L’erreur de Darwin - AgoraVox le média citoyen
vendredi 7 septembre 2007 - par Bernard Dugué

L’erreur de Darwin

Actuellement, la controverse entre les évolutionnistes et les créationnistes ne passe pas inaperçue et l’on ne compte plus les articles dénonçant les manœuvres des fondamentalistes « biblistes » aux Etats-Unis. Cette tendance contredit d’ailleurs le principe progressif de la science censé être universel. Aucun physicien n’aurait le culot d’enseigner qu’Einstein et Newton se sont trompés et que le mouvement des astres est dû à des intelligences archangéliques, alors que les épicycles de Ptolémée décrivent parfaitement l’orbe des corps célestes. Aucun biologiste n’évoquerait la génération spontanée. Nul anthropologue ne se hasarderait à remettre sur le tapis la phrénologie, science avortée qui croyait établir un lien entre le psychisme et la forme du crâne, et dont la piètre gloire fut qu’elle servit à envoyer quelques innocents à l’échafaud ou à l’asile. On serait bien étonné de voir un thermodynamicien faire un cours présentant le phlogistique comme un fluide servant à véhiculer la chaleur. Et pourtant, dans quelques contrées aux States, en Turquie et ailleurs, quelques prétendus scientifiques, secondés par des théologiens, pensent que Dieu a créé les espèces et l’homme il y a 6 000 ans. Voilà un phénomène social des plus étonnants. Comme on connaît le peu d’intérêt des fondamentalistes pour les valeurs laïques et démocratiques, il semble salutaire de lutter contre ces tendances et d’éviter d’introduire le ver de l’erreur et du dogme dans les jeunes esprits. D’où le verdict d’un récent procès à Dover. Le créationnisme n’est pas une science. Du coup, un phénomène collatéral s’est produit. Toute critique sévère menée à l’encontre de la théorie darwinienne devient suspecte car dénoncée comme faisant le jeu des fondamentalistes. Et par la même occasion, toute idée non conventionnelle (par exemple un principe non mécanique, un dessein technique, une instance directrice analogue à la raison) se trouve rejetée, bannie de l’examen scientifique et de la discussion rationnelle.

La critique de la théorie darwinienne ne date pas des controverses sur l’Intelligent Design. Bien avant la parution du livre de Behe, en 1996, sur la boîte noire de Darwin, des scientifiques issus de la biologie ou de la génétique se sont attelés à une sévère critique des bases du darwinisme ; Grassé en France ou Denton l’Australien, pour n’en citer que deux. Il faut bien comprendre que mettre en doute les fondements de l’édifice darwinien ne revient pas à nier l’évolution. On ne confondra pas darwinisme et évolution. Cette erreur épistémologique grossière est répandue, mais laissons-la à l’opinion et au journalisme approximatif. Allons droit au but. La pièce essentielle de la théorie darwinienne c’est la sélection naturelle. C’est cette hypothèse que je vais mettre en cause.

Pour Darwin, la sélection naturelle est le principe majeur constituant le ressort de la transformation des espèces. Comme l’a explicité Gould (Le Pouce du panda, Folio, chap. II) quelques-uns parmi les successeurs de Darwin ont pêché par approximation, ramenant le darwinisme à une théorie de la sélection naturelle. En vérité, la lecture de L’Origine des espèces, ainsi que des témoignages laissés dans ses carnets par Darwin, montre que celui-ci avait placé la sélection au cœur du dispositif, mais sans en faire un principe exclusif, admettant même que certaines fonctions sélectionnées puissent avoir une utilité dépassant celles requises pour subsister dans un milieu naturel sélectif. Il y a dans la notion de sélection naturelle une idée de base, allégorique, issue de la sélection pratiquée par l’éleveur, mais aussi les idées de lutte pour la vie, de désir de reproduction, de compétition, d’équilibre naturel. Gould a fait une bonne mise au point en rappelant que premièrement, l’idée d’évolution était largement dans l’air en 1850 ; deuxièmement, Darwin a peiné pendant deux ans pour trouver une explication plausible à l’évolution par des moyens naturels ; troisièmement, que Darwin a très peu utilisé de connaissances en biologie, qu’il n’avait pas du reste, mais qu’il a fait appel à diverses disciplines dont les statistiques, mais aussi la conception de la main invisible qui régule « naturellement » les échanges économiques selon Smith. Marx d’ailleurs a fait remarquer comment la sélection naturelle ressemble à la situation sociale en Angleterre. Ces coïncidences non fortuites car créées par l’esprit scientifique ont jeté un trouble. Et Gould d’ironiser sur l’hyper sélectionnisme, option défendue par le confrère et ami de Darwin, Wallace, sorte de caricature qui finit par faire ressembler l’évolution à une création naturelle.

Le principe de la sélection naturelle représente donc l’armature de la théorie darwinienne, celle qui est née en 1859, mais aussi celle qui prévaut actuellement et qui est désignée comme théorie synthétique de l’évolution. Il faut y ajouter deux autres ingrédients, la présence de mutations et la recombinaison génétique lors de la reproduction sexuée, source elle aussi de différenciation génétique. Mais aussi de la transmission de patrimoine génétique entre génération. Car sans hérédité, l’hypothèse de la sélection naturelle ne tient pas. Mutations et recombinaisons constituent des mécanismes moléculaires, de nature physico-chimiques, dont la description est bien établie. Mais pour parler comme les sociologues, le ressort de l’évolution, d’un point de vue zoomorphique et zoologique, c’est la sélection naturelle.

Il aura fallu attendre les années 1980 pour voir se dessiner une mise en cause scientifiquement établie du rôle de la sélection naturelle. Le Japonais Motoo Kimura a développé une théorie alternative, celle d’une évolution neutre. Sur la base de calculs élaborés, effectués sur les analyses des séquences de gènes, il a établi que les mutations géniques fixées (transmises par l’hérédité de génération en génération par une espèce) ne correspondent pas aux besoins de la sélection naturelle. Autrement dit, il y a un découplage causal entre la pression sélective et le processus de transformation des gènes (Kimura, Théorie neutraliste de l’évolution, Flammarion). Ce qui n’empêche pas nombre de biologistes de croire en la réalité de la sélection naturelle et de son rôle déterminant dans la transformation des espèces.

On comprend maintenant qu’il existe deux domaines, celui de l’existence dans un milieu, dont on impute une supposée sélection comme ressort, et celui de la vie, avec ses mécanismes, sa complexité, ses ontogenèses, ses reproductions sexuées. Darwin a peiné à trouver un graal théorique pour asseoir l’évolution et naturaliser des espèces que la théologie naturelle croyait créées de Dieu. Mais cette sélection naturelle, elle n’est qu’une hypothèse, ayant servi de levier pour libérer la science de la théologie et de permettre à l’évolution d’être établie car l’évolution est avérée, ce n’est plus une hypothèse, c’est une évidence, un fait naît de la nature et de millions d’années.

Comment présenter alors cette nouvelle hypothèse que je propose dans le sillage d’une formule radicale signalant l’erreur de Darwin. Mon hypothèse, c’est que la sélection naturelle ne joue aucun rôle dans la transformation des espèces, même pas marginal. Peut-être, aux origines, quand les êtres étaient unicellulaires, sans doute cette sélection a permis d’éliminer les erreurs de conception moléculaire, mais est-ce vraiment un moteur de l’évolution ? Non en vérité. Prenons pour comparaison la civilisation, ses œuvres, ses institutions. Quel en est le ressort ? Les philosophes et les anthropologues connaissent ce ressort, c’est la volonté. Et la représentation qui éclaire, guide, oriente la volonté.

Maintenant, la question essentielle, c’est le ressort de l’évolution. Et mon hypothèse, c’est que la sélection naturelle ne joue aucun rôle dans l’évolution. Elle n’en est que le résultat, la conséquence, à l’instar de la décharge publique qui élimine les déchets industriels dans les sociétés techniciennes. Une théorie de l’évolution qui utilise d’autres hypothèses que la sélection naturelle comme ressort, voire finalité en plus, est-elle envisageable ? Je réponds par l’affirmative, non sans ayant en arrière-pensée quelques embryons d’idées que je me garderais d’exposer ici. Par contre, je soulignerai la joie de voir que se dessine un champ théorique nouveau à explorer. N’oublions pas que Darwin a passé des années avant de trouver le déclic et, qu’actuellement, le travail intellectuel, allié à l’inspiration spirituelle, saura œuvrer dans le temps et faire émerger une théorie nouvelle, audacieuse, que pour l’instant les éclaireurs de la biologie pressentent sans en voir l’essentiel des contours. La conjoncture épistémologique est par ailleurs similaire. Si Darwin a utilisé la sélection naturelle, c’est parce que cette notion était productive tout en court-circuitant un déficit de connaissance en biologie. Actuellement, la génétique et la biologie moléculaire ont fourni des tonnes de donnés, alimentant notamment l’alternative de Kimura, mais c’est en terme de qualitatif, de compréhension de l’essence du vivant, que la biologie pèche, et c’est l’une des raisons pour laquelle la sélection naturelle persiste, à cause de ce déficit théorique qui, peut-être, sera comblé.

L’erreur de Darwin, c’est que la sélection naturelle ne joue aucun rôle dans l’évolution, elle n’en est pas le ressort ! La fin de cette histoire ne sera connue que quand les scientifiques auront misé idées et hypothèses. Je suis prêt pour le jeu, à condition qu’on me fasse entrer sur le terrain (clin d’œil aux labos, universités, éditeurs, mécènes... no comment !)



163 réactions


  • Voltaire Voltaire 7 septembre 2007 09:57

    L’hypothèse est intéressante mais se heurte néanmoins à pas mal d’évidences. Le risque est d’intérpréter de façon trop étroite ce qu’est la sélection naturelle. La plasticité du génome et sa capacité à stocker de façon prolongée de longues séquences d’ADN sans rôle apparent ou immédiat, de même qu’à conserver des mutations apparemment délétères (mais qui peuvent s’avérer utiles dans certains cas), tendent à masquer le rôle d’une sélection naturelle qui peut tantôt être drastique et rapide (quand les conditions environnementales changent brutalement par exemple), tantôt être molle, lente, vague, et tout simplement « potentielle ».

    L’évolution est faites d’à-coups, d’innatendu, et de potentiel...


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 11:36

      Bonjour à tous, merci pour vos commentaires. Je sens que la discussion sera animée et je ne pourrai répondre à tous.

      Vous avez raison Voltaire, de souligner le côté polyémique de cette notion de sélection naturelle, notion qui sans doute, n’a pas la même signification pour tous. Mon idée étant qu’au vu des pb que rencontre la théorie de l’évolution, une option est de tout reprendre, sans occulter ce qui est acquis, pour ne pas enfoncer des portes ouvertes, ni aller à l’encontre des faits empiriques avérés.

