lecteurs : http://www.mr.refer.org/lerhi/hist_mr.htm . Point final, s’il vous plaît, sur la question : un peu de réserve dans vos propos n’ôtera rien, bien au contraire, à votre passion du désert...
En dévoilant mes racines françaises, je révèle un peu de mes batteries. Comme le pressentait le très estimable Damien, j’ai été élevé par les bons pères jésuites : ça aide, pas mal, pour la compréhension des thèmes chrétiens ; d’autant plus que vingt années iconoclastes, d’inspiration, disons, situationniste, m’ont également nanti d’une vision beaucoup plus humaniste de ces thèmes... De longues études sur la Chine antique - encore et toujours inachevées, elles aussi - m’ont permis d’approcher d’autres « points de vue » - j’aime le caractère topographique de cette expression, si humaine - sur... sur quoi, au fait ? Ou, sur qui ? On regarde la mer, le mouvement du rivage, l’incessant roulis du sable sous la vague, et, soudain, on ressent un grand vide, béant, incontournable...
A vous entendre, Patrick, c’est donc en parfait imbécile que je me serais laissé berner par l’islam, cette religion « arriérée, archaïque, incapable d’avancer dans l’histoire ». Mais savez-vous, jeune homme, que vous êtes très dix-neuvième siècle dans vos jugements à l’emporte-pièce ? Auriez-vous lu Ernest Renan ? Sinon, empressez-vous de le faire : vous y trouverez un ami secourable et compréhensif. A moins que la curiosité ne l’emporte, enfin, sur la nostalgie coloniale. J’ai parfois l’impression, en vous lisant, que les choses amères dont vous cernez l’islam n’expriment peut-être pas vos vrais sentiments...
Quoiqu’il en soit, vous nous dites, d’une part, que vous ne cherchez, « bien évidemment », pas à détourner quiconque de sa foi et, d’autre part, que votre but « est de faire ressortir les contradictions et les faiblesses d’un message peut-être mal compris, mais surtout mal utilisé ». La démarche est pour le moins périlleuse. Que le Message de l’Absolu - je parle, bien évidemment, en musulman, et c’est nécessaire pour faire entendre la situation de notre « point de vue » - soit souvent mal compris et mal utilisé, non seulement par les non-musulmans, c’est bien normal, mais encore par les musulmans eux-mêmes, et c’est plus grave : NOUS SOMMES TOUT A FAIT D’ACCORD. Tout l’effort (c’est le sens exact du mot ijtihad, en arabe, dont vous nous bassinez la fermeture « définitive »des portes : par qui, je vous le demande ? Quand exactement ? Et de quel droit ?), tout l’effort, disais-je, des enseignants islamiques contemporains s’oriente justement vers une instruction accrue des masses populaires. Il existe, c’est vrai, des lectures très figées du Saint Texte - assez proches des vôtres, le fait est assez singulier pour être souligné - mais elles ne représentent, en dépit de leur médiatisation forcenée, que des épiphénomènes d’un mouvement général, plus silencieux, appliqué, serein, dont les effets, irrésistibles, se manifestent un peu partout et se manifesteront de plus en plus. Votre apparente relation de respect avec Ka en est une des illustrations et devrait vous inciter à ne plus confondre intégrité et intégrisme.
Quant à « faire ressortir les contradictions et les faiblesses » du Texte Divin, quel musulman ou musulmane pourrait-il vous suivre dans cette démarche, sans renier le fondement même de sa foi ? Ka vous répond avec beaucoup de gentillesse et de tact. Moi, je vous rentre dedans, direct, et sans sommations. Vous nous dites : « quel musulman sait (et peut admettre) aujourd’hui qu’il y eut plusieurs versions du Coran ? » et je vous réponds : « où sont-elles vos fameuses versions ? Sur quelles certitudes, sinon faisceau de probabilités, fondez-vous une telle science ? Vous nous situez la fixation du Saint Texte au temps d’Uthman, où eut lieu, effectivement, une action décisive visant à éliminer tous les faux qui commençaient à pulluler aux quatre coins de l’empire. On se dit alors que vous manquez seulement d’informations. Mais en citant Hafsa, vous signalez votre connaissance de faits antérieurs que vous tronquez sciemment : c’est malhonnête.
Dès la mort du prophète - P.S.L. - la lutte contre Moussaylama, un imposteur prétendant à la prophétie, décime les rangs des « Houfaz Al Coran » (ceux qui connaissaient par cœur l’intégralité du Saint Texte : la mémoire, je vous le rappelle, en est le mode originel, et toujours privilégié, de fixation). Le khalife Abu Bakr ordonne alors la rédaction du premier recueil complet des Saints Versets, sous la direction d’un des secrétaires du prophète - P.S.L. - Zayd ibn Thabbit. Le manuscrit est confié à Hafsa qui le remettra, une vingtaine d’années plus tard, à la nouvelle commission diligentée par Uthman. Trois questions demeurent en suspens. En un la question des points diacriques, qui permettent de distinguer les lettres de graphie analogue : par exemple, le nun (point au dessus du trait) du ba (point au dessous du même trait). En deux, la question des synonymes : une certaine liberté était admise, en quelques versets, du temps même du prophète - P.S.L. En trois, les différentes méthodes de psalmodie, au nombre de sept. Lorsqu’on étudie, aujourd’hui, le Saint Coran, en sa langue et sous la direction d’un maître compétent, on peut avoir accès, facilement, à tous ces détails, connus des savants en sciences islamiques.
Vous nous dites encore : « certains versets sont aujourd’hui encore contestés par les Chiites qui proclament en outre que plusieurs d’entre eux (concernant Ali) ont été supprimés ». Les chiites, dans leur ensemble ? C’est une ineptie : excepté une infime minorité, issue de la secte des ismaéliens (chiites septicémains) - et c’est de ceux-là dont vous parlez - la totalité des chiites utilisent le même Coran que les sunnites. C’est justement la preuve inverse de votre affirmation (qui reprend une allégation fréquente chez les non-musulmans) : la rupture entre les partisans d’Ali et ceux du cousin d’Uthman, Mouawiyya, date d’une dizaine d’années, à peine, après la commission d’Uthman sur le Saint Coran, et si cette dernière avait été frauduleuse, il est évident que les chiites, tous, sans exception, eussent farouchement conservé la preuve de cette forfaiture.
Enfin, et pour clore sur un détail non moins significatif des « faiblesses » concernant VOTRE LECTURE du Saint Coran, vous nous dites que : « lors d’une embuscade du côté de Nakhlah [...] Mohammed transgresse cette loi essentielle pour des nomades [la trêve des mois sacrés] et il attaque une caravane ». Non. En aucun cas : non seulement Mohammed - P.S.L. - n’attaque, personnellement, aucune caravane, mais il ne commandite, en aucune manière, l’embuscade que vous citez ; c’est justement la raison de la mise sous séquestre du butin. Plus sérieuse, cependant, votre interprétation du verset II - 217 (et non pas 214), qui est effectivement, un des chevaux de bataille des extrémistes islamisants (dans le sens desquels je souligne, encore, votre étonnante propension à abonder) : « Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. Dis : « Y COMBATTRE EST UN PECHE GRAVE, mais plus grave encore auprès de Dieu est de faire obstacle au sentier de Dieu, d’être impie envers Celui-ci et la mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants. La tentation à l’idolâtrie est pire que le meurtre. [en arabe : al fitnatou akbarou minal qatli] ».
En première analyse, il s’agit de trancher entre deux actes répréhensibles. La suite du verset indique que les polythéistes n’observent aucune trêve, durant les mois sacrés, dans leur combat visant à détourner les musulmans de leur foi. Or, le prix d’une éventuelle abjuration, c’est, ajoute le Saint Verset, « le feu éternel ». Aussi, l’acte de la fomenter est-il péché plus grave que celui de tuer au combat, durant la même période. Evidemment, Patrick, cette échelle de valeur n’a pas de sens pour celui qui ne croit pas en la vie éternelle, et je comprends votre indignation. Cela dit, il faut pousser un peu l’analyse pour situer les limites d’utilisation du concept.
Tout d’abord, l’historicité globale du Saint Verset. Les musulmans sont à Médine et construisent un nouvel Etat dont La Révélation établit les principes juridiques. Durant la décennie précédente, l’Ordre Divin intimait aux musulmans la patience et l’éloignement de toute action violente. Apparaît désormais une notion nouvelle : celle du bien public, de la raison d’Etat. Nous sommes, comme vous l’avez si bien noté, dans une toute autre perspective que celle des évangiles (que je distinguerai, désormais, de l’Evangile, la Parole Divine révélée à Jésus, et dont le Texte Exact a été perdu). J’y reviendrai dans un prochain post à l’intention plus particulière de Frédéric et de Tom.
Il n’existe, à ma connaissance, aucun Etat au monde qui ne situe le meurtre, en temps de guerre, dans le cadre du Droit. Et pas seulement, d’ailleurs, en temps de guerre : la répression sanglante à Sétif ou Constantine par les forces d’occupation françaises, illustre, sans commentaires, la raison légale d’un Etat - en l’occurrence, on ne peut plus laïc - à réprimer la sédition au prix de vies humaines. La sédition, c’est un des autres sens du mot : fitna, (assez correctement traduit, au demeurant, dans votre citation par « tentation » [à l’idolâtrie], son sens premier), et c’est un des arguments utilisés par certains juristes musulmans pour justifier le maintien de la peine capitale dans le code pénal de leur nation. D’autres mettent en avant le caractère de « péché grave » du meurtre, pour promouvoir son abandon légal. Preuve, s’il était besoin, que des débats modernes peuvent être menés à partir du Saint Coran Lui même... Adichats, Patrick et sans rancune, aucune, ni morgue, ni suffisance : ce n’est pas du tout ma tasse de thé, soyez en persuadé, une bonne fois pour toutes...
P.S. : Je signale, par ailleurs, une erreur, dans mon post sur l’éducation coranique en Mauritanie. Lorsque je disais : « moins de 50 % des enfants suivent un enseignement coranique régulier. Sur ce pourcentage, à peine 30 % achèvent la mémorisation, soit, environ, 1 enfant sur 7 », si le premier pourcentage était une donnée nationale, la seconde proportion ne concernait, en fait, que le cas, très particulier, d’une de ces cités d’éducation où s’harmonisent les modes religieux et profanes d’enseignement. Sur le plan national, à peine 1 % achèvent la mémorisation, soit, environ, 1 enfant sur 200. Veuillez m’excuser, à mon tour, pour cette confusion.
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Le droit international n’est applicable que quand l’Occident le décide.
Dans cette vidéo, Maître Jacques Vergès, que la presse bien-pensante en France traite d’antisémite car il dit des vérités qu’eux, les « médiateurs censeurs », ils essaient de cacher, rappel aux amnésiques les crimes contre l’humanité masqués par l’occident et son colonialisme / impérialisme.
Xerxès
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Patrick Adam
3 septembre 2006 11:59
@ Ibraluz-éteinte
Pour ce qui est du rugby, n’ayant pas le gabarit voulu, je n’ai pas pratiqué mais je considère que c’est le sport collectif le plus inteligent que l’homme ait inventé à ce jour, et le plus agréable à regarder aussi quand il est bien joué. Bien plus complexe que le foot, c’est un sport d’intellectuels tourmentés. Avancer collectivement en reculant individuellement : je trouve qu’on atteint là des sommets de subtilité.Pour ce qui est d’échanger nos mailots, il ne faut pas y compter. Un peu avant vingt ans, je me suis débarrassé de la religion dans laquelle j’avais été élevé, et ce au bout d’une longue réflexion. Ce n’est pas pour replonger maintenant, d’autant que ce que j’ai appris depuis sur l’islam, le judaïsme et certains aspects du christianisme (moins critiquable à bien des égards) me fait penser, comme je vous l’ai écrit, que l’islam vehicule les concepts les plus archaïques qui soient. La proclamation à tue tête d’un dieu unique, je m’en fous ! Ca ne changera rien à ma vie. La récompense éternelle, je m’en fous aussi ! Ca ne changera rien non plus. L’appartenance à une comunnauté de croyants, rien qu’à l’idée d’être parmi des fous de dieu et des assassins, ça me fait frémir. Et le bien, j’estime être capable de le faire seul, sans avoir quelqu’un au-dessus de ma tête qui me menace toute la journée. Mais le pire, c’est que je ne supporte pas quelqu’un qui m’oblige de dire cinq fois par jour que j’ai raison quand tous les autres auraient tort. Pour moi, il n’y a pas pire forme de manipulation mentale et de bas orgueil mal dissimulé.
Mais avant de continuer une conversation civile avec vous, je tiens à vous prévenir : la prochaine fois que je lirai chez vous que ma démarche est « malhonnête » je tournerai définitivement la page. Je ne supporte pas cette attitude hautaine et infondée de votre part. Vous n’êtes dépositaire d’aucune honnêteté estampillée de bon ton. Si vous n’êtes pas capable de comprendre cela et de vous contenir, nos discussions en resteront là. Ceci est tout aussi valable pour vos phrases dans le style de celle-ci : « Votre apparente relation de respect avec Ka ». De quel droit parlez-vous ainsi ? Qui vous a érigé en censeur de ce qui est réel dans ma relation avec Ka ? Pourquoi apparente ? Je vous trouve tout aussi méprisant que léger. Décidément, vous êtes bien présomptueux. Je me demande si ce n’est pas le corrolaire de ceux qui ne se sentent pas très bien dans leurs baskets. L’islam étant devenue la religion qui (actuellement) fait le plus de mal sur terre, il semble normal que ceux qui la défendent contre vents et marées cherchent à prendre de haut ceux qui s’interrogent le plus calmement du monde et avec des arguments de poids sur sa pertinence. Si vous préférez parler avec des abrutis, ce n’est pas ce qui manque par ici.
Vous parlez aussi de « nostalgie coloniale ». Et vous insinuez : « J’ai parfois l’impression, en vous lisant, que les choses amères dont vous cernez l’islam n’expriment peut-être pas vos vrais sentiments... » Il me semble là, comme je l’avais remarqué dans un précédent post, que vous excellez dans l’insinuation pas très nette... Me trompe-je ?
Pour ce qui est de l’histoire actuelle du Sahara, souffrez que je n’aborde pas le sujet avec cous, ni ici, ni ailleurs. Il y a longtemps que je me suis forgé une opinion sur le sujet. Pour le moment, je la garde pour moi. Je m’intéresse par contre beaucoup à l’histoire ancienne de cette région que j’ai la chance de bien connaître et je me passionne de pouvoir mettre en parallèle les études sur le nomadisme dont je dispose avec la réalité du terrain. J’ai beaucoup appris sur cette question et je suis devenu nettement moins angélique au fil du temps que je ne l’étais la première fois que j’ai mis le pied au désert. En ce qui concerne Ma el Aïnin, j’ai oublié de vous citer parmi les spécialistes du sujet l’historien espagnol Caro Baroja. Personne n’a fait mieux que lui à ce jour. Et je persiste à penser que le fils de Mohamed Fadel était un agitateur politique, manipulateur de foules incrédules (on appelle ça thaumaturge dans les études universitaires, mais pour moi ça reste une manipulation de la faiblesse de gens en situation de dépendance) et c’était aussi un grand trafiquant d’esclaves. Ceux qui veulent en faire aujourd’hui un héros, peuvent s’atteler à la tâche. Voulez-vous que nousparlions des travaux récents de Boubrik ? De l’idéologie et non de l’histoire. Je vous suggère aussi de lire le petit livre noir rédigé par un certain Mustapha Akhmisse... à hurler de rire. Je connais par contre personnellement (certainssont des amis) plusieurs petits-fils du vieux cheikh du désert et j’aime beaucoup parler avec certains d’entre eux. Ceux qui n’ont pas un intérêt matériel à véhiculer un mythe bien percé font preuve de beaucoup de lucidité sur le sujet.
Pour ce qui est de ma perception de l’islam, la lecture du Coran me suffit. De même que je n’ai besoin de personne pour lire (en autres) Renan, Mircea Eliade, Henri Corbin, Massignon, Jacques Berque ou W. M. Watt, le Coran (comme la Bible ou les Evangiles) est accessible à tous. S’il tel n’était pas le cas, je dirais un peu crument (vous me pardonnerez cet esprit de vestiaires) que dieu est un sacré fouteur de m... pour avoir pris un malin plaisir à rendre un texte volontairement obscur, juste pour voir les hommes se déchirer dessus. Que vous le vouliez ou non, le texte coranique est bourré de contradictions. Les versets sont "descendus à des époques différentes, et dans des contextes politiques fluctuants, notamment en ce qui concerne les alliances conjoncturelles des musulmans avec d’autres communautés.
Que dire de verset du genre Sourate VI « Le bétail » verset 147 : « Pour les juifs, nous leur avons interdit tous les animaux qui n’ont pas la corne du pied fendue ; nous leur avons également défendu la graisse des boeufs et des moutons, excepté celle du dos et des entrailles, et celle qui es mêlée à des os. C’est pour les punir de leurs iniquités. Nous sommes équitables ». J’espère que les « enseignants islamiques contemporains » que vous évoquez sans les citer se sont attablés au décodage d’un tel message. Pour moi, désolé, mais ça ne risque pas de passer. Et que dire de celui-ci Sourate XXX - « Les grecs » verset 27 : « Il [Dieu] vous propose des exemple tirés de vous-mêmes. Prenez-vous vos esclaves, que vos mains vous ont acquis, pour vos associés dans la jouissance des biens que nous vous avons donnés, au point que vos portions soient égales ? Avez-vous pour eux cette défrence que vous avez pour vous ? C’est ainsi que nous exposons nos enseignements aux hommes doués d’intelligence ». Alors quelle commission de « savants islamistes » va pouvoir faire coïncider ce texte de pure ségrégation esclavagiste avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que pourtant tous les pays musulmans ont signée des deux mains pour pouvoir jouir d’un beau siège en cuir bien brillant à l’ONU ? Pour la suite du programme, faites donc un effort personnel. C’est à vous de lire le texte coranique pour savoir ce qu’il contient réellement et c’est à vous de l’expliquer aux autres si ça vous chante. Arrêtez donc de laisser faire le travail par les autres ; je pense à Jacques Berque (bien mal embarqué dans cette histoire) et à Louis Massignon. Je préfère laisser de côté Garaudy vu le niveau de bêtise où stagnent ses arguments.
Pour ce qui est de la fermeture de « beb itjihad » figurez-vous que j’ai souvent interrogé des musulmans à ce propos et personne n’a été en mesure de me donner une date précise ni les personnes qui l’avaient proclamé. Mais la plupart des auteurs qui traitent de l’islam traitent du sujet et tirent cette triste constatation. Lisez Mohamed Arkoun, il en parle mieux que moi. Fouad Zakariya aussi, grand penseur égyptien qui s’est beaucoup interrogé sur la possibilité de faire coïcincider « islamisme et laïcité ». Il est d’ailleurs significatif que le sujet de « beb itjihad »n’est jamais abordé par les intégristes qui savent très bien qu’il y a là un concept difficilement acceptable par ceux qui parlent de liberté des esprits.
Pour ce qui est des différents versions du Coran, je vous renvoie aux travaux de Sarwat Anis Al-Assiouty : « Uthman demanda à Hafsa de livrer son recueil pour en faire des copies, et recommanda aux trois jeunes Qurayshites, en cas de désaccord avec le Médinois Zayd, de choisir le parler de la tribu de Qurash, car c’est dans ce parler, que le coran a été révélé. Les versets furent coordonnés, et les sourates, ou chapitres, furent placés par ordre de longueur décroissante, tout comme les chrétiens l’avaient fait pour les épîtres de Paul. Uthman promulgua le recueil et ordonna de détruire les autrtes recueils, en les brûlant ou lesdéchirant. » Plus loin, il écrit : « La tradition rapporte que d’autres personnages entreprirent aussi la compilation des versets coraniques. Plusieurs recueils parurent, dont quatre principaux, compilés chacun par un compagnon éminent qui enseignait le Coran : Ubayy ibn Ka’b, ’Abdullah ibn Mas’ûd, Al-Miqdâd ibn ’Amr et Abu Musa al-Ash’ari. [...] Il existait donc plusieurs recueils du Coran, tout comme il y avait plusieurs Evangiles ». Al-Assiouty décrit très bien les origines de ces quatre sources en donnant toutes les références voulues. Renseignez-vous.
Bien sûr, vous allez balayer tout ça du revers de la main. Franchement, ça ne m’étonnera pas beaucoup. Vous vivez dans un pays où on peut se fabriquer une généalogie remontant au prophète pour moins de 1 000 €, alors les versions « officielles » de l’histoire, ce n’est pas très difficile de s’en procurer et pour pas cher. De même que l’Eglise a longtemps considéré les textes apocryphes comme hérétiques et les a détruits ou cachés, les savants musulmans ont nié l’existence des différents corans, seule condition pour pouvoir proclamer l’intangibilité de la parole de dieu. Et de même que le message évangélique a été récupéré par différentes communautés aux intérêts idéologiques et économiques concurrents, le message coranique a été soigneusement gommé de tout ce qui pouvait nuire aux riches commerçants Quoreïchites. C’est ainsi qu’on y trouve plusieurs versets qui sont un hymne à l’enrichissement (à rapprocher de la conception protestante du christianisme) alors que les premiers musulmans qui avaient suivi Mohamed étaient plutôt des gens pauvres et humbles, et même des esclaves qui auraient été désappointés par un tel message.