      Le schisme réside à mon sens dans le lien causal entre l’univers des mécanismes physiques et l’organisme en situation dans le milieu, avec une pression sélective dont la part efficiente est à établir. J’ai dit que cette part est nulle, car mieux vaut envisager l’hypothèse sous sa forme radicale. A mon avis, la sélection est un peu une sorte d’entropie générée dans le système naturel


    • Mathieu 7 septembre 2007 11:39

      Je pense exactement le contraire smiley

      « A mon avis, la sélection est un peu une sorte d’entropie générée dans le système naturel »

      L’entropie reflète la complexité et le désordre.

      Je pense au contraire que la selection diminue le désordre du système bioenvironnemental.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 11:43

      Remarque intéressante, à usage maïeutique

      je maintiens ma position, la sélection naturelle crée de l’entropie, l’évolution crée de l’ordre, elle lutte donc contre la sélection naturelle qui, de cause efficiente chez Darwin, pourrait devenir obstacle à l’évolution, obstacle vaincu par la vie et son élan esthétique


    • Mathieu 7 septembre 2007 11:59

      Je perd un peu le fil, pouvez vous repréciser vos définitions de sélection naturelle et d’évolution ?

      L’instabilité génétique naturelle augmente l’entropie du système. (plus de gènes, plus de protéïnes, plus de de bordel) Les espèces évoluent.

      La pression environnementale conduit à la disparition de ces nouveautés, l’entropie diminue. La pression environnementale étant la ce qui explique la sélection. (survie du plus apte + reproduction du plus attirant*)

      l’évolution visible correspondrait donc à la part d’entropie « acceptable » du système.

      * le plus apte qui ne se reproduit pas n’entre pas dans l’évolution


    • pierrot 7 septembre 2007 15:39

      @ l’auteur

      Maintenant, la question essentielle, c’est le ressort de l’évolution

      C’est bien là le problème seulement et seulement si évolution d’espèces il y a, condition sine qua non. Et cela est déjà en soit discutable.

      C’est en ce sens que la thèse matérialiste mène à l’absurde :

      S’il y a un ressort, je dirai plûtôt un moteur, de l’évolution c’est ce moteur qui dérange. Qui dit moteur exclu le hasard.


    • L'enfoiré L’enfoiré 7 septembre 2007 15:57

      @Voltaire,

      On pourrait chercher un parallèle d’une évolution dans l’éducation.

      Aller dans une direction est généré par différentes « impulsions » venant de l’intérieur ou de l’extérieur.

      Le patrimoine génétique, pour l’intérieur, l’environnement, pour l’extérieur.

      On ne peut rien résoudre sur la destinée sans prendre en considération une foule de paramètres.

      La nature corrige les « erreurs ». L’expérience humaine et les leçons aussi.

      Les parents prennent le temps de faire l’éducation, cela pourra marcher. Ce n’est pas une question de « milieu social » mais de « collision » avec certains événements.

      Commentaire trolleur ? Pas vraiment. smiley


    • stephanemot stephanemot 7 septembre 2007 16:51

      @l’enfoiré

      Est-il possible de savoir quels modérateurs laissent passer ces articles à la gloire de l’Intelligent Design ?

      Dugué a clairement admis sa volonté de diffuser cette doctrine fondamentaliste (cf plus bas).

      Soit vous arrivez à faire le ménage une bonne fois pour toutes, soit on demandera à des médias plus citoyens d’enquêter sur cette nouvelle vague de désinformation rayonnant depuis Agoravox.

       smiley

      Il en va de la crédibilité de ce media. L’autogestion c’est sympathique mais nous avons affaire à des experts en manipulation (ou pour reprendre les termes du Discovery Institute, de « publicity and opinion making »).

      Je suis curieux de savoir ce que Joel de Rosnay pense de tout cela.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 16:59

      Stéphane, votre attitude relève de la rage paranoïque et ne soyez pas si sévère, Avox a requalifié la rubrique de cette article en tribune libre. Et soyez rigoureux, a aucun moment je ne plaide pour l’ID que je ne me hasarderai pas à adopter vu qu’elle est très limitée dans son approche et ne présente pas de théorie substantielle, quant aux liens sur mon site, ils servent à s’informer de ce dont il s’agit à propos de l’ID mais vous, visiblement, vous ne chercher qu’à lyncher, en plus, avec les méthodes du journalisme approximatif, allez, Stéphane, cessez votre cirque mais votre venue m’a assez amusé, j’y ai vu un allégorie de la cup qui commence ce soir, et comme demi d’enmêlé, vous avez tout mélangé alors que mon billet est très clair dans son exposé


    • L'enfoiré L’enfoiré 7 septembre 2007 17:44

      @Stephanemot,

      « diffuser cette doctrine fondamentaliste »

      >>> Le problème n’est pas chez les manipulateurs, je le vois plutôt du côté des manipulés. C’est à eux de chercher à confirmer ou à infirmer. AV n’est pas wikipedia. Et même Wiki se goure parfois.

      « la gloire de l’Intelligent Design ? »

      >>> Connais-pas. Est-ce un nouveau programme d’ordi pour dessiner ?

      « on demandera à des médias plus citoyens d’enquêter sur cette nouvelle vague de désinformation rayonnant depuis Agoravox. »

      >>> Qu’on se le disent cher lecteurs, nous avons un nouveau moderateur « Stephanemot ». Il a du temps pour faire des enquêtes. Qu’on se le dise, car j’adore.

      « la crédibilité de ce media »

      >>> se trouve dans la masse des lecteurs et des commentateurs.

      « des experts en manipulation »

      >>> D’accord.

      « Joel de Rosnay pense de tout cela »

      >>> Entre nous, il n’en à rien à cirer. C’est pas son truc, d’après moi. Mais je peux me tromper.


    • pierrot 7 septembre 2007 18:51

      @stefanemot

      C’est un media libre et pas unilatéral ou en mode pensée unique.


    • Dr Rached Trimèche Dr Rached Trimèche 7 septembre 2007 19:16

      @ Voltaire : J’abonde et je partage votre avis D’ailleurs que serions nous sans darwinisme ? La VAlée africaine de l’Homo est là pour en témoigner !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 7 septembre 2007 21:38

      @ L’enfoiré - et avis à la poulation. Oyez, Oyez ! Je promets d’écrire la semaine prochaine un article sur l’existence de Dieu ! Pas de faux-fuyant, pas d’attaques hypocrites passant par Darwin... juste LUI et ELLE (la raison), seuls sur le ring. . Si AV refuse cet article, je le publierai sur quelques autres médias citoyens et en donnerai ici l’adresse. Si on se perd, vous l’aurez bien en évidence sur la page d’accueil de mon site Nouvelle Société :

      http://nouvellesociete.org

      Pierre JC Allard


    • stephanemot stephanemot 8 septembre 2007 10:39

      @l’enfoiré

      Votre réponse surréaliste explique bien des choses. Vous choisissez d’ouvrir grandes les vannes à la désinformation sans opérer le moindre filtre.

      Soit vous êtes totalement irresponsable, soit vous avez la ferme volonté de transformer Agoravox en une plateforme de diffusion de toutes les thèses révisionnistes jusqu’ici cantonnées aux pages les plus sombres du web.

      Dans un cas comme dans l’autre, un support qui a recours à des « modérateurs » comme vous ne peut pas se dire « média citoyen ».

      Au passage : votre profession de foi vous place en contradiction totale avec votre mission de modérateur. Pour rappel, la ligne éditoriale d’Agoravox précise clairement ceci :

      « Nous sommes conscients qu’une initiative comme AgoraVox accroît potentiellement les risques de propagation de rumeurs, de désinformation, de déstabilisation ou de manipulations volontaires ou involontaires. Pour cette raison, nous pensons qu’il est indispensable de disposer d’un comité de rédaction qui puisse agir en tant que »filtre« . Néanmoins, chaque auteur demeure également responsable des affirmations qui sont publiées et c’est à lui d’en valider la véridicité avant de les soumettre. »

      A propos d’« affirmations » des auteurs, signalons que certains ont au moins l’honnêteté d’assumer leurs objectifs : Pierre JC Allard a le mérite de dire sans « faux-fuyant » et sans « attaque hypocrite passant par Darwin » quel est votre combat : la foi doit détruire la science. Les autres se réfugient « courageusement » derrière un écran de fumée d’articles et de commentaires pseudo-scientifiques qui renvoient au fond à ce même postulat fondamentaliste*.

      Et comme toujours, lorsqu’un partisan de l’Intelligent Design se fait démasquer (comme l’auteur de cet article), il se dégonfle au moment d’assumer cette évidence.

      * pour rappel (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28677 ), le mystère de la foi échappe à la science et réciproquement. Pour une bonne raison : les démarches ne relèvent pas du même domaine, et à chaque fois que l’un cherche à s’accaparer l’autre, cela se termine mal pour la démocratie.

      L’ennemi de la foi, ce n’est pas la science mais le fondamentalisme. Et vouloir soumettre la science à la religion, c’est du fondamentalisme. Vouloir remplacer la physique par la métaphysique, c’est du fondamentalisme.


    • stephanemot stephanemot 8 septembre 2007 12:10

      @demian west,

      Vous contribuez vous aussi à la confusion des genres.

      Je ne fais pas référence à votre récente opération mais à la campagne de désinformation entretenue par les fondamentalistes (cf plus haut).

      Mon propos est très clair (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28677 ) : de nombreux chrétiens sont inquiets de la montée des fondamentalismes, et je défends leur combat pour leur religion et contre les attaques des fondamentalistes.

      Ce sont les fondamentalistes qui essayent de faire passer la défense de la religion contre le fondamentalisme pour une attaque contre la foi.

      Ce sont les fondamentalistes qui essayent de faire passer la défense de la science contre le fondamentalisme pour une attaque contre la foi.

      On retrouve exactement le même raisonnement dans le prétendu nouveau choc des civilisations vendu par les fondamentalistes d’orient et d’occident : il est dans leur intérêt de dresser artificiellement les communautés les unes contre les autres pour faciliter leur propre prise de pouvoir au sein de chaque religion.

      Une fois de plus (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=26318 ), le premier ennemi du fondamentaliste islamiste est le musulman modéré, le premier ennemi du fondamentaliste chrétien est le chrétien modéré, celui qui refuse de mélanger les genres entre sa foi et la politique, qui refuse le retour à l’obscurantisme. Et la première cible déclarée de l’ID n’est ni l’agnostique ni l’athée mais bien le croyant modéré (cf documents internes du Discovery Institute).