Plus loin vous dites :« Vous nous dites encore : « certains versets sont aujourd’hui encore contestés par les Chiites qui proclament en outre que plusieurs d’entre eux (concernant Ali) ont été supprimés ». Les chiites, dans leur ensemble ? C’est une ineptie : excepté une infime minorité, issue de la secte des ismaéliens (chiites septicémains) - et c’est de ceux-là dont vous parlez - la totalité des chiites utilisent le même Coran que les sunnites. C’est justement la preuve inverse de votre affirmation (qui reprend une allégation fréquente chez les non-musulmans) : la rupture entre les partisans d’Ali et ceux du cousin d’Uthman, Mouawiyya, date d’une dizaine d’années, à peine, après la commission d’Uthman sur le Saint Coran, et si cette dernière avait été frauduleuse, il est évident que les chiites, tous, sans exception, eussent farouchement conservé la preuve de cette forfaiture. » Mais votre argumentaire n’a aucun sens. Les Chiites contestant un fait politique de succession et non le message philosophique du Coran. Vous mélangez tout, au gré d’un argumentaire qui se délite au fur et à mesure que vous tentez de le développer. Le schisme chiite ne s’est pas établi sur une lecture différente du Coran, quoique, ça reste à prouver (là aussi, l’histoire a été soigneusement bricolée).
Pour ce qui est de l’embuscade de Nakhlah, je comprends que vous essayez de trouver des excuses à un comportement des plus contradictoires. Mahomet proclamant une chose quand elle lui convient et son contraire quand il la trouve à son désavantage. Libre à vous de digérer sans aigreurs d’estomac dans de telles considérations. Surtout quand vous dites « La suite du verset indique que les polythéistes n’observent aucune trêve, durant les mois sacrés, dans leur combat visant à détourner les musulmans de leur foi. » Faux ! Archi faux ! Lors de l’attaque de Nakhlah, les polythéistes comme vous dites sont gens de La mecque qui font passer une caravane près de Médine et qui n’ont aucune intention belliqueuse contre les musulmans à ce moment précis. Leur caravanne est composée de plus de 2 000 chameaux, je crois. Ce n’est pas comme ça qu’on prépare une razzia. Cette bataille se situe à un moment où l’installation de Mahomet à Médine commence à donner des signes de rupture avec les juifs. Ne pouvant se fondre dans aucune communauté, Mohamet recommence à avoir des visées sur La Mecque. C’est à cette époque qu’il demande aux musulmans de ne plus se tourner vers Jérusalem à l’heure de la prière, mais vers La Mecque. L’attaque de Nakhlah est à situer dans ce contexte.
Restez donc avec le verset que vous citez dans les mêmes termes que moi : « La tentation à l’idolâtrie est pire que le meurtre. [en arabe : al fitnatou akbarou minal qatli] ». Et là aussi, allez faire un tour à la tribune des Nations Unis pour proclamer une telle vérité universelle. Vous verrez bien l’enthousiasme que vous allez soulever, « historicité » ou pas.
Plus loin quand je lis « la Parole Divine révélée à Jésus, et dont le Texte Exact a été perdu ». Je m’esclaffe et j’attends avec impatience votre cuisine sur le sujet. Vous nous expliquerez comment dieu a remplacé Jésus sur la croix par un sosie... Un grand tour de prestidigitation cosmoplanétaire qui mérite d’être promotionné avec orgue et trompettes.
Et je vous abandonne là dans vos comparaisons oiseuses entre le comportement des Français à Sétif et celui de Mahomet à Médine. Mahomet colonisateur... Je n’en attendais pas moins de vous...
Patrick Adam
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ibraluz
5 septembre 2006 20:07
Mon cher Padam, à vous qui vous interrogez « le plus calmement du monde et avec des arguments de poids sur la pertinence » de l’islam, voici sur les derniers lambeaux de votre acharnement.
« Messieurs les capitalistes prenez-vous vos ouvriers, que vous avez embauchés, pour vos associés, dans la jouissance des biens qu’ils vous font fructifier, au point que vos portions soient égales ? Avez-vous cette déférence que vous avez pour vous ? » Il s’agit d’interrogations, apparemment. Rappeler aux classes possédantes leur comportement « traditionnel », tout-à-fait légal, voire constitutionnel, est-ce justifier celui-ci ? Je vous le demande. Quant à la déclaration universelle des droits de l’Homme - notez, mon bon, notre usage fort différent de la majuscule - Ah ! Si certains n’étaient pas moins égaux que d’autres, et chaque jour, de moins en moins, en dépit des grands-messes laïques surmédiatisées ! Cela dit, si cette déclaration n’avait eu pour seul effet que d’inciter les musulmans à affranchir, enfin, tous leurs serviteurs, c’eût été le moindre de ses bienfaits : car, à contrario de l’abolition de l’esclavage, l’affranchissement a préservé le lien social, imposant, à l’ancien maître et au nouvel homme libre, un devoir mutuel et privilégié d’entraide...
Vous citez Assiouty et le premier recueil des Saints Versets détenu par Hafsa : c’est mieux, bien plus clair, et donc plus honnête, que votre première présentation des faits. Quant à l’affirmation selon laquelle « il existait différents recueils du saint Coran tout comme il y avait plusieurs évangiles », elle présuppose des différences CONNUES entre ces recueils, tout comme sont connues les différences entre les évangiles. Je vous mets au défi d’étayer cette présupposition, mettant en cause d’aussi grands et célèbres juristes comme ’Abdullah ibn Mas’ûd ou Abu Musa al-Ash’ari, dont les oeuvres n’ont laissé aucune trace de telles différences. Il semble bien que vous n’ayez pas vraiment mesuré l’ampleur et la profondeur du caractère sacré du Coran pour les musulmans, et ce, dès les premières révélations mecquoises...
La suite du Saint Verset 217 de la sourate 2 précise : « Or, ils NE CESSERONT de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion ». Je vous concède que la traduction rend très mal le sens de « يla yazalouna », un inaccompli qui indique, ici, une absence de rupture, une continuité ininterrompue, dont vous devriez, cependant, comprendre l’esprit, vous qui combattez, sans relâche, notre religion « archaïque ».
Le reste de votre réponse ne me semble plus relever de l’argumentation. Portez-vous bien et à bientôt, concernant les évangiles.
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à Papi, Frédéric et Tom, notamment.
En 1988, paraissait aux éditions « le grand livre du mois », le premier d’un tryptique consacré aux fondations chétiennes, « l’homme qui devint Dieu » de Gérald Messadié. L’ouvrage fit grand bruit. Pour mémoire, rappelons que son argument majeur se proposait de réfuter le « mythe » de la mort de Jésus - Paix et Salut sur Lui (P.S.L.) - sur la croix, en s’appuyant sur une analyse serrée des textes et des contextes, étayées par un volume entier - le second (1989) - consacré aux sources de ce travail, et démontrant le caractère plausible d’autres hypothèses. Le dernier tome (1991), consacré à la vie de Paul de Tarse, enfonçait un clou déjà bien planté : le terme de paulinisme aurait certainement mieux convenu en place de christianisme, si le vocable eût du faire référence au véritable fondateur de cette religion.
Pour un musulman, et en dépit de la position nettement rationaliste et humaniste de Messadié, ces théories ne sont pas dénuées de sens. La première lui permet, en particulier, d’envisager un peu différemment l’idée du « subterfuge », mentionnée dans le Saint Coran, au sujet du crucifié. Cela dit, l’interprétation la plus répandue demeure celle d’une intervention miraculeuse divine, substituant, à un moment non défini, un sosie au Christ - P.S.L. ; ce dernier étant « enlevé au ciel », tel Hénoch et Elie - P.S.E. - et devant revenir, dans les temps eschatologiques, accomplir La Parole Divine, cette fois en musulman affirmé à la face du monde. La seconde, qui situe le Christ - P.S.L. - non plus en fondateur d’une religion nouvelle, mais en rappel d’une foi immémoriale, le replace dans une longue lignée prophétique qui s’achève avec Mohammed - P.S.L.
Il est, bien évidemment, inutile - sinon, impossible - d’argumenter sur de telles positions de foi. Mais, au delà de tout esprit polémique, elles sont intéressantes en ce qu’elles se situent à la charnière exacte des relations islamo-chrétiennes et permettent d’entrevoir le fondement « philosophique » de leurs divergences. Je l’ai souligné dans un autre post : le sacrifice sanglant du Dieu Incarné est aussi fondamental et sacré au christianisme que le Saint-Coran à l’islam. Tout le reste est secondaire. Expliquons un peu la proposition.
Si les trois religions du Livre s’entendent autour d’une même vision des temps primitifs - le jardin d’Eden - elles diffèrent singulièrement dans l’interprétation de la faute adamique qui rompt l’état de nature. Pour les juifs et les chrétiens, celle-ci est une culpabilité, héréditaire ; pour les musulmans, une faiblesse, à chaque génération remise en question : la nuance est de taille.
Hérédité cependant élective, soumise à la grâce de Dieu, chez les juifs : Abel, Hénoch, Noé - pour ne citer que les plus célèbres - P.S.E. - représentent cette lignée d’hommes justes, qui marchent dans les voies de Dieu, alors qu’aucune loi n’est encore venue en préciser les limites. Avec Abraham - P.S.L. - apparaissent les premiers signes d’un code (la circoncision, le sacrifice du bélier) dont la profusion réglementaire culminera, quelques siècles plus tard, avec la loi mosaïque. Dès lors, la santé du « peuple élu » dépendra de son observance à des règles : s’y soumet-il et le voici comblé de biens, honoré, sauvé. S’en écarte-t-il et le voilà démuni, haï, maudit.
Ainsi, lorsque naît Jésus - P.S.L. - la domination romaine marque un temps de dégénérescence, dont le sommet s’exprime avec la nouvelle prétention, inouïe pour un juif, de César Auguste à imposer le culte divin de sa personne. On l’a insuffisamment souligné : tout le premier siècle après J.C. est agité, dans le judaïsme, par la question de cette « divinité humaine » et le discours des premiers chrétiens, tout particulièrement, de Paul, en est imprégnée. Celui-ci va en récupérer le thème, en y incorporant, conjointement, ceux de la faute adamique et de l’agneau pascal.
Pour Paul, en effet, la fatale culpabilité imposée à l’humanité ne peut être effacée que par un acte totalement pur, dont l’homme est, du fait de cette même tare, incapable. La loi mosaïque, « généreusement accordée » par Dieu aux hommes maudits, avait, naguère et dans un premier temps, offert le secours de la rigueur, dont la lecture étroite des docteurs de la Loi a, cependant, lentement éclipsé le fondement d’amour. En s’offrant, Lui-même, « Seul Être Totalement Pur » en agneau d’une nouvelle alliance, Dieu dépasse alors, en en accomplissant tous les termes, la lettre de sa Loi : l’Humanité est, enfin, délivrée du péché d’Adam.
Six siècles plus tard, cette lecture n’est déjà plus audible : récupéré par les pouvoirs byzantin, germaniques ou sassanide, le christianisme a du intégrer leurs différents codes civils, dans une redoutable pluralité de sens, affadissant diversement l’universalité de la libération paulinienne. L’islam va apparaître, dans ces conditions, en réunificateur des consciences, rééquilibrant Loi et Miséricorde, contingences sociales et vie spirituelle, à partir d’une nouvelle Révélation Divine, l’Ultime, achevant le cycle des prophéties.
La faute d’Adam - P.S.L. - y est présentée comme l’expression de la faiblesse humaine, inhérente à ses nécessaires limitations existentielles. Mais, également doué de réflexion, Adam s’en remet à son Créateur qui lui pardonne aussitôt, en lui enseignant le chemin du retour à la Voie du bonheur. C’est cet enseignement que diffuse Adam - P.S.L. - qui fait de lui le premier prophète de Dieu. La dégradation sociale du peuple juif nécessitera, dans cette même perspective, un tout autre Message Divin, avec la loi mosaïque, rude, apparemment très coercitive. Jésus viendra à son tour rappeler l’omniprésence de l’Amour dans la Loi - celle-ci étant faite pour l’Homme et non pas le contraire - avant que Le Saint-Coran n’affirme, enfin, après les dérapages post-christiques, l’équilibre des deux mains, la droite et la gauche, de rigueur et d’amour.
On comprend, à la lecture de cette très succinte, peut-être trop, présentation de nos différences, les lieux de nos anathèmes réciproques. Demander à un chrétien de reconnaître le Saint-Coran, Parole de Dieu, c’est, illico, l’engager à renoncer au dogme, central, du sacrifice Divin ; à l’inverse, le musulman ne peut pas accepter celui-ci sans remettre en cause le caractère Divin du Saint-Coran. C’est ainsi et il convient de toujours rappeler, clairement, ce hiatus fondamental en exergue de nos dialogues. Car, bien évidemment, il existe de nombreuses coupes transversales, à l’intérieur de nos démarches respectives, qui nous lient singulièrement et nous ouvrent à une meilleure « émulation dans les bonnes oeuvres ». Les aura-t-on entrevues en ce petit texte ? Amicalement et que la paix soit avec vous !
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Patrick Adam
8 septembre 2006 07:31
@ Ka
Je te remercie pour la beauté de ton texte. Je suis vraiment heureux que tu te sois exprimée ainsi sur un sujet qui m’intéresse beaucoup. Moi aussi je te répondrai un peu plus en détail plus tard. Ta description des maisons berbères est superbe. Si tous les Marocains avaient un oeil comme le tien et une sensibilité aussi lucide, le pays aurait décollé depuis longtemps.
A plus tard. Je t’embrasse. Patrick Adam
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Patrick Adam
8 septembre 2006 10:22
@ Ibraluz
Décidément pour un amateur (ou joueur) de rugby, vous n’avez retenu de ce jeu que le bottage en touche qui est loin d’être la phase la plus impressionnante d’une partie. Souffrez que je préfère les mêlées ou les coups de pied à suivre. la touche, c’est toujours quand on se sent coincé. Travestissant le verset du Coran que je vous ai cité : « Il [Dieu] vous propose des exemple tirés de vous-mêmes. Prenez-vous vos esclaves, que vos mains vous ont acquis, pour vos associés dans la jouissance des biens que nous vous avons donnés, au point que vos portions soient égales ? Avez-vous pour eux cette déférence que vous avez pour vous ? C’est ainsi que nous exposons nos enseignements aux hommes doués d’intelligence ». Vous nous sortez une nouvelle version façon Wall Street : « Messieurs les capitalistes prenez-vous vos ouvriers, que vous avez embauchés, pour vos associés, dans la jouissance des biens qu’ils vous font fructifier, au point que vos portions soient égales ? Avez-vous cette déférence que vous avez pour vous ? » Bien essayé, mais ça ne marche pas.
I - Une fois de plus vous faites semblant de déplacer le terrain de jeu en croyant qu’il peut se dérober sous nos pas comme un tapis volant. En effet, le verset cité (et je pense que je ne suis pas le seul à le juger ainsi) est une réflexion sur la l’attitude que l’homme doit avor envers Dieu et non un commandement pour assouplir les relations entre les humains. Les versets précédents et suivants attestent parfaitement de cette lecture. La votre n’est qu’un détournement. Mais vous pourriez aussi lire : « Messieurs les Martiens, prenez-vous les extra-terrestres d’Orion ou du Centaure que vous avez fait venir pour travailler sur votre planète, pour vos associés, dans la jouissance des biens qu’ils vous permettent d’exploiter avec vos vaissaux spatiaux, au point que vos dividendes soient égaux ? Avez-vous pour eux cette notion de justice sociale que vous avez pour vous ? »
Dans votre bottage en touche digne du grand Villepreux vous dites : « Il s’agit d’interrogations, apparemment. Rappeler aux classes possédantes leur comportement « traditionnel », tout-à-fait légal, voire constitutionnel, est-ce justifier celui-ci ? Je vous le demande. » Mais moi je vous demande : est-ce précisément le but d’un texte « sacré » de rappeler ces comportements ? Quel but cherche ce dieu qui envoie un délégué pour rappeler aux hommes ce qu’ils voient chaque jour et surtout pour FIGER les comportements les plus inhumains d’une société. Dois-je vous rappeler l’attitude que l’on rencontrait encore il y a peu en Mauritanie concernant « l’usage » des esclaves, tradition qui est rapportée par le chercheur mauritanien M. Abdallahi Hormatallah « jusque dans un passé récent, lorsque chez les Maures une esclave tardait à avoir des enfants, on pouvait l’attacher pendant quelques jours les jambes écartées pour satisfaire les gens du voyage passant par le campement, afin de faire naître de nouveaux esclaves ».
Vous osez écrire comme le pire des esclavagistes : « l’affranchissement a préservé le lien social, imposant, à l’ancien maître et au nouvel homme libre, un devoir mutuel et privilégié d’entraide... » Que dit M. Hormatallah à ce sujet : Chez les Maures, face à la multiplication des esclaves, une grande partie devient inutile aux tâches domestiques. On les place donc dans des campments isolés de ceux des maîtres. [c’est sans doute le « lien social » dont vous parlez]. Ils restent à leur disposition pour les réceptions de mariages, baptêmes, ou pour les guerres, et ils représentent la goire de la famille à laquelle ils appartiennent. Ce phénomène est propre à remettre en question l’avaluation du nombre d’esclaves en Mauritanie fournie par Human Rights Watch (100 000) qu’il faudrait revoir à la hausse." Texte écrit en 2005...
Figurez vous que des Hartani (esclaves affranchis) j’en ai vu quelques-uns à Smara et dans les alentours venir « servir » leurs anciens maîtres à l’occasion des mariages et j’ai été écoeuré de cette hypocrisie que vous appelez « lien social »... Les maîtres allongés sur des tapis comme des odalisques, incapables de faire un effort pour tendre la main povers un verre de thé, et servis de la façon la plus dégradante et obséquieuse qui soit par des hommes encore inférieurs à eux dans leur tête. Bel exemple d’humanisme pour les donneurs de leçons de morale à l’Occident corrompu....
Pour ce qui est de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, je pensais que vous mettriez un point d’honneur à nous montrer comment elle était perçu dans l’univers musulman et non les déficiences qu’elle rencontrait dans les pays occidentaux. Encore un superbe bottage en touche. Vous devriez prendre contact avec Jo Maso.
II - Pour ce qui est des textes fondateurs, vous dites : « Quant à l’affirmation selon laquelle « il existait différents recueils du saint Coran tout comme il y avait plusieurs évangiles », elle présuppose des différences CONNUES entre ces recueils, tout comme sont connues les différences entre les évangiles. »
Superbe bétise... Désolé, mais ça aussi, ça ne passe pas. Vous parlez de « différences connues » pour des textes qui ont tous disparu... Bravo. Je sais bien que vous croyez aux miracles (cf. votre tour de passe-passe sur la croix et tant de hauts faits à mettre au compte de Mahomet), mais la ficelle est un peu grosse. Différents Evangiles EXISTENT parce qu’ils ont été conservés par la tradition chrétienne (même certains apocryphes), les différents Coran ont tous été éliminés, exploit qui n’était pas difficile à accomplir à l’époque, d’autant qu’à ma connaissance que ce soit à l’université d’Al Azar du Caire ou ailleurs, il n’y a jamais eu d’« Enfer » comme il en existe dans la bibliothèque vaticane surtout après le bel incendie de la Bibiothèque d’Alexanndrie, exploit dû à l’émir Amrou Ben Al-as obéissant à un ordre du calife Omar venu de Bagdad.
Plus loin vous dites : « Il semble bien que vous n’ayez pas vraiment mesuré l’ampleur et la profondeur du caractère sacré du Coran pour les musulmans, et ce, dès les premières révélations mecquoises... » Mais mon pauvre monsieur, c’est parce que justement j’ai parfaitement « mesuré » cette « ampleur » que j’écris aujourd’hui sur ce que je vois des sociétés régies par ce texte fondateur. C’est précisément ce hïatus gigantesque entre raison et foi aveugle qui me font réagir et chercher où se trouve l’erreur. Vous parlez des premières révélations mecquoises, je veux bien, mais si elles avaient été aussi lumineuses pour tous les Arabes du coin, il y aurait peut-être moins de menaces dans ce texte. Car il semblerait au contraire que les « heureux bénéficaires » aient été un peu dur d’entendement.
Et dernière flèche, vous dites : « La suite du Saint Verset 217 de la sourate 2 précise : « Or, ils NE CESSERONT de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion ». Je vous concède que la traduction rend très mal le sens de « يla yazalouna », un inaccompli qui indique, ici, une absence de rupture, une continuité ininterrompue, dont vous devriez, cependant, comprendre l’esprit, vous qui combattez, sans relâche, notre religion « archaïque ». » Là excusez-moi, pour moi c’est du chinois ou de l’hébreu... Je ne comprends strictement rien à votre prose et lecture « éclairée ». Je baisse donc le rideau et je regagne derechef le domaine de la raison. Franchement je préfère lire un peu de Montaigne ou de La Bruyère.
Patrick Adam
PS. J’imagine que vous mettrez un point d’honneur à répondre aux différents sujets soulevés et pas d’en picorer deux ou trois au gré de votre fantaisie. Votre « honnêteté intellectuelle » s’en porterait sans doute un peu mieux. J’attends toujours (en autres, parce que la liste est longue de vos silences éloquents) votre interprétation sur le verset de la Sourate VI « Le bétail », verset 147 : « Pour les juifs, nous leur avons interdit tous les animaux qui n’ont pas la corne du pied fendue ; nous leur avons également défendu la graisse des boeufs et des moutons, excepté celle du dos et des entrailles, et celle qui est mêlée à des os. C’est pour les punir de leurs iniquités. Nous sommes équitables ».
Bon appétit.
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Patrick, lorsque je ne réponds pas, c’est qu’à mon sens, vos développements ne relèvent plus de l’argumentation. Lorsque je vous dis, par exemple : « Il n’existe, à ma connaissance, aucun Etat au monde qui ne situe le meurtre, en temps de guerre, dans le cadre du Droit. Et pas seulement, d’ailleurs, en temps de guerre : la répression sanglante à Sétif ou Constantine par les forces d’occupation françaises, illustre, sans commentaires, la raison légale d’un Etat - en l’occurrence, on ne peut plus laïc - à réprimer la sédition au prix de vies humaines ». Et que vous me répondez : « comparaisons oiseuses entre le comportement des Français à Sétif et celui de Mahomet à Médine. Mahomet colonisateur...Je n’en attendais pas moins de vous... »
Que voulez-vous que j’ajoute à cet échange ???