      Les articles assurant la promotion des doctrines néo-créationnistes et de l’ID (comme celui-ci) contribuent à manipuler l’opinion et faire basculer les chrétiens modérés vers le radicalisme en leur faisant croire que leur religion est attaquée par des hommes sans foi ni convictions. Or ce sont les fondamentalistes qui attaquent la religion, et ce sont des hommes de foi qui se retrouvent aux premiers rangs pour dénoncer l’imposture néo-créationniste.

      Ce n’est pas un hasard si la propagande fondamentaliste alimente la haîne en essayant de recréer artificiellement les faux débats d’un autre âge (les croisades médiévales, la rivalité entre scientisme et créationnisme...).

      PS : je ne vous qualifierai pas de « poule mouillée » pour autant, cela risquerait de vous exciter


    • Antoine Diederick 10 septembre 2007 09:39

      @stephanemot (IP:xxx.x7.230.35) le 8 septembre 2007 à 12H10

      je vous suis bien sur vos commentaires...je suis assez d’accord.


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 7 septembre 2007 10:00

    Je pense qu’il y a erreur à poser le problème sous l’angle de la sélection. Ceci accrédite l’idée qu’il doit y avoir une puissance sélectrice, puisqu’il y a sélection...

    Si on pose la théorie darwinienne en d’autres termes, cette objection tombe d’elle-même. Voici ma proposition de relecture du darwinisme :

    1. ce qui peut se reproduire se reproduit, tant que les circonstances le lui permettent, avec parfois certaines variations (ou erreurs), donc certaines nouveautés ;

    2. dans les nouveautés, ce qui ne marche pas... ne marche pas (et donc ne se reproduit pas, et donc disparaît) ;

    3. toujours dans les nouveautés, ce qui ne sert à rien pour l’instant, ne sert à rien, mais pourra servir plus tard, on ne sait jamais ;

    4. ce qui crée des conditions favorables à la reproduction... favorise la reproduction.

    Et voilà, pas la peine de prononcer le mot « sélection », cela dissuade de faire intervenir un « tiers sélecteur ». Toute la théorie (néo-darwinisme et ancien darwinisme), est contenu dans ces quatre propositions. Reste toujours (j’en suis conscient), le problème de la première structure reproduite et de son origine. Mais ce n’est pas un gros obstacle théorique : ce qui a commencé... a commencé.

    Comme toujours, c’est la façon de poser la question qui pose un problème, pas la réponse.


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 7 septembre 2007 10:38

      (erreur de manip)

      Ce qui fait qu’en gros, je suis d’accord avec vous, la sélection est une sorte illusion d’optique mentale.


    • CT 7 septembre 2007 17:39

      "Le problème de la première structure reproduite et de son origine. Mais ce n’est pas un gros obstacle théorique : ce qui a commencé... a commencé."

      Pas un gros obstacle ? C’est pourtant la raison pour laquelle nous ne savons rien... et pourquoi nous ne savons pas qui nous sommes et pourquoi nous sommes là...

      L’évolution, la sélection, ce ne sont que les accouchements et aléas de l’existence. On trouvera le détail un jour.

      Notre origine, notre essence ? Pas d’explication à l’échelle humaine. C’est pourquoi l’homme, créature pensante, s’est plu à inventer Dieu, devenu Poubelle de toutes les croyances.


    • stephanemot stephanemot 10 septembre 2007 10:12

      Inutile d’entrer dans le prétendu débat soulevé par cet article écrit par un promoteur des thèses néo-créationnistes de l’Intelligent Design.

      Ces fondamentalistes* cherchent à polluer le débat scientifique avec leur doctrine qui n’a rien à voir avec la science. Et le lecteur un peu naïf peut facilement croire que ce débat existe réellement si on commence à discuter avec ces fanatiques sur leur terrain.

      L’avantage de leur doctrine, en revanche, c’est que comme elle n’a rien de scientifique, ses attaques contre la science peuvent être facilement démontrées comme fausses de façon définitive.

      Les scientifiques apportent des réponses claires à chacun des 15 arguments pseudo scientifiques de l’Intelligent Design et du créationnisme :

      15 Answers to Creationist Nonsense http://www.sciam.com/article.c...

      le message principal et la conclusion demeurent les mêmes : parler de « sciences de la création » ou de l’ID comme d’une science est une contradiction de termes et une imposture.

      * à propos de leur imposture : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28677

      — -


  • Radix Radix 7 septembre 2007 10:12

    Bonjour

    Il me parait assez difficile d’évacuer la sélection naturelle d’un trait de plume.

    En effet il ne faut pas confondre le court et le long terme. A court terme la sélection naturelle joue un rôle essentiel, l’animal moins performant ne survivra pas ou ne se reproduira pas. Ce mécanisme est indubitable et facilement observable, c’est d’ailleurs ce qu’avait observé Darwin et beaucoup d’autres après lui.

    C’est le long terme qui est plus difficile à appréhender. Si la sélection naturelle permet à une espèce d’éliminer des individus qui, s’ils se reproduisaient, affaiblirait le patrimoine génétique, elle n’explique pas les mutations génétiques radicales des espèces. Elle se contente de les filtrer en en éliminant les « erreurs ».

    Darwin n’avait pas les moyens d’aller aussi loin dans l’analyse il a seulement ouvert la voie de la recherche, c’est à d’autre de poursuivre mais, par pitié, sans faire intervenir un deus ex machina comme un auteur de roman en mal d’inspiration.


  • aurelien 7 septembre 2007 10:25

    Bonjour Bernard,

    C’est une position radicale qui n’en demeure pas moins intéressante. Cependant, en mettant en abîme les ressorts supposés de l’évolution, vous mettez le lecteur dans le flou le plus complet.

    Je pense qu’il faut partir, pour appréhender le paradigme actuel en biologie, du principe d’incertitude (si cher à la MQ) et en prendre la mesure au niveau de nos propres théories de la connaissance. C’est à ce niveau, je pense, qu’il sera possible d’évaluer, si Darwin a « réellement » commis une erreur ou non.


  • Mathieu 7 septembre 2007 10:44

    Effectivement le mot sélection implique un processus de sélection, voire un sélecteur...

    Darwin jugeait de la seule survie pour l’évolution.

    Or, il semble depuis que ce sont ces dames qui forment la sélection puisqu’il s’agit avant tout d’une affaire de reproduction smiley

    Il faut être vivant pour séduire donc bien évidemment, si vous mourez, c’est mal barré.

    En revanche, il y a des exemples d’attributs de séduction (la queue du paon) qui ne servent à rien dans la survie, voire la rende dangereuse, tout ça pour séduire !


    • aurelien 7 septembre 2007 10:51

      En ce qui concerne le paon, serait-ce séduire, ou effrayer ?

      Les taches sur l’ensemble des plumes du paon ressemblent à des yeux...

      Je dirais qu’il pourrait s’agir d’un outil de diversion ou de défense face à des prédateurs éventuels ou des animaux gênants.

      Mais cela a tout aussi bien pu évoluer aussi...


    • aurelien 7 septembre 2007 10:54

      Sans doute faut-il distinguer la fonction du mécanisme évolutif lui-même.


    • aurelien 7 septembre 2007 11:16

      Est-ce peut-être cela que vous avez voulu dire, Bernard ?


    • aurelien 7 septembre 2007 11:18

      Ou alors :

      l’évolution est-elle fonctionnelle ?


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 20:22

      Il y a une sorte d’élan esthétique et aussi cognitif en oeuvre dans le Vivant. Je ne peux guère dire plus


    • ZEN ZEN 8 septembre 2007 08:21

      « Il y a une sorte d’élan esthétique et aussi cognitif en oeuvre dans le Vivant. Je ne peux guère dire plus... »

      On dirait du sous- Bergson, l’animisme en plus..


  • Boileau419 Boileau419 7 septembre 2007 10:50

    La sélection dite « naturelle » ne peut en aucun cas expliquer la diversité de la vie puisqu’un processus de ce type ne peut qu’aboutir à un appauvrissement des espèces et non à leur multiplication. Par conséquent, il faudra trouver autre chose, messieurs les descendants de Lucy !

    Moi, ce qui me frappe dans cette histoire de sélection « naturelle », c’est la manière dont elle reflète très précisément les idées d’une époque, celle de la révolution industrielle.

    On la croirait sortie tout droit de dessous le chapeau melon d’un petit bourgeois propriétaire d’une filature du Lancashire : on n’entend parler que d’efficacité et de concurrence ; tout est mécanique. Bref, on peut vraiment dire qu’avec cette théorie l’homo industrialis s’est projeté sans vergogne dans la nature. Tout ce qui dépasse cet homo-là a été oublié ou écarté : « Faisons la nature à notre image ! »

    Autre chose qui me frappe, c’est la violence qui imprègne la théorie. A croire que les darwinistes et les néodarwinistes n’ont retenu du monde animal que le tyrannosaure et le requin. Alors qu’à côté de ces monstres il y a le gentil lémur et le paresseux.

    Enfin, rappelons la tautologie fondatrice :

    « LA SURVIE DU PLUS FORT »

    QUI SONT LES PLUS FORTS, MONSIEUR ?

    CEUX QUI SURVIVENT, TOTO.

    ET QUI SONT CEUX QUI SURVIVENT, MONSIEUR ?

    CE SONT CEUX QUI SONT LES PLUS FORTS, TOTO.

    C’est un exemple parfait de raisonnement circulaire qui n’apprend rien. Et de fait, la théorie de la sélection « naturelle », à tout vouloir expliquer, n’explique finalement plus rien. Tout cela est d’une simplicité enfantine, mais je n’ai pas rencontré un seul darwiniste qui accepte de discuter du problème honnêtement. Plus c’est simple, plus ça leur échappe.

    Ou plutôt, cela est trop en dessous de ces grandes intelligences himalayennes. Si on leur opposait des arguments ultra-compliqués, peut-être qu’ils daigneraient en parler, mais des tautologies qu’un enfant de six ans peut voir, ça jamais !

    Les femmes ont un orgasme ? C’est une adaptation. Le paon a une queue extravagante ? C’est une adaptation. Le moineau est tout gris et tout vilain ? C’est une adaptation. L’homme n’a pas de poils sur le corps ? C’est une adaptation. L’orang-outang en a tout plein ? C’est une adaptation.

    Mais oui, c’est ça, Darwin. Et si le père Noël est obèse bien qu’il ait à descendre par les cheminées pour apporter des jouets aux enfants, c’est aussi une adaptation sans doute ?

    Mon Dieu, comme tout cela est bête !

    Plus bête, infiniment plus bête que la Bible.