Concernant la Mauritanie, deux choses. Tout d’abord, je suis marié à une dame hartani et je vis régulièrement dans ce milieu depuis de longues années. Je le connais donc un peu. Les hartanis ne sont pas tous d’anciens serviteurs affranchis. Un grand nombre sont de vieille souche saharienne, sédentaires et cultivateurs, qui furent soumis à tributs par les pasteurs nomades. Ceux-là ne diffèrent des eznagas - autres tributaires - que par la couleur de la peau. Vous citez des cas extrêmes de barbarie. Je n’en avais connaissance et si je puis admettre que de tels errements aient pu se produire - l’horreur est, elle aussi, universellement humaine - j’ai trop d’exemples contraires pour accepter la généralisation, odieusement caricaturale, que vous suggérez.
Le « lien social, imposant, à l’ancien maître et à son affranchi, un devoir mutuel et privilégié d’entraide » est, ne vous déplaise, une réalité sociale en Mauritanie. Je l’ai constaté, moi-même, à divers endroits et reprises. Tel affranchi fait appel à son ancien maître pour une aide financière, des soins médicaux, le réglement de conflits juridiques, et répond à la demande de celui-ci pour des besoins sporadiques : service de réceptions, déménagements, etc. Ce lien a même un nom : mawla (« rapproché ») et correspond exactement à celui qui me situe, moi-même, en tant qu’étranger, à la famille qui dirige le village où je demeure. Par contre, vous auriez pu, à raison, critiquer le caractère « privilégié » de cette entraide. J’aurais du préciser : « relativement ». Les liens de famille immédiate, des grands-parents aux cousins, passent, en effet, avant ce lien, qui supère, cependant, au lien, plus général, de la tribu. Mais je m’étonne, cela dit, que votre « immense » culture saharienne n’ait point noté, dans les rapports même des forces d’occupation françaises, les nombreux exemples historiques de ces attachements, certes étonnants pour notre vision manichéenne des choses.
Vous évoquez : « la multiplication [en 2005 ???] des esclaves, dont une grande partie, inutile aux tâches domestiques, est placée dans des campements isolés de leurs maîtres ». Mon épouse, sa famille, ses amis, rigolent et demandent : où ça ? S’il subsiste, ici et là, quelques séquelles de l’esclavage - et pas seulement chez les maures,votre informateur « oublie » d’évoquer la situation chez les hal pulaar, les soninkés ou les wolofs (mais ça se voit moins : maîtres et esclaves sont de la même couleur) - la quasi totalité du peuple mauritanien est libre (d’où sort ce chiffre de 100 000 esclaves : 4 % de la population ??? C’est invraisemblable !) et les hartanis - plus de 50 % de la population désormais - sont une force politique à ce point incontournable que l’avant-dernier premier ministre appartenait à cette communauté...
Tout cela doit être compris dans le cadre d’une SOCIETE SANS SECURITE SOCIALE ETATISEE, qui vivait, il y a encore 50 ans, très majoritairement sous des tentes, structurellement marquée par des jeux de rôle (et non pas de compétences). Nul doute qu’il subsiste, encore, dans la tête de bien des anciens dominants (blancs ou noirs) des complexes de supériorité, ou d’infériorité dans celle d’anciens dominés. Cela existe un peu partout en Afrique, bien au delà de la sphère musulmane, et nous avons, nous aussi français, des tares analogues, issues de la coloniale et du capitalisme...
Vous confirmez, par ailleurs, votre incapacité à préciser la nature et la forme d’une quelconque différence entre les « versions » du Saint Coran, citées dans votre précédent post. Inutile donc de bâtir des hypothèses sur cette indigence... Mais pourquoi retomber dans votre travers, coutumier, en reprenant la désinformation connue, et réfutée de longue date, de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie ?? Tout d’abord, le prétendu « ordre » du khalife Omar n’aurait évidemment pas pu émaner de Baghdad, puisque cette ville ne fut fondée que près d’un siècle et demi plus tard, sous les abbassides... Secondement, la dernière bibliothèque alexandrine fut brulée, au début du 4ème siècle, par le patriarche orthodoxe Théophile. Pour mémoire, la dernière romaine (la Palatine) le fut, à la fin du 6ème siècle, sous le pontificat du très catholique Grégoire le grand. Vous devriez rendre, au moins, cette justice à l’islam, d’avoir sauvé, par son extraordinaire activité de récupération et de traduction de manuscrits antiques, un patrimoine de l’Antiquité, que, contrairement à une idée très scolairement répandue, le christianisme s’est longtemps ingénié à détruire ou occulter.
« Ce que je vois des sociétés régies par ce texte fondateur » : cet aveu de votre point de vue révèle, une nouvelle fois et incidemment, vos oeillères. Les sociétés musulmanes actuelles, notamment au Maghreb, sont un méli-mélo de confusions civilisationnelles où prédominent deux siècles de rapports variablement conflictuels entre l’Occident - notamment la France - et l’Islam (la majuscule signalant ici la civilisation plus que la religion). Vous ne pourrez pas produire un travail rationnel de qualité en gauchissant cette réalité à l’aune de vos convictions athées. C’est un peu comme si un américain blanc analysait l’état contemporain des populations amérindiennes, (mexicaines par exemple, qui ont, elles aussi, accédées à « l’indépendance »), à la seule lumière des mythes et croyances de ces derniers...
Explication grammaticale, ensuite, à propos du Saint Verset 217 de la sourate 2. Le verbe arabe s’organise en deux modes principaux : l’accompli - qui correspond à nos temps composés - et l’inaccompli, qui couvre tous nos autres temps. Cela pose certains problèmes de traduction. En l’occurrence citée, l’inaccompli « la yazoulouna » indique que les polythéistes, mois sacrés ou non, n’arrêtent et n’arrêteront jamais de tenter de détourner les musulmans de leur foi : leur combat idéologique n’entend aucune trêve. Essayez, Patrick, de relire le verset en ce sens :il est cohérent, même si vous ne le faites pas votre.
Quant au Saint Verset de la Sourate VI, puis-je vous suggérer de relire, tout d’abord, la liste des interdits alimentaires dressée dans le Pentateuque ? De vous adresser ensuite à un spécialiste juif de la question ? J’avoue, pour ma part, ne guère m’intéresser à cette question, qui demande une analyse un peu approfondie des conduites alimentaires à l’époque du prophète - P.S.L. - et de leur relation avec la foi... A l’heure des hamburgers-frites, permettez-moi de penser que ce Saint Verset ne hante guère les consciences populaires... Mais bon : si vous pensez y déceler un principe fondamental de notre religion, susceptible d’améliorer nos comportements actuels, je suis toute ouïe. Merci à l’avance de vos Lumières.
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Pour la réfutation concernant l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie, voir l’excellent ouvrage suivant :
• Luciano Canfora, La véritable histoire dela bibliothèque d’Alexandrie, traduit de l’italien, éd. Desjonquères, Paris, 1988
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Patrick Adam
8 septembre 2006 20:46
@ Ibraluz
Trop comique. Une fois de plus vous tombez plutôt mal. L’ouvrage (excellent c’est vrai) de Canfora, je l’ai sous la main... depuis plusieurs années, il figure en bonne place dans ma bibliothèque. Voulez-vous que je vous cite le passage de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie et l’ordre donné par le calife Omar. Je le ferai demain matin... si j’ai le temps.
Décidément vous êtes toujours dans l’allusion mal étayée ou pas étayée du tout... Pas de chance, désolé...
Patrick Adam
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Quant à moi, Patrick, je ne l’ai plus. Mais mes notes de lecture recoupent d’autres avis, dont chacun pourra mesurer le sérieux. Les voici.
Selon Paul Balta http://www.omarlecheri.net/ency/biblio.htm
Qui les a détruits ? On a accusé les Romains et les Arabes. A tort, démontre Luciano Canfora, au terme d’une rigoureuse enquête. Dans sa « Véritable histoire de la bibliothèque d’Alexandrie », l’auteur passe au crible les textes anciens dont ceux de Tite-Live et montre que l’attaque du port par Jules César en 47 av. J.-C., détruisit bien 40 000 rouleaux mais ceux-ci étaient uniquement des copies destinées à l’exportation.
Selon Luciano Canfora, le véritable responsable de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie est le patriarche Théophile qui, en 389 de notre ère, déclare la guerre aux païens. Il détruit d’abord le Serapeum de Canope (l’actuelle Aboukir) et, deux ans plus tard, s’en prend au Serapeum d’Alexandrie et aux deux bibliothèques. « Le bûcher des livres fait partie de la christianisation », constate Canfora. C’est le premier autodafé ! Après Alexandrie suivront Pergame, Antioche, Rome, Constantinople...
Selon le portail de l’Académie de Strasbourg http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/chateaub/bibalex.htm
Fondée par Alexandre le Grand, la ville égyptienne d’Alexandrie est célèbre pour la bibliothèque qu’elle possédait, et qui ne comptait pâs moins de 700 000 volumes. En réalité, cette bibliothèque ne fut pas brûlée par des musulmans comme l’affirme Chateaubriand ; elle disparut lors d’un incendie qui éclata lors de la révolte de la ville contre Jules César en 48-47 av. J.C.
selon wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que_d%27Alexandrie#_note-0
Reconstruite, elle est détruite à nouveau cinq ou six fois, la dernière en] 642 par le général ’Amr Ibn al-’As, obéissant au calife Omar ibn Al Khattab qui considérait que si les livres étaient en accord avec le Coran ils étaient superflus, et que s’ils contredisaient le Coran, ils étaient pernicieux, comme l’avaient fait les chrétiens lors des destructions précédentes. CE RÉCIT EST CEPENDANT DOUTEUX : EN EFFET LA PREMIÈRE SOURCE QUI RELATE CETTE HISTOIRE DATE DE TROIS SIÈCLES APRÈS LES FAITS, DE LA PLUME D’UN AUTEUR CHRÉTIEN. Reste que le contenu de la bibliothèque a bien disparu à cette époque, vraisemblablement pillée bien avant l’invasion arabe et, pour ce qui est des éléments les plus précieux, déménagée à Constantinople, la plupart des documents ayant été détruits par les Chrétiens eux même, soit par les pillards incultes n’ayant aucune idée de leur valeur, soit grattés pour être recyclés par les moines copistes afin de remplacer leur contenu profane, par des textes religieux.
Concernant l’activité destructrice du patriarche Théophile ↑ Edward Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, ch. 28.
Mais l’ouvrage de Canfora figure en bonne place dans votre bibliothèque. Où voulez-vous donc pousser le comique ?
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Patrick Adam
9 septembre 2006 22:05
@ Ibraluz
Demain je vous recopierai certains passages de Canfora concernant la destruction de la bibliothèque par Amrou ben al-As, sous les ordres du calife Omar. On parlera des hammams du Caire qui ont été chauffés pendant des mois avec les manuscrits... Instructif.
Bonne nuit - Patrick Adam
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Patrick Adam
11 septembre 2006 10:11
@ Ibraluz
Je prends bonne note de votre interrogation (et de votre bottage en touche) concernant votre comparaison des émeutes de Sétif avec le comportement de Mahomet. Comme vous le voyez j’aime bien aller au bout d’un raisonnement quel qu’il soit.
Pour ce qui est de la Mauritanie que je ne connais pas (mais je vis dans une société qui fonctionne sur les mêmes bases culturelles), les chiffres concernant l’esclavage parlent de 300 000 personnes, sans compter les esclaves qui se sont réfugiés au Sénégal dans les années 80 et qui n’ont toujours pas été admis à rentrer au pays malgré le changement de régime. Je n’ai aucune envie de m’étendre sur le sujet car je trouve particulièrement inhumains ces vestiges de sociétés basées sur un nomadisme que l’on présente depuis des millénaires comme s’apparentant au paradis perdu. Tu parles ! Y trouver un lien social ressort du même argumentaire qu’utilisaient les Sudistes américains au moment de la guerre de Sécession. Je me permets simplement de vous citer le proverbe qui a eu cours pendant longtemps en Mauritanie concernant les esclaves et que, d’après certains chercheurs du cru, on chante encore parfois dans les cours de récréation du pays ou dans la rue : « Trois choses ne disparaissent jamais chez l’esclave : dormir, voler et pisser au lit ».
Personnellement, je considère la société maure comme une société fossile au sein de laquelle on retrouve (j’ai eu plusieurs fois l’occasion de le constater) à peu près tous les défauts de structure des sociétés nomades du Proche Orient. Société de castes, de privilégés éhontés, de paresse sacralisée, de vide organisé, d’orgueil démesuré envers ses origines, etc... Ces sociétés sont terriblement archaîques et reposent sur la représentation (vous parlez de « jeu de rôle ») et non sur l’action. Les mots y ont plus d’importance que la réalisation qu’ils induisent. Voyez que le tableau que j’en dresse n’est pas du Le Clézio. Mais beaucoup de Marocains du Nord avec lesquels je m’entretiens partagent cette opinion, notamment les chleuhs.
Pour ce qui est des versions du Coran, maintenant que j’ai compris que vous fonctionnez avec des « fiches de lecture » et n’en confectionnant pas moi-même, je vais vous faire un aveu, je n’ai aucune envie de passer mon temps à fouiller dans des livres pour vous démontrer des évidences que vous balayez d’un revers du pied en bottant en touche. Je ne sais si vous avez lu Al-assiouty ou si vous avez « égaré » vos « fiches » le concernant, alors je vous livre une ou deux citations de cet auteur, et nous en resterons là car vous commencez à sérieusement me fatiguer : « Un hadith attribué au Prophète circulait durant les premiers siècles de l’hégire, attestant que le Coran a été révélé en sept haruf. [Ibn Abi Dawud donne au terme harf, le sens de recueil] Les divergences dans l’interprétation de ce hadith sont nombreuses, mais les uns interprétaient ce terme comme signifiant mushaf, recueil, et s’appuyaient sur ce hadith pour légitimer les recueils non canoniques. [...] Par ailleurs, Ibn Mas’ud refusa de livrer son recueil [à Uthman] pour être détruit. [...] Il recommanda à ses compagnons de cacher leur recueil et de le conserver en secret afin de compraître devant Allah aveccet acte louable, le jour du jugement. Le recueil d’Ibn Mas’ud devint ainsi un Coran apocryphe. Ibn Mas’ud fut destitué de ses fonctions [...] privé de toute ressource pour qu’il meure de faim : mort, il fut enterré de nuit. »
Je vais vous donner encore la possibilité de rafraîchir une de vos « notes de lecture » en vous citant un dernier passage : « Les hommes morts, leurs recueils ne périrent pas de si tôt. Encore à la fin du IVè siècle hijri, le recueil d’Ibn Ma’sud circulait en plusieurs exemplaires. Et, à ce qu’il semble, Ibn Ma’sud comptait des partisans jusqu’au Vè siècle hijri, car l’auteur du Kitab Al-Mabaâni (425/1033) consacre de longues pages pour réfuter les arguments du recueil d’Ibn Mas’ud. Avec le temps, lesrecueils apocryphes du Coran sombrèrent Actuellement, il n’en reste que des passages disparates cités par divers auteurs anciens, tout comme il en fut de l’Evangile des Egyptiens ou de l’Evangile de Marcion. Dans les deux cas, ces sont les recueils des PARTIS DES PAUVRES qui furent submergés. »
Partis des pauvres... Coran des pauvres... ça ne vous rappelle rien de ce que je vous disais il y a quelques jours. Vous croyez que je vais passer mon temps à me justifier derrière vous qui jouez les savants ? Je suis peut-être moins ignorant que vous le supposez. Bien sûr, si quand vous parlez d’islam à un Européen, vous prenez soin de ne le faire qu’avec quelqu’un qui ne s’est jamais penché sur la question, vous pouvez leur raconter n’importe quoi, comme vous pêtes en train de le faire avec d’autres. Mais voyez, ça ne marche pas toujours. « Subterfuge » - « tour de prestidigitation » - « manipulation » « apparitions d’anges sauveurs » amusez-vous tant que vous voudrez avec ces quolifichets métaphysiques. J’ai passé l’âge, et il y a très longtemps que je me suis engagé dans une autre voie.
Voilà donc pour vous remettre en face de votre « indigence ». Je crois donc que je vais vous planter là avec votre « savoir » qui me paraît un peu trop imbriqué dans une foi aveugle pour des textes trafiqués comme le sont tous les textes dits « sacrés ». Et dire que vous m’envoyez le Pentateuque à la figure comme pour me meurtrir. Mais mon pauvre monsieur si vous saviez ce que je me fous de la « pertinence » du Pentateuque, vous n’auriez pas commis cet impair de gamin dans la cour de récréation, qui dit « c’est toi qui l’a fait le premier »... Bof ! D’ailleurs ces « fameux » textes, quand ils ne sont pas trafiqués, commandent à un style de vie primitif, clanique, orgueilleux et privatif de liberté dont chaque homme, sur terre, mérite de se débarrasser au plus tôt. Entendre citer Adam, Enoch, Jacob ou Abraham au début du XXIème pour les donner en exemple à l’humanité me fait bouillir le sang devant la perpétuation de cette entreprise d’asservissement à des « castes supérieures » qui a si bien marché au fil des siècles. Je vous laisse donc naviguer dans ce monde primitif, qui proclame des vérités imbéciles et qui oblige les « gens de foi » à les triturer dans tous les sens pour tenter de les faire avaler à ceux qui s’accrochent encore à un bout de raison. D’ailleurs, vos fondus-enchaînés sur les prophètes de la Bible m’ont bien diverti. Mettre Abraham et Moïse dans un même sac n’a aucun sens, ni historique ni religieux. Parler de loi abrahamique est un non-sens, alors qu’il existe effectivement une loi mosaïque. Abraham est à l’origine d’une alliance, ce n’est pas un codificateur. Et pour ce qui est de son rapprochement avec Moïse, l’un était un nomade sémite, l’autre très certainement un artistocrate citadin égyptien qui s’est vu interdire l’entrée de la Terre Promise en raison de cette non-judéité. Mais vos rafistolages ne m’étonnent guère. A lire le Coran dans ses passages empruntés à la Bible, on reste effaré par le bricolage du copier-coller accompli par Mahomet.
Patrick Adam
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Patrick Adam
11 septembre 2006 12:08
@ Ibraluz mais surtout à tous ceux qui (honnêtement) veulent connaître le fin mot sur l’histoire de la bibliothèque d’Alexandrie
Citations tirées de l’ouvrage Luciano Canfora dont M. Ibra-lumière-éteinte me recommandait pieusement la lecture : « La véritable histoire de la bibliothèque d’Alexandrie » Editions Desjonquères Paris 1988 - Chapitre XVI - pages 97 à 112. Chapitre intitulé « Dialogue de Jean Philipon avec l’Emir Amrou ben Al-as qui s’apprête à incendier la bibliothèque ». Pour les sources concernant ce dialogue je laisse à M. Ibrapaumé se reporter à ss « fiches de lecture », s’il les retrouve.
« J’ai conquis la grande ville de l’Occident [...] et il m’est difficile d’énumérer ses richesses et ses beautés. [...] La ville a été conquise à la force des armes et sans aucun traité. Les musulmans sont impatiens de jouir du fruit de leur victoire » écrivait Amrou bel al-As au calife Omar. [on sait ce qu’il est advenu de la ville antique... on en cherche encore les traces...]
Canfora poursuit : « Les généraux byzantins entrèrent par deux fois au moins dans le port d’Alexandrie, et en furent chassés autant de fois par Amrou. Celui-ci, bien qu’à Bagdad [à propos, je suggère à M. Ibraluz d’écrire dérechef à Mr. Canfora afin qu’il rectifie son texte selon ses indications précédents concernant la fondation de Bagdad...] le calife eut renoncé à toute idée de destruction et de saccage, exaspéré par la répétition des attaques ennemies, resta fidèle à sa promesse de rendre Alexandre »accessible de tous les côtés comme la maison d’une prostituée« et fit démanteler les tours et une bonne part des murailles. » [notons au passage la noblesse de cette pieuse comparaison pour une des plus belles cités de l’Antiquité...]
Canfora ajoute : « Amrou n’était pas un guerrier inculte. [...] Au temps de l’occupation d’Alexandrie, le très vieux Philopon, l’infatigable commentateur d’Aristote, selon son très beau surnom, était encore vivant, comme le rapport Ibn al-Kifti dans son Histoire des Savants (mais certains au contraire en doutent). [...] Amrou commença à fréquenter ce vieillard car il était particulièrment séduit par ses arguments contre l’incroyable confusion chrétienne à propos de la trinité ».
Canfora s’étend alors sur les relations d’Amrou avec Jean :« Jean osa enfin un jour aborder, dans leur conversation quotidienne, l’argument que depuis longtemps il avait sur le bout de la langue, mais qui restait chaque fois inexprimé : »Tu as scellé tous les dépôts d’Alexandrie, et il est juste que toutes les marchandises t’appartiennent. Je n’y fais aucune objection. Mais il y a des choses dont ni toi ni tes hommes ne sauriez vous servir : je voudrais te demander de les laisser ici.« Amrou lui demanda quelles étaient ces choses, et il répondit : »Les livres du trésor royal. Vous avez mis la main dessus, mais je sais que vous ne sauriez pas vous en servir« . Amrou, surpris, se renseigna au sujet de celui qui avait rassemblé ces livres, et Jean commença à lui raconter l’histoire de la biblitohèque. »
C’est donc bien que ces livres existent et que les conquérants arabes ont mis la main dessus.
En ce qui concerne la génèse de ces livres et leur localisation, Canfora précise :« Où étaient et où se trouvaient en ce moment les livres d’Alexandrie, c’est un sujet qui mérite quelques éclaircissements. Trois cent cinquante ans plus tôt, la reine Zénobie, arabe de Palmyre [...] avait conquis puis perdu Alexandrie. Quand l’empereur Aurélien reconquit la ville, ce fut le quartier de Brouchion qui souffrit des dommages les plus graves. Quelques années plus tard, Dioclétien mit véritablement la ville à sac. Le Musée [...] dut subir d’énormes dommages. Dans l’attaque contre les temples païens de l’an 391, le Sérapéum [lieu où d’après Canfora se situait le bibliothèque] fut détruit. [...] Les livres, évidemment, avaient changé eux aussi, pas simplement dans leur contenu. Il ne s’agissait plus de rouleaux délicats d’autrefois [...] mais de parchemins élégants et solides, reliés en gros volumes, fourmillants d’erreurs à cause de l’oubli croissant du grec. Et désormais dominaient les écrits des pères de l’église, les actes des conciles, et les »saintes écritures« en général. »
Plus loin Canfora rapporte les détails du dialogue d’Amrou avec Jean Philopon : « C’est alors que Jean se souvint d’un livre qui avait joui d’une immense fortune parmi les écrivaisn grecs ; recopié, résumé, plusieurs fois remanié, aussi bien par les Juifs que par les chrétiens : le récit d’Aristée [Canfora décrit ce texte longuement dans les chapitres précédents]. En retouchant l’ancien récit, il poursuivit donc ainsi : »Quand le roi en fut informé, il dit à Démétrius « Crois-tu qu’il y ait d’autres livres sur terre que nous n’ayons pas encore ? » Et Démétrius : « oui, il y en a uune grande quantité en Inde, en Perse, en Géorgie, en Arménie, à Babylone et ailleurs aussi. » Le roi s’émerveilla en l’entendant et répondit : « continue donc à les chercher ». Et il procéda dans cette recherche jusqu’à sa mort."
Canfora précise : « Dans cette réélaboration arabe, le monde apparaît bien plus grand, et l’objectif du recueil complet des livres bien plus vaste que dans le récit original d’Aristée. »
Suite du dialogue de Jean Philopon avec Amrou : « Et bien, ces livres [...] continuèrent au fur et à mesure à être conservés et gardés par les souverains et leurs successeurs jusqu’à nos jours » Amrou comprit que Jean lui parlait de quelque chose de très important ; il se tut un moment, puis ayant médité sa réponse, il dit à son ami :« Je ne peux disposer de ces livres sans la permission d’Omar mais je peux lui écrire, et lui rapporter les choses extraordinaires que tu m’as dites ». Et c’est ce qu’il fit."
Précisions techniques fournies par Canfora : « une lettre mettait en moyenne douze jours de navigation pour parvenir d’Alexandrie à Constantinole ; elle en mettait un peu plus pour parvenir jusqu’à Bagdad [que M. Ibraluz n’oublie son courrier rectificatif à l’intention de l’auteur défaillant] [...] et il en fallait autant pour la réponse. Ainsi, pendant un mois environ, le destin de la bibliothèque fut lié à la réponse d’Omar. »
Canfora rapporte que pendant ce temps, certains Grecs ralliés à la cause des musulmans mirent en doute la parole de Jean Philipon en affirmant que tous les livres d’une quelconque importance avaient brûlés lors des différents saccages que la ville avait subie. Amrou interrogea alors Jean Philopon à ce sujet. Tout le monde se rendit sur les restes du Sérapéum. Philopon réfuta les arguments des contradicteurs. Canfora écrit : « Amrou écoutait admiratif les mots clairs et concrets du Juif, si différents du ton inconsistant et insinuant de son informateur zélé. »
Dans sa poursuite du récit, Canfora restitue l’ambiance d’angoisse qui recouvrait tout ce qui touchait à ces livres. La discussion se poursuivit durant plusieurs jours, tant le sujet semblait inextricable. plus loin, Canfora reprend le fil des évènements : « Tandis qu’ils s’accordaient une pause [...] l’envoyé d’Omar, à peine débarqué à Alexandrie, rejoignit l’émir dans la demeure de Jean. Amrou lut le message : »quant aux livres que tu m’as désignés, voici ma réponse : si leur contenu est en accord avec celui d’Allah, nous pouvons nous en passer, puisque dans ce cas le livre d’Allah est plus que suffisant.S’ils contiennent au contraire quelque chose de différent par rapport au livre d’Allah, il n’est aucun besoin de les garder. Agis et détruis-les« . Il est facile d’imaginer la déception et le désespoir des deux. [...] Et pourtant à quoi d’autre fallait-il s’attendre d’un dévot bigot comme Omar - ruminait Amrou : de quelqu’un qui avait été capable, semble-t-il, d’empêcher le prophète mourant de dicter un second livre, en hommage à l’idée qu’il ya avait déjà tout dans le Coran ? »
Tiens, tiens, est-ce que ce paragraphe n’accréditerait pas mon point de vue sur l’existence de plusieurs corans, et sur la manipulation des textes par les puissants entourant Mahomet...
Fin du récit de Canfora :« Il n’était plus possible[après la réponse du calife], ni de bon goût, de rester présent plus longtemps. En silence, évitant d’inutiles politesses, Amrou quitta à jamais la maison de Jean. Obéissant fidèlement à la réponse du calife, il entreprit l’oeuvre de destruction. Il fit distribuer les livres à tous les bains d’Alexandrie pour qu’on s’en servit comme comme combustible pour les étuves qui les rendaient si confortables. »Le nombre de ces bains - écrit Ibn al-Kifti- était bien connu, mais je l’ai oublié« . (Ils étaient quatre mille, comme nous le savons par Eutichius). » On dit-il, poursuivit-il, qu’il a bien fallu six mois pour brûler tout ce matériel. Seuls les livres d’Aristote furent épargnés".
L’étude de M. Canfora se termine sur ces mots. Les chapitres suivants sont consacrés aux différentes sources de son récit.
J’ai fait cet important effort pour récopier ces différents passages, non pour rafraîchir les notes de lecture de M. Ibraluz qui me semble définitivement irrécupérable quant à sa notion d’honnêteté intellectuel, car il s’imagine s’adresser toujours à des ignares. A croire qu’il en a l’habitude dans son entourage. J’espère que ces précisions seront utiles à ceux qui s’interrogent sérieusement sur ce crime culturel. Il va sans dire que les musulmans ne sont pas les seuls à en avoir commis. Nous avons appris à reconnaître les les notres, qu’ils aient donc la délicatesse et le sens de l’honneur de commencer à reconnaître les leurs, au lieu de s’obstiner à vouloir toujours les reporter sur les autres ou de les perdre dans les méandres d’une dialectique minable.
Patrick Adam
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Bonjour,
C’est très intéressant en tout cas. Personnellement ce que vous dîtes sur les « harufs » m’interpellent assez : il existe dans nos traditions des variantes du Q’Ran dans les traditions islamiques. Nous les appelons « variantes » car dans l’islam il ne s’agit pas de textes considérés comme différents, mais bien plutôt comme englobant. Un hadith rappelle même que deux hommes se disputant à propos de la véracité d’un même verset exprimé de deux manières différentes ont été trouvés notre Prophète Muhammad qui leur a affirmé que tous deux avaient raison puisque c’est lui-même qui le leur avait appris.
Cdt
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Merci de toutes vos précisions concernant Assiouty que je n’ai effectivement jamais lu et dont j’avais seulement entendu parler. Je n’ai donc rien à ajouter à vos commentaires, tant que je n’en ai pas vérifié le fonds. J’ai la chance de disposer autour de moi, sur place et via Internet, de gens très sérieux, musulmans ou non, qui pallient souvent à mes lacunes, ça aide, même si ça prend un peu de temps. A plus tard, donc, sur la question, qui mérite contre-expertise...
Vos propos concernant la Mauritanie sont tout simplement caricaturaux et infamants, et votre présence au sein d’« une société qui fonctionne sur les mêmes bases culturelles » ne cesse de m’étonner. Parler « d’esclaves qui se sont réfugiés au Sénégal dans les années 80 » fait preuve d’une ignorance crasse de l’histoire récente de ce pays. Les réfugiés du Sénégal, qui retournent actuellement, en masse, chez eux, étaient des opposants ethniques (surtout hal pulaar) au régime d’ould Taya. Qu’ils aient utilisé, souvent démesurément, l’argument de la « persistance » de l’esclavage dans leur lutte contre le pouvoir maure, ne fait pas de celle-là une vérité. Quant au chiffre de 300 000 esclaves (plus de 10 % de la population totale !!!), c’est du n’importe quoi à la puissance énième !
Vous réagissez au texte concernant les thèmes centraux des « religions du Livre ». Je dis d’habitude : religions « occidentales » du Livre, signifiants par là qu’à l’est de l’Eurasie, il existe un certain nombre d’autres religions (en Inde, notamment), fondées sur des Textes sacrés. Mais abrégeons. Je m’emploie à rappeler ces thèmes, tels qu’ils sont perçus par la majorité des croyants de chaque religion, pas à les juger ou les dénigrer ; ça, c’est votre affaire, et votre sens si particulier de la tolérance, dont vous vous êtes pensé, en cet article, imprudemment l’arbitre. Je le soulignais dans mon intervention : « Il est, bien évidemment, inutile - sinon, impossible - d’argumenter sur de telles positions de foi ». Voilà pourquoi j’adressais le message à des chrétiens, susceptibles d’en méditer le contenu...
Encore une fois, vous m’attribuez des excès de vocabulaire qui ne m’appartiennent pas : où aurais-je parlé de « loi abrahamique » ? J’ai dit : « Avec Abraham - P.S.L. - apparaissent les premiers signes d’un code (la circoncision, le sacrifice du bélier) » : ce n’est pas tout à fait la même chose...
Enfin, ne m’attribuez pas, également, ce qui vous appartient en propre. C’est en effet vous-même qui avez établi une « comparaison entre les émeutes de Sétif et le comportement de Mahomet », je n’ai rien à voir avec cette ineptie. Vous parler de dégagement en touche : vous avez le pied bien faible, jeune homme...
A priori, et à part le cas Assiouty qu’il me reste à traiter en profondeur - et soyez sûr que si mes recherches étayent ses propos, je n’hésiterai pas à vous en informer, reconnaissant en ce cas, votre essai transformé, il serait temps tout de même ! - je pense que vous pourriez clore ce débat sur la tolérance, où je vous vois de moins en moins fringant. Nous nous retrouverons ailleurs, les sujets de confrontation ne manquent guère et, pourquoi pas, de rencontre : il me semble qu’on n’a pas, encore, suffisamment fouillé notre humanité commune. Une fois sifflée la fin de la partie, commence la troisième mi-temps, c’est souvent la plus enrichissante... Bonne fin d’ouvrage, donc, et à bientôt !
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. Votre post sur la bibliothèque d’Alexandrie a croisé le mien. Il va donc falloir y revenir. A bientôt.
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Baghdad fut fondée le 1er août 762 (calendrier julien) par le khalife Al Mansour. Omar ibn Al Khattab est décédé en 644 ; Amrou, le conquérant de l’Egypte, en 664.
Vous avez beau jeu, Patrick, de jouer au chat et à la souris, concernant un ouvrage que vous avez sous les yeux, alors que je ne l’ai plus moi-même. Ayez donc l’obligeance de nous citer la source du dialogue que vous citez, et L’ANALYSE QU’EN FAIT CANFORA. Les 100 dernières pages de l’ouvrage s’appliquent, justement, à situer et critiquer les différentes matériaux de son travail. Il y démontre, notamment, le caractère légendaire du récit que vous citez, la référence à Baghdad prouvant, en autres et incontestablement, sa rédaction tardive...
Mes notes de lecture, anciennes - elles datent de 1992 - ne sont guère plus explicites. Mais je prends contact avec des amis en France qui sont assez bien placés dans la recherche universitaire pour vérifier cette affaire. Quel qu’en soit le résultat, soyez, encore une fois, certain que je ne manquerais pas de le faire connaître à tous vos lecteurs. Je n’exclue pas de m’être trompé de référence et je n’accepte pas, non plus, de laisser planer une quelconque suspicion sur votre honnêteté intellectuelle. Je vous prie, Patrick, d’en faire de même. Merci.
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Comme Papy, je dois confirmer que, nouveau venu sur AgoraVox, j’apprécie énormément chacun de vos articles, qui font preuve d’une rare hauteur de vue. Ce qui manque de plus en plus cruellement dans les médias « traditionnels ».
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Patrick Adam
11 septembre 2006 16:59
@ Ibraluz
Vous ne m’avez pas compris. Ne croyez pas que je vais vous suivre sur d’autres fils.Vous vous trompez. Ainsi que je vous l’ai annoncé, je vais vous abandonner là. Je vous adresserai plus directement la parole, mais je continuerai de combattre votre tentative d’intoxication par les moyens que je trouverai à ma convenance. J’ai perdu assez de temps avec vous. Vous êtes foncièrement malhonnête. Votre conversation ne m’intéresse plus. Votre fréquentation non plus. Je rejoins ce que pense le Marsu sur ce point. Vous êtes un islamiste borné, intégriste, qui a subi un lavage de cerveau et qui compte bien en faire subir au plus grand nombre. Vous ne connaissez rien de l’histoire réelle de la Mauritanie, ni de l’histoire en général. Vous êtes comme tous les pseudos intellectuels, vous vous gavez de mots creux et ronflants et vous ne regardez jamais la misère dans laquelle vos mots tiennent le monde. Vous êtes puant de suffisance. Je vous considère comme une nuisance. Alors exprimez votre propagande comme vous l’entendrez. J’espère que vous serons assez nombreux à montrer que vous n’êtes que du vent.
C’est quand même autre chose de parler avec Ka ou wrysia. Elles sont humaines. Vous, vous êtes une machine intégriste. Vous êtes totalement déshumanisé.
Puis que vous fuyez sur d’autres fils, je vais poster une copie de ce texte là où vous tentez de vous pavanner maintenant.
Patrick Adam
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Patrick Adam
12 septembre 2006 11:24
@ Ka Le bouddhisme pacifique ? Je veux bien dans certains cas (Gandhi) mais ça reste la société la plus inégalitaire qui soit sur la planète. Pour ce qui est des religions dans leur ensemble, depuis que je me suis défait de celle qu’on avait tenté de m’imposer, je n’ai jamais arrêté de m’intéresser à leur histoire surtout quand j’ai eu la chance d’aller vivre pour la première fois dans le monde musulman. En fait, cet intérêt est né avant, lors d’un voyage dans le nord de la Grèce. Je me souviens avoir débarqué à Igoumenitza et avoir été époustouflé par le changment de style de vie qui s’étalait dans les rues d’une ville européenne qui avait subi pendant longtremps l’influence des Turcs. Je n’en revenais pas. Je connais l’Espagne et l’Italie, et je me retrouvais là dans un monde totalement irréel pour moi. Plus exotique encore que dans Tintin et le sceptre d’Ottokar« . A Salonique, l’impression avait été plus forte encore. C’est pourquoi, quand j’ai débarqué quelques années à Annaba, en plein ramadan du mois d’août, j’ai cherché à aller plus loin dans cette perception de mondes contradictiores et pourtant s’interpénétrant les uns dans les autres. Je pense que ma »qualité" d’agnostique (c’est à dire de neutre) me donne un avantage non négligeable par rapport à ceux qui se sentent pris par un engagement déterminé (et parfois même prédéterminé).
Ainsi, pour ce qui est des anges et des démons, mon esprit cartésien ne peut que faire un blocage. J’accorde à de tels conepts une valeur poétique et symbolique identique à celle qu’on peut trouver dans les mythologie égyptienne et grecque (mais ces mythologies vont nettement plus loin dans leur représentation du monde et des rapports des hommes avec l’inconnaissable). Je ne peux cependant les concevoir comme faisant partie d’une doctrine philosophique rationnelle, et il me semble précisément qu’il serait temps que l’islam remette ses pendules à l’heure à ce niveau là. Le problème posé par le bien et le mal est vieux comme le monde, du moins depuis que des systèmes de pensée codifiés ont cherché à en rendre compte pour mieux les canaliser. Les réponses d’aujourd’hui ne sont pas toutes celles d’hier. Tu dois t’en rendre compte chaque jour.
Bien sûr Mahomet fait un saut dans le temps. Et pas n’importe lequel. En remettant les Arabes dans une filiation directe avec Abraham (par l’intermédiaire d’Ismaël chassédans le désert par Abraham) il renvoiela religion qu’il invente aux prémices du monothéisme et non aux enseignements futurs qui peu à peu en ont découlé. Bien sûr, je considère que le Coran est son « oeuvre », non qu’il l’ait écrit comme on écrit aujourd’hui un roman ou un reportage, mais qu’à travers des « illuminations » personnelles sur lesquelles un psychologue pourrait revenir, il a fait passer un enseignement en utilisant le canal le plus subtil qu’il avait à sa disposition dans le monde arabe : c’est à dire la poésie. Mahomet était un poète incantatoire. Aujourd’hui encore, les musulmans arabophones que je connais s’émerveillent tous sur la beauté de langue du Coran et me disent qu’ils y voient le Verbe de Dieu. Sais-tu qu’au Maroc circule un ouvrage débile qui se vend dans tous les kiosques et qui s’intitule « le Langage d »Adam". son auteur y prétend qu’Adam parlait l’arabe... Plus nul, difficile à trouver... Tu dois savoir qu’à Jamaä al F’na à Marrakech, on peut écouter pas mal d’orateurs qui ont un don pour la parole certain. Des centaines de gens viennent les écouter pour jouir de leur faculté de redessiner le monde à leur façon. J’en connais un qui est extraordinaire : les gens l’appellent Karl Marx. Je me suis fait traduire quelquefois ce qu’il raconte. Il est capable de donner des leçons de géopolitique à tous les experts bardés de diplomes (dont le comique alexandre Adler cher aux pitres d’Agoravox) qui pérorent à longueur de journée à la télé. En d’autres temps, il aurait pu faire un bon prophète.
Quand je dis : « La connaissance pouvant représenter la destruction de l’islam ». J’aurais dû ajouté « et de toutes les religions ». Mais la question induite est alors de savoir pourquoi l’islam a fermé la porte de la connaissance. Vieille question qui remonte à la Bible et au soi-disant péché originel : le pommier étant le symbole de « l’arbre de la connaissance ». Quant au « succès de l’islam » à la conquête, il est dû essentiellement à la simplification et à l’unification doctrinale qu’il a su imposer à des peuples qui s’entredéchiraient depuis des siècles sur des points dogmatiques auxquels le commun des mortels ne comprenaient plus rien. Le succès de l’islam, c’est avant tout : la Trinité c’est trop compliqué, alors on laisse tomber, et Dieu ne vous interdit pas d’épouser plusieurs femmes si ça vous chante et si vous en avez les moyens. Avec ces deux principes plus une distinction fiscale entre les croyants et les autres, on peut comprendre que pas mal de gens se soient laissés tenter. Quant aux récalcitrant (dont les Berbères pendant des siècles) ils ont été peu à peu réduits au silence ou à la conversion forcée.
Quand tu dis : « Les répétitions dans le Coran peuvent ressembler à du bourrage de crâne pour un non-croyant mais pour nous cela reste un rappel pour éviter de trop nous égarer même si l’on est pas parfait et qu’il nous arrive des fois de vivre dans l’insouciance, c’est même parfois agréable, il nous faut nous rappeler que tout ça c’est du vent (attention je ne dis pas que ce que l’on vit dans cette vie n’est pas important), mais c’est éphémère, pour nous ce n’est qu’un test et pour entrer au paradis il faut avoir plus que la moyenne et ce rappel constant c’est une sorte de « je vous avais prévenu » de Dieu, « vous ne pourrez pas vous plaindre et dire que vous ne saviez pas ». » je me dis que cette vision du monde n’est guère encourageante en ce qui concerne le bonheur que l’on promet à l’homme et elle montre que Dieu ne lui fait pas beaucoup de confiance pour améliorer son sort sur la terre. tout pour l’au-delà, mais ici on se débrouille avec ce qu’on a et on attend que dieu fasse sa comptabilité là-haut. Ce qu’on peut constater du reste dans nombre de communautés musulmanes. Où est la notion de bien collectif comme nous en parlions plus tôt, la notion de justice sociale, de répartition, de respect des plus faibles, etc... Il me semble qu’à moins s’occuper de l’unicité de Dieu ou de sa supposée profusion, il aurait été plus efficace de travailler un peu plus ces concepts.
Pour ce qui est de mon passage : « Mohamet en fait donc une compilation adaptée aux Arabes en utilisant deux principes de marketing bien rôdés : le premeir la répétition d’un message de base devenant peu à peu subliminal. Le second, la promesse d’une récompense : la description du paradis dans le Coran occupe elle aussi une place qui n’existe ni dans la Bible (les Juifs n’y croyaient guère) ni dans les Evangiles. Mohamed en fait un « argument de vente » décisif (cf. la conversion de la première tribu nomade à l’islam, les Banou Damrah, purs Arabes qu’a connus le colonel Lawrence). A quoi aspire le nomade sinon à la douceur de l’oasis après la rudesse des perres qui roulent sous les pieds, à l’abondance après les privations, aux caresses des femmes après la morsure du vent et du sable. « Ils séjourneront dans le séjour élevé, où l’on entend aucun discours frivole. On y trouvera des fontaines d’eaux courantes, des sièges élevés, de coupes préparées, des coussins disposés par séries, des tapis étendus. Coran Sourate LXXXVIII - »Le voile" versets 10/16). Je passe sur d’autres descriptions plus précises encore. Technique que reprendra le vieux de la Montagne à Alamut quand il s’agira de combattre les califes de Bagdad, avec ses Hachichins. Rien de tel, ni dans la Bible ni dans les Evangiles. L’iconographie sa crée a amplement utilisé le thème du jardin paradisiaque et des flammes de l’enfer, mais cette technique est une INTERPRETATION du message initial destinée à une communauté ne savant ni lire ni écrire, et non pas une représentaion littérale de ce message. » Je ne peux que le reprendre sans en changer une virgule. Mahomet écrit pour des nomades et on retrouve dans le Coran tous les grands mythes qui ont été forgés dans le Proche Orient ancien : répartition des terres de pâture et contact entre les différentes tribus (Isaac, Ismaël), formation de la tribu et du clan (Joseph), droit d’ainesse (Jacob et Esaü), fixation d’un lieu de prière (et de commerce) consacré à la divinité et tenu par une caste de profiteurs (Salomon), aumône et place des pauvres (Job et Joseph), sacrifice du mouton ou de tout autre animal élevé par les nomades (Abraham), la femme au coeur du système d’identification collective et non individuelle (Sarah, Loth et sa femme), sexualité (Sodome et Gomorrhe), etc... etc...