    • Boileau419 Boileau419 7 septembre 2007 11:04

      Pour reprendre mon premier argument, à savoir que « sélection égale réduction », pensons tout simplement à ce qui se passe dans l’industrie : quand une société devient vraiment la plus forte, elle finit par bouffer tous ses concurrents et il ne reste plus qu’elle. Fin de la diversité, bonjour le monopole. A moins, bien sûr que l’Etat n’intervienne...

      Si la nature travaillait de cete manière et que l’efficacité fût vraiment le seul critère, on aurait quoi ?

      Un monde avec quelques prédateurs et des proies plus prolifiques qu’eux et puis c’est tout. En fait, cela ne marcherait pas du tout parce qu’un système dopé à la sélection du plus fort aboutirait nécessairement à la faillite. Les prédateurs se retrouveraient sans proies et crèveraient. Fin de la vie sur Terre.

      Heureusement, ce n’est pas ainsi que les choses se passent (j’allais dire « fonctionnent », mais je me suis souvenu à temps que la nature n’est pas une machine !).

      Ce que l’on trouve dans la nature réelle—pas celle qu’on rêvée Darwin et ces compères—c’est une débauche scandaleuse et pas du tout économique d’espèces,un monde où dans un même milieu on trouve des êtres très différents les uns des autres et non des modèles rationnalisés en fonction du critère d’efficacité maximale.

      Ce que je veux dire, c’est que si la nature fonctionnait comme une usine capitaliste, on devrait trouver dans un biotope donné les mêmes adaptations chez tous les êtres qui le peuplent. Or il n’en est rien. Et il ne manque pas d’espèces qui exhibent des attributs d’une extravagance à faire s’étouffer tout un directoire d’actionnaires écossais.

      Bref, bref, bref, tout cela ne tient pas debout, même avec des béquilles. Inutile d’aller chercher des arguments compliqués dans les mathématiques ou les sciences de la molécule : le simple bon sens, comme je viens de le démontrer, suffit à montrer les erreurs de cette théorie aussi sotte que prétentieuse.

      Du balai !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


    • Mathieu 7 septembre 2007 11:13

      Boileau,

      Nous avons fait quelques progrès depuis Darwin, qui je le rappelle ne connaissait pas la génétique.

      La génétique nous apprend que le vivant n’est pas stable. Les gènes changent sous l’effet de x causes. La réplication de l’adn n’est pas parfaite et des erreurs se produisent à chaque fois.

      Dans votre exemple, les espèces sont stables, et la sélection s’applique sur des espèces stables.

      Nous savons maintenant que ce n’est pas le cas.

      L’évolution, c’est ce qui fait qu’un changement va rester ou non.

      L’instabilité génétique du vivant est le fait du hasard, aux dernières nouvelles. Vous avez du mal à voir que le hasard est une source infini de complexité.

      Le vivant génère spontannément de la complexité. l’évolution, c’est ce qui explique que le monde n’est pas encore plus complexe. Si toutes les variations du vivant restaient, je vous assure que vous auriez une autre vision de la diversité smiley


    • Anto 7 septembre 2007 11:28

      Boileau, vous ataquez l’evolution par des interrogation infantiles qui montrent que vous ne vous etes jamais renseignes serieusement sur elle et que vous en etes reste aux objections du XIXeme siecle.

      « La sélection dite »naturelle« ne peut en aucun cas expliquer la diversité de la vie puisqu’un processus de ce type ne peut qu’aboutir à un appauvrissement des espèces et non à leur multiplication. »

      Deja, la selection naturelle implique la survie du plus adapte au milieu, et la diversite des espece tient au fait que la variabilite des climats, des geographies, des environnemnts etc..., est gigantesque sur terre. Aussi si selection naturelle il ya, elle donnera autant de resultats differents qu’il y a d’environnements. Vous ne trouverez jamais de toucan dans les sevennes... Par ailleurs, vous occultez completement la reproduction sexuée qui accroît la diversité génétique , tout comme vous ne parlez pas du moteur de la theorie de l’evolution a savoir, la mutation...

      Votre totologie montre aussi le niveau de connaissance subscolaire que vous avez de la theorie de l’evolution. Les failles de cette theorie existent et elle est remise en question continuellement. Si vous voulez le faire, faites le serieusement quoi...


    • thirqual 7 septembre 2007 11:28

      Boileau s’en fout, Boileau ne prend pas en compte ce qu’on lui dit, Boileau raconte n’importe quoi. Déjà hier deux personnes ont rappelé la différence entre plus fort et plus adapté, et que la notion de « plus adapté » était inexacte, mais facile à comprendre. Boileau ne comprend rien si ça le gène dans ses convictions.

      Tiens, un truc marrant (mais je suis pas biologiste, je sais pas comment vérifier). Supposons que Adam et Eve, c’était les premiers humains, ya genre 1 million d’années (pour rester grossier). Le rythme des mutations est-il suffisant pour expliquer la gamme des variations dans le code génétique des êtres humains ? (Voltaire, si tu lis ceci, tes lumières sont bienvenues)


    • quen_tin 7 septembre 2007 11:52

      C’est bien le problème des vulgarisations scientifiques. « Le plus fort survie » : ce n’est pas la théorie scientifique qui dit ça, c’est juste comme ça qu’on l’apprend à l’école. La théorie parle plus volontier d’adaptabilité que de force, et à mon avis on peut le comprendre comme un équilibre avec le milieu naturel.

      Toutes vos critiques ne s’appliquent pas réellement à la théorie en réalité, mais plutot à sa vulgarisation. Et puis Darwin a passé beaucoup de temps dans la nature à observer les différentes especes animales, c’est ce qui lui a permit de fonder sa théorie, ça ne sort pas juste de son cerveau de petit bourgeois ! smiley

      Enfin la théorie s’appuie non seulement sur la sélection mais aussi sur les mutations et recombinaisons qui créent de nouveaux caractères à chaque génération. L’un ne va pas sans l’autre. Ce sont ces mutations qui expliquent la diversité.

      Et non on ne balaye pas une théorie comme ça juste avec son bon sens !


    • Voltaire Voltaire 7 septembre 2007 11:57

      Aaargh ! il faudrait que je vérifie cela... mais je ne me fais pas trop de soucis sur le résultat. Si je me souviens bien, les calculs d’horloges biomoléculaires basées sur les différences entre génomes suggèrent une différenciation entre les branches hommes et chimpanzée vers -5 millions d’années, alors que les fossiles suggèrent une différenciation un peu plus ancienne. cela suggère que le rythme réel des mutations pourrait être un peu plus lent que celui basé sur leur fréquence théorique, mais il y a trop de facteurs en jeu pour que l’on puisse vraiment calculer (dont la sélection...). Mais cela suggère donc que cette fréquence de mutation est donc largement suffisante pour expliquer une évolution sur la durée considérée.


    • bozz bozz 7 septembre 2007 12:13

      hop hop hop Voltaire, l’horloge biomol. n’est pas vraiment constante, nous savons qu’il y a des sauts, des moments de très fortes mutations et d’autres où il y en a moins, certains la considèrent donc comme saltatoire. Il faut toujours se méfier des hypothèses génétiques quand on parle de paléontologie, il y a toujours des biais monstrueux et cela se révèle plus être de la fiction que des hypothèses scientifiques étayées (comme pour faire des cladistiques avec des distances géniques d’ailleurs...)


  • kingofshifumi 7 septembre 2007 10:52

    Il est dommage que l’article ne parle pas du lamarckisme, la théorie contemporaine et à contre-courant de Darwin. Le darwinisme a été préféré à cette théorie à l’époque, car le lamarckisme souffrait d’un manque de preuve assez flagrant, alors qu’il en était de même pour le darwinisme... Depuis, même si la théorie de darwin semble prévaloir, il faut savoir que les deux théories se valent toujours. Or, dans le débat évolutionniste/créationniste, on ne parle en général que de Darwin.


    • Mathieu 7 septembre 2007 11:00

      Non le lamarckisme a été évacué par la génétique. « La fonction crée l’organe »

      Lamarck croyait que les girafes ont un long cou à force de tirer et de brouter les feuilles des arbres, qu’elles « voulaient » presque avoir un long cou.

      La fonction ne crée pas l’organe.

      L’organe apparaît, et s’il ne pose pas de problème, il reste !

      Pour l’histoire du cou des girafes, il semble qu’en fait les mâles se battent pour les femmelles en se donnant des coup de cou (comme les cerfs les cornes).

      Donc gros cou = bon coup

      et vlan ! A force voila où nous en sommes.


    • Boileau419 Boileau419 7 septembre 2007 11:05

      Ce que peu savent, c’est que Darwin a pillé Lamarck de façon honteuse, chose qu’il a fini par avouer du bout des lèvres dans ses derniers ouvrages.


  • Tzecoatl Tzecoatl 7 septembre 2007 11:06

    @ l’auteur, qui a relaté ceci : « Autrement dit, il y a un découplage causal entre la pression sélective et le processus de transformation des gènes (Kimura, Théorie neutraliste de l’évolution, Flammarion). »

    Cela est faux en ce qui concerne l’ADN mitochondrial, qui s’adapte et se transforme avec le vécu de l’organisme. Donc, à priori, découplage en ce qui concerne l’ADN des chromosomes, mais couplage en ce qui concerne l’ADN mitochondrial.


  • Forest Ent Forest Ent 7 septembre 2007 11:45

    Les processus de sélection/adaptation étaient ceux qui expliquaient le mieux la variété des pinsons des Galapagos, et il n’y a à ma connaissance pas mieux depuis.

    Il ne faut pas oublier que les idées de Darwin s’appuyaient sur un concept central dont on parle assez peu dans cet article, celui de séparation.

    Quand à démontrer que le bagage génétique est insuffisant pour l’évolution, mutations comprises, j’attends de voir la démonstration complète. smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 11:49

      Le concept dont vous parler me semble être la spéciation, autrement dit la différenciation des espèces dans un biotope circonscrit. Il peut y avoir spéciation sans que la sélection naturelle joue un rôle positif autre qu’une entropie du vivant


    • Tzecoatl Tzecoatl 7 septembre 2007 11:52

      @Forest Ent :

      L’évolution en a décidé autrement puisque le patrimoine génétique humain contient du génome viral, dormant, ou non (par exemple, le SIDA qui peut s’incruster dans notre génome). Nous ne sommes donc pas uniquement les descendants du singe, mais également des virus, par exemple.

      Donc, adaptation/mutation/incrustation préciserais-je.