Bien sûr, je parle en tant qu’athée. Mais je reconnais que ces mythes ont parfois été utiles à la prise de conscience des humains de se constituer des règles de vie commune. Je me dis seulement qu’aujourd’hui ce stade a été amplement dépasser, et qu’à se référer à des règles, il serait temps qu’on les adapte au temps présent, et parfois même qu’on en change radicalement tant certaines paraissent d’un autre temps (notamment celles que je cite concernant les rites sacrificiels). Alors quand tu dis : « Et nous considérons que c’est un honneur pour la bête de se sacrifier pour Dieu et nourrir les hommes. » Excuse-moi, mais ça ne passe pas car pour moi on n’a rien demandé à la bête pour savoir si c’est son « honneur ».
Pour ce qui est du concept de Trinité, ouvrir un tel sujet nous entraînerait trop loin. Un jour je te communiquerai quelques réflexions à ce sujet, mais pour le moment je préfère les garder pour moi, je n’ai aucune envie que des rapaces du genre d’Ibraluz (que je considère comme un terroriste à visage intellectuel) m’obliger à dévoiler mes batteries. Pour ce qui est des guerres, il faut faire la différence entre celles qui ont eu des buts politiques et économiques et celles qui ont été menées au nom d’un idéal religieux. Il n’est pas bon de nier l’existence des secondes, ni du côté de l’islam, ni du côté du christianisme, du fait que ces deux religions ont prétendu à l’universalité. Et on peut que s’inquiéter de voir l’islam intégriste reprendre ces combats un peu partout dans le monde, sous l’oeil trop souvent indifférent (ou tout au moins gêné) des autres musulmans qui n’aspirent qu’à vivre en paix.
Bien à toi. C’est toujours agréable de parler avec toi. Tu as l’art d’apaiser toute les discussions même en t’affrontant à ceux qui ne partagent pas ton point de vue. J’en reste admiratif. Je t’embrasse. Patrick Adam
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Gandhi n’était pas bouddhiste : c’était un brahmane hindouiste. Quant au bouddhisme, s’il est fondamentalement pacifique dans ses enseignements, les bouddhistes, eux, peuvent être très violents, comme tout le monde. Voir par exemple ce qui se passe au Sri Lanka depuis 1983 : plus de 60 000 morts. Et pour avoir passé pas mal de temps en Thaïlande, je peux témoigner du fait que c’est une société très violente derrière ses sourires.
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Salut Marsu comment tu vas ? Et merci pour les précisions sur les bouddhistes.
Bisous.
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Bonsoir Patrick Adam,
J’espère que vous prendrez la peine de lire ce (je devine) très long post, mais c’est pour la bonne cause : en toute honnêteté, je vous cite le verset concernant le combat des muslims contre les non muslims. Voici donc : Sourate Al Baqara-La Vache.
« 2.190. Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n’aime pas les transgresseurs ! 2.191. Et tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : l’association (-Fitna-) est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »
Alors, je m’attèle !! J’ai fait quelques recherches et me suis entretenue avec une amie qui lit couramment l’arabe littéral : le terme arabe désignant le terme associationisme désigne indifférement-et pas seulement- aussi le mot trouble, vous le connaissez peut-être c’est le terme de « fitna ». Elle définit que ce terme possède différentes acceptions : il peut désigner, selon le contexte, le désordre, la colère, l’associationisme, la folie... Elle m’explique le sens du verset comme suit : Il ne s’agit pas de combattre les associateurs contre la croyance en Dieu Unique pour eux-mêmes, mais bien plutôt de préserver les muslims contre le trouble et cet associationisme, considéré, dans l’islam, comme le pire des pêchés avec le polythéisme. Donc, elle m’explique qu’il faut comprendre le verset en ce sens : L’association est pire que le meurtre ou la mort (fitna), le trouble pour le muslim, par pour l’associateur. Il s’agit pour le muslim de ne pas renier sa foi après l’avoir établit, donc selon elle la compréhension la plus juste serait celle-ci : Il est moins pire pour le muslim de mourir au combat plutôt que de devenir mécréant, car de toute façon l’associateur est associateur, il s’agit avant tout de préserver le muslim de renier Dieu et de devenir mécréant donc si ses ennemis tentent de le faire apostasier en le combattant, il est du devoir du muslim de se défendre lui et les siens. Ceci rejoint assez ce que j’ai pu trouvé de pertinent sur le djihad- très mal traduit sous le terme de « guerre sainte » alors qu’il signifie la lutte, l’effort- est autorisé seulement en islam pour se défendre contre les agresseurs : Ce qu’on appelle en occident « légitime défense ». Mais le musulman n’a pas le droit d’attaquer le premier une personne ou un pays . Le verset coranique est clair. Ce djihad n’est autorisé que pour défendre sa religion contre les agressions, défendre ses biens, sa personne, sa famille : Il est à noter que comme l’affirme Muhammad Patel notamment (enseignant de l’île de la réunion) : selon certains savants (comme Wahba Az Zouheïli parmi les contemporains qu’il cite), tous les versets du Qour’aane ou les Hadiths qui exhortent à la lutte armée concernent exclusivement les groupes de belligérants hostiles aux muslims et à l’islam, suivant ce qui est énoncé, notamment : « Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n’aime pas les transgresseurs ! » Wahba Az Zouheïli base son avis notamment sur le fait que bon nombre de savants ont stipulé clairement que, en temps de guerre, il n’est pas permis aux soldats musulmans de nuire aux femmes, aux enfants non musulmans, aux chefs religieux : Il déduit donc, à partir de là, que les musulmans ne combattent pas ceux qui ne luttent pas contre eux... Mais cette approche ne fait pas l’unanimité entre les savants musulmans.
Voilà l’interprétation la plus générale que j’ai pu trouver, notamment en me basant sur celle d’Ibn Kathir. De toute façon, si on veut être honnête si petit djihad-combat pour ses droits et ceux de la société- il doit y avoir, c’est certainement dans bon nombre de pays dit « muslims » qu’il doit avoir lieu. Les muslims jouissant d’une liberté de culte dans beaucoup de pays occidentaux, à bon entendeur...
Bonne soirée
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Salut wrysia, je suis contente de te revoir ici.
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Bonjour Ka, Ca m’intéresserait que tu me dises ta perception du verset en question et si tu rejoins cette interprétation de certains ulamas.
Paix à toi.
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Bonsoir wrysia,
J’ai lu ton post et j’essayerai de te répondre ce week-end inchaallah.
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Bonsoir Wrysia,
Je rejoins assez le point de vue de ton amie concernant ces deux versets. Mais je dois avouer que je ne suis pas la mieux placée pour te parler de traduction car je ne parle pas l’arabe littéral mais je sais le lire et l’écrire et parle un peu l’arabe « darija » que l’on parle entre autre au Maroc. Je le comprends et je peux discuter avec quelqu’un en darija mais je ne serais pas très à l’aise. Je regrette beaucoup le fait de ne pas avoir appris l’arabe, mes parents parlent essentiellement chleuh à la maison, surtout ma mère qui ne parle pas du tout français et très mal l’arabe, contrairement à mon père qui parle aussi bien l’arabe que le chleuh et se débrouille pas mal en français et je discute surtout en français avec lui car je me sens plus à l’aise dans cette langue. Je me fie donc aux différentes versions françaises du Coran pour ce qui est de la traduction. Je possède chez moi la version de Muhammad Hamidullah. Voilà comment il traduit ces versets que tu cites :
« 190 - Et combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Vraiment, Dieu n’aime pas les transgresseurs !
191 - Et tuez ceux-là, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : la persécution est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la sainte Mosquée avant qu’ils ne vous y aient combattus. Donc, s’ils vous combattent, tuez-les. Telle est la récompense des mécréants. »
Voici la version de Kazimirski :
« 186 - Combattez dans la voie de Dieu* contre ceux qui vous feront la guerre. Mais ne commettez point d’injustice en les attaquant les premiers, car Dieu n’aime point les injustices. »
*L’expression : combattre dans la voie de Dieu est consacrée pour la guerre sainte, ou pour la cause de Dieu en général.
« 187 - Tuez-les partout où vous les trouverez, et chassez-les d’où ils vous auront chassés. La tentation à l’idolâtre est pire que le carnage à la guerre. Ne leur livrez point de combat auprès de l’oratoire sacré, à moins qu’ils ne vous y attaquent, s’ils le font tuez-les. Telle est la récompense des infidèles. »
Une autre version trouvée sur le net :
« 191 - Et tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée Sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »
Les 3 versions se rejoignent dans l’ensemble si ce n’est certaines expressions comme : transgression/injustice, combat/guerre, sainte Mosquée/oratoire sacré/Mosquée Sacrée.
Mais c’est vrai que c’est très différent quant il s’agit de la traduction du mot « fitna » persécution ou association/tentation à l’idolâtre. En effet comme tu le dis ce mot englobe un tas de significations pas toujours proches.
J’ai trouvé ce petit article sur Wikipédia qui semble aller dans le même sens que ton amie concernant la signification du mot dans ce verset :
“Fitna (فتنة) est un mot arabe, généralement considéré comme très difficile à traduire. Il est employé souvent pour se rapporter à la guerre civile, au désaccord et à la division dans l’Islam et fait référence spécifiquement à un moment impliquant des épreuves de la foi, semblables à la tribulation dans l’eschatology chrétien. Le mot implique également des significations comprenant le schisme, la secession, le bouleversement et l’anarchie.
La limite vient s’est à l’origine rapportée au raffinage du métal pour enlever la crasse [1], mais est devenue commune dans des écritures apocalyptiques et est employée souvent pour se rapporter à la première guerre civile islamique, en CE 656-661, à une lutte prolongée pour le caliphate après l’assassinat 656 de l’ibn Affan d’Uthman de calife. Le deuxième Fitna, ou la guerre civile en second lieu islamique, est habituellement identifié comme conflit de la CE 683-685 parmi l’Umayyads pour la commande du caliphate. Le troisième se rapporte aux taifas à la fin du calife de la règle de Córdoba.
Les traductions variables de Qur’anic démontrent une partie de la confusion que cette limite a engendrée :
(8 : 39) « ne les combattent ainsi jusqu’à ce que là est plus d’incrédulité (fitnah) et tous soumettent à la religion seul d’Allah (dans le monde entier) » (8 : 39) « et combattent avec eux jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution (fitnah) et la religion devrait être seulement pour Allah »
La signification de la limite est illustrée dans la littérature apocalyptique par des personnes sous la contrainte morale et psychologique extrême pour compromettre un élément de leur foi en échange pour le gain mondain, et parfois en échange pour leurs vies. Elles sont faites à ont choisi, souvent ne sachant pas exactement ce qui est bon et ce qui est mauvais [2].
Selon Orientalist Gilles Kepel, le « fitna est parfois traduit par le sedition, qui est le fait que la communauté musulmane est réduite en fragments parce qu’il a perdu le sens des proportions et des réalités, du maslaha, et qu’il est donc fourni aux démons de l’extrémisme et va vers sa chute. C’est le jihad qui retourne comme boomerang à l’intérieur et affaiblit la communauté. Le fitna est la crainte obsédante des ulemas puisque l’Islam existent. » [3]”
En ce qui concerne l’allusion à la “Mosquée Sacrée” ou “sainte Mosquée” comme tu dois t’en douter il s’agit de la Ka’ba : “masjid lharam” = mosquée sacrée, dans la sourate, la Ka’ba est aussi appelée “biyt lah lharam” = maison sacrée de Dieu. Peut-être s’agit-il ici du combat qui aura lieu peu de temps avant la fin du monde durant lequel la Ka’ba sera détruite (un des grands signes de la fin du monde).
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Bonjour Ka,
Tes recherches et explications sont vraiment pertinentes, il est en effet très frustrant de ne pas savor lire l’arabe littéral pour le comprendre. Du coup mon amie qui maîtrise l’arabe et moi le français faisons des lectures croisées qui nous permettent d’aller un peu plus au fond des choses et d’éviter au mieux les contresens...
A bientôt !
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Patrick Adam
13 septembre 2006 13:37
@ wrysia
Merci pour ces explications très intéressantes mais qui démontrent parfaitement que l’islam ne pourra jamais faire passer globalement un message de non-violence comme a pu le faire le christianisme. Nous sommes même aux antipodes de deux discours sur la violence et sur l’engagement de l’homme envers ce qu’il considère comme la divinité : le musulman peut devenir un combattant au sens guerrier du terme quand il se sent agressé, mais l’histoire démontre amplement que les musulmans n’ont pas eu besoin besoin qu’on vienne les combattre chez eux (ce qui n’a jamais été le cas, au moins dans la péninsule arabique, avant l’arrivée des Turcs ), posture qui, en théorie et d’après les textes fondateurs, est interdite au chrétien (cf. l’épisode tant commenté de Pierre tranchant l’oreille du centurion romain).
Il faut cependant resituer dans son contexte historique le verset dont nous avons parlé. Il se place au lendemain d’une première escarmouche qui fit le premier mort tué par un musulman, au nom de Dieu, et il précède de peu la bataille de Badr. Le sang vient de couler au nom de l’islam, un butin a été ramené à Médine en période de trève de dieu. Le fait est considéré par les Arabes comme un sacrilège suprême puisqu’il défait les lois fondamentales qui règlent la vie des nomades. Mahomet est obligé de justifier ces actes précis tant auprès de ses disciples qu’auprès des Juifs avec lesquels il a scellé un pacte d’alliance. L’interprétation qu’on peut en faire des siècles plus tard ne doit pas masquer cette réalité historique. Mahomet se trouve dans une situation des plus contradictoires. Il s’isole avant de pouvoir y répondre, en essayant de faire coller au mieux sa réponse avec le code d’honneur des nomades qu’il vient de transgresser. Le seule explication qu’il peut trouver étant naturellement que la la raison de Dieu est toujours la meilleure. A noter que les terroristes qui se font sauter aujourd’hui au nom d’Allah ne disent pas autre chose.
Bien à vous Patrick Adam
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Bonjour,
Merci d’avoir prit le temps de répondre ! Il ne s’agit pas pour moi de nier quoi que ce soit, mais bien plutôt de voir ce qu’en disent les exegèses très généralement car il est évident que des points de vue s’affronte, notamment sur les raisons de l’attaque des muslims de la Caravane en question-considérée à l’origine de la Bataille de Badr.
Je persévère de toute façon dans mes recherches... !
Lorsque vous évoquez cette escarmouche en question, vous entendez qu’il s’agit d’un acte commis avant la prise de la Caravane en question et que ce serait ce meurtre là, cette « bourde » des muslims, qui serait à l’origine de la Bataille selon vous ?
Cdt
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ibraluz
13 septembre 2006 17:30
Bien, Wrisya, pour ce beau commentaire sur le sens de la fitna... Patrick, voici les premiers résultats de mon « appel à témoin ».
De Paul Balta, ce 13 septembre 2006
Bonjour,
je croyais que vous étiez à Paris, et je voulais vous proposer de vous prêter le livre ou de venir le consulter chez moi.
Je viens de retrouver le livre qui est d’une lecture complexe. J’ai retrouvé les ch XVI, P 97 à 112 qui confirme ce qu’a dit votre interlocuteur.
Mais dans d’autres chapitres, il infirme cette thèse. Je n’ai pas le temps de rechercher car je dois aller faire des examens médicaux.
Néanmoins, dans Les Bûchers, p 205-206, Canfora écrit : " Une expérience douloureuse survint. La guerre des chrétiens contre l’ancienne culture et contre les sanctuaires : contre les bibliothèques justement. La scène de l’évêque Théophile lancé à l’assaut du Sérapéum telle qu’elle est représentée par Gibbon pourrait faire fonction de modèle général« (longue citation). Puis : »Le bûcher des livres fait partie de la christianisation."
C’eût été évidemment plus facile, si j’avais eu encore le livre sous la main ou si vous aviez eu le courage de citer les réfutations du témoignage que vous avez si abondamment utilisé... Cela dit, je ne conclue rien de ce trop court message et j’attends d’autres courriers, notamment de Luciano Canfora, lui-même, qui serait, bien évidemment, décisif.
En attendant, j’avoue préférer avoir, le plus tôt possible, le loisir de m’excuser, plutôt que de vous quitter sur la plus triste des constatations. Au plaisir, souhaitons-le nous, d’un plus grand respect mutuel...
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Si vous désirez absolument avoir ce livre sous la main : http://www.priceminister.com/offer/buy/613296/Canfora-Luciano-La-Veritable-Histoire-De-La-Bibliotheque-D-alexandrie-Livre.html
Si vous êtes sur Paris vous pouvez aller le feuilleter à la fnac de la place des Ternes.
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Extrait de la fiche de lecture du bulletin des bibliothèques de France
[...]
« Tous les utilisateurs célèbres de la bibliothèque d’Alexandrie défilent sous nos yeux. On lit avec un plaisir particulier les pages relatant le séjour de Diodore de Sicile à Alexandrie et sa méthode de compilation pour rédiger les quarante-deux rouleaux de sa Bibliothèque historique ; celles consacrées à Didyme d’Alexandrie ou à Strabon qui a fourni le plan exact de la bibliothèque. Selon L. Canfora, et sa démonstration emporte la conviction, la bibliothèque ne fut pas détruite pendant l’incendie de la ville, au moment de la campagne de César en Égypte, mais les rouleaux furent sacrifiés, au VIIe siècle de notre ère, par l’émir Amrou Ben Al-As, sur l’injonction du calife de Bagdad. »
[...]
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ibraluz
15 septembre 2006 13:37
à Wrisya
Le verset II - 191 n’est pas révélé au moment cité par Patrick : il est beaucoup plus tardif.
Le verset relatif à l’anecdote citée par Patrick est celui-ci :
II - 217 : « Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. - Dis : “Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants . L’association est plus grave que le meurtre.” Or, ils ne cesseront de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion. Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement. »
La confusion vient, probablement, de la présence, au sein des deux Saints Versets, de la même phrase : « L’association est plus grave que le meurtre ». J’ai évoqué, plus haut, au sujet de ce verset, certaines difficultés de traduction, notamment des modes et des temps verbaux : la méconnaissance de l’arabe est un écueil dangereux dans la lecture du Saint Coran... Oua salam.
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Effectivement, merci pour ces précisions utiles.
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Bonsoir Patrick,
Il y a deux jours j’ai posté un message sur ce fil et il a disparu aujourd’hui, je sais que ça ne vient pas de toi mais je ne comprends pas car le message n’avait rien de diffamatoire, d’injurieux, de commercial ou de raciste.
Enfin c’est pas grave je le reposterai plus tard. Bonne nuit à toi.
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Patrick Adam
16 septembre 2006 07:39
@ Ka
Bonjour
Je ne comprends pas ce qui se passe avec tes commentaires. Bien sûr je n’aurais jamais demandé que l’un des tiens disparaisse. Prends l’habitude de faire une copie avant de poster. Mais il serait intéressant que tu interroges la Rédaction pour savoir ce qui s’est passé exactement et où on va.
A plus tard donc. Moi aussi j’ai envie de t’écire un peu plus longuement. bises. patrick Adam
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Patrick Adam
16 septembre 2006 08:10
@ Spirou
Merci Spirou, décidément aussi précieux que le Marsu. Franquin a eu une bonne descendance...
L’ouvrage de Canfora, ainsi que je l’ai mentionné plus haut, se divise en deux parties (d’inégale longueur). La première reconstitue les démarches qui ont prévalu à la création de la bibliothèque et à la politique d’acquisition qui a eu cours pendant des décennies pour en constituer le fonds. Canfora traite également de façon particulièrement détaillé de l’incendie qui ravagea la ville durant la campagne de César. Sa contribution démontre de façon on ne peut plus claire que cet incendie ne peut concerner qu’un dépôt de livres stockés dans un entreport du port et très certainement destinés à une autre bibliothèque du bassin méditerranéen (peut-être Pergame).
La seconde partie de l’ouvrage détaille les sources qui ont servi à sa rédaction. Elle fait ressortir l’entreprise idéologique d’Edward Gibbson qui, parlant de l’incendie ordonné par Omar, écrivait : « Ce fait est surprenant ». Etrange commentaire de la part de quelqu’un qui se veut historien... Où réside la surprise... Et d’ajouter :« Le rigide décret d’Omar était en opposition avec les préceptes sains et orthodoxes des casuistes musulmans, lesquels déclarent formellement [sic] qu’il n’est jamais licite de livrer aux flammes les textes religieux des Juifs et des chrétiens, acquis par droit de guerre ». Il n’est donc pas étonnant que M. Ibraluz-vascillante soutienne un tel point de vue. Qu’il s’aventure sur ce terrain tant que ça lui chante. quant à moi, je ne vois pas l’intérêt de discuter avec des « érudits » qui n’ont que ce genre d’arguments à leur disposition.
Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que si je n’avais pas insisté et si je n’avais pas eu le livre de Canfora qui est en bonne place dans ma bibliothèque, son mensonge serait passé comme une lettre à la poste et c’est lui qui m’aurait fait passer pour un falsificateur... C’est qu’on a l’habitude d’affirmer ce qu’on veut chez les « doctes docteurs en islamisteries ». On touille les sauces à sa convenance, en croyant qu’en face il n’y a que des abrutis. D’ailleurs, c’est souvent une question de réflexe inconditionné : quand on voit la soupe que sert la propagande islamiste à ses ouilles, il n’y a pas photos question niveau intellectuel tant pour les l’émetteur que pour les récepteurs.
Bien à vous. Patrick Adam
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Patrick Adam
16 septembre 2006 09:17
@ wrysia
Exemple de manipulation des textes dits « sacrés » par le docte docteur en islamisteries mauritaniennes :
Je n’ai jamais cité le verset 191 de la sourate II qui est : « Employez vos biens pour la cause de Dieu et ne vous précipitez pas de vos propres mains dans l’abîme. Faites le bien, car dieu aime ceux qui font le bien ».... Ni les versets 189 & 190 : « Combattez-les jusqu’à ce que vous n’ayez point à craindre la tentation, et que tout culte soit celui du Dieu unique. s’ils mettent un terme à leurs actions, plus d’hostilités. Les hostilités ne seront dirigées que contre les impies. »Le mois sacré est pour le mois sacré. S’ils vous attaquent dans l’enceinte sacrée, agissez de même par droit du talion. Quiconque agira violemment contre vous, agissez de même à son égard. Craignez le Seigneur, et apprenez qu’il est avec ceux qui craignent."
Je me suis par contre bel et bien référé au verset 214 (et non 217) de la sourate « La Génisse » qui, dans les deux traductions que je possède du Coran, est : « Ils t’interrogeront sur le mois sacré ; ils te demanderont si l’on peut faire la guerre pendant ce mois. Dis-leur : la guerre dans ce mois est un péché grave ; mais de se détourner de la voie de Dieu, ne point croire en lui, et à l’oratoire sacré, chasser de son enceinte ceux qui l’habitent, est un péché encore plus grave. La tentation à l’idolâtrie est pire que le meurtre [certains traducteurs ont lu »pire que le carnage« ]. Les infidèles ne cesseront point de vous faire la guerre tant qu’ils ne vous auront pas fait renoncer à votre religion, s’ils le peuvent. Mais ceux d’entre vous qui renonceront à leur religion et mourront en état d’infidèlité, ceux-là sont les hommes dont les oeuvres ne profiteront ni dans cette vie ni dans l’autre. Ils sont voués au feu où ils resteront éternellement. »
Comme vous le voyez, il n’y a pas plus de répétition de la même phrase concernée dans les deux versets cités que de beurre dans une sauce catalane. Nous sommes en pleine fumisterie qui veut passer pour de l’érudition. On en redemande.
D’autre part, la lecteur du verset 214 correspond bien à l’épisode concerné de l’embuscade voulue par Mahomet à Nakhlah pour s ’emparer d’une caravane de paisibles commerçants qoraïchites qui viennent de Ta’if et transportent des raisins, du vin et des peaux. A la suite de cet acte de pillage particulièrement sacrilège pour n’importe quel Arabe, Mahomet qui se trouve alors à Médine, est dans l’embarras, vu le pacte d’alliance qu’il a signé avec les tribus juives (pas le temps de revenir là-dessus) ainsi qu’avec quelques tribus bédounes (donc arabes) d’anciens pillards, notamment les ghifars commandés par Abu-Dhar. Il fait mettre le butin sous séquestre et ordonne ne de pas y toucher... Attitude qui prouve la gravité de la situation. Une commission envoyée par les qoraïchites arrive alors à Médine pour racheter les prisonniers. Chaque homme est libéré contre 1 600 dirhams, à l’exception de l’un d’entre eux qui se converti à l’islam. L’incident est donc réglé suivant les conventions en vigueur chez les bédouins et non suivant de nouvelles lois « divines ». Mais il en va autrement pour ce qui est de faire passer la pillule auprès des Juifs et des tribus habituées à vivre de pillages et qui n’admettent pasque Mahomet ait enfreint cu dode séculaire qui permettait à chacun de vivre plus ou moins convenablement dans une région du monde où toutes les richesses voyageaient régulièrement par caranes. Mahomet a dû attendre plusieurs jours que l’ange Gabriel veuille bien le « visiter » et lui « communiquer » le verset déjà cité.
Il ne sert donc à rien d’affirmer gratuitement que ce verset est « descendu » plus tard.... Et pas la peine de nous refaire le sempiternel couplet des difficultés de traduction du Coran. M. Ibraluz nous prend encore une fois pour de sombres crétins. Si Dieu avait voulu que tout le monde le comprenne, il n’avait qu’à s’expliquer plus clairement.
Bien à vous. Patrick Adam
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Patrick, La version du coran que tu as en main est celle traduite par Kasimirski, qui a aussi rédigé la biographie de Mahomet donnée en préface.
Cette traduction, qui fait autorité, date du XIXe siècle (1840), c’est celle par laquelle les francophones, depuis plus d’un siècle et demi, ont découvert le Coran.
Les musulmans déconseillent la traduction de Kasimirski, lui préférant d’autres versions où les traducteurs ont délibérément adouci le texte en contournant la signification des mots.
Dans cette version, le verset II-191 donne ce que tu as dit :« Employez vos biens pour la cause de Dieu, et ne vous précipitez pas de vos propres mains dans l’abîme. Faites le bien, car Dieu aime ceux qui font le bien. »
La version d’Ibraluz est celle traduite par le professeur Mouhammad Hamidullah (Paris, France), que Dieu le préserve. Elle a été révisée et éditée par la présidence générale des directions des recherches scientifiques islamiques, de l’ifta, de la prédication et de l’orientation religieuse (Riyad, Arabie Saoudite) puis publiée en 1990 sous le titre « Le Saint Coran et la traduction en langue française du sens de ses versets ». Cette version hypertexte a été réalisée grâce aux efforts conjoints de plusieurs frères et soeurs notamment ceux et celles de Grenoble (France), Chambéry (France) et Sherbrooke (Canada). La première version mise sur l’Internet a été effectuée par les frères et soeurs de l’A.M.U.S.
Le verset II-191 dit :« Et tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »
La version dite « musulmane » est là
C’est toujours la même tactique, un non musulman ne peut savoir parler de ces choses là !!
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Bonjour Patrick,
Je viens de faire des recherches sur internet des corans en ligne et je crois qu’en fait il s’agit d’un gros malentendu avec Ibraluz : par ex. le verset que vouc citez 191, correspondrait à 195. Ensuite, dans le verset 189-190 que vous citez de votre ouvrage, moi je tombe sur le 191 qui dit : « Et tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. » Où le terme apparaît ainsi qu’en 217 qui dit « Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. - Dis : “Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants . L’association est plus grave que le meurtre.” Or, ils ne cesseront de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion. Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement. » Où le terme apparaît également.
Concernant le verset 214, voici ce que je trouve « Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n’avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés ; et ils furent secoués jusqu’à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : “Quand viendra le secours d’Allah ? ” - Quoi ! Le secours d’Allah est sûrement proche » et celui que vous citez correspondrait dans la version que j’ai trouvé au numéro 217 effectivement.
Il est possible que le décompte des versets diffèrent selon les multiples versions (c’est peut être pour cela qu’en fait vous ne parliez pas des mêmes verset puisque n’ayant pas les mêmes numéros). En gros peu importe les numéros s’il n’y a pas de différence entre les contenus. Ceci dit, si ça vous intéresse je peux jeter un oeil chez une amie qui possède également deux corans, dont un en arabe entièrement, ainsi ça pourrait être bien plus clair...
Cdt
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Courouve
16 septembre 2006 14:31
Des extraits du Coran relatifs à la violence envers les infidèles :
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Patrick Adam
16 septembre 2006 14:27
@ Bulgroz
Merci pour ces précisions. Effectivement la traduction dont je me sers pour le Coran est celle de Kazimirski - j’ai une édition des classiques Garnier que je trimbale avec moi depuis le temps où je traînais en Algérie. A noter qu’on peut toujours se la procurer au Maroc. Elle y est même éditée avec le texte arabe en parallèle pour ceux qui veulent comparer...
Traduction ou pas, les faits que je rapporte concernant le rêve de Mahomet après l’embuscade de Nakhlah sont bel et bien réels. Le verset du Coran que j’ai cité correspond de façon flagrante à la gestion du doute qui s’est emparé des « croyants » après cette sérieuse enorse au droit bédoin. On peut me raconter ce qu’on veut sur la traduction, je m’en fous. Et si les musulmans n’avaient pas voulu qu’on se plante, ils n’avaient qu’à transcrire le Coran dans un ordre chronologique, et non dans l’ordre totalement imbécile qui va de la sourate la plus longue à la plus courte... Jamais rien vu d’aussi débile (faut dire qu’ils avaient voulu imiter les chrétiens qui avaient classé les épîtres de Paul de la même façon...)
Patrick Adam
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@Patrick Adam,
Je me suis autorisé à intervenir dans votre discussion car j’ai feuilleté le livre de Canfora à la fnac des Ternes il y a quelques mois..... Il me semblait donc normal de proposer à votre interlocuteur une solution afin qu’il puisse constater par lui-même la véracité de vos dires et cesser par là même cette discussion oiseuse. J’ai été personnellement confronté à ce type « scepticisme » et je sais que c’est une expérience très désagréable.
En général,j’y mets un terme assez rapidement en utilisant une simple technique. Si vous disposez d’un scanner, je ne peux que vous encourager de reproduire les passages(Pour ma part, j’utilise un simple espace msn) Vous constaterez que cela coupe court à toute polémique inutile.
Concernant le raid de Naklha, vos références sont exactes concernant le verset utilisé par Mahomet pour justifier cette expédition qu’il avait soigneusement planifié(choix des hommes chez les émigrés et non chez les Ançars, instructions claires mentionnées dans l’enveloppe pour s’assurer seulement du concours d’homme sûr cf les deux désertions, parcours sinueux pour atteindre l’objectif ) D’ailleurs, ce raid est important dans l’histoire de mahomet car c’est l’un des épisodes où le pouvoir du prophète de l’islam vacille en raison d’une faute politique. Je parle de faute dans la mesure où il a très mal évalué la réaction des médinois. En revanche, le dénouement de cette histoire montre tout son génie politique. D’autre part, d’après les annalistes, il s’agit de la première fois où l’on mentionne la façon dont le butin va être distribué et donc la part qui revient à mahomet(cf sîra I,601-606). On peut donc considérer que cet événement est essentiel dans l’élaboration des matériaux qui serviront ultérieurement à la codification du jihad.
L’épisode est relaté dans la sîra Tabari Mahomed sceau des prophètes(Histoire des prophètes et des rois Tome II) actes sud p.130-134 voir aussi ibn ichâm la biographie du prophète mahomet(Texte traduit et annoté par Wahib Atallah)p.189-191 *
* Ce choix d’ouvrages en français même si leur traduction et leur contenu laissent parfois à désirer et disponibles dans les grandes enseignes de commerce culturel) répond aux contraintes courantes auxquelles peuvent être confrontées les lecteurs lambdas. Pour les autres, les traductions allemandes sont les plus fidèles et ne sont pas caviardées même s’il est toujours conseillé de lire les textes en version originale.
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@ à Ka vous avez dit « certains éléments qu’il contient ne pourraient émaner du prophète qui n’était alors qu’un pauvre berger analphabète. »
Pourquoi faire passer Mahomet pour un illettré ?
L’illettrisme de Mahomet procède d’une tendance apologétique. Le raisonnement islamique consiste à affirmer que l’origine divine du Coran est validée par le fait que ce livre fut révélé par un illettré, qui de ce fait n’avait pu tirer son enseignement d’une consultation directe des textes des différents courants religieux de l’Arabie préislamique(principalement des différentes sectes juives et chrétiennes). De même ce principe permet de renforcer au maximum le contraste entre l’humilité de Mahomet sur le potentiel de son capital culturel et sa grandeur comme Messager. De plus, ce mythe sert à renforcer un autre mythe islamique : la langue arabe a été créée grâce au coran.
Pour faire croire à l’illettrisme du prophète, les islamistes essayent de s’appuyer sur le coran en proposant une traduction fausse de certains mots.
L’assertion sur laquelle se fonde l’illettrisme de mahomet s’appuie sur l’épithète ummi(seulement employé dans les versets médinois) que l’on retrouve notamment dans la sourate 8 verset 156-157 qui donne à ummi le sens d’ignorant qui ne sait ni lire ni écrire(interprétation que l’on retrouve dans le Tafsir de Tabari pour la sourate 2 verset 93-96 et que l’on retrouve chez des orientalistes comme Kasimirski, Montet etc)
Dans la sourate 62 verset 2 on lit « C’est lui qui a envoyé par les ummi un Apôtre issu d’eux qui leur dit Ses signes et leur enseigne le Livre et la Sagesse quoiqu’ils fussent auparavant dans un égarement évident. »
Dans ce passage comme dans d’autres, le terme ummi désigne les Arabes paiens, qui à l’inverse des juifs et des Chrétiens, n’avaient reçu aucune révélation et vivaient par conséquent, dans l’ignorance de la loi divine. Dans le Tasfir d’at-Tabari, nous retrouvons un certain nombre de Traditions remontant à Ibn ’Abbas qui mettent ce sens en avant ; Ainsi dans Tabari 296 ligne 15 sqq nous avons « Les Ummiyyûn sont des gens qui ne déclarent véridique aucun Apôtre envoyé par Allah, ni aucune Ecriture révélée par Lui, mais qui forgent un « écriture » de leurs mains ». Par la suite Tabari dit que cette acceptation n’est pas celle de l’arabe et retourne à sa première interprétation.
Nabi ummi ne signifie donc pas « prophète ignorant » « illettré » mais « Prophète des Gentils » et l’épithète dérivée du mot arabe umma, réfère très certainement à l’hébreu ummôt hâ-olâm(les nations du monde, les Gentils) que les Juifs de Médine devaient bien connaître.
Les islamistes comme d’autres individus sont persuadés que l’Arabie était peuplée de Bédouin inculte. Or, les sources historiques démontrent le contraire. L’on sait que dans un centre commercial comme la Mekke, nombreux étaient ceux qui savaient tenir un calame(tige de roseau etc). Dans les villes, l’homme qui savait manier un roseau et déchiffrer un écrit jouissait d’une certaine considération. Ainsi, selon Balâdhuri nous savons qu’Omar, Othman, Ali, Abu-Suyan et son fils Mu’awiya-puis les noms des deux tribus arabes de Yathrib connaissaient l’écriture arabe-parmi lesquels nous trouvons des futurs secrétaires de Muhammad, Zayd fils de Thâbit et Ubayyi fils de Ka’b.
Nous savons que Mahomet est embauché comme intendant pour gérer les affaires de khadidja. A ce titre, il s’occupe d’acheter et de vendre des marchandises au niveau international(commerce notamment avec le pays du Sham). Or, cette fonction implique la connaissance de l’écriture et du calcul. Dans l’économie antique, ces compétences spécifiques peuvent même permettre à un individu d’échapper à un statut infamant(cf le parcours de l’esclave-intendant puis marchand international affranchi Trimalcion dans Le Satiricon de Pétrone)
D’autre part, ces lieux d’échanges fréquentés par Mahomet ont été influencés par les commerçants grecs, puis romains et byzantins mais aussi perses. Dans ce cadre géographique, les marchands n’utilisent que le contrat écrit pour passer leurs transactions commerciales. L’on sait aussi qu’une critique récurrente des contemporains de Mahomet se focalise sur les marchands qui se sont transformés en financier d’expéditions. Mais les faits en faveur d’une alphabétisation de Mahomet nous viennent des sources islamiques elles-mêmes.
Dans la tradition, il existe une preuve qui démontre le savoir faire de Mahomet dans le domaine de l’écriture. Cela se passe à al Hodaïbiyya, mahomet et le délégué mekkois Sohaïl décident de rédiger un pacte, Mahomet fait venir un scribe et commence à dicter une formule liminaire. Mais Sohaïl arrête net mahomet et lui dit : « Ecris ! Comme tu écrivais [jadis] : « En ton nom ! O Seigneur ! » Il est évident qu’içi Sohaïl fait allusion à quelque écrit de la main de Mahomet avant son départ de la Mekke et peut-être antérieur à sa prédication.
De même, une série des Traditions nous montrent Mahomet, à l’article de la mort, réclamant une omoplate de chameau(ou un parchemin selon d’autres) avec une écritoire, afin de rédiger son testament politique. Nul ne s’étonne de l’exigence et si l’on n’y satisfait pas, c’est simplement parce que la faction d’Abou Bakr et de Aïcha s’y oppose pour faire pièce à la faction d’Ali.(cf Ibn Sa’ad, II, 36-8 )
De plus, deux passages du Coran mettent en cause les compétences littéraires de Mahomet. Dans le premier il est accusé d’avoir écrit lui même des récits rédigés par les Anciens et qui lui étaient dictés matin et soir » En réponse, il nie pas le fait de l’écriture, mais se borne à rétorquer que « celui qui connaît les secrets des cieux et de la terre a fait descendre » Coran 25, 5-6 Récits rédigés asâtîr avec la racine STR ; écrire soi-même, iktataba, à la forme réfléchie de KTB, que l’on devrait traduire par « se les écrire/les écrire pour soi-même ; dicter, amla.
Dans le second passage, il est soupçonné d’utiliser ou contrer les Ecritures saintes antérieures ; en réponse, il dit qu’il ne « récitait aucune Ecriture ni n’en écrivait de sa propre main avant celle-ci » c’est-à-dire la sienne propre. Coran 29,48 « Ecrire/tracer » avec la racine Khtt qui désigne la graphie puis désignera la calligraphie ; « de sa propre main », bi-yamînihi, littéralement « de sa main droite ». La seule équivoque qui subsiste dans le contexte de la second citation joue précisément sur le passage d’une écriture(Kitâb) celle des juifs ou des chrétiens, à l’autre(Kitâb), la sienne propre. Dans l’un et l’autre cas, le vocabulaire est plus qu’explicite sur l’opération d’écrire. On voit de plus, dans le second passage, que le fait d’écrire intervient en parallèle complémentaire avec celui de réciter liturgiquement. Ainsi, le verbe « réciter(à haute voix) » est içi TLW que l’on retrouve sous la même forme en syriaque syro-palestinien pour dire « hausser/ élever(la voix, les yeux, la tête etc) »
On voit que Mahomet sait écrire dans ce que la tradition musulmane appelle la constitution de Médine.
Ibn ishâq (341- 344 numérotation Wensinck)dit : "Le Messager de Dieu rédigea un écrit ayant trait au Emigrants et aux Ançar, écrit par lequel il établissait un traité et une alliance avec les Juifs, les confirmait dans leur religion et leurs possessions , leur donnant certains droits et les obligeant à certains devoirs. « Au nom de Dieu, le Miséricordieux, le Compatissant ! Ceci est un écrit de Mahomet le Prophète, concernant les croyants, les Musulmans Koréishites, ceux de Yathrib, ceux qui les suivent, qui leur sont attachés et qui guerroient avec eux etc »
Mahomet n’était donc pas illettré. Cela ne l’empêchera pas de faire appel à des secrétaires pour élaborer la rédaction du coran tout comme Napoléon en avait pour rédiger ses ordres.
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Spirou j’ai lu votre post, je le trouve très intéressant, j’essayerais de vous répondre avant la fin de la semaine si j’ai le temps.
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@ Spirou
Avant de vous répondre j’aimerais d’abord que l’on fasse une distinction entre ces deux termes :
Analphabète : qui n’a jamais appris à lire ni à écrire.
Illettré : qui ne maîtrise ni la lecture ni l’écriture.
En voyant ces deux définitions j’utiliserais plutôt le mot « illettré » que vous avez cité pour désigner le prophète et non pas le mot « analphabète » que j’avais utilisé, car il n’est pas impossible qu’il ait pu apprendre à lire et à écrire à un moment de sa vie.
Spirou peu importe que ce que vous croyez ou ce que je crois.
On a deux cas de figure concernant le prophète :
Premier cas de figure : il était illettré, ce qui est fort probable puisqu’à cette époque que se soit en Arabie ou ailleurs très peu de personnes étaient lettrées, seuls les riches et les religieux savaient lire et écrire, puisque c’était les seules personnes qui avaient la possibilité de recevoir un enseignement. Le prophète, quand on regarde sa biographie ne semblait pas appartenir à l’une de ces catégories à la naissance. Il est en effet né dans une famille pauvre et devenu orphelin de père très peu de temps après sa naissance et de mère à environ l’âge de six ans. Ensuite il a été accueilli tout d’abord par son grand-père qui était alors très âgé, ensuite à la mort de celui-ci il fut accueilli par son oncle. Pendant toute sa jeunesse passée chez eux il était berger. Un jour son oncle voyant que sa situation financière empirait a proposé à son neveu de travailler pour une riche commerçante qui s’appelait Khadija et qui allait devenir sa première épouse. Dans son partenariat avec Khadija il était chargé de livrer les marchandises par caravane aux différents clients et de rapporter la somme perçue au retour de chaque voyage. Mais il n’était pas seul puisqu’il était accompagné d’un « esclave » qui travaillait pour Khadija.
Il est possible qu’ayant du travailler dans le domaine du commerce il ait appris à lire et à écrire mais je ne crois pas que c’était nécessaire puisque lors de ses voyages commerciaux il échangeait simplement des marchandises contre de l’argent. Et pour faire cela on a pas besoin de savoir lire et écrire mais seulement de savoir compter. Je vous donne deux exemples : ma mère ne sait ni lire, ni écrire mais elle connaît les chiffres et elle sait compter et n’a donc aucun problème pour acheter quelque chose. Dans le village de mes parents en pleine montagne chleuh des hommes possèdent des boutiques où ils vendent leurs produits sans savoir lire et écrire. Il est possible que durant ces voyages il ait du signer des papiers, signer c’est seulement apposer son nom ou une trace sur une feuille. Il a très bien pu apprendre à reproduire les caractères qui forment son nom comme on apprend à le faire en moyenne section de maternelle je crois, sans pour autant savoir déchiffrer d’autres mots. Quoi qu’il en soit il n’avait pas besoin d’être lettré pour vendre.
Quand le prophète a reçu la première révélation il était déjà marié à Khadija et devait avoir dans les 40 ans. Il y a une sourate qui revient sur un moment important de cette révélation, il s’agit de la sourate « Le caillot de sang » sourate 96 versets 1 à 4 :
« Lis, par le nom de ton Seigneur qui a créé, Qui a créé l’homme d’un caillot de sang Lis ! Car ton Seigneur, le Très Noble, C’est Lui qui a enseigné par la plume. »
Nous les musulmans, pensons que ces paroles ont été prononcées par l’ange Gabriel et étaient destinées au prophète Mohamed.
« Selon la tradition, Gabriel lui enseigna les ablutions et la façon de célébrer l’Office en même temps qu’il lui communiqua ce message divin et tout en lui annonçant qu’il avait été choisi comme Prophète, messager de Dieu à son peuple. Lorsque Gabriel lui montra un écrit céleste et demanda : « Lis ! », Mohamed répondit : « Je ne sais pas lire ». Gabriel le serra fort dans ses bras et lui fit même demande. Ceci, par trois fois. Ensuite, Gabriel récita le message qui resta gravé dans la mémoire de Mohamed. Mohamed faisait alors retraite pieuse, au mois de Ramadan, dans la caverne de Hira, au mont Nour dans la banlieue de la Mecque. »
Ce petit texte est cité avant la sourate dans le Coran que je possède chez moi (je n’ai pas cité le texte dans son entier).
Mais dans cette sourate il n’est cependant pas fait mention de l’illettrisme du prophète.
Le deuxième cas de figure : il savait lire et écrire, ce qui est possible mais si ça a été le cas il a du apprendre soit au moment où il a travaillé pour Khadija (donc avant la révélation), soit après la révélation. Mais de toute façon peu importe s’il savait lire et écrire ou pas, j’ai peut-être été un peu vite en vous disant qu’il était analphabète mais je reste convaincue qu’un homme comme le prophète Mohamed même avec une expérience de l’écriture et de la lecture qu’il se serait forgé au cours de ses voyages commerciaux n’aurait pu écrire le Coran car je ne pense pas que ses connaissances étaient suffisantes pour aborder certaines choses qui sont présentes dans le Coran.
« Pourquoi faire passer Mahomet pour un illettré ?
L’illettrisme de Mahomet procède d’une tendance apologétique. Le raisonnement islamique consiste à affirmer que l’origine divine du Coran est validée par le fait que ce livre fut révélé par un illettré, qui de ce fait n’avait pu tirer son enseignement d’une consultation directe des textes des différents courants religieux de l’Arabie préislamique(principalement des différentes sectes juives et chrétiennes). De même ce principe permet de renforcer au maximum le contraste entre l’humilité de Mahomet sur le potentiel de son capital culturel et sa grandeur comme Messager. De plus, ce mythe sert à renforcer un autre mythe islamique : la langue arabe a été créée grâce au coran. »
Oui mais le Coran ne fait pas que reprendre ce qui a été dit dans les autres Livres. De toute façon c’est normal de retrouver des préceptes dictés dans les autres Livres dans le Coran puisqu’ il s’agit d’une continuité du message divin à travers les 3 religions monothéistes. Je n’ai jamais entendu un musulman affirmer que la langue arabe avait été créée grâce au Coran d’où tenez-vous cela ? Bien sûr que l’arabe existait avant le Coran et était parlé dans toute l’Arabie, sinon comment le prophète et ses compagnons auraient-ils pu comprendre ce qui y était dit ?
Vous parlez de deux passages du Coran qui mettent en cause les compétences littéraires du prophète :
Sourate 25 : « Le discernement »
« 4. Les mécréants disent : « Tout ceci n’est qu’un mensonge qu’il (Mohamed) a inventé, et où d’autres gens l’ont aidé ». Or, ils commettent là une injustice et un mensonge.
5. Et ils disent : « Ce sont des contes d’anciens qu’il se fait écrire ! On les lui dicte matin et soir ! »
6. Dis : « L’a fait descendre Celui qui connaît les secrets dans les cieux et la terre. Et Il est Pardonneur et Miséricordieux ». »
Oui il est accusé d’avoir écrit lui-même des récits mais qui l’accuse uniquement ses détracteurs ce qui est parfaitement normal. Rien ne dit dans ces versets qu’il avait de quelconques compétences littéraires.
Pour nous le prophète a reçu la parole divine via l’ange Gabriel. Lors de ces révélations le prophète était en état de transe et une fois sorti de sa transe il répétait les versets que Dieu lui avait transmis à ses compagnons qui les mettaient ensuite par écrit.
Sourate 29 : « L’araignée »
« 48. Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n’en n’écrivais aucun de ta main droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes. »
Je ne vois pas ce qui mettrait en doute l’illettrisme du prophète dans ce verset ???
PS : vous avez pompé votre texte sur islamiquement incorrect vous auriez au moins pu le mettre entre guillemets.
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Merci, Bulgroz de cette mise au point, très correcte. Inutile, je crois, que je la nuance : nous connaissons tous votre parti pris. Cela dit, une suggestion et un commentaire.
La suggestion est de prendre l’habitude de citer ses sources. Même si cela peut générer des histoires « à la Canfora », cela a le mérite de permttre à chacun de s’y retrouver, s’il le désire.
Le commentaire relève votre : « C’est toujours la même tactique, un non musulman ne peut savoir parler de ces choses là !! ». J’aurais plutôt dit : « un non-arabisant ne peut avoir que des difficultés à en parler ». Certains musulmans, qui ne lisent le Saint-Coran que traduit, commettent, parfois, des grosses erreurs d’interprétation.
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En attendant l’avis de Luciano Canfora, qui devrait clore l’incident, voici :in http://www.babelmed.net/index.php?menu=193&cont=1557&lingua=fr
« On a aussi accusé les Arabes. En 641, Amr, conquérant de l’Égypte, avait été impressionné par la splendeur d’Alexandrie. Il l’aurait décrite au calife Omar qui aurait répondu au sujet de la bibliothèque : ”Si ces livres contredisent le Coran, ils sont dangereux. S’ils le confirment, ils sont inutiles. Agis et détruis-les”. Toutefois, selon Canfora, ce témoignage d’Ibn al Kifti (1172-1248) est postérieur de six siècles et ne cite aucune source. Alors, qu’en est-il ? En fait, c’est une vérité désagréable à admettre et c’est pourquoi elle est souvent occultée : les chrétiens, persécutés d’hier, sont devenus des persécuteurs ; ils ne se contentent plus de combattre le paganisme sur le plan philosophique. En 389, le patriarche Théophile, à la tête de milliers de fidèles, détruit le Sérapéum de Canope et, en 391, il attaque celui d’Alexandrie et la Bibliothèque. “Ce fut le premier autodafé. Le bûcher des livres fait partie de la christianisation. Après Alexandrie, suivirent Pergame, Antioche, Rome, Constantinople”, écrit Canfora [...] »
A plus.
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Patrick Adam
17 septembre 2006 22:12
@ spirou
Je vous remercie d’avoir pris le temps d’apporter d’aussi préciseuses informations à notre débat. Vraiment, je suis particulièrement satisfait de voir que ce fil génère des commentaires de cette qualité. Et bien sûr, votre érudition est une leçon de modestie et d’objectivité dont (hélas) ne peut se servit Ibraluz car, lui ne vit pas de raison et de précision, mais de slogans et de manipulations en tout genre.
Pour ce qui est de Ka, c’est normal qu’elle pense que le prophète était illétré, elle a dû l’entendre si souvent, ce bon vieux mythe qui arrange tant de monde, répété mille et mille fois.
Bien sûr Mahomet n’était pas une berger illettré. comme vous le dites. Le mythe sert à frapper l’imagination à la façon des miracles, et il sert aussi à assurer la prédominance de la langue arabe sur toute autre langue inventée par l’homme. Connaissez-vous un ouvrage que j’ai parfois feuilleté dans des kiosques au Maroc, sans oser l’acheter tellement le sujet paraît puéril. Son titre est « La langue d’Adam ». L’auteur démontre en quelques pages (écrites en gros caractères) que l’arabe était la langue que parlait Adam... On aimerait pouvoir sourire devant de telles imbécilités si le sujet n’était plus grave et ne découlait d’une ignorance crasse et de la pire des bêtises proclamée sans pudeur à la face du monde.
Bien à vous. Et encore merci pour ces précisions et votre soutien en ce qui concerne Canfora. J’espère avoir le plaisir de dialoguer encore avec vous. Patrick Adam
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à Spirou Je ne conteste en aucune façon les citations de Patrick concernant le livre de Canfora. Je dis seulement qu’elles sont incomplètes,oubliant le passage qui réfute l’authenticité du témoignage de Philopon, et, ne pouvant consulter le bouquin par moi-même, je cite des personnes qui en ont eu la même lecture. Cela dit, j’attends le témoignage de M. Canfora, qui clôturera définitivement cette question.
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Bonjour Tous,
Personnellement, que le prophète était illétré ou pas cela ne change rien à ma foi et je peux concevoir qu’il ait su pratiquer l’écriture, de toute façon il n’en demeure pas moins que pour le Croyant le Coran est et restera la parole du Divin ; Je crois qu’il y a effectivement des récits relevant davantage du mythe que de la réalité qui participent de l’hagiographie de Muhammad, c’est à nous qu’il revient justement de faire la différence... Malheureusement, avec les centaines de milliers de hadiths considérés « authentiques », je ne suis même pas sûr que tous le soient : des milliers d’autres ont été créés par les conflits entre muslims justement pour s’octroyer la légitimité de terres et autres... Le problème, c’est que le muslim a parfois du mal à avoir une vision « humaine » du Prophète mais ont tendance à le considérer presque comme les chrétiens le font avec Jésus, dimension divine mise à part...
Cdt
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Patrick Adam
18 septembre 2006 10:06
@ ceux qui aiment les « Discours sur la méthode »
Le déroulé des interventions d’Ibraluz concernant la bibliothèque d’Alexandrie est significatif de l’embrouille à laquelle on est toujours confronté avec les islamistes purs (?) et durs.
Quand j’ai évoqué l’incendie de la bibliothèque par Amrou exécutant l’ordre imbécile du calife Omar, Ibraluz m’a d’abord envoyé à la figure le fait que Bagdad n’aurait été fondée que plus tard... Information qui n’avait rien à voir en réalité avec le sujet abordé. Vieille technique du bottage en touche des monsieurs « moâ monsieur je sais tout ». Que l’ordre soit venu de Damas ou de Bagdad n’ayant aucune importance. On s’en fout. D’autant que j’avais écrit Bagdad, sans faire de recherche plus poussée, simplement en me référant au texte cité par Canfora. Je lui ai d’ailleurs conseillé d’écrire derechef à Canfora pour lui signaler la « grossière » erreur comise dans un si beau texte. Pour « enfoncer le clou » le maître en islamisteries mauritaniennes, du haut de sa Hauteur Minaresque m’a conseillé de lire Canfora... Et là, j’ai commencé à me marrer doucement car j’avais le bouquin sous la main, que je l’avais lu plusieurs fois tant le sujet m’intéressait, et que je l’attendais au tournant... Cette fois, Sa Suffisance Ampoulée m’a conseillé de mieux lire le texte qui ne serait qu’une réfutation radicale de cette assertion. Et patatras, pour le pauvre Cheikh-sans-provision (excusez la facilité), il avait tout faux. Je me suis alors coltiné de lui faire la copie des passages les plus significatifs de l’ouvrage (vaste boulot car mon scanner est en panne) et ces passages démontrent bien que Canfora est loin d’être aussi dubitatif que l’impétrant télamide voudrait nous le faire accroire. Le porte étendard des contrevérités a voulu alors nous faire croire que Canfora réfutait lui-même cette accusation et il m’a accusé de ne pas avoir son livre jusqu’au bout alors que j’avais mentionné que la seconde partie de l’ouvrage de Canfora traitait de la validité des sources.
J’ai donc une fois encore eu recours au texte de Canfora pour évoquer l’attitude peu recommandable au plan de la rigueur historique, mais ces précisions n’ont pas retenu l’attention de notre nouveau almora-vide.Et le renfort de Paul Balta (que je salue au passage) ne lui a été d’aucun secours.
Les commentaires de Canfora, je les ai toujours sous la main. Son jugement concernant Gbbon est sans équivoque. Page 124, il écrit :« L »intention de l’homme des lumières qu’était Gibbon était apologétique. Il disculpait les Arabes d’un crime jamais commis et attribuait la ruine de la bibliothèque aux destructions opérées par César dans la guerre d’Alexandrie et surtout par le terrible évêque Théophile, « ennemi éternel de la paix et de la vertu, homme audacieux et méchant, dont les mains furent tachées par le sang et par l’or, alternativement ». Et Canfora d’ajouter : "Gibbon, dans le sillage de Tertullien, confondait en effet la bibliothèque royale avec celle du Sérapéum.
Bon, je n’ai aucune vocation ici à passer mon temps à recopier des bouquins que les « penseurs » intégristes manipulent à leur guise. Alors j’arrête là.
Mais le comique troupier des combattants de l’islam, porteur de kalachnikov de la fausse citation, semble ne pas vouloir en finir avec moi... Voilà qu’il tente de déplacer encore une fois le « débat » (si tant est qu’on puisse appeler ça un débat) sur les pillages et exactions commises les premiers chrétiens. Et une fois de plus, je lui dis de faire attention, car il n’a jamais été dans mes intentions d’aborder ce sujet, vu que j’ai passé l’âge à des jeux des cours de récration où les gamins se battent à coup de « c’est toi qui l’a fait le premier »... Qu’il fasse gaffe quand même, car le sujet m’a aussi intéressé au plus au point en son temps, et je possède sous le coude quelques munitions, non pour contester des faits parfaitement avérés depuis longtemps, mais pour lui montrer que, contrairement à son ibralustrerie clinquante qu’il cherche à nous brader depuis quelques temps, je sais affronter mieux que lui la réalité bien en face.
Patrick Adam
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Patrick Adam
18 septembre 2006 10:37
@ Spirou
Juste une petite précision concernant le passage de votre intervention où vous dites : « Concernant le raid de Naklha, vos références sont exactes concernant le verset utilisé par Mahomet pour justifier cette expédition qu’il avait soigneusement planifié(choix des hommes chez les émigrés et non chez les Ançars, instructions claires mentionnées dans l’enveloppe pour s’assurer seulement du concours d’homme sûr cf les deux désertions, parcours sinueux pour atteindre l’objectif ) D’ailleurs, ce raid est important dans l’histoire de mahomet car c’est l’un des épisodes où le pouvoir du prophète de l’islam vacille en raison d’une faute politique. »
Je n’ai pas dit que le raid avait été exécuté avec les Ançars, mais il me semble que son impact devait, dans l’esprit de Mahomet, avoir un impact sur leur appréciation du traité d’alliance qu’ils avaient conclu avec cette tribu peu de temps auparavant. N’oublions pas que les Ançars étaient « spécialisés » dans le pillage des caravanes, mais qu’ils ne devaient pratiquer ce « sport » qu’en tenant compte des règles millénaires en vigueur dans la région. Mahomet commandant à ses disciples de rompre sciemment la trève de Dieu ne pouvait que les inquiéter (même de loin) quant à leur place dans la région.
Bien à vous. Patrick Adam
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a PADAM
Voici la réponse de Luciano Canfora à mon appel concenant notre différent.
« j’ai bien reçu votre message et je vous en remercie. Le passage où je déclare que la Bibliothèque d’Alexandrie (le Mouseum) avait été déjà détruite à l’époque de l’empereur Aurélien (270-275 après J.C.) figure à la page 100-101 de la traduction française de mon petit livre intitulé »La véritable histoire de la Bibliothèque d’Alexandrie". On parle bien clairement, dans ces pages, de la destruction totale du quartier BROUCHION, et c’est justement dans le Brouchion que se trouvait la Bibliothèque, à l’intérieur du Palais Royal. Donc, aucun doute sur le fait que dans mon livre la destruction de la Bibliothèque est attribuée à la guerre farouche entre Aurélien et Zénobie.
En ce qui concerne Théophile (391), il a abîmé la Bibliothèque du Sérapéum.
La légende de la destuction des collections de livres alexandrins à l’époque de la conquête arabe vient directement de Ibn-al-Qifti. Probablement s’agit-il d’une légende ; en tout cas, la « vraie » Bibliothèque, à l’époque, n’existait plus.
Voilà la vérité, que vous pouvez transmettre à vos contestateurs.
Merci beaucoup pour m’avoir écrit.
Bien à vous
Luciano Canfora
Filologia classica Dipartimento di Scienze dell’Antichità Facoltà di Lettere Università di Bari
Casella Postale 200 70121 Bari-1
Sans épiloguer sur vos écarts de langage, j’ajouterai simplement l’opinion de Paul Balta, qui tire, je vous le rappelle, les mêmes conclusions que moi du livre de Canfora : « L’ouvrage est de lecture complexe », m’a-t-il écrit... Cela vous excuse sans doute...
http://www.omarlecheri.net/ency/biblio.htm
S’il était nécessaire, voici, enfin, un lien des plus utiles pour ceux que la question intéresse :
http://www.oeildusphinx.com/alexandrie_mrmr%2013.html
Tournons la page, Patrick...
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Patrick Adam
20 septembre 2006 10:06
@ Ka
Bonjour. J’ai mis un peu de temps à te répondre, non que je n’en avais pas envie, mais j’ai eu pas mal d’occupations et j’aime bien parler avec toi à tête reposée.
Comme tu le dis, mon intérêt d’agnostique pour les religions vient sans doute de mon éducation, mais aussi des quelques voyages que j’ai fait (je n’ai pas voyagé beaucoup mais quand je l’ai fait ça a toujours été sur des périodes relativement longues). Je n’aime pas pratiquer le tourisme, mais j’aime m’immerger dans un monde différent du mien. Et par un concours de circontances sur lequel il n’est pas nécessaire de revenir, j’ai passé pas mal de mon temps en contact avec le monde musulman.
à mieux cerner les différences d’avec mon milieu « naturel ». Dès lors, tout s’est enchaîné, et l’aventure personnelle que j’ai vécue au Maroc m’a enrichi d’une expérience que je crois être originale. Il m’a fallu des années pour forger mon impression sur ce pays, son environnement culturel et social. Alors imagine un touriste qui vient passer dix jours à Marakech ou Essaouira, qu’est-ce qu’il peut comprendre... Je ne dis pas que ma vision est la meilleure. Je pense quand même qu’elle est authentique et qu’elle pose de vraies questions pour tous ceux qui aiment ce pays, et le Maghreb en général.
La violence m’a toujours fait peur. Longtemps (je suis de la génération du flower power) j’ai cru que nous pourrions nous en débarrasser, et voilà que je la vois envahir les rues, les télés, les écoles, les bus, les trains, les familles, et le pire, c’est quand je la lis dans le regard des adolescents et parfois même des enfants. Alors je me dis : peut-être qu’en Occident, la télé et la défaillance de certains parents permettent à cette violence de se manifester et l’alimentent, mais comment se fait-il que les pays gouvernés par la religion nous offrent des images pire encore. Il y a bien un sacré problème là-dedans.
Mon expérience au Maghreb m’a permis aussi de faire la différence entre deux façons de voir la religion qui sont rarement expliquées, tant chez les chrétiens que chez les musulmans. A savoir que le message délivré par les textes « sacrés » ont toujours deux optiques : l’une tient au rapport personnel de la « créature » avec son « créateur ». Je m’occupe rarement de ça, car c’est du domaine individuel et je ne me sens pas en droit d’aller fouiller dans les sentiments de ceux qui m’entourent (je les respecte trop), l’autre est du domaine du collectif, c’est à dire des rapports que les hommes entretiennent entre eux. Et là, je vois énormément de différence, dans la perception de l’autre, dans la notion de famille (idée qui n’a cessé d’évoluer en Europe alors qu’elle est totalment figée chez les Arabes ou les Berbères). Je vois aussi des différences flagrantes dans l’intention et la méthode éducative, dans la place offerte à chacun au sein de la société ; tous ces aspects pouvant se décliner dans de multiples manifestations de contradiction.
Pour moi, le boudhisme accorde une place prépondérante à la partie individuelle de l’enseignement de maîtres qui se veulent dépositaires d’un savoir ultraperceptif dont seuls peuvent profiter généralement les gens qui se coupent des réalités du monde, pour laisser à d’autres le soin d’accomplir le sale boulot à leur place. Même les moines tibétains ont besoin de « petites mains » pour couper leur bois, construire les lamasseries, nettoyer les chemins couverts de neige, faire avancer leur yaks, et ramasser les récoltes qui alimenteront leurs communautés. Ce mode de fonctionnement serait à mettre en parallèle avec la règle monacale édictée par Saint Benoît et qui modifié le cours de l’histoire en l’Occident, règle qui affirmait que le travail est aussi (et avant tout) une prière. J’aimerais qu’on aille raconter ça un peu plus souvent aux mollahs iraniens, mais aussi aussi cheikhs et « savants » de tout poil qui passent leur temps assis dans les mosquées à se caresser le sentiment religieux dans le sens du poil.