  • xde 7 septembre 2007 12:07

    Monsieur Dugué, puis-je vous conseiller la lecture du « Science & vie » d’août 2007... Résumé :

    « Le hasard fait décidément bien les choses. Car de récentes découvertes l’affirment : depuis la diversité des espèces jusqu’à nos cellules, le hasard joue un rôle clé à toutes les étapes du vivant. Au point que, sans lui, la vie n’existerait pas ! Révélations sur le vrai maître de notre destinée. »


    • Tzecoatl Tzecoatl 7 septembre 2007 12:19

      Et le hasard dans la causalité scientifique toute puissante, peux-tu nous rappeler ce que c’est ? Une caisse de résonance dans un cadre causal, ou le pur hasard auxquel je ne trouve que des présupposés ? Ce que l’on appelle hasard est une émergence d’un fait connu, dont on ne connait pas la relation de cause à effet, de mon point de vue.


    • Le Chacal Le Chacal 7 septembre 2007 16:09

      Le hasard est bien à prendre en compte. Faisons une hypothèse (sans aucun fondement, sinon le fait que cela aurait pu se produire, je précise d’avance avant de me faire lyncher) : dans le Yucatan, il y a 65 millions d’années, une espèce de dinosaure avait évolué jusqu’à un embryon de conscience, et possédait des pouces opposables. Cette espèce semblait donc bien en place pour devenir un peu ce que nous sommes, mais bien avant. Manque de bol, c’est pile à cet endroit que vient s’écraser un météore de 2km de diamètre...

      Qui sait si dans les nombreuses espèces disparues par la faute d’une catastrophe planétaire, comme celles du permien, du trias ou du crétacé, il n’y avait pas un meilleur potentiel que dans les vulgaires mammifères que nous sommes ?

      Je me demande si nous ne sommes pas comme ces héros de la guerre, qui sont bardés de médaille pour la simple et bonne raison que l’ennemi a toujours visé à côté...


    • Anto 7 septembre 2007 16:33

      le hasard est a manier avec precaution car on a tendance a le personnifier, a en faire un acteur de l’evolution. Dans la mesure ou on raisonne en terme de probabilite sur des milliard d’annees, il s’est passe suffisemment d’evenements pour que l’on puisse considerer, avec nos outils mathematiques, que leur enchainement fut aleatoire. Cependant, nous n’avons qu’un seul et unique exemple d’apparition et de developpement de la vie. Si bien que suivant le point de vue a partir duquel ou je me place, la probabilite de mon existence est soit 1/10000000^100000000 (neo-darwinisme), soit 1(ID ou toute notion de destinee).

      L’idee que l’evolution soit le fruit de mutation aleatoire vient surtout du fait que nous ne disposons pas d’outils mathematiques (ni intellectuels) suffisemment puissants pour decrire une telle somme d’evenements et d’en extraire une loi. L’invocation du hasard est generalement un aveu d’impuissance, bien qu’il ait des proprietes mathematiques tres interessantes. (L’introduction de contraintes, comme la selection naturelle est une tentative de simplifier la description des mecanismes d’evolution).


  • moebius 7 septembre 2007 12:08

    Mais cette « selection naturelle » opposée a un « dessein intelligent » ou a une « volonté divine » c’est un anthropomorphisme qui s’ajoute ou s’oppose à un autre anthropomorphisme. La sciences n’a nul bessoin du mythe pour fonctionner et ses vérités sont relatives. Par contre il est tout a fait possible d’oposser créationisme et selectionnisme puisque se sont deux conceptions du monde .L’une prétendant à une volonté créatrice et la deuxieme à une mécanique évolutive et strictement adaptative. ON conçoit que cette antagonisme ait lieu dans un pays ou la religion joue la fonction que la laicité joue en Europe... Chacun devrait dans une perspective optimiste etre libre de croire a ce qu’il veut. Mais sommes nous vraiment libres ?


  • docdory docdory 7 septembre 2007 12:13

    @ Bernard Dugué

    Ce qu’on peut dire , c’est que Darwin n’avait pas la connaissance des phénomènes catastrophiques qui surviennent de temps en temps et viennent perturber massivement la biosphère . Le plus connu est la fameuse météorite qui a mis fin à de très nombreuses espèces à la fin du crétacé , permettant aux mammifères , qui étaient apparus a peu de choses près en même temps que les dinausores , de prendre les niches écologiques occupées préalablement par les dinosaures . Sans cette extinction , il est probable que l’espèce intelligente actuelle sur terre serait issue d’un dinosaure ! Une extinction de masse encore pire a eu lieu à la fin du permien , dans laquelle 95 % des espèces ont disparu .

    Ces extinctions de masse catastrophiques ( certains pensent que nous vivons actuellement l’une d’entre elles ) entraînent une véritable « redistribution des cartes » du jeu évolutif . A ce moment là , on observe une accélération vertigineuse de la vitesse de l’évolution en raison justement du champ laissé libre à la sélection naturelle ! Dans les premiers mois du paléocène , juste après la chute de cette fameuse météorite , les espèces de mammifères les plus grosses ayant survécu ne devaient pas excéder la taille d’un chien . En raison de la compétition féroce entre ces espèces survivantes , il y eut une pression de selection tellement importante qu’apparut en quelque millions d’années des espèces de mammifères approchant la taille des mammifères actuels . L’évolution se fit ensuite beaucoup plus lentement .

    Néanmoins la sélection naturelle est un phénomène qui s’observe constamment à l’heure actuelle , si ça vous intéresse je peux vous donner de nombreux exemples , que j’ai déjà mentionnés sur d’autres fils !


    • docdory docdory 7 septembre 2007 12:15

      NB : c’est bien sûr dinosaures qu’il fallait lire , pardon pour la coquille !


    • Tzecoatl Tzecoatl 7 septembre 2007 12:23

      Enfin, la sélection culturelle opère aussi, partant de ton postulat.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 12:25

      Bonjour,

      Vous allez me sortir sans doute le phalène du Bouleau, qui certes, semble relever d’une sélection naturelle mais qui pour moi, relève d’un jeu de la vie qui n’a rien de commun, en essence, avec la transformation des espèces


    • Tzecoatl Tzecoatl 7 septembre 2007 13:09

      Il a parfois des revers dans la sélection naturelle, elle ne va pas que dans un sens.


    • docdory docdory 7 septembre 2007 13:18

      @ Bernard Dugué

      Non , je n’allais pas sortir la phalène du bouleau dont j’ignore tout , je pensais à des exemples irréfutables de sélection naturelle , citons en vrac :

      - la multiplication de bactéries résistantes aux antibiotiques ,

      - l’apparition de souches de virus VIH ayant une résistance aux antirétroviraux ,

      - l’existence d’un faible pourcentage d’êtres humains ayant une résistance génétique au virus VIH . Ces gènes , qui auraient été « neutres » il y a une trentaine d’années , vont sans nul doute se multiplier dans la population dans les prochains siècles , par le jeu de la sélection naturelle ,

      - la prévalence élevée en Afrique d’anomalies génétiques de l’hémoglobine ( drépanocytose entre autres ) qui , lorsque les individus sont homozygotes vis-à-vis du gène , provoquent une anémie gravissime , mais lorsqu’ils sont hétérozygotes , sont protégés contre les formes graves du paludisme ,

      - la prévalence élevée du gène de la mucoviscidose en France , gène qui protégerait les porteurs hétérozygotes des formes graves du choléra ,

      - les modifications des rapports entre les diverses populations de pinsons des Galapagos , toujours étudiés actuellement , en fonction du climat ,

      etc, etc ... Liste non limitative !


    • ZEN ZEN 7 septembre 2007 21:22

      Salut Doc

      Merci pour ses précisions. Comme quoi, le darwinisme, enrichi par la génétique, la biologie fine, ne perd pas sa valeur explicative et heuristique. Il suffit de se plonger dans l’oeuvre du regretté Gould pour s’en rendre compte.

      Le problème est que la la notion de théorie scientifique est souvent mal comprise, faute de connaissances épistémologiques et d’histoire des sciences. Une théorie n’est pas un dogme, mais un système théorique explicatif global pour une classe de phénomènes, qui ne prétend pas tout expliquer, qui peut toujours être affiné et/ou corrigé, voire englobé dans une théorie plus large lui donnant un nouveau sens( par ex. la théorie newtonienne n’a pas perdu de sa valeur à notre échelle, mais elle perd sa pertinence au niveau microscopique. La théorie de la relativité ne l’annule pas , elle l’englobe)


    • claude claude 8 septembre 2007 19:11

      bonjour doc,

      vous me retirez les mots du clavier...

      l’erreur que font la plupart des personnes, c’est qu’elles pensent qu’une théorie émise à un instant « t » reste immuable pour l’éternité... or le cheminement scientifique fait que les théories sont faites pour être infirmées ou confirmées...

      darwin vivait il y a 150 ans et depuis, on a au moins découvert l’adn, l’arn... et autres babioles du nom de protéines, acides aminés, neurotransmetteurs...

      de toutes façons, on le sait bien que darwin a tout faux : les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses ! smiley


  • ZeusIrae 7 septembre 2007 12:17

    Je ne vois pas très bien en quoi la selection naturelle n’expliquerais pas la diversité des espèces.

    La terre existe depuis 4,5 milliards d’années,la vie depuis 3 milliards,le règne des mammifère a commencé il y a 65 millions d’années.L’Homo Sapiens a environs 150 000 ans.

    Compte tenue des échelles de temps gigentesque par rapport à la vie d’un animal ou même l’existence d’une espece,il est tout a fait imaginable que la dérive genetique couplé à la selection naturelle peuvent parfaitement expliquer l diversité des especes.


  • Thomas Thomas 7 septembre 2007 12:45

    Votre théorie est intéressante, plausible mais ne remet pas à mon sens en cause la sélection naturelle.

    Darwin était un explorateur et un anthropologue, non un biologiste. Il a « intuité » une bonne part de ses théories. Peu enclin à croire à l’intervention d’un principe divin, il a été guidé par l’idée que les modèles les plus simples sont les plus solides et les plus crédibles (c’est d’ailleurs bien ce qui rendait la théorie héliocentrique tellement plus crédible que les épicycles de Ptolémée).

    Mais Darwin est resté à la surface. Il ne pouvait connaître la différence entre génotype (notre identité génétique) et phénotype (l’expression extérieure de nos gènes, sachant que nombre d’entre eux sont muets).

    Et c’est bien sur le phénotype que s’exerce la sélection. Qu’importe si un individu a des gènes permettant d’avoir 2, 4 ou 10 jambes, c’est le nombre de jambes qu’il a effectivement qui déterminera s’il peut facilement échapper à un prédateur ou attraper efficacement des proies.

    Toute la part muette du génotype est donc neutre vis-à-vis de la sélection naturelle et non affectée *directement* par elle. Dès lors, des gènes peuvent évoluer, fluctuer, varier de façon totalement aléatoire sans la moindre conséquence évolutionniste. Jusqu’à ce que des circonstances génétiques ou extérieures leur donnent l’occasion de s’exprimer sur le phénotype.

    La sélection naturelle s’exerce donc exclusivement sur le phénotype. Le génotype peut obéir à d’autres règles, sans remettre en question le principe de sélection naturelle.

    Enfin, il y a importance prévalente du phénotype car lorsque l’individu est éliminé ou sélectionné par le processus sélectif, son génotype disparaît ou est sélectionné avec lui.


  • moebius 7 septembre 2007 12:47

    ...mais par rapport a quoi la nature serait sélective ? par rapport à l’histoire ? à la technique ? et c’est quo cette évolution avec des pointes de vitesse ?


  • Democrite 7 septembre 2007 12:51

    Je ne suis pas certain que vous preniez le probléme dans un sens pratique.

    La sélection naturelle au sens de Darwin est la formalisation de la réussite ou non d’un individu à se reproduire. Si l’individu se reproduit il est « sélectionné » pour la génération suivante, si il n’y parvient pas (pour diverses raisons) il est contre sélectionné.

    Comme le dit Gould, la sélection naturelle est myope, elle ne peut être considéré qu’à l’aune de la génération et de l’individu. Le succès reproducteur d’un individu ne peut en aucun cas être garant du succès d’une espèce. Au niveau de l’espèce ce sont d’autres facteurs qui agissent et qui sont composés de différents éléments dont l’accumulation de processus de sélection (à chaque génération pour la suivante) ne sont qu’une partie... le hasard joue un grand rôle aussi.

    Bref la sélection est toujours d’actualité et effectivement joue un grand rôle dans l’évolution... mais (tout comme Darwin le disait) le moteur de l’évolution reste la mutation et la variabilité des traits. La sélection n’est que le résultat de l’adéquation de ces traits à l’environnement agrémenté d’une large dose de hasard.


    • Thomas Thomas 7 septembre 2007 12:59

      La seule reproduction n’est pas sélection. Encore faut-il pouvoir amener sa descendance à pouvoir se reproduire à son tour. Par exemple, un individu qui aurait un grand succès à engendrer une descendance stérile serait tout autant éliminé que s’il n’avait pu se reproduire.

      Les espèces peuvent ainsi mettre une emphase sur le nombre de descendants engendrés (lorsque les parents ne peuvent s’occuper de la progéniture, ex=insectes) ou sur les soins (petit nombre de descendants mais protection prolongée par les parents, ex=mammifères).


    • Democrite 7 septembre 2007 13:12

      Ce qui ne change pas le fait que la sélection ne peut agir que à l’echelle de la génération et de l’individu et pas à des échelles plus larges qui sont nécessaires à l’expression de l’évolution.


  • Thomas Thomas 7 septembre 2007 12:53

    On a soulevé dans les commentaires le fait que la sélection naturelle aurait du conduire à l’existence d’une unique espèce mais c’est une interprétation rudimentaire du principe de sélection naturelle.

    Pour survivre, il n’y a pas de stratégie unique. Par exemple, on peut très bien échapper à un prédateur parce qu’on sait grimper aux arbres, parce qu’on peut voler, parce qu’on pratique le camouflage ou parce qu’on est plus fort que lui.

    Dans la théorie de l’évolution, seul compte le résultat. Mais toutes les stratégies (même si le terme ne recouvre pas une démarche consciente) peuvent s’avérer valables et sont donc perpétuées.

    La sélection naturelle n’est donc nullement antinomique de la diversité. Au contraire, elle la favorise.

    Et la diversité est elle-même un facteur important d’adaptation. En cas de grand cataclysme, certaines espèces peuvent se révéler incapables d’évoluer suffisamment rapidement pour survivre (ex = les dinosaures) tandis que d’autres le pourront.


  • stephanemot stephanemot 7 septembre 2007 13:05

    Les lecteurs d’AgoraVox sont en droit de se demander pourquoi cet article a été publié. Bernard Dugué, l’auteur de ce remarquable exemple de propagande ID, est un « chercheur » qui assure sur son site perso (http://www.u-blog.net/Fulcanelli ) une promotion éhontée pour l’ID avec des liens à visiter« comme »ID blog« , »Intelligent Design« , »Dembski blog" (théoricien de l’ID)...

     smiley

    NB : Bernard, vous pouvez essayer de modifier votre site pour l’édulcorer, il a déjà été copié sur plusieurs media pour l’édification d’un lectorat que vous menez en bateau depuis trop longtemps.

    Votre discours ambigü est un modèle de désinformation et de propagande, qui reprend toutes les ficelles de l’ID, à commencer par celles qui consistent à le distinguer du créationnisme.

    Vous voulez faire croire au lecteur que vous dénoncez le fondamentalisme des créationnistes, mais vous n’évoquez l’Intelligent Design qu’à propos d’une « controverse », et vous parlez d’une « volonté. Et la représentation qui éclaire, guide, oriente la volonté. » (1) qui ressemble bigrement à un avatar de l’I.D. et relève en tout état de cause de la profession de foi, et nullement de la démarche scientifique.

    Vous seriez naturellement incapable de qualifier également l’Intelligent Design comme une forme de fondamentalisme. Et ces articles n’ont rien à faire sur AV.

    PS : à propos de Darwin, qui n’est une fois de plus (2) pas le coeur de la question :

    - Darwin redevient une icône et je ne m’en réjouis pas. En se braquant pour résister aux attaques pervasives des fondamentalistes, les défenseurs de la science se trompent de combat : plutôt que de dépenser en vain de l’énergie à défendre Darwin dans le faux débat imposé par l’imposture de l’ID, il suffit de rappeler que ce débat n’a pas lieu d’être puisque l’ID n’a rien à voir avec la science.

    - les théories de Darwin ont effectivement été récupérées par des scientistes au plus fort des attaques créationnistes contre Darwin il y a plus d’un siècle. J’ai dénoncé ces dérives comme une forme de contre-fondamentalisme*. Il n’est heureusement plus d’actualité, même si la propagande de l’ID cherche à le réveiller pour s’en servir de caisse de résonnance. Nous savons désormais pourquoi vous entrez dans ce jeu dangereux : vous partagez leurs objectifs.

    - contrairement à ce que vous semblez laisser entendre ici ou dans votre article sur le darwinisme quantique, les scientifiques ne considèrent jamais les théories scientifiques (de Darwin comme d’Einstein ou d’un autre) comme infaillibles, bien au contraire : une telle vision représenterait la négation de la démarche scientifique et une profession de foi fondamentaliste.

    - vous avez raison de signaler que « Toute critique sévère menée à l’encontre de la théorie darwinienne devient suspecte car dénoncée comme faisant le jeu des fondamentalistes » - vous faites le jeu des fondamentalistes

    (1) « Peut-être, aux origines, quand les êtres étaient unicellulaires, sans doute cette sélection a permis d’éliminer les erreurs de conception moléculaire, mais est-ce vraiment un moteur de l’évolution ? Non en vérité. Prenons pour comparaison la civilisation, ses œuvres, ses institutions. Quel en est le ressort ? Les philosophes et les anthropologues connaissent ce ressort, c’est la volonté. Et la représentation qui éclaire, guide, oriente la volonté. »

    (2) cf lien vers mon article « en finir avec l’intelligent design » : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28677


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 13:21

      Stéphane,

      C’est votre droit de voir dans cet article une propagande pour l’ID qui n’est jamais évoquée. La volonté et la représentation, j’en ai parlé dans une intention heuristique, pour expliciter la notion de ressort d’une société humaine. Le ressort c’est une cause efficiente et formelle. Il y a un ressort de l’évolution comme il y a un ressort de la civilisation. J’ai émis une hypothèse, c’est que la sélection n’est pas le ressort de l’évolution.

      Quant aux liens vers Dembski et l’ID, je me félicite de les avoir mis et je me battrai pour que ces ID puissent être publiées, bien que je m’en écarte et n’y porte pas une attention spéciale pour la bonne raison que l’ID n’est pas une théorie de l’évolution.


    • docdory docdory 7 septembre 2007 13:22

      @ Stephanemot

      Excellent commentaire , qui confirme mon impression générale que B . Dugué est un créationniste qui se déguise en pseudo-scientifique !


    • Democrite 7 septembre 2007 13:26

      Quand on écrit un article en mettant noir sur blanc « la sélection naturelle c’est n’importe quoi » avec comme seul argument « j’ai des idées alternatives mais je les déveloperait pas ici »... c’est déjà loin d’être une approche scientifique.

      Maintenant vos éclaircissements permettent d’aprécier à se juste valeur ce texte (que je me refuse à apeller article)


    • stephanemot stephanemot 7 septembre 2007 13:34

      plus grave : il a probablement des soutiens.

      je serais curieux de savoir comment son article a été validé et comment le mien* s’est vu au même moment retiré du sommaire et de plusieurs mots-clef.

      * « En finir avec l’Intelligent Design » :


    • ripouette ripouette 7 septembre 2007 13:51

      Agoravox est noyauté et est en train de perdre toute crédibilité que ce soit part les nombreuses publications sur l’Intelligent Design et autre propagande créationiste ou sur les thèses du complot du 11 septembre.

      Un article de temps en temps sur l’un de ces sujets pourquoi pas... Plusieurs par semaine, ça pose un véritable problème quant à la capacité du site à ne pas être instrumentalisé par une minorité d’illuminés et à devenir un outil de propagande.


    • Adama Adama 7 septembre 2007 13:58

      Ripouette, je vous plusse !


    • Marsupilami Marsupilami 7 septembre 2007 14:00

      @ Stephanemot

      Ta croisade rationaliste anti-ID me semble aussi fanatique que le biblisme irrationaliste de Boileau. L’évolution des espèces est un fait indiscutable. Le créationisme bibliste ou coranique est une grosse connerie (voir mon post ci-dessous). Ceci dit, il est parfaitement légitime de poser l’hypothèse d’un développement évoutif relevant d’une structure, peut-être pas téléologique au sens classique de ce concept, mais d’une structure temporellement orientée qui organiserait la dynamique du vivant (et du non-vivant). Cette structure peut de passer d’un dieu impulseur et/ou coordinateur des mutations. Elle pourrait être une dimension du réel que nous ignorons encore et que nous ne connaîtrons peut-être jamais.

      En ce sens, je suis très réservé en ce qui concerne le concept d’« Intelligent design », qui est beaucoup trop anthropomorphique, mais qui recouvre quand même au moins trois approches différentes du réel :

      1) Celle des créationnistes biblistes. Ce sont des obscurantistes, c’est clair.