Pour ce qui est de ce que t’ont enseigné tes parents, c’est normal que tu rencontres des tiraillements avec ta vie actuelle. Moi aussi j’ai ressenti ça, en d’autres temps. Le monde moderne et mes lectures m’ont obligé à me poser des questions qu’on avait occultées et ça fait toujours mal de quitter les garde-fous qu’on a construit autour de soi depuis l’enfance. Je pense que tu es, ainsi que Wrysia, l’exemple vivant de ce que peut donner une évolution noble et courageuse des religions, quand elles sont canalisées pour le bien des autres et non comme une revendication identitaire. La religion est faite de dogmes et de rituels. Ceux qui veulent les respecter ne sont criticables qu’à l’instant où ils veulent les imposer aux autres comme c’est le cas aujourd’hui dans nombre de pays musulmans. Un intervenant a signalé que l’Algérie vient d’émettre une loi punissant ceux qui détournent un croyant de la foi ; le Maroc en possède déjà une d’identique dans son arsenal judiciaire. Il me semble que c’est un signe de faiblesse. Une religion bien dans ses baskets ne devrait pas avoir recours à de tels procédés de peur et de menaces.
Pour ce qui est du Coran, je ne suis pas le premier à dire que ce texte est une « compilation » d’autres textes, malheureusement souvent mal digérés. Un jour, si tu le veux, nous parlerons ensemble de la fameuse sourate XVIII « La caverne » et de la ballade entreprise par Moïse derrière un « jeune homme » qui détruit tout sur son passage, sous prétexte « d’anticiper le mal ». Comme justification de guerre préventive, il n’y a pas mieux... Mais restons-en au verset 112 de la sourate XX « Ta Ha » : « ainsi nous avons fait descendre un livre arabe et nous y avons répandu des menaces ; peut-être finiront-ils par craindre Dieu, peut-être ce Coran fera-t-il naître des réflexions. » Il résume à lui seul une bonne partie de nos conversations.
Oui, tu as bien raison d’ajouter d’ajouter à mon propos que la connaissance peut détruire « toutes les relgions ». Mais n’est-ce pas naturel dans l’évolution de l’humanité. La (ou les) religions portent témoignage d’une réponse que l’homme s’est bricolée au cours des siècles pour répondre au mieux aux questions qui le tarabustaient. Mais il est évident qu’aujourd’hui nous devons allez chercher ailleurs ces mêmes réponses, car ce que nous avons appris, tant dans le domaine scientifique que dans le domaine des rapports humains, nous éloigne chaque jour un peu plus de cette vision du monde encore empreinte de mythes façonnés par des nomades (Abraham et son mouton, Jacob et son plat de lentilles, Jonas et sa baleine, Noé et son arche bourrée d’animaux, Job et son tas de fumier, etc...) Pour ce qui est de la polygamie, c’est aussi une tradition de bédouins, de gens qui vivaient de razzias (mot arabe) c’est à dire de tribus où le combat était une des occupations pricipales des hommes et où les femmesse retrouvaient bien souvent seules au retour des rezzou. Il est donc normal que ces sociétés aient voulu prendre en charge ces veuves. Mais, ainsi que tu le dis toi-même, il fallait avoir les moyens pour « assurer ». Ainsi cette « règle », ou tout au moins cette possibilité, renforce la constitution de castes et même de compétition en chefs de clans. Ma el Aïnin, le « grand » cheikh du désert tant vanté aujourd’hui au Maroc, n’a toujours eu que quatre épouses légitimes, mais il en a épousé une bonne trentaine (peut-être plus) en prenant soin de divorcer de chacune d’elles. Son but était de contracter des alliances avec toutes les tribus de la région de la Séguia el Hamra, puis, à la fin de sa vie, avec celles de la région de Chinguetti. Tu connais aussi la pratique du « mariage d’une nuit » qui permet à l’homme de s’offrir un peu de bon temps et d’aller à la mosquée le lendemain matin en toute quiétude.
Pour ce qui est des Berbères polythéistes ou non-croyants : tu fais erreur. A l’arrivée des Arabes au Maghreb, TOUS les Berbères étaient soit chrétiens, soit de confession juive. Le polythéisme n’existait plus depuis longtemps, même si certaines traditions demeurait vivaces dans la population. Mais il en est de même encore aujourd’hui dans l’Europe chrétienne avec, par exemple, les feux de la Saint Jean. Les Berbères ont subi une domination très dure, et ils en portent encore aujourd’hui les séquelles. La revendication berbère n’est donc pas prête de s’éteindre ; dès qu’on ouvrira un tant soit peu les vannes de la parole refoulée, des millions de gens vont s’y engouffrer. C’est donc que les Arabes ne seront pas parvenus à imposer leur domination dans les coeurs. Ils ont conquis la terre et pris les meilleurs champs comme tu le dis. Ils ont repoussé les Berbères dans les montagnes, mais ils ont créé la rancoeur.
Quand tu dis : « c’est vrai que beaucoup de communautés musulmanes ont tendance à ne se préoccuper que de leur petite sphère et pourtant rien ne les empêche d’œuvrer pour les autres, rien si ce n’est peut-être pour certains leur auto-suffisance et un mépris pour ce qui n’en fait pas partie ». Je ne peux que tu suivre en ajoutant que la miséricorde du musulman s’adresse toujours à un membre de la communauté des croyants, rarement à ceux qui n’en font pas partie. Voit-on le Croissant Rouge dans des zones où il y a peu de musulmans, par exemple en Amérique du sud quand il y a des catastrophes climatiques...
Pour ce qui est de ta formule : « et puis on se dit on verra bien après avec Dieu si ça passe ou ça casse (enfin je parle pour moi) ». Il n’y a rien à ajouter. Tu fais preuve d’une lucidité dont devraient s’inspirer pas mal de croyants de toute chapelle.
A bientôt pour d’autres échanges qui, ainsi que le disait Marsu, montrent que l’humanisme n’est le monopole de personne, mais que lorsqu’il se manifeste, il fait toujours fuir ceux qui en sont dépourvus.
Excuse-moi d’avoir été si bavard. Je t’embrasse. Patrick Adam
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Bonsoir Patrick
J’arrive toujours trop tard dans les fils de discussion, désolée. Merci pour ta réponse et ne t’en fais pas pour le temps que tu mets à me répondre, moi aussi je prends mon temps (quand j’en ai) pour répondre aux personnes que j’apprécie. Alors fais comme tu le sens ya pas de problème.
Bisous.
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Merci à Ka d’avoir si bien provoqué l’expression de votre humanisme, merci à vous de l’avoir si bien exprimé. ça fait réellement du bien à lire, après tant d’exécrations... Ne croyez-vous pas qu’avec ce genre de pudeur et de nuances, négligeant le pire de nos perceptions - toujours relatives à nos convictions personnelles - nous ne puissions, ensemble, sinon définir, du moins esquisser de nouvelles références de dialogue ?
Il est bien possible que la violence du langage soit liée à la peur, et mes propres réactions à ce qu’il m’a parût excessif de vos propos n’en sont probablement pas exemptes... Quelle marge, alors, reste-t-il à la culture de ce qui nous unit ? Absent pour quelque temps, je repars à l’intérieur des dunes, j’aurais sans doute le loisir de méditer cette question. Je vous souhaite d’avoir le temps d’en faire de même... Bonne continuation, en tous cas...
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à Ka
Jusqu’à présent, je n’avais entrepris de m’adresser directement à vous, me contentant d’opiner de la tête, le plus souvent, à la lecture de vos commentaires. Il me semblait que vos analyses, arrondissant bien des angles, complétaient harmonieusement mes propos, parfois tranchants, sans doute trop. Mais bref : mon amour de la paix, qui s’épanouit, certes, en islam, ne m’a pas tout à fait guéri d’une tradition guerrière, cocardière et rugbystique, et mes (dé)mêlées avec Patrick, un peu outrancières, m’incitent aujourd’hui à me tourner vers votre ambassade, reconnaissant le tact de votre démarche religieuse, c’est à dire : de liaison... Fasse le Seigneur de l’Ihsan nous en donner, à tous, les meilleurs fruits. Amine.
Permettez-moi de commenter, tout d’abord, une phrase de Patrick, tirée d’un de vos échanges. Elle me semble significative d’une part importante de ce dont il est question ici.
« l’islam n’est pas un message original mais une compilation de mythes archaïques [...] ».
Il s’agit moins d’original que d’originel (bien que les deux qualificatifs entretiennent de puissantes connexions de sens, aujourd’hui malheureusement négligées). L’islam est la POSITION correcte, originelle, de la créature envers son Créateur, réveillée périodiquement à nos consciences, enclines à tous les étourdissements suscités par la riche diversité de nos sens ; réveillée, disais-je, par des messages divins, variablement entendus, interprétés et conservés, qui nécessitent, dès lors, de plus ou moins fréquents rappels rectificateurs. C’est la proposition offerte par le Saint Coran. On l’admet et l’on est musulman. On la méconnaît et l’on est non-musulman. Si les premiers ont le devoir de témoigner aux seconds de leur foi, de la défendre en cas d’attaque, ils n’ont aucun droit, ni aucun pouvoir, à la leur imposer. Je crois que nous sommes, au moins tous les deux, d’accord sur ce point.
La problématique humaine est celle de sa relativité. Alors qu’il pressent, reconnaît intuitivement, parfois intellectuellement, le caractère absolu de son origine et de sa fin, il est confronté, en permanence, à ses limites existentielles, qui, de ses perceptions à ses conceptualisations, lui interdisent l’accès total à cette connaissance permanente, totale, non seulement de l’Absolu, mais encore de la moindre réalité qui l’environne : rien ne peut être tout à fait connu et cette borne, tout à la fois aiguillon et clôture du moindre savoir, a quelque chose de précieux : elle garantit la liberté de chacun, nous pousse à nous « entre-connaître », à « rivaliser dans les bonnes œuvres »... Mais il bien facile de l’oublier, surtout lorsque l’on se sent en position de force ; par exemple, au sein d’une majorité d’opinion...
Le risque majeur, toutes positions idéologiques confondues - et cela renvoie dos à dos TOUS les sectarismes, théistes ou athées - tient à cette tendance, constante, à confondre Absolu et absolutisme, Totalité et totalitarisme. On fait de telle ou telle convenance, étayée par l’expérience directe, le raisonnement logique, la tradition institutionnelle, orale ou écrite, formalisée ou non-dite, discutée ou sacrée, une valeur congelée, éternisée, absolue. Il n’est certes pas facile de reconnaître, humblement - c’est à dire : humainement - l’irrémédiable relativité de nos points de vue, fussent-ils des plus élaborés. C’est cette difficulté même qui polarise la modernité occidentale entre progrès et catastrophe, induisant des déséquilibres faustiens de plus en plus périlleux, mortifères à l’échelle planétaire, où sous l’officiel : « Tous les hommes sont égaux en droits » ; s’entend communément : « mais certains le sont plus que d’autres. »
Pourtant, cette difficulté est aussi une facilité. Elle autorise des constructions sociales dans la durée, dépassant ; ou mieux, cherchant à intégrer ; tous les particularismes individuels. Le langage, par exemple, dont le caractère arbitraire ne devrait échapper à personne, et dont personne n’échappe, du moins d’une manière transmissible. « Elle est bonne, cette pomme ? Tiens, goûte ! », peut fort bien se vivre entre sourds-muets... Quelle heure est-il ? Midi, vous indique votre hyper-chronomètre à quartz. En réalité, c’est une fiction, une convention sociale, qui ne correspond, en un lieu donné, qu’à une relative exactitude, astronomiquement parlant, que 4 jours par an. Et nous ne parlerons pas des juteuses écritures financières internationales jouant sur le brutal décalage temporel qui fissure l’océan Pacifique... Bref : l’arbitraire est le lot des sociétés humaines, plus généralement au profit des petits malins que des simples d’esprit...
Est-il plus sage d’appuyer cette relation au monde sur la science - qui n’est pas le scientisme, si fréquemment brandi - ou sur la foi - qui n’est pas le fanatisme, auquel certains voudraient la réduire ? Personnellement, je crois le débat dépassé, DU MOINS PARTOUT OU LES INTERACTIVITÉS CULTURELLES SONT DEVENUES ORGANIQUES et j’illustrerai ma position - relative, encore et toujours - par une image qui me semble évocatrice. Chaque jour, je contemple la course du soleil autour de la plate terre. On m’a appris que, d’un autre point de vue, plus global, la terre est ronde, tourne autour du soleil et que ce constat est vérifiable. Je le crois. Et cependant, je ne cesse de contempler la lente ballade solaire autour des plaines et des monts. Les aubes et les crépuscules, même illusoires, me ravissent toujours autant, règlent mon horloge biologique, la conduite de mon jardin potager, et ce n’est que très rarement, à l’occasion, par exemple, de quelque voyage intercontinental, que m’interpelle la rotondité du plancher des vaches. Je le reconnais sans aucune gêne : dans ma vie, le point de vue dominant, utile, efficace, demeure celui de la platitude terrestre et des cycles solaires au dessus...
J’ai, par ailleurs, le goût de l’Absolu. C’en est presque une maladie, une vraie passion, dévorante, parfois cruelle, comme seules savent l’être les amours exclusives. Après avoir rejeté une morale qui me semblait dénuée de toute métaphysique, et désespéré de vivre pleinement une métaphysique dégagée de toute morale, j’ai convenu, difficilement, un pacte entre cœur et raison, en situant, avec l’islam, la Transcendance en axe moral. La difficulté, c’était, évidemment, d’accepter l’invraisemblable idée, d’un point de vue strictement logique, du caractère absolu du Saint Coran. Mais en me soumettant à cette règle du jeu, arbitraire, dont je n’ai compris que plus tard, au contact d’excellents maîtres, la si simple limite : absolue, certes, l’Ecriture, mais relatives, toujours, ses lectures - j’ai découvert, paradoxalement, de nouveaux espaces de liberté ; exotiques, certes, pour une part ; mais aussi, et c’est beaucoup plus intéressant, internes à mon ancien univers mental. Comment traduire cette découverte ? Vous la rendre intelligible, à vous, musulmane de « souche », comme à Patrick, et à bien d’autres ? J’espérais, j’espère toujours, du forum, de cet Agoravox, quelques pistes en ce sens : la relation entre battre et débattre est peut-être analogue à celle entre couvrir et découvrir... Y parviendrons-nous mieux ensemble ? Merci de bien vouloir prêter attention à cette question, salamou aleyki, et à bientôt, je l’espère.
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@ Ibraluz
Désolée de vous répondre aussi tard mais j’ai très peu de temps à moi en ce moment et il y a un moment que j’ai abandonné ce fil, je ne me doutais pas qu’il pouvait encore y avoir des messages depuis.
Je dois vous avouer que pour comprendre votre message il m’a fallu le relire plusieurs fois. Je ne suis pas une intellectuelle et la plupart du temps je m’exprime de façon plutôt simple et pas toujours correcte (je parle bien sûr de la syntaxe et de toutes les règles de grammaire que je malmène). Par contre vous, vous vous exprimez très bien et j’ai quelquefois du mal à comprendre tout.
Je pense tout de même avoir compris l’essentiel de votre message et je partage en gros votre point de vue.
Et j’aimerais vous dire que je trouve votre post très intéressant. Votre analyse sur la différence entre absolu et relatif avec votre exemple de la course du soleil me fait penser à une autre différence entre idéal et réalité dans notre façon d’envisager la vie. On a toujours dans la tête par rapport à nos nos projets un idéal et pour nous musulmans cet idéal est souvent fortement lié à notre foi et à Dieu mais dans la réalité et dans l’exécution de ces projets il y a souvent une différence car notre vie de tous les jours nous rattrappe et on est comme aspiré par celle-ci. Pour nous musulmans cette vie n’est qu’un passage vers une autre vie : la vie éternelle, n’étant qu’un passage on ne devrait pas lui donner autant d’importance que celle de l’au-delà dans l’idéal, mais en réalité on sait pertinemment qu’il est difficile d’envisager cette conception au quotidien car on vit dans une société qui voit les choses autrement, où il faut profiter du moindre moment que nous offre cette vie, car on y envisage la mort comme une fin et pas forcément comme une transition comme vous vous voyez la platitude de la Terre en vous trouvant sur celle-ci (c’est-à-dire sur son sol) et pas sa rondeur que vous ne pouvez voir que de l’extérieur en vous en éloignant.
Aujourd’hui on sait bien que la Terre est ronde qu’elle tourne autour du Soleil mais la façon dont nous, musulmans envisageons notre vie ici bas c’est un peu comme les personnes qui pensaient que la Terre était plate parce que c’est ainsi qu’ils la voyaient physiquement et le fait de se la représenter ronde alors qu’il ne l’ont jamais vu réellement ronde c’est un peu comme notre idéal au niveau religieux, on a une réalité physique qui est cette vie ici bas et quelque chose d’autre que l’on doit se représenter et qui pour nous est une réalité sans l’avoir vu ou avoir la certitude de son existence la vie dans l’au-delà.
Ce que je dis là va surement faire rigoler les non-croyants parce que c’est très tiré par les cheveux de comparer ma façon de voir la vie avec la vision qu’on avait autrefois du monde parce que si on a pu établir depuis avec certitude que la Terre était ronde on ne peut scientifiquement prouver qu’il y a une vie après la mort puisqu’il faut être mort pour le savoir.
J’apprends que vous n’avez pas toujours été musulman et vous semblez être quelqu’un de cultivé et peut-être d’un certain âge, je ne sais pas mais j’ai l’impression que votre conversion est plutôt récente, est-ce que je me trompe ? Si c’est le cas, je peux vous demander, si ce n’est pas trop indiscret, ce qui vous a poussé à choisir l’Islam ? Je ne veux pas dire que forcément les personnes cultivées et d’un certain âge ne puissent pas être intéressées par l’Islam mais c’est plutôt inhabituel parce que la plupart du temps quand on entend parler de converti à l’Islam il s’agit le plus souvent de jeunes et surtout de jeunes des banlieues, peut-être à cause du contact avec des familles musulmanes ?
Mais peut-être que je me trompe et que vous êtes un jeune de banlieue qui a toujours été en contact avec l’Islam et qui a choisi d’embrasser cette religion.
Pour ce qui est de votre question :
« J’espérais, j’espère toujours, du forum, de cet Agoravox, quelques pistes en ce sens : la relation entre battre et débattre est peut-être analogue à celle entre couvrir et découvrir... Y parviendrons-nous mieux ensemble ? »
Si pour vous le « ensemble » désigne « tout le monde » quelle que soit ses croyances ou non-croyances alors je peux vous dire que je suis persuadée que le dialogue doit forcément concerner l’ensemble des personnes qui interviennent que se soit sur Agoravox ou dans la vie de tous les jours, car un dialogue entre musulmans ou entre une autre catégorie de personnes ne peut être que fermé parce que les avis divergeraient peu et de ce fait on n’avancerait pas comme on le fait en discutant avec des personnes de tous bords. Le contact avec ces personnes nous permet d’être en perpétuel questionnement et d’éviter de toujours nous réfugier dans ce que nous sommes ou ce que nous avons choisi d’être pour nous permettre de nous ouvrir et de mieux comprendre l’autre et ainsi de mieux se comprendre soi-même.
Merci et n’hésitez pas à échanger avec moi si vous le souhaitez, je me ferais un plaisir de vous répondre.
Oua aleykoumou salam.
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à Ka
Merci de votre réponse qui nous rapproche encore un peu plus... Je regrette un peu de m’exprimer « très bien », comme vous le dites, et de vous donner, cependant, « du mal à tout comprendre ». Je m’astreins, voyez-vous, à une précision dans le choix des mots, tout en cherchant à ne pas les enfermer dans des sens uniques : ça peut poser des problèmes de lecture, en effet. Mais en lisant avec le coeur... Merci, en tous cas, de votre indulgence.
Oui, je suis un adolescent musulman : treize ans, à peine pubère... Et cependant, plus très jeune non plus, un peu plus âgé que Patrick et Marsu, probablement. Je ne les entend plus beaucoup ces temps-ci : peut-être ont-ils compris qu’on n’était, les uns et les autres, si tant éloignés qu’ils le croyaient... D’un strict point de vue humaniste, ma conversion relève d’une volonté inébranlable de partage et de fraternisation planétaire. Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi ! Ou, sur un autre registre, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse...
Au delà de ce point de vue, il est question d’esprit. Une quête passionnée d’Absolu, vous disais-je précédemment. Or, j’ai été, de bonne heure, convaincu que l’Occident n’était plus en mesure de délivrer de vraies voies de réalisation en ce sens. Aussi, ais-je décidé, une fois mes enfants grands, de chercher lumière ailleurs.
Un voyage extraordinaire, des rencontres de très grande qualité humaine, des rêves fulgurants, m’ont amené à admettre qu’il y avait telle lumière en islam. A une époque où, comme tout le monde, j’étais abreuvé de mollahs « rétrogrades », islamistes « sanguinaires », et tout le tintouin...C’est donc difficilement que j’ai accepté de poser mon front par terre. Mais je l’ai fait, certain du la illaha illallah, plus incertain du Mohammed arrassouloullah.
Al islam, donc, premier degré, au ras des pâquerettes. Et puis, la pratique, journalière ; l’étude, les enthousiasmes du néophyte et ses désillusions, ensuite, évidemment et heureusement ; quelques excellents maîtres, de nombreux moins parfaits, la vie quotidienne, le fort et le faible, le bon et le moins bon, et peu à peu, des équilibres, des mesures, la saveur enfin d’une paix grandissante... Ainsi probablement se construit al Iman... Quant à Al Ihsan, est-ce, en vérité, trop dire sur Agoravox qu’évoquer le bonheur de savoir mortel ?
Oua salam, Ka. Et venez, à l’occasion, sur les fils de mes articles : je crois que nos échanges peuvent y générer de beaux éclairages...