      2) Celle des contestataires (croyants ou incroyants) du darwinisme pur et dur, qui constatent que cette théorie n’explique pas tout et que le hasard et/ou l’adaptation au milieu ont bon dos.

      3) Celle des contestataires du darwinisme pur et dur et du créationnisme bibliste et coranique, c’est à dire celle de ceux qui s’interrogent et explorent ou essayent d’explorer d’autres hypothèses.

      Pour des raisons étroitement scientisto-politiciennes tu mets tout ce monde dans le même sac dogmatique et intolérant et tu as tort. C’est probablement pour cette raison que ton fil de discussion sur le même sujet a été pourri alors que celui-ci ne l’est pas. Du moin, pas encore, j’espère...

      Mettre Boileau et Duguet dans le même sac, j’appelle ça de la propagande et de la malhonnêteté intellectuelle. Qui es-tu pour décider du vrai et du faux ? (voir à nouveau mon post ci-dessous).

      N’est-il pas possible de ne pas s’invectiver dans ces questionnements de fonds qui concernent des problèmes ou nous n’avons pas de certitudes absolues ?

      @ Tzecoatl

      Je dirais plutôt :

      « Et le hasard dans la causalité scientifique toute puissante, peux-tu nous rappeler ce que c’est ? Une caisse de résonance dans un cadre causal, ou le pur hasard auxquel je ne trouve que des présupposés ? Ce que l’on appelle hasard est une émergence d’un fait INconnu, dont on ne connait pas la relation de cause à effet, de mon point de vue ».

      Si le fait était connu, il ne perturberait pas trop nos rassurantes relations de cause à effet, ou bien nous aurions déjà trouvé des relations de ce type pour l’expliquer, même si elles sont fausses... mais rassurantes pour notre besoin de rationalité.


    • docdory docdory 7 septembre 2007 16:47

      @ Ripouette

      Oui , d’autant plus qu’un article peut théoriquement être refusé par la rédaction si plusieurs articles concernant ce sujet ont été publiés antérieurement ! Ce n’est manifestement pas le cas concernant « l’intelligent design » et le « conspirationnisme du 11/9 »


  • fouadraiden fouadraiden 7 septembre 2007 13:13

    article très bien.

    pourquoi les girafes du Kenya ont 150 têtes de plus que moi avec leur cou si long ?

    si la volonté des girafes explique à elle seule la longeur de leur cou, elle est bel et bien la clé des civilisations(comparativement parlant) et aurait dû servir à éliminer les Noirs d’Afrique dont on ne sait plus au juste très bien pourquoi l’évolution les a laissés venir jusqu’à nous.

    la volonté de la girafe à exister contredit l’oisiveté de l’homme africian à vivoter.

    aucune théorie aujourd’hui n’est capable de nous expliquer ça !

    Doc,

    ta petite théorie au sujet des dinosaures m’a bien fait rire smiley

    -des pti bras et une tête grosse inutile ,Dieu est parfois très con !


    • docdory docdory 7 septembre 2007 14:02

      @ fouadraidden

      Vous vous êtes fait une spécialité des posts peu compréhensibles et intellectuellement incohérents , mais là , je dois dire que , dans le genre , on touche au chef d’oeuvre indépassable . Même les pires interventions de DW ( il peut en avoir des bonnes ) sont battues à plate couture !


    • Barbathoustra Barbathoustra 7 septembre 2007 14:11

      pourquoi les girafes du Kenya ont 150 têtes de plus que moi avec leur cou si long ?

      — >

      Parce que les feuilles d’acassia ne font pas parties de ton régime alimentaire et que si malgrès tout, il te prennais l’envie de bouffer ; ton intelligence ( enfin la mienne toujours ) te permettrais de fabriquer une échelle pour les atteindre ?


    • fouadraiden fouadraiden 7 septembre 2007 14:50

      merci Doc,

      faut dire qu’avec ton prophète aux yeux bridés par la sarin et maitenant le dinosaure doté d’une intelligence atrificelle étaient pas mal non plus .

      quant à la cohérence l’évolution ne la mentionne nulle part . et davant vous à quoi bon ! Ah oui, par politesse peut-être.


    • fouadraiden fouadraiden 7 septembre 2007 14:53

      faux !

      certains singes partagent avec les girafes le même régime alimentaire et ne disposent pas pour autant de si long coup !

      pourquoi la girafe ne grimpe-t-elle pas aux arbres comme vos ancêtres ?


    • Anto 7 septembre 2007 15:37

      l’exemple de la girafe est censee illustrer l’hypothese Lamarck (la fonction fait l’organe) qui a ete refutee depuis . Tout se melange...


    • fouadraiden fouadraiden 7 septembre 2007 16:28

      non, cet aspect des choses a conforté l’idée que se faisait Darwin de la sélection.il aurait vu sur son île des girafes qu’il vous aurait démenti.

      et il n’avait lui que ces yeux,dont il ne savait toujours pas à quoi attribuer leurs performances visuelle, pour observer les choses qui sautent, qui courent et qui dansent.

      puis, on reste toujours imprégné de ce qu’on croit être débarrassé.

      démentir Lamarck c’était sans doute mieux se préparer aux impasses du drawinisme. et nous en sommes là.

      résultat ! maintenant on a des créationnistes , lecteurs avisés de la bible(livre qui n’existe pourtant pas) intraduisible, sur le dos !

      je propose pour dissuader les partisans de l’intelligence chrétienne de changer leur livre qui n’existe pas ,la Bible,par un plus réel, le Coran.

      car avec lui on sait où on met les mains !


    • Barbathoustra Barbathoustra 7 septembre 2007 16:49

      Comme je l’expliquais par ailleurs, grace à la dialectique ; en abolissant les points de référence et donc la possibilité de contre argumenter, on peut démontrer absolument n’importe quoi. Et visiblement monsieur fouadraiden, vous êtes passé maitre dans cet art de manipuler, de faire et de défaire à l’envie les arguments des uns et des autres. C’est en tout cas ce que vous faites ici avec notre bonne vieille girafe en la soustrayant de son habitat naturel et du processus d’évolution dont elle est le résultat. Bref, il n’y a même pas à vous répondre, vous n’êtes qu’un escroc !

      Si la girafe a un si long cou, c’est parce qu’il y’avait une promo sur les toits ouvrants si vous voulez tout savoir !


    • fouadraiden fouadraiden 7 septembre 2007 17:04

      de quoi parlez-vous ?

      la dialectique queskecè ?

      la girafe est l’exemple type par lequel tout débat sérieux sur l’évolution se doit de commencer.les enfants, qui n’ont aucun préjugé en la matière, adorent cette façon de les initier aux joies de l’epistémologie évolutionniste.

      si je crois votre promotion sur les torpédo et sachant que bientôt Renault implantera une usine à Tanger, j’invite les Marocains dès à présent à changer leurs ânes(authentique moyen de locomotion au Maroc) contre des girafes qui apparaitront nécessairement grâce à la co-évolution.

      et croyez-moi ,mêmes des millons d’annés,pour le Maroc, c’est largement jouable d’autant que l’évolution,la véritable, est un constructivisme.


    • Anto 7 septembre 2007 17:10

      mais justement. Vous pensez etre a la pointe en tentant de ridiculiser Darwin 2 siecles plus tard. Vous ne doutez de rien. Croyez vous reellement que la theorie de l’evolution ait stagne durant ce laps de temps ?

      Darwin a laisse son nom en temps que pionnier, pas en temps que prophete. C’est justement parceque nos connaissances actuelles dans ce domaine sont plus sures qu’un charlot comme vous peut se permettre de de dire qu’il etait un cretin fini. Le fait que sa theorie ait depuis ete corrigee, amelioree, repensee, n’enleve rien a son merite.

      Vos objections sont has been


    • Barbathoustra Barbathoustra 7 septembre 2007 17:57

      les enfants, qui n’ont aucun préjugé en la matière, adorent cette façon de les initier aux joies de l’epistémologie évolutionniste.

      — >

      Quand un enfant persiste à tenir des propos incohérents et a échouer aux exercices de logique les plus élémentaires, on l’envoie généralement consulter.


    • fouadraiden fouadraiden 7 septembre 2007 18:09

      chez vous peut-être mais pas en Finlande où les résultats en mathématique des plus jeunes sont parmi les meilleurs.

      puis enfin, l’histoire de l’origine du monde ,donc des girafes ,n’a rien de la prose mathématique souvent ennuyeuse surtout quand elle est enseigné par des gens aussi carrés que vous.

      ici la logique est une fausse piste si nous voulons conter l’histoire des girafes aux enfants.


    • fouadraiden fouadraiden 7 septembre 2007 18:16

      c’est pas moi qui a parlé de Darwin ici et comme vous je trouve ce débat inutile tout juste bon à faire réagir quelques vieux épistémologues à la con poussiéreux et au chômage,citant en plus des relativistes anglo-américians tous morts je pense.

      avec mes girafes je voulais introduire ,dans ce débat, le rire des enfants.elles au moins existent encore.

      Bien sur que Darwin est un géant,qui a dit le contraire ?


    • docdory docdory 10 septembre 2007 12:04

      @ Fouadraidden

      La bible et le coran existent tous les deux , on en trouve dans toutes les librairies , le coran n’est donc pas « plus réel » que la bible ! Les deux « ouvrages » ont été inventés et écrits par des êtres humains et non par un ou des « dieux » !!

      « avec le coran , on sait ou on met les mains » , dites vous ? Je vous donnerais bien ma réponse ironique à ce sujet , mais elle serait jugée scatologique , si vous voyez ce que je veux dire !


    • fouadraiden fouadraiden 10 septembre 2007 13:34

      DOC,

      parlez en toute liberté, rien ne me choque !

      « réel » voulait dire plus conforme à son édition originelle. réel ne voulait pas dire vérité.

      quant à l’origine réelle des textes « sacrés » ,j’ai mon idée et je la pense mieux aboutie que la vôtre,qui est un peu sommaire et puérile puisque là n’est pas le probleme.

      admettons que le Coran soit l’oeuvre d’un homme (ce qui est hautement probable) ,en quoi cela nous avance t il aujourd’hui ?


    • docdory docdory 10 septembre 2007 16:23

      @ Fouadraidden

      C’est que le coran , comme toute création humaine , est susceptible d’être critiquée , personnellement je ne m’en prive pas . Le coran n’a actuellement pas plus de valeur que les théories médicales homéopathiques de Heinemann ! Un vieux bouquin consternant dont on se demande comment il se trouve encore des gens pour le fabriquer , l’acheter et le lire ...


    • fouadraiden fouadraiden 10 septembre 2007 21:40

      doc,

      c’est votre problème pas celui des premiers concernés.

      puis c’est si facile de dire ce que vous dites....


  • Tzecoatl Tzecoatl 7 septembre 2007 13:16

    Personnellement, je pense que l’homme est à l’oeuvre dans le bio-cataclysm design.

    L’intelligent design présuppose Dieu, du domaine de la foi et donc du choix, du doute. Il serait temps le protestantisme en général laisse tomber le prosélytisme, à l’instar du Vatican en 1968. Ca serait plus design et plus intelligent de leur part


  • Marsupilami Marsupilami 7 septembre 2007 13:17

    Je suis assez d’accord avec l’hypothèse proposée par Bernard Dugué et avec le commentaire de Vilain Petit Canard. Merci à tous pour ce fil d’une grande qualité intellectuelle... à l’intérieur duquel l’intervention intempestive de Boileau détone par son biblisme aveugle, ce qui est dommage vu qu’il pose par ailleurs un problème épistémologique passionnant que posait très bien Weinberg dans L’idéologie de/dans la science (op. coll, Seuil) :

    « Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants ».

    Au temps pas si lointain de la charnière entre l’ère théologiste et l’ère scientiste, quand dieu n’était pas encore tout-à-fait mort mais que sous la poussée des Lumières il avait perdu sa barbe, on le considérait ainsi comme le « grand horloger » ou le « grand mécanicien » de l’univers. C’était au moment où l’horlogerie et la mécanique se rationalisaient tandis que naissait la physique actuelle.

    Depuis dieu est mort, ou plus exactement, la majorité des scientifiques ne s’interroge plus pour savoir s’il est ou non un « grand horloger », ce qui n’épuise pas le mystère métaphysique.

    Les paradigmes scientifiques ne sont pas purs, innocents, vierges de la socioculture où ils apparaissent. Comme le notait justement Feyerabend dans Adieu la raison, « la »réalité« que la science est censée définir et dont elle se sert pour »annihiler« les ingrédients les plus désordonnés de notre monde est constamment en cours de redéfinition pour qu’elle puisse s’ajuster au goût du jour ».

    Comme le note l’auteur, Gould a pointé les lacunes de l’évolutionnisme darwinien, grâce à des connaissances en génétique que Darwin n’avait pas, sans doute, mais très probablement aussi parce qu’il évoluait dans un contexte socioculturel très différent de celui de l’Angleterre du milieu du XIXe siècle.

    Laissons de côté les créationnistes, dont aucun argument n’est rationnellement crédible ni réfutable et dont les motivations théologico-politiques sont évidentes. Ceci fait on peut quand même s’interroger sur la pertinence des théories de Darwin sans pour autant nier que toutes les espèces évoluent. Je pense comme l’auteur, en tant qu’agnotique, qu’il est possible de penser une téléologie a-théologique. Rien ne permet d’infirmer expérimentalement cette hypothèse, même si elle est erronée.


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 13:41

    Une rumeur est infondée mais la passion étant ce qu’elle est, elle se propage par des mécanismes connus. Comme disait Baudis pendant l’affaire Allègre, quand une rumeur se répand, il faut la dénoncer !

    Il a été dit sur ce fil que je suis un pseudo-scientifique créationniste. D’abord, je suis scientifique, avec titres et pratiques à la clé. Ensuite, je ne suis pas créationniste. Je suis évolutionniste et je ne fais que mettre en cause la sélection naturelle qui pour moi n’a rien d’un ressort évolutif et n’a pas l’importance que lui accorda Darwin, d’où l’intitulé du billet.

    Prenons le domaine de l’Histoire. Les uns pensent que c’est la Liberté qui en est le ressort, les autres la ruse de la Raison, ou même une part de mystère (Voir par exemple es travaux de Ferry sur ce thème)

    Eh bien, l’Evolution, certains pensent que la sélection naturelle en est le principal ressort, mais pas moi. Je suis un évolutionniste alternatif et non pas un créationniste, que cela soit entendu !

    à bon entendeur, Messieurs les censeurs !


    • Democrite 7 septembre 2007 14:53

      Quand on se dit scientifique et qu’on critique une théorie, soit on apporte des faits et des arguments allant à l’encontre de l’élément qu’on critique, soit on apporte une nouvelle théorie capable d’expliquer la réalité mieux que l’ancienne.

      Or vous ne faites ni l’un ni l’autre. Vous dites dans votre texte que la sélection naturelle n’est pas un ressort évolutif et n’a pas l’inportance qui lui accordai Darwin. Fort bien c’est votre droit le plus strict en tant qu’être humain vivant en démocratie avec liberté d’expression etc etc... En revanche c’est une faute grave en tant que scientifique que de ne développer ni critique construite sur des faits empiriques, modélisés ou issus de la réflexion ; ni de proposer une hypothèse ou le début d’une hypothèse expliquant mieux l’évolution que la sélection naturelle.

      Les deux point n’étant pas requis ni exclusif, l’un au moins est obligatoire pour séparer la réthorique pseudo scientifique sans argumentation d’une réflexion scientifique rigoureuse et construite.

      N’apportant rien de plus dans votre texte que un « non la sélection naturelle n’est pas un ressort de l’évolution », il est bien mal venu de prendre la mouche lorsque vos contradicteurs vous indiquent à juste titre que votre démarche n’a rien de scientifique.

      Il ne vous reste qu’a réécrire votre texte (qui n’aurait jamais du être accepté sur AVOx en l’état) et faire une démarche scientifique et sérieuse ! Ou alors vous en tenir à un point de vue philosophique, mais alors l’explicité comme tel et y inclure desw arguments (philosophiques cette fois).

      Bref y a du boulot pour que ce soit au minimum acceptable et discutable.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 16:36

      Cher Démocrite, comme je l’indique plus bas, je présente une hypothèse, dans un article fort bien développé je pense. Je ne vois pas en quoi ce n’est pas scientifique

      à ce compte-là, tout doctorant ou scientifique qui présente une hypothèse pour un projet de recherche devrait être condamné ? Il devrait donner en même temps les résultats de son travail ?


    • COLRE COLRE 7 septembre 2007 17:25

      @B. Dugué

      Votre réponse m’étonne pour qqu’un qui prétend avoir 2 thèses ! Non, il n’est pas scientifique de se contenter de présenter une soit-disant hypothèse. Derrière ce mot se cache l’APPARENCE de la méthode scientifique. Pour qu’une hypothèse soit scientifique, il faut qu’elle soit définie dans le cadre d’une problématique, soutenue par une méthodologie, avec des pistes de réponses plausibles. Dans votre article, rien de tout cela.

      Où avez-vous vu un projet de recherche qui annonce une hypothèse aussi bien complètement farfelue et qui se termine par : si vous voulez en savoir plus, engagez-moi !


    • bozz bozz 7 septembre 2007 17:30

      là encore Dugué, vous vous dites scientifiques parce que vous en avez les titres et la pratique mais vous n’en n’avez pas le statut et par conséquent pas la reconnaissance de vos paires, ce qui indique donc clairement que votre démarche n’est pas reconnue par le monde scientifique. Vos articles sur le sujet ont-il passé la barrière du reviewage ou alors est-ce seulement des hypothèses lancées en l’air pour faire un peu plus parler de l’ID ? d’ailleurs ce qui est amusant c’est votre parcours sur des fora scientifiques comme celui de futura science où d’autres scientifiques (avec diplômes et pratiques mais aussi reconnaissance par les paires) ont maltraité vos essais « scientifiques »....


    • Marsupilami Marsupilami 7 septembre 2007 17:38

      @ Bozz

      Je vais pas défendre Bernard, c’est ses oignons, pas les miens, mais fais gaffe avec tes bidules de « reconnaissance scientifique ». Ces trucs-là, ça varie vite fait. Surtout depuis Copernic-Kepler. Le con d’une époque a vite fait d’être le génie de la suivante. Potasse tes bouquins d’épistémologie si t’en as, camarade...


    • COLRE COLRE 7 septembre 2007 17:42

      merci @bozz de ces recherches... que de temps il faut perdre pour démonter les impostures ou chercher les faits, rien que les faits ! (en revanche, notre ami doit avoir, je l’espère pour lui, bien plus la reconnaissance de ses paires que de ses pairs smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 2007 17:42

      C’est facile de décrier un scientifique en marge parce qu’un poste lui est refusé et de crier avec la meute, bravo, dirait Tocqueville, la démocratie devient tyrannie mais autant en rire et moquer la décadence de cette société.

      Extrait de la critique du Kantique par P. Kerszberg

      " Il s’agit d’un travail ambitieux et courageux, qui prend non seulement le parti de souligner le déficit métaphysique des penseurs de la science contemporaine, mais qui propose en plus une véritable réhabilitation de la métaphysique de la nature pour répondre à ce déficit. Ceci s’applique particulièrement au paradigme de l’auto-organisation, et il faut savoir gré à l’auteur de proposer une véritable exploration de la notion de fondement pour penser la complexité... Il est bien question de déficit, et non d’erreur, c’est pourquoi la philosophie de la nature proposée ici, contrairement à celles qui ont prévalu jadis (Bergson ou Whitehead, par exemple), fait plus que rectifier des erreurs commises par des scientifiques sur la véritable destination de la métaphysique. Cette philosophie est fondée sur une critique de toutes les formes de positivisme, jusqu’aux plus insidieuses, comme on le voit très bien en juxtaposant les enjeux épistémologiques à ceux de l’histoire, de l’économie, et de la politique. Il s’agit de sortir de l’alternative paralysante entre les naturalismes d’inspiration matérialiste et les théismes à tendances dogmatiques ou théologiques. Malgré la liberté apparente du propos, le texte est fort bien organisé, d’une manière très originale et féconde : décrivant les problèmes d’interprétation de la vie au dix-neuvième siècle, l’ouvrage passe directement aux questions actuelles sur l’auto-organisation, pour revenir ensuite aux concepts fondamentaux autour desquels gravitent toutes ces questions, à savoir ceux de la mécanique quantique. En outre, l’auteur démontre une capacité peu commune à maîtriser des domaines aussi variés que la science, la philosophie et l’histoire. Peu d’auteurs peuvent se revendiquer aujourd’hui d’un tel bagage.

      Le diagnostic global est particulièrement fort et fécond : à chacune de ses époques, la science est pour ainsi dire emportée par un « désir de connaissance » qui va plus vite que la connaissance elle-même, d’où les étonnants décalages entre les théories et leurs interprétations. Ces décalages nécessitent une prise de recul philosophique, et en ce sens, il est légitime de penser que la philosophie rigoureuse (et non la « philosophie spontanée » des savants) a toujours quelque chose à apprendre à la science. "

      http://agoravox.fr/article.php3?id_article=15041


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